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Contraction involontaire des muscles des pieds et des membres : causes, diagnostic et traitements

Un spasme musculaire se définit comme une contraction involontaire et soudaine d'un muscle. Cette contraction peut être unique ou répétée. Elle peut toucher un muscle isolé, une partie d'un muscle ou un groupe de muscles. Les spasmes musculaires se distinguent des crampes par leur durée prolongée. Ils peuvent toucher diverses parties du corps, notamment les pieds et les membres. La chanteuse Céline Dion a révélé souffrir de spasmes musculaires en avril 2022, ce qui l'a forcée à reporter sa tournée. Le 8 décembre 2022, elle a révélé sur Instagram que ses spasmes musculaires étaient causés par le syndrome de Stiff-man, ce qui l'a obligée à annuler ses tournées 2022-2023.

Causes fréquentes des spasmes musculaires

Les spasmes musculaires ont des origines diverses, souvent bénignes, telles que la sur sollicitation, le stress ou une mauvaise posture. Dans la plupart des cas, ils sont idiopathiques, c'est-à-dire sans lien avec une maladie particulière. Cependant, ils peuvent également être associés à des troubles métaboliques ou neurologiques.

Fatigue, sur sollicitation et postures prolongées

Lors d'une activité physique intense, les muscles consomment leurs réserves d'énergie. Les fibres musculaires s'épuisent et accumulent des déchets métaboliques. Une diminution du glycogène et une augmentation des métabolites perturbent la jonction neuromusculaire, favorisant ainsi les crampes et les spasmes. Les sports d'endurance, le travail physique soutenu ou un entraînement brutal sans échauffement sont souvent en cause. Les postures prolongées, comme le travail sur écran ou les positions assises ou debout statiques, entraînent une tension musculaire de faible intensité mais continue, susceptible de générer des raideurs et des spasmes au niveau de la nuque, du dos, des épaules ou des mâchoires. Une position statique prolongée crée une ischémie relative (diminution de l'apport sanguin), favorisant les contractions réflexes.

Stress, système nerveux et tension musculaire

Le système nerveux central est étroitement lié à notre musculature. En cas d'anxiété, le cerveau maintient un niveau de vigilance élevé, augmentant le tonus musculaire, y compris au repos. Certaines conditions de travail peuvent également favoriser ces atteintes musculo-squelettiques, comme une tension accrue, des forces d'appui ou un temps de récupération insuffisant. Le stress amplifie la perception de la douleur et altère le processus de réparation des microtraumatismes des tissus mous.

Causes médicales

Plus rarement, certaines pathologies sous-jacentes peuvent être à l'origine de myoclonies, notamment :

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  • Les déséquilibres du métabolisme : hypokaliémie (manque de potassium), hypocalcémie (manque de calcium), hypomagnésémie (manque de magnésium) ou hyponatrémie (manque de sodium), dérèglements hormonaux (hypo- ou hyperthyroïdie), carences vitaminiques, affections hépatiques (cirrhose) ou rénales.
  • Les maladies neurologiques peuvent induire des spasmes ou des crampes en raison d'une hyperexcitabilité motoneuronale, de lésions nerveuses ou de dysfonctionnements réflexes (diabète, alcoolisme, maladie de Parkinson, maladie de Creutzfeldt-Jakob, séquelles d'AVC, sclérose en plaques).
  • Certains traitements, comme la chimiothérapie ou les médicaments affectant les canaux ioniques, peuvent induire des dysfonctionnements nerveux et des spasmes secondaires.

Spasticité : une forme particulière de contraction musculaire

La spasticité est une forme d'hypertonie musculaire caractérisée par une résistance au mouvement qui dépend de la vitesse de déplacement du membre. Elle se manifeste par une rigidité musculaire, une exagération du réflexe d'étirement et des spasmes. Les symptômes de la spasticité sont souvent décrits comme des crampes douloureuses. En présence de lésions cérébrales ou médullaires, le cerveau ne peut plus exercer un contrôle total du tonus musculaire. Après un accident vasculaire cérébral, des lésions cérébrales peuvent apparaître et une hyperactivité musculaire peut se développer. Il arrive que les zones touchées par les lésions se réorganisent d'elles-mêmes, parfois de façon anarchique. L'apparition de la spasticité pourrait être due à ces changements. La spasticité peut être une conséquence d'une paralysie cérébrale chez l'enfant et se traduit par un trouble de la posture et du mouvement. Ces conséquences peuvent s'aggraver au cours de la croissance de l'enfant (troubles de la marche, douleurs, déformations orthopédiques). La spasticité touche le membre inférieur et/ou le membre supérieur. D'autres zones peuvent être touchées par la spasticité comme l'épaule, la main, le genou, le pied ou la hanche. L'intensité de cette hypertonie non contrôlable est variable et peut aller d'une sensation de raideur à une ankylose articulaire très marquée.

Perturbations liées à la spasticité

La spasticité peut entraîner diverses perturbations, notamment :

  • Perturbation des membres inférieurs : flexion du genou ou des hanches, extension du genou ou des hanches, pied bot spastique, extension du gros orteil, pied équin spastique, flexion des orteils.
  • Perturbation des membres supérieurs : flexion du coude ou du poignet, poing serré, épaule introvertie, avant-bras introverti, position du pouce.

La spasticité peut impacter de nombreux gestes du quotidien comme la prise des repas, la toilette, l'hygiène, l'habillage, la marche ou encore l'activité physique.

Myoclonies : mouvements involontaires brefs et soudains

Une myoclonie est un mouvement anormal, involontaire, soudain et brusque. Il ne s'agit pas d'une pathologie en soi, mais d'un signe clinique qui, lorsqu'il est pathologique, constitue l'un des symptômes d'une maladie. Les myoclonies peuvent être d'origines diverses : médicamenteuses, neurodégénératives, génétiques, métaboliques, etc. Elles se manifestent par de petits mouvements (secousses, tremblements ou spasmes) brusques et répétés d'une ou des deux mains ou pieds. L'intensité du trouble peut être modérée ou grave. Les muscles peuvent se contracter en rythme ou non, et plus ou moins rapidement, selon la cause. Une myoclonie résultant d'une atteinte du tronc cérébral est caractérisée par des contractions survenant à la suite d'une stimulation sonore. Enfin, lorsque la myoclonie est due à une atteinte du cortex cérébral, elle se manifeste plutôt suite à l'étirement du membre touché.

Diagnostic des spasmes musculaires

Si les spasmes musculaires sont fréquents ou perturbent votre vie quotidienne, il est conseillé de consulter un médecin traitant. Celui-ci pourra vous orienter vers un médecin de médecine physique et de réadaptation ou un neurologue si nécessaire. La pose du diagnostic est généralement facilitée par les symptômes évocateurs. Lors de l'examen clinique, le médecin peut constater un muscle dur, contracté et souvent douloureux. La douleur peut être amplifiée lorsque le médecin cherche à étirer le muscle concerné. Dans la plupart des cas, des examens complémentaires ne sont pas nécessaires. Cependant, si les spasmes concernent la zone abdominale ou s'ils sont particulièrement intenses, le médecin pourra prescrire une échographie ou une IRM.

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Traitements possibles

Plusieurs options thérapeutiques peuvent être envisagées pour soulager les spasmes musculaires :

  • Myorelaxants musculaires : des médicaments comme le thiocolchicoside (Miorel, Lumirelax) peuvent être prescrits pour détendre les muscles.
  • Injections de toxine botulique : elles peuvent être recommandées pour empêcher la contraction musculaire. L'efficacité de la toxine semble être due à l'obtention d'un affaiblissement du muscle suffisant pour réduire le spasme, mais pas pour entraîner une paralysie. Cet agent agit en bloquant la transmission au niveau de la jonction neuromusculaire.
  • Massages et pommades réchauffantes : masser la zone douloureuse avec des pommades réchauffantes à base de camphre peut apporter un soulagement.
  • Aromathérapie : l'huile essentielle de lavandin super possède des vertus myorelaxantes et antalgiques qui soulagent vite et bien les contractures musculaires bénignes. Il est conseillé de diluer 20 gouttes de cette huile essentielle dans 50 ml d'huile végétale (olive, tournesol, macadamia…) et d'appliquer cette préparation sur le membre douloureux.
  • Thérapies physiques personnalisées : en parallèle d'un traitement pharmacologique, plusieurs thérapies physiques personnalisées peuvent être recommandées pour favoriser la récupération motrice.
  • Kinésithérapie : elle peut inclure des postures et des étirements.
  • Froid : il peut être efficace chez les patients dont les symptômes sont majorés par la chaleur. L'application de glace pilée ou l'utilisation de vestes refroidissantes peuvent apporter un soulagement.
  • Sophrologie et méditation : ces pratiques peuvent aider à mieux gérer le stress et les émotions, qui peuvent aggraver les spasmes musculaires.

Pour la spasticité, un test thérapeutique peut être fait au préalable pour tester la sensibilité à la toxine botulique : un bloc anesthésique (injection d'un anesthésiant dans le muscle provoquant une anesthésie immédiate). Cela permet d'évaluer l'intérêt de la toxine car le patient ressentira d'emblée l'effet de la toxine s'il y est sensible (diminution de l'action anesthésiante).

En cas de spasticité sévère ne répondant pas aux autres traitements, une intervention chirurgicale peut être envisagée pour interrompre, à divers niveaux du système nerveux, les voies responsables des mouvements anormaux.

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