Loading...

Évaluation de la Contraction Musculaire : De l'Échelle MRC à la Kinésiologie

Le muscle joue un rôle essentiel dans notre vie quotidienne. L'évaluation de la force musculaire est parfois nécessaire pour analyser l'état de santé d'une personne et proposer un suivi spécifique en cas de réponse musculaire anormale. Cette évaluation peut être réalisée dans un cadre clinique précis, utilisant des outils standardisés comme l'échelle MRC (Medical Research Council). Cet article explore les différentes méthodes d'évaluation de la contraction musculaire, en mettant en lumière l'échelle MRC, son application clinique, ainsi que d'autres approches telles que la kinésiologie.

L'Échelle MRC : Une Norme Universelle pour l'Évaluation de la Force Musculaire

L'échelle MRC est une norme de mesure universelle utilisée dans le domaine médical pour évaluer manuellement la force musculaire. Elle est particulièrement utile suite à une perturbation (accident, maladie chronique, opération chirurgicale, pathologie spécifique, lésion…) qui aurait pu affecter les capacités musculaires d'une personne. L'échelle MRC permet d'objectiver le déficit moteur et de suivre son évolution au cours du temps.

Gradation de la Force Musculaire selon l'Échelle MRC

La force musculaire est évaluée selon six niveaux distincts, chacun représentant un degré de capacité musculaire :

  • Grade 0 : Aucun mouvement ou trace de mouvement n'est observé. Il y a absence totale de contraction musculaire visible ou palpable.
  • Grade 1 : L'individu arrive à activer le muscle, ce qui peut se traduire par une contraction palpable ou visible, mais sans production de mouvement.
  • Grade 2 : La personne parvient à effectuer le mouvement, mais uniquement lorsque l'impact de la gravité est éliminé. Pour cela, le patient est généralement placé en position latérale couchée (décubitus latéral) et effectue le mouvement selon le plan horizontal.
  • Grade 3 : Le patient est capable de vaincre la gravité pour réaliser la flexion et l'extension dans toute son amplitude. Le mouvement est complet contre la gravité, mais sans résistance supplémentaire.
  • Grade 4 : Le patient arrive à effectuer le mouvement contre la gravité et contre une résistance modérée appliquée par l'examinateur.
  • Grade 5 : Le muscle est considéré comme totalement effectif. Le patient peut effectuer le mouvement contre la gravité et contre une résistance maximale appliquée par l'examinateur.

Il est possible d'affiner le score par grade en ajoutant les signes (+) ou (-), permettant une évaluation plus précise. Par exemple, un grade 4+ peut indiquer que le patient est capable de vaincre une résistance plus forte que celle d'un grade 4, mais pas aussi forte qu'un grade 5.

Application Clinique de l'Échelle MRC

De nombreux professionnels de santé utilisent l'échelle MRC pour évaluer la force musculaire. Lors de l'évaluation, le praticien doit prendre en compte le sexe, l'âge et l'aptitude habituelle de la personne, car ces facteurs peuvent influencer la force musculaire normale. L'échelle MRC est utilisée dans divers contextes cliniques, tels que la neurologie, la rééducation, la rhumatologie et la médecine intensive. Elle permet de :

Lire aussi: Gérer les contractions en fin de grossesse

  • Diagnostiquer un déficit moteur et d'en déterminer la sévérité.
  • Suivre l'évolution de la force musculaire au cours du temps, notamment lors de la rééducation.
  • Évaluer l'efficacité d'un traitement.
  • Déterminer le pronostic fonctionnel d'un patient.

Anatomie et Physiologie de la Contraction Musculaire : Un Rappel Essentiel

Pour bien comprendre l'évaluation de la contraction musculaire, il est crucial de rappeler quelques notions d'anatomie et de physiologie.

Les Voies Motrices

Les voies motrices sont des voies descendantes qui transmettent la commande motrice cérébrale au muscle. Le mouvement est sous un contrôle volontaire dépendant de la voie corticospinale. L'exécution du mouvement implique une régulation semi-volontaire et automatique dépendant des voies des ganglions de la base. La coordination des mouvements et de l'équilibre est sous le contrôle cérébelleux, soit directement, soit indirectement via ses nombreuses afférences.

La motricité volontaire est commandée par les aires motrices primaires et secondaires situées au niveau du lobe frontal du cerveau. L'exécution du mouvement est sous la commande de l'aire motrice primaire, qui occupe le gyrus précentral, tandis que sa programmation et sa planification font intervenir les aires motrices secondaires (cortex prémoteur et aire motrice supplémentaire) situées juste en avant de l'aire motrice primaire. L'aire motrice primaire prend en charge la motricité de l'hémicorps controlatéral et suit une organisation somatotopique : la face est représentée dans sa partie inférolatérale, le membre supérieur dans sa partie supérolatérale, et le membre inférieur dans sa partie médiane.

Les neurones de l'aire motrice primaire projettent des axones qui constituent deux faisceaux : le faisceau corticospinal (anciennement dénommé faisceau pyramidal) à destination de la corne ventrale de la moelle spinale, et le faisceau corticonucléaire (appelé précédemment faisceau géniculé) vers les noyaux moteurs des nerfs crâniens. À leur origine, les fibres des faisceaux corticospinal et corticonucléaire sont dispersées dans la substance blanche des hémisphères cérébraux, puis elles descendent et se regroupent au niveau de la capsule interne (bras postérieur pour le faisceau corticospinal, genou pour le faisceau corticonucléaire). Une lésion touchant la capsule interne, où les fibres corticospinales sont densément regroupées, provoque donc un déficit moteur proportionnel controlatéral, aux trois étages (face, membre supérieur et membre inférieur), tandis qu'une lésion de même volume touchant le cortex cérébral ou le centre ovale (corona radiata) des hémisphères, où les fibres sont dispersées, provoque un déficit moteur prédominant sur une partie de l'hémicorps controlatéral.

Ayant traversé la capsule interne, le faisceau corticospinal descend dans les pédoncules cérébraux à la partie ventrale du mésencéphale, traverse le pont où il est dissocié par les noyaux de celui-ci, puis se regroupe à nouveau au sein des pyramides bulbaires. Au niveau bulbaire, la majorité des fibres décussent pour constituer du côté opposé le faisceau corticospinal croisé de la moelle spinale.

Lire aussi: Tout savoir sur le hoquet

L'Unité Motrice et la Transmission Neuromusculaire

Les deuxièmes neurones moteurs (anciennement dénommés motoneurones α) situés dans la corne ventrale et dans les noyaux des nerfs crâniens reçoivent les projections des voies corticospinale et corticonucléaire, respectivement, et envoient à leur tour des axones qui passent par les nerfs périphériques ou crâniens pour aller se projeter sur les fibres musculaires. Chaque 2e neurone moteur unique innerve plusieurs fibres musculaires au sein d'un muscle, constituant avec elles une unité motrice.

La transmission neuromusculaire s'effectue par une synapse entre une terminaison axonale du 2e neurone moteur et une plaque motrice, qui est une zone spécialisée à la surface des fibres musculaires contenant des récepteurs à l'acétylcholine. La contraction de la fibre musculaire est régulée par un arc réflexe mettant en jeu les fuseaux neuromusculaires, qui sont des structures sensibles à l'étirement et présentes entre les fibres musculaires. L'étirement d'un fuseau neuromusculaire active un neurone sensitif de la moelle spinale qui se projette à son tour sur un 2e neurone moteur, provoquant de manière réflexe la contraction de l'unité motrice. Cet arc réflexe est à l'origine des réflexes ostéotendineux (ROT), qui sont une contraction musculaire brève et immédiate déclenchée par la percussion du tendon du muscle.

L'Importance de l'ATP dans la Contraction Musculaire

La contraction musculaire est un processus complexe qui nécessite de l'énergie sous forme d'ATP (adénosine triphosphate). Les myofibrilles, composées de filaments épais (myosine) et de filaments fins (actine, troponine et tropomyosine), sont les unités contractiles du muscle. Le sarcomère, délimité par les stries Z, est l'unité fonctionnelle du muscle. La contraction musculaire se produit lorsque les filaments d'actine glissent sur les filaments de myosine, raccourcissant ainsi le sarcomère. Ce processus nécessite l'hydrolyse de l'ATP pour fournir l'énergie nécessaire au mouvement des têtes de myosine.

Examen Clinique de la Motricité

L'examen de la motricité comporte l'évaluation de la force musculaire, du tonus musculaire, de la trophicité et des réflexes. L'examen doit être comparatif entre la droite et la gauche. La force musculaire s'apprécie d'abord de façon globale, en demandant au patient de maintenir une posture contre la gravité pendant au moins 10 secondes ; le déficit moteur est révélé par la chute du membre. On utilise la manœuvre de Barré aux membres supérieurs (bras tendus en avant), la manœuvre de Barré aux membres inférieurs (patient en décubitus ventral, genoux fléchis à 90°, jambes maintenues à la verticale), et la manœuvre de Mingazzini (décubitus dorsal, cuisses maintenues à la verticale et jambes à l'horizontale, genoux fléchis). La motricité est ensuite évaluée de façon segmentaire en demandant au patient d'exercer un effort contre résistance, groupe musculaire par groupe musculaire.

En distalité, le tonus est évalué en imprimant un mouvement de rotation (poignet, cheville). On recherche une hypotonie en imprimant un mouvement passif ample à la partie proximale des membres : l'amplitude du ballant du membre est augmentée du côté hypotone.

Lire aussi: Solutions pour les contractions musculaires

Trois réflexes cutanéomuqueux et six ROT sont recherchés. Les ROT sont recherchés par la percussion du tendon du muscle au repos et la réponse est jugée sur la contraction du muscle.

Syndromes Affectant la Force Musculaire

Plusieurs syndromes peuvent affecter la force musculaire, notamment le syndrome pyramidal, le syndrome neurogène périphérique et le syndrome myasthénique.

Syndrome Pyramidal

Le syndrome pyramidal regroupe l'ensemble des symptômes et signes cliniques résultant de l'atteinte, à quelque niveau que ce soit, de la voie corticospinale (anciennement dénommée voie pyramidale), support de la commande motrice volontaire. Le syndrome pyramidal est caractérisé par l'association de signes déficitaires qui traduisent l'atteinte du faisceau corticospinal, et de signes de spasticité, liés à la libération d'activités motrices réflexes normalement inhibées par la voie corticospinale. La survenue de ces deux composantes peut être synchrone en cas d'atteinte lentement progressive ou décalée dans le temps en cas d'atteinte aiguë.

La faiblesse motrice est d'intensité et de topographie variables. Les malades peuvent utiliser des termes comme paralysie, gêne, ankylose, lourdeur, maladresse, mauvais équilibre, etc. La claudication motrice intermittente est évocatrice d'un syndrome pyramidal. Le patient se plaint d'une faiblesse indolore d'un ou des deux membres inférieurs, survenant après un temps de marche, disparaissant au repos pour réapparaître par la suite. En cas de lésion aiguë et étendue, le déficit est massif, concernant toute la musculature, de topographie variable selon la localisation de la lésion. Au membre supérieur, le déficit musculaire prédomine sur les muscles extenseurs et entraîne l'atteinte des mouvements fins et rapides des doigts. Au membre inférieur, le déficit musculaire prédomine sur les muscles fléchisseurs.

En cas de lésion aiguë et étendue, on observe une hypotonie. En cas de lésion partielle ou progressive, ou bien quelques semaines après la phase hypotonique, on observe une hypertonie pyramidale, appelée spasticité, caractéristique du syndrome pyramidal. Les anomalies des ROT varient en fonction de l'étendue et de la vitesse d'installation du déficit moteur. En cas de lésion aiguë et étendue, on observe une aréflexie ostéotendineuse. En cas de lésion progressive ou partielle ou bien à distance d'une lésion aiguë, on observe une hyperréflexie ostéotendineuse. Les ROT sont alors vifs, diffusés, polycinétiques.

Le signe de Babinski correspond à une réponse en extension de l'hallux et écartement des autres orteils lors de la recherche du réflexe cutané plantaire. Normalement, une stimulation d'arrière en avant, du bord externe de la plante du pied, résulte en une flexion de l'hallux.

Syndrome Neurogène Périphérique

Le déficit moteur est de topographie variable, mais prédomine le plus souvent en distal. Il est responsable d'un trouble de la marche dénommée « steppage ». Le déficit moteur est hypotonique et son intensité variable, qu'il est possible de coter, muscle par muscle. Les fasciculations correspondent à des contractions musculaires très brèves, superficielles, localisées à une partie d'un muscle, ne déplaçant pas le segment de membre, bien visibles à jour frisant, survenant spontanément ou après percussion du muscle. Elles sont d'une grande valeur sémiologique, quasi pathognomonique, mais très inconstante. Les ROT sont abolis ou diminués. Il s'agit, avec l'amyotrophie, du meilleur signe clinique du syndrome. Le déficit sensitif peut toucher la sensibilité protopathique (froid, chaud, piqûre), la sensibilité épicritique et la sensibilité profonde.

Syndrome Myasthénique

Le maître symptôme est la fatigabilité musculaire. Il s'agit d'un déficit moteur lié à l'effort et s'améliorant ou disparaissant au repos, d'où la fluctuation des symptômes dans la journée, leur recrudescence en fin de journée et, plus encore, leur caractère intermittent. Les symptômes peuvent être totalement absents au repos, notamment le matin au réveil. Le déficit moteur peut atteindre tous les muscles striés de l'organisme. L'atteinte respiratoire par paralysie des muscles intercostaux et du diaphragme est caractérisée par une polypnée superficielle pouvant aller jusqu'à l'asphyxie. L'examen neurologique peut être strictement normal s'il est pratiqué à distance de tout effort.

Syndrome Myogène

Des douleurs musculaires, myalgies, et des crampes avec contraction en boule d'un muscle, accompagnent la faiblesse musculaire. Le déficit moteur est proximal et surtout bilatéral. Des difficultés à se relever de la position assise ou signe du tabouret. Le déficit moteur est d'intensité variable selon le degré d'évolution de la myopathie. Les modifications du volume musculaire sont généralement une amyotrophie, plus rarement une hypertrophie. L'amyotrophie est de même topographie que le déficit moteur, proximal et bilatéral, et de sévérité variable. Elle peut parfois être masquée par le pannicule adipeux ou être absente dans les myopathies métaboliques. Des anomalies de la contraction ou de la décontraction musculaire sont observées dans le syndrome myogène. On note une abolition du réflexe idiomusculaire, c'est-à-dire une absence de contraction. La recherche du réflexe idiomusculaire consiste en la percussion directe du muscle avec un marteau à réflexes. On ne provoque pas la réponse normale qu'est la contraction en masse du muscle suivie d'une décontraction rapide, mais une contraction anormale, « en boules ». La myotonie est caractéristique du syndrome myogène avec une lenteur de la décontraction musculaire, indolore.

La Kinésiologie : Une Approche Différente de l'Évaluation Musculaire

La kinésiologie est une pratique centrée sur le bien-être et la gestion du stress. Appartenant à la famille des médecines douces, la kinésiologie n'est pas considérée comme un soin de santé au sens scientifique et médical. Couramment appelée « science du mouvement », la kinésiologie s'intéresse fortement à l'évaluation de la force musculaire. En effet, en évaluant le tonus musculaire de la personne (souvent un muscle du bras en premier lieu), le praticien cherche à détecter une quelconque faiblesse.

Le Test Musculaire en Kinésiologie

Pour cela, le praticien commence par choisir un muscle à tester. Souvent, il s'agit d'un muscle du bras, le deltoïde antérieur. Celui-ci sert de référence tout au long du testing musculaire. Le kinésiologue effectue plusieurs manipulations manuelles pour déceler les failles et tenter de percevoir une variation énergétique dans le muscle. Une fois le test musculaire finalisé, le kinésiologue peut mettre en place une série de soins et d'exercices pour aider la personne à se défaire de ses blocages.

Différences Fondamentales avec l'Échelle MRC

Il est important de souligner qu'il n'y a aucun lien entre le test musculaire se basant sur l'échelle MRC et celui pratiqué en kinésiologie. Même si ces deux tests s'intéressent aux réponses musculaires, le tenants et aboutissants ne sont pas comparables. D'après les fondements de la kinésiologie et les découvertes de George Goodheart, les muscles seraient le miroir de nos émotions.

Rappel Important : Le kinésiologue n'est pas un professionnel de santé. Il n'établit pas de diagnostic, de pronostic, de prescription médicale ou de régime alimentaire. Il n'a pas non plus de droit de regard sur un traitement et ne doit pas encourager un de ses visiteurs à interrompre un traitement.

tags: #évaluation #de #la #contraction #musculaire

Articles populaires:

Share: