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COVID-19 et Grossesse au Troisième Trimestre : Évolution des Risques et Recommandations Actuelles

Depuis le début de la pandémie, la recherche scientifique a considérablement progressé dans la compréhension de la COVID-19. Les études, bien que de différents niveaux de preuve, ont permis d'accumuler des connaissances précieuses, notamment en ce qui concerne l'impact de la COVID-19 sur les femmes enceintes et leurs nouveau-nés. Cet article se propose de faire le point sur les dernières informations et recommandations, en particulier pour le troisième trimestre de la grossesse.

Transmission Mère-Bébé : État des Connaissances

Une étude parisienne, publiée dans Nature Communications, a mis en évidence un cas de transmission du SARS-CoV-2 pendant la grossesse. Il s'agissait de la première infection de ce type rapportée par les médecins ayant suivi la mère. Le bébé, bien qu'ayant présenté des symptômes neurologiques, s'est rétabli en trois semaines. Les chercheurs suggèrent que le virus pourrait emprunter une autre voie d'entrée chez les bébés, mais celle-ci reste encore inconnue.

L'état inflammatoire chez les femmes enceintes positives à la COVID-19 pourrait être une cause de transmission. Des études comparatives d'échantillons placentaires et de sérum maternel, provenant de femmes enceintes positives ou non au SARS-CoV-2, pourraient permettre d'évaluer l'état inflammatoire du placenta et de déterminer s'il est "endommagé" et ne protège plus l'enfant. Ces recherches pourraient aider à anticiper les effets potentiels sur la santé des bébés nés de mères infectées pendant les premiers mois de la grossesse.

Allaitement Maternel et COVID-19

L'allaitement maternel est généralement encouragé, même si la maman est infectée par la COVID-19. Les données disponibles ne montrent aucun cas de transmission de l'infection par l'allaitement au sein. Dans une vingtaine de prélèvements de lait maternel, le virus n'a été retrouvé que dans un seul cas, positif 24 heures après la naissance, puis négatif au troisième jour.

Le risque de contamination du bébé semble davantage lié à la proximité avec sa mère infectée. L'allaitement est possible en respectant des précautions standard, telles que le port du masque et le lavage fréquent et soigneux des mains.

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Surveillance de la Mère Pendant la Grossesse et la Naissance

Les femmes enceintes sont plus vulnérables aux infections pulmonaires, notamment au troisième trimestre, en raison de modifications anatomiques (élévation du diaphragme), histologiques (œdème de la muqueuse des voies respiratoires), métaboliques (augmentation de la consommation d'oxygène) et physiologiques (système immunitaire plus vulnérable). C'est pourquoi la Haute Autorité de Santé (HAS) a inclus les femmes enceintes dans les populations à risque pour la COVID-19.

Bien que les observations actuelles suggèrent que les femmes enceintes et leurs enfants à naître ne sont pas particulièrement susceptibles de développer des formes sévères de COVID-19, le Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF) recommande d'adapter la prise en charge de la grossesse au contexte épidémique.

Pour les femmes ne présentant pas de symptômes, il est essentiel d'appliquer rigoureusement les gestes barrières. Le CNGOF recommande une surveillance étroite des patientes atteintes de la COVID-19 pendant la grossesse. Dans la plupart des cas, l'accouchement et le suivi post-partum ne sont que très peu modifiés :

  • L'accouchement par voie basse reste possible.
  • Le bébé n'est pas séparé de sa maman à la naissance.
  • Le séjour en maternité n'est pas allongé, sauf en cas de complications pour la maman ou le bébé.

Cependant, une étude américaine a révélé un risque accru d'accouchement prématuré et de césarienne chez les patientes présentant une détresse respiratoire aiguë. Aucun des nouveau-nés n'a été testé positif au coronavirus COVID-19.

Impact du Confinement sur les Naissances Prématurées

Des observations surprenantes ont été faites concernant le nombre de naissances prématurées pendant les périodes de confinement. A Calgary, au Canada, le nombre de naissances prématurées a été divisé par deux pendant le confinement. Des constats similaires ont été faits en Australie et aux États-Unis.

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Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cette baisse. Les futures mamans, restant à domicile, étaient moins exposées aux transports en commun, aux charges lourdes et au stress lié au travail. La réduction des sorties limitait également le risque de contracter une infection, liée ou non à la COVID-19. De plus, le confinement a entraîné une baisse de la pollution atmosphérique, qui a un impact sur la prématurité.

Des études complémentaires sont nécessaires dans d'autres pays pour confirmer cette tendance et mieux comprendre les facteurs en jeu.

Risque Accru de Dépressions Postnatales

La pandémie de COVID-19 a eu un impact significatif sur la santé mentale des femmes enceintes. Une augmentation de la détresse psychologique a été constatée dans de nombreux pays.

Le stress lié à l'épidémie, l'isolement lié au confinement, la peur d'être contaminée ou d'infecter son bébé, l'angoisse d'accoucher à l'hôpital avec des patients atteints de la COVID-19, un suivi de grossesse perturbé, l'absence de séances de groupe de préparation à la naissance, des conditions d'accouchement inédites avec parfois l'absence du papa lors de la naissance, l'impossibilité de présenter son bébé à la famille, et l'incapacité d'être aidée par la famille et l'entourage sont autant de facteurs pouvant déclencher une dépression postnatale.

Une étude américaine a établi un lien entre le coronavirus et l'augmentation des cas de dépression post-partum, soulignant également que les inégalités sont exacerbées par la crise, les femmes pauvres afro-américaines étant les plus à risque.

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Il est important de noter que la situation aux États-Unis, avec une épidémie plus sévère, l'absence d'aides financières massives à la population et un accès aux soins différent, ne peut être directement transposée à d'autres pays. Des études sont en cours dans d'autres pays pour évaluer l'impact de la pandémie sur le vécu des couples pendant la grossesse et l'accouchement.

Il est crucial de détecter et de prendre en charge précocement les douleurs psychiques de la mère et du bébé, pour le bien-être de la maman et le bon développement du nouveau-né.

Vaccination des Femmes Enceintes : Évolution des Recommandations

Depuis avril 2021, les femmes enceintes en France ont accès aux vaccins à ARNm (Pfizer et Moderna) à partir du deuxième trimestre de grossesse. Cependant, certaines femmes restent hésitantes en raison d'un manque de données sur le sujet. L'OMS a initialement déconseillé la vaccination aux femmes enceintes, sauf pour celles présentant un risque élevé de développer des formes graves de COVID-19. De plus, les femmes enceintes étaient exclues des premiers essais thérapeutiques par principe de précaution.

Les connaissances ont depuis évolué. Les femmes enceintes infectées par la COVID-19 risquent davantage de développer des complications. Une étude a montré que 13% des femmes positives à la COVID-19 au moment de l'accouchement présentaient des complications post-partum, contre 4,5% chez les femmes non infectées. Une autre étude a révélé que le risque de décès pendant la grossesse et le post-partum est 22 fois plus élevé chez les patientes infectées par le coronavirus. Ces risques augmentent en présence de comorbidités.

Ces risques peuvent également affecter la santé de l'enfant, avec un risque accru de naissance prématurée. En revanche, les cas de transmission de la mère au fœtus pendant la grossesse sont exceptionnels. Aucune malformation liée au virus n'a été décrite.

Des études ont montré que les femmes enceintes sont tout autant protégées par le vaccin que les autres femmes. Les taux d'anticorps générés par le vaccin sont similaires chez les femmes enceintes et non enceintes, et supérieurs à ceux observés après une infection "naturelle". De plus, les anticorps issus de la vaccination passent à travers le placenta, offrant potentiellement une protection au nouveau-né.

Les effets secondaires après l'injection sont généralement modérés (maux de têtes, fatigue, douleurs musculaires) et similaires à ceux rencontrés par les femmes non enceintes. Les complications de la grossesse (prématurité, fausses couches) ne sont pas plus fréquentes chez les femmes vaccinées.

Il est essentiel que les professionnels de santé informent les futures mères des données connues afin de leur permettre de faire un choix éclairé. La vaccination avant la conception est également recommandée pour réduire le risque de contamination pendant la grossesse.

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