L'hypertonie du périnée et la vessie hyperactive sont deux conditions distinctes, mais qui peuvent coexister et impacter significativement la qualité de vie. Cet article explore les causes, les symptômes et les traitements de ces deux affections, en mettant l'accent sur l'importance d'une prise en charge adaptée et individualisée.
Hypertonie du Périnée : Quand les Muscles se Contractent Involontairement
Qu'est-ce que l'Hypertonie du Périnée ?
L'hypertonie du périnée, également appelée hyperactivité du périnée, se manifeste par une contraction involontaire et persistante des muscles du plancher pelvien (ou périnée), accompagnée d'une incapacité à les relâcher. Le périnée, un ensemble de muscles soutenant les organes du petit bassin (vessie, rectum et utérus), joue un rôle essentiel dans la continence. En cas d'hypertonie, ces muscles restent constamment contractés de manière incontrôlée. Un périnée hypertonique ne parvient pas à se détendre, même lorsque cela est nécessaire, par exemple pour uriner ou lors d'un rapport sexuel.
Symptômes de l'Hypertonie du Périnée
Les symptômes de l'hypertonie du périnée peuvent varier d'une personne à l'autre, mais incluent fréquemment :
- Dyspareunie : Douleurs ressenties à l'entrée du vagin et dans la zone pelvienne lors des rapports sexuels avec pénétration. Au lieu de se détendre, les muscles se contractent involontairement, rendant l'insertion douloureuse, voire impossible.
- Vaginisme : Forte contracture de la musculature péri-vaginale rendant la pénétration difficile voire impossible.
- Douleurs pelviennes chroniques : Sensations douloureuses persistantes dans la région pelvienne.
- Difficulté à uriner ou à déféquer : La contraction constante des muscles peut gêner le fonctionnement normal de la vessie et des intestins.
- Sensation de brûlure ou de picotement : Inconfort dans la région périnéale.
Causes de l'Hypertonie du Périnée
Diverses raisons peuvent être à l'origine d'un périnée hypertonique :
- Stress : En cas de stress, les muscles du plancher pelvien peuvent avoir du mal à se relâcher, comme dans d'autres parties du corps.
- Traumatismes : Des traumatismes physiques et/ou psychologiques (traumatisme sexuel, violences gynécologiques, accouchement traumatique, blessures physiques) peuvent entraîner une hypertonie du périnée.
- Contracture des muscles du plancher pelvien: comprime les veines, les artères et les nerfs, provoquant ainsi une souffrance et fragilité des tissus pelviens.
- Facteurs Posturaux : Une mauvaise posture peut contribuer à une tension excessive dans les muscles du plancher pelvien.
Diagnostic de l'Hypertonie du Périnée
Le diagnostic de l'hypertonie du périnée repose sur un examen clinique réalisé par un professionnel de santé (gynécologue, sage-femme ou kinésithérapeute spécialisé). Il est essentiel d'écarter d'autres causes possibles des symptômes, telles que des infections ou des problèmes neurologiques.
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Traitements de l'Hypertonie du Périnée
La prise en charge de l'hypertonie du périnée vise à détendre les muscles du plancher pelvien et à soulager les symptômes associés. Les options de traitement incluent :
- Kinésithérapie : Un kinésithérapeute spécialisé peut enseigner des techniques de relâchement du périnée, des exercices de respiration abdominale et des massages périnéaux.
- Biofeedback : Technique de rééducation visant à redonner la conscience à la personne de son schéma corporel. Grâce à la rééducation les personnes réapprennent à ressentir ce qui se passe au niveau de leurs muscles pelviens et à solliciter les muscles appropriés.
- Massage du périnée : Masser son périnée en cas d’hypertonie peut permettre de détendre les muscles et réduire notamment la dyspareunie, les douleurs pendant les rapports sexuels.
- Gestion du stress : Techniques de relaxation, yoga, méditation peuvent aider à réduire la tension musculaire liée au stress.
- Thérapie : Un soutien psychologique peut être bénéfique en cas de traumatismes psychologiques.
- Technologie HIFEM : Cette technologie exclusive et non invasive, constitue une révolution pour la santé et le bien-être intimes des femmes (et des hommes) en les aidant à reprendre le contrôle de leur périnée tout en améliorant le plaisir sexuel. Sans avoir à se déshabiller, la patiente doit s’installer sur la chaise, le dos bien droit avec la zone du périnée centrée sur le centre du dispositif, pour une durée de 28 minutes. Un traitement de 6 à 10 séances à raison d’une à deux fois par semaine est conseillé afin de retrouver un périnée tonique. Par précaution, ce traitement ne peut être réalisé sur les femmes enceintes.
Vessie Hyperactive : L'Urgence d'Uriner
Qu'est-ce qu'une Vessie Hyperactive ?
Une vessie hyperactive, aussi appelée "vessie sensible", est une maladie provoquée par la contraction involontaire des muscles de la vessie. Le patient ressent alors fréquemment l’envie d’uriner, même lorsque sa vessie n’est pas pleine. On parle de vessie hyperactive pour décrire toutes les situations décrivant un besoin urgent d’uriner. Cette affection n’inclut cependant pas les fuites urinaires ou les accidents nocturnes.
Symptômes d'une Vessie Hyperactive
Les symptômes caractéristiques d'une vessie hyperactive sont :
- Besoin urgent et fréquent d'uriner : Le symptôme caractéristique d’une vessie hyperactive est l’augmentation de la fréquence des mictions au cours de la journée. Les patients vont aux toilettes plus de 8 fois par jour.
- Incontinence urinaire par impériosité : Envies pressantes et soudaines d’uriner, accompagnées de fuites involontaires. Le fait de ne pas parvenir jusqu’aux toilettes avant d’uriner est également un signe.
- Nycturie : Besoin de se lever plusieurs fois la nuit pour uriner.
Causes d'une Vessie Hyperactive
Plusieurs pathologies peuvent être à l’origine d’une vessie hyperactive. Cependant, la plupart du temps, il est difficile d’en identifier clairement la cause. Les causes possibles incluent :
- Hyperactivité du détrusor : Les symptômes de cette maladie sont directement liés à l’hyperactivité du détrusor qui est la couche musculaire de la paroi vésicale. Sa contraction est responsable de l’envie d’uriner.
- Troubles neurologiques : La VH peut aussi être due à un trouble du système nerveux central.
- Grossesse : La grossesse peut contribuer à l'hyperactivité vésicale, car l'accouchement peut étirer et affaiblir les muscles pelviens. Ce changement peut entraîner un affaissement de la vessie hors de sa position normale, entraînant des fuites.
- Autres conditions médicales : Un grand nombre de troubles médicaux peuvent accroître le risque de vessie hyperactive. Parmi ceux-ci on retrouve : la démence, le diabète, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, un traumatisme de la moelle épinière, une infection urinaire, et un accident vasculaire cérébral.
- Facteurs liés au mode de vie : Le risque d'avoir une vessie hyperactive peut également être augmenté par l'ingestion de quantités excessives de caféine, d'alcool ou de liquide en général. De nombreuses recherches démontrent que le tabagisme chronique est nocif pour la vessie.
Diagnostic d'une Vessie Hyperactive
Pour établir un diagnostic de vessie hyperactive, le médecin a d'abord besoin d'étudier tous vos antécédents médicaux et d'écarter la possibilité d'autres causes de symptômes. D'autres affections, comme les infections des voies urinaires, certaines inflammations du vagin, la sclérose en plaques, des calculs vésicaux (pierres formées dans la vessie) et le diabète, sont susceptibles de causer des symptômes semblables à ceux de la vessie hyperactive. Le médecin a besoin d'écarter ces possibilités en demandant des analyses de laboratoire (par ex. Le médecin pourrait aussi demander des tests de la fonction rénale pour vérifier comment vos reins fonctionnent. Si le médecin soupçonne une vessie hyperactive, il se peut qu'il vous demande de tenir un journal personnel pendant au moins 3 jours pour savoir combien de fois vous videz votre vessie quotidiennement.
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Traitements d'une Vessie Hyperactive
La prise en charge d’une vessie hyperactive est complexe. Idéalement, il faudrait traiter la cause de l’affection. Dans la majorité des cas, le traitement est symptomatique et vise à soulager les symptômes qui gênent le plus le patient. Les options de traitement incluent :
- Rééducation de la vessie : Dans un premier temps, une rééducation de la vessie (renforcement des muscles impliqués dans la contraction de la vessie) associée à un changement du mode de vie (boissons et alimentation) si besoin sont recommandés.
- Exercices de Kegel : Ces exercices vous montrent comment raffermir les muscles du plancher pelvien. En contractant les muscles qui soutiennent la vessie, vous fortifiez et vous resserrez l'orifice de la vessie.
- Changements de style de vie: La prévention de la vessie hyperactive se base sur certains changements dans votre mode de vie. Une alimentation saine à forte teneur en fibres réduit le risque de constipation, et la diminution de votre apport en caféine et en alcool réduira le risque de vessie hyperactive. En limitant la quantité de liquide que vous buvez avant de vous coucher, vous réduirez la probabilité d'avoir à uriner au cours de la nuit. Si vous trouvez que certains médicaments (par ex. les diurétiques ou les pilules qui augmentent l'excrétion de l'urine ont augmenté) votre envie de vider votre vessie, vous devriez en parler avec votre médecin. Luttez contre la constipation en adoptant une alimentation riche en fibres. Essayez d’augmenter petit à petit le temps entre deux mictions afin d’aller aux toilettes toutes les 2 à 4 heures maximum.
- Médicaments : Une grande variété de médicaments sont connus pour avoir un effet relaxant sur le muscle vésical. Les médicaments anticholinergiques (antispasmodiques) bloquent l’activité de l’acétylcholine, le neurotransmetteur principal du système nerveux central. Les agonistes des récepteurs bêta-3 adrénergiques favorisent le relâchement du muscle détrusor.
- Électrostimulation : L’électrostimulation est utilisée en seconde intention lorsque les médicaments ne sont pas efficaces.
- Injections de toxine botulique : Une alternative à la neuromodulation est l’injection de toxine botulique directement dans le muscle de la vessie (détrusor). Ces injections visent à réduire le syndrome d’hyperactivité vésicale en diminuant ou neutralisant les contractions involontaires.
- Neuromodulation : La neuromodulation sacrée consiste à implanter sous la peau une sorte de pacemaker de la vessie, appelé neurostimulateur. Moins invasive, la neuromodulation du nerf tibial postérieur est un traitement plus récent qui s’appuie sur le même principe que la neuromodulation sacrée. Un petit appareil placé sur la face interne de la cheville et relié à des électrodes adhésives stimule les zones nerveuses commandant le système vésico-sphinctérien.
- Chirurgie : Les personnes qui ne sont pas soulagées de leurs symptômes de vessie hyperactive par leurs médicaments ou d'autres traitements peuvent tirer parti d'une intervention chirurgicale.
Conseils supplémentaires pour vivre avec une vessie hyperactive
- Port de protections urinaires : En attendant que les traitements montrent leur efficacité, le port de protections urinaires de qualité s'avère indispensable.
- Gestion des odeurs : Au contact de l’air et des bactéries, l’urine peut dégager une forte odeur, incommodante pour soi comme pour l’entourage. Absorbez un complément en vitamine C et buvez du jus de canneberge : cela permettra de diminuer le pH de votre urine. Limitez la consommation de certains aliments tels que les asperges, les oignons, ails, poireaux ou certaines épices…
- Prévention des chutes nocturnes : Derniers conseils en cas de nycturie : se lever plusieurs fois par nuit pour se rendre aux toilettes peut s’avérer contraignant. Le risque de chute est en effet élevé.
- Consultez un médecin : Si vous n’avez pas consommé d’aliments qui donnent une odeur distinctive à l’urine mais vous constatez que votre urine sent fort, cette odeur doit vous alerter. Elle peut indiquer que vos urines sont trop concentrées et que vous ne buvez pas assez ou traduire la présence d’une infection urinaire.
Incontinence Urinaire : Un Problème Fréquent
Qu'est-ce que l'Incontinence Urinaire ?
On parle d’incontinence urinaire ou de fuites urinaires, lorsque de l’urine s’échappe de notre vessie de manière involontaire. Ce symptôme affecte aussi bien les hommes que les femmes, même si celles-ci sont davantage touchées. En France, près de 2,6 millions de personnes de plus de 65 ans sont affectées par des problèmes d’incontinence urinaire et plus de 3 millions de femmes souffrent de fuites régulières.
Types d'Incontinence Urinaire
Il existe différents types d'incontinence urinaire :
- Incontinence urinaire d’effort : C’est la forme d’incontinence urinaire la plus courante, résultat d’un affaiblissement des muscles du plancher pelvien (périnée). Elle se manifeste par des fuites d’urine lors d’un effort physique tels que la toux, le rire, le sport, les éternuements ou la levée d’objets lourds. Elle résulte d’une augmentation de la pression abdominale et n’est pas forcément précédée d’une sensation de besoin d’uriner.
- Incontinence urinaire par impériosité (hyperactivité vésicale) : Ce type d’incontinence résulte souvent d’un problème de santé chronique qui se répercute sur le contrôle nerveux de la vessie (contraction anormales) et génèrent des envies d’uriner pressantes et entrainant alors des fuites involontaires d’urine. On se met d’un coup à avoir très envie d’uriner et on est incapable de se retenir. C’est l’incontinence la plus répandue. Le simple fait de marcher, de penser à uriner ou encore d’entendre le bruit de l’eau qui coule peut déclencher des pertes d’urine parfois importantes. Les personnes atteintes de ce type d’incontinence urinent plus souvent que la normale.
- Incontinence urinaire mixte : Elle combine les fuites urinaires à l’effort et une hyperactivité vésicale.
- Incontinence coïtale : L’incontinence coïtale (pendant les rapports sexuels) fait partie des incontinences d’effort. Certaines femmes ont des fuites au moment de la pénétration tandis que d'autres ont une incontinence dite à l’orgasme. Si vous avez régulièrement envie d’uriner pendant les relations sexuelles, sachez que c’est tout à fait normal.
Causes de l'Incontinence Urinaire
Les causes de l'incontinence urinaire peuvent être multiples :
- Faiblesse du périnée : Dans le cas d’une incontinence d’effort, le problème rencontré est purement mécanique : C’est le manque de tonus du périnée, dû au relâchement du sphincter ou des muscles pelviens. Le périnée est en charge de la fermeture de la vessie. Si on le contracte, on se retient d’uriner. Pendant une grossesse, après un accouchement, à la ménopause ou à cause de la pratique intensive de certains sports, il arrive très souvent que des ligaments se distendent et que les muscles se relâchent.
- Hyperactivité vésicale : Ce type d’incontinence résulte souvent d’un problème de santé chronique qui se répercute sur le contrôle nerveux de la vessie (contraction anormales).
- Facteurs hormonaux : Lorsque la faiblesse du périnée est causée par un manque d’hormones oestrogènes dont le taux chute à la ménopause, il peut être intéressant de prendre le THM.
Traitements de l'Incontinence Urinaire
Les traitements de l’incontinence coïtale sont généralement les mêmes que pour traiter des fuites urinaires classiques. Les options de traitement incluent :
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- Rééducation périnéale : C’est le traitement de référence de l’incontinence urinaire. L’objectif est de tonifier les muscles et les ligaments du périnée afin qu’ils soient de nouveau aptes à soutenir la vessie et le canal de l’urètre. On estime qu’il faut en général dix séances avec un kinésithérapeute ou une sage-femme pour avoir de bons résultats. La kinésithérapie : guidé par le thérapeute, cette méthode permet de travailler le renforcement et le verrouillage des muscles du périnée pendant l'effort par exemple.
- Traitement hormonal substitutif (THM) : Lorsque la faiblesse du périnée est causée par un manque d’hormones oestrogènes dont le taux chute à la ménopause, il peut être intéressant de prendre le THM.
- Chirurgie : Il s’agit d’une intervention chirurgicale pendant laquelle on va placer sous l’urètre une petite bande de tissu appelée bandelette sous-urétrale. La pose de bandelettes synthétiques sous-urétrales, entre l’urètre et le vagin, est le traitement chirurgical de référence.
Conseils pour gérer l'incontinence urinaire
- Osez en parler : La première chose à faire est d’oser en parler, des millions de femmes sont dans le même cas que vous ! Il existe aujourd’hui des traitements très efficaces auxquels vous n’aurez accès que si vous faites la démarche de consulter un professionnel de santé.
- Privilégiez les rapports sexuels non pénétratifs.
- Videz votre vessie avant d’avoir des rapports sexuels.
- Limitez votre pratique de sports avec des impacts: jogging, équitation, boxe, trampoline… qui ont tendance à augmenter les fuites.
- Utilisez des protections hygiéniques adaptées.
- N’hésitez pas à consulter un psychologue. L’incontinence urinaire peut être très difficile à vivre. Certaines femmes ont honte de leur corps et n’osent plus avoir de rapports sexuels, elles se referment sur elles-mêmes ce qui peut avoir un impact dévastateur sur leur moral.
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