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Contraction Incontrôlée du Vagin : Causes et Traitements

Le vaginisme, caractérisé par une contraction involontaire des muscles du plancher pelvien entourant le vagin, est un trouble sexuel féminin qui peut rendre la pénétration difficile, voire impossible. Ce trouble, bien que relativement fréquent, reste souvent méconnu et entouré de tabous, empêchant de nombreuses femmes d'en parler et de chercher de l'aide. Pourtant, il existe des solutions et des traitements efficaces pour surmonter ce dysfonctionnement et retrouver une vie sexuelle épanouie.

Comprendre le Vaginisme

Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV), le vaginisme se définit comme « une contraction involontaire, répétée, persistante, des muscles périnéaux qui entourent le tiers externe du vagin en cas de tentative de pénétration par le pénis, doigt, tampon ou spéculum. »

Par définition, les organes génitaux sont normaux et indemnes de toute pathologie, mais à chaque tentative de pénétration, l’orifice vaginal se referme par un mécanisme réflexe totalement involontaire des muscles périvaginaux. Il s’agit donc de spasmes involontaires que la femme ne maîtrise pas. Chez certaines femmes, la simple anticipation d’une pénétration vaginale peut déclencher cette contraction.

Pour mieux comprendre, beaucoup de médecins comparent cette contraction à un clignement de l’œil lorsqu’une poussière nous gêne ou qu’un insecte s’en approche.

En général, la contracture musculaire n’est pas douloureuse en elle-même. Par contre, une douleur peut être ressentie en cas de tentative de pénétration alors que le vagin est « fermé ». Ce n’est donc pas le vaginisme qui provoque une éventuelle douleur, mais, parfois, la tentative de pénétration. La femme rentre alors dans un cercle vicieux : l’appréhension de la douleur déclenche la contracture, provoquant ainsi la douleur, ce qui ne fait qu’augmenter l’appréhension de la pénétration. Lorsqu’elle est présente, cette douleur est très réelle, et non « dans la tête ».

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Le vaginisme peut faire partie d’un phénomène plus complet de refus, voire de phobies sexuelles, d’aversion sexuelle et de troubles du désir ou de l’excitation. Mais souvent il n’empêche pas la réponse sexuelle normale, l’excitation, la lubrification et l’orgasme produits par la stimulation clitoridienne.

La contraction des muscles pelviens (pubo-coccygiens) est telle, qu'elle empêche toute pénétration. Et si celle-ci est tout de même entreprise, elle se traduit immanquablement par d'insupportables douleurs qui, elles-mêmes, vont entretenir le blocage, même si l'intéressée éprouve du désir. Une pénétration réalisée malgré le vaginisme est la source de douleurs extrêmes (dyspareunies) qui risquent d'exacerber le vaginisme.

On estime qu'entre 5 et 17% de la population féminine est touchée par le vaginisme, bien que les patientes aient tendance à garder cette pathologie secrète et à ne pas en parler avec leurs médecins.

Les différents types de vaginisme

Il est possible de distinguer deux types de vaginisme selon le moment où celui-ci est apparu :

  • Vaginisme primaire : le vaginisme est primaire si la pénétration s’est avérée impossible ou difficile depuis toujours. La forme primaire représente la forme la plus fréquente de vaginisme. Il apparaît au début de la vie sexuelle de la femme. La femme est donc souvent vierge. Fatima, 25 ans, mariée sous pression familiale, consulte pour un mariage non consommé. Vaginisme primaire : présent dès les premières tentatives de pénétration.
  • Vaginisme secondaire : le vaginisme est secondaire s’il apparaît après une vie sexuelle satisfaisante et sans problème particulier.

On peut aussi distinguer les vaginismes selon leur étendue :

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  • Vaginisme global : lorsqu’il se produit dans toutes les situations et avec tout objet : quel que soit le partenaire, quel que soit la tentative de pénétration (examen gynécologique, tampon, rapport sexuel…).
  • Vaginisme situationnel : lorsqu’il ne se produit que dans certaines situations, par exemple avec un partenaire mais pas d’autres, ou lors de rapports sexuels mais pas avec des tampons ni lors d’examens pelviens, ou vice versa. Le vaginisme ne rend donc pas toujours toute pénétration impossible. Le vaginisme partiel, ou situationnel, est traduit par une pénétration douloureuse et difficile, notamment la pénétration d'un pénis, quand un doigt ou un tampon ne causent pas forcément de douleurs.

Symptômes et conséquences du vaginisme

Les symptômes principaux du vaginisme sont de fortes douleurs au moment de la pénétration, ainsi qu'une peur, parfois inconsciente, de la pénétration. Lors d’une tentative de pénétration (par un doigt, un objet ou un pénis), la sensation de douleur donne l’impression d’un brûlement ou d’un déchirement. Les femmes la décrivent ainsi : « C’est comme s’il frappait un mur » ; « C’est comme s’il était trop gros pour moi » ou encore « Je sens que je vais me déchirer ». Dans certains cas, la pénétration n’est pas douloureuse, mais en revanche impossible.

La douleur peut ou non s’atténuer pendant les rapports sexuels, et elle peut par moments être moins aiguë.

Outre les symptômes physiques, le vaginisme peut entraîner un mal-être psychologique important, lié à l’impossibilité d’avoir des relations intimes et à la baisse de l’estime de soi. L’équilibre sexuel et affectif de la femme et du couple peuvent être affectés. L’absence de coït due au vaginisme peut également engendrer des difficultés pour concevoir. La douleur et la peur de la pénétration peuvent mener à un cercle vicieux où l’anticipation de la douleur renforce le blocage et entraîne un sentiment de culpabilité.

En couple, l'équilibre sexuel et affectif peut-être fortement impacté, mais ce n'est pas automatique et de nombreux couples ont une vie sexuelle épanouie. Aborder les dyspareunies avec son partenaire peut être difficile, mais c'est une étape importante pour maintenir une relation forte et compatissante. En utilisant des mots doux, en favorisant l'empathie et en travaillant ensemble pour trouver des solutions, vous pouvez renforcer la compréhension mutuelle et la solidarité dans votre relation.

Causes du vaginisme

Les causes de cette pathologie ne sont pas claires. Les recherches cliniques et les articles de la littérature médical indiquent que les femmes souffrant de vaginisme ont un point de vue négatif sur la sexualité et sur la pratique sexuelle.

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Les origines du vaginisme sont multiples et souvent complexes. Les causes du vaginisme sont variées et peuvent être d’origine physique ou psychologique. Les médecins s’accordent à dire qu’il s’agit souvent d’une combinaison de plusieurs facteurs :

  • Facteurs physiques : Les muscles de la zone périnéale se contractent de manière incontrôlable. Bien qu’aucun obstacle physiologique n’explique l’impossibilité de la pénétration, des facteurs hormonaux peuvent parfois entrer en jeu. Le vaginisme secondaire doit faire rechercher une cause organique : gynécologique (infection vaginale, traumatisme obstétrical, chirurgie pelvienne …), anatomique (malformations), métabolique (spasmophilie).
  • Facteurs psychologiques : La peur, l’appréhension ou l’angoisse à l’idée d’avoir des rapports sexuels sont souvent présentes chez les femmes souffrant de vaginisme. Le vaginisme primaire est fréquemment d’origine psychologique. Certains facteurs favorisants peuvent être la peur du premier rapport sexuel, d’une grossesse, de l’accouchement, d’une Infection Sexuellement Transmissible … dans un contexte d’éducation stricte ou de convictions religieuses culpabilisantes, ou encore de traumatismes sexuels anciens.

Plusieurs situations peuvent déclencher le vaginisme, telles que :

  • Infections urinaires ou génitales répétées
  • Manque de lubrification
  • Syndrome de Rokitansky
  • Douleurs pendant les rapports (dyspareunie)
  • Troubles suite à l’accouchement
  • Stress
  • Méconnaissance ou mauvaise image de son corps
  • Éducation religieuse ou sexuelle stricte
  • Trouble de l’identité sexuelle
  • Peur de tomber enceinte
  • Angoisse généralisée liée aux rapports sexuels
  • Violences sexuelles passées

Il est important de noter que dans la majorité des cas, le vaginisme est d’ordre psychologique.

Diagnostic du Vaginisme

Le diagnostic se base sur la difficulté de la patiente à passer une visite gynécologique. Un médecin devrait être en mesure de vous répondre après vous avoir posé quelques questions et suite à un examen.

L’examen gynécologique est nécessaire pour éliminer une cause physique à cette impossibilité de pénétration. Il faut notamment vérifier qu’il ne s’agit pas d’une vestibulodynie ou de toute autre vulvodynie. Lors de l’examen, la patiente accompagne le soignant pour insérer un doigt ou le spéculum (l’instrument utile pour regarder dans le vagin) à l’intérieur de son propre vagin afin d’éviter les douleurs.

Il est possible également que, dans certains cas, un hymen trop résistant soit la cause de cette impossibilité de pénétration, et non un cas de vaginisme. Il faut cependant se garder de considérer l’hyménotomie (incision chirurgicale de l’hymen) comme le moyen garanti de récupérer des fonctions sexuelles normales. Dans la plupart des cas, en effet, cette impossible pénétration est due à un vaginisme. Or, ce dernier est causé par une contraction des muscles pelviens, la présence ou non de l’hymen n’interférant pas sur celle-ci. Cette opération, si elle peut avoir un effet psychologique positif sur la femme et sur sa peur, n’a pas d’incidence directe sur le vaginisme.

En effet, le vaginisme est un trouble sexuel qui peut avoir un impact significatif sur la vie d’une femme et de son couple.

Traitements et Solutions pour le Vaginisme

Le vaginisme est un trouble bien pris en charge lorsqu’il est reconnu. Le traitement dépend de la cause sous-jacente. Il est tout à fait possible de guérir de ce vaginisme. Le vaginisme n’est pas une fatalité, quelle que soit sa durée. Les femmes vaginiques croient souvent qu’elles sont « trop étroites » et que leur vagin doit être étiré. Cette pensée à elle seule est pénible ! En fait, les femmes vivant avec le vaginisme n’ont pas besoin « d’étirer » quoi que ce soit. Elles doivent simplement « désapprendre » ce réflexe musculaire involontaire. Pour cela, elles peuvent notamment apprendre à contrôler les muscles autour du vagin, ce qui peut se faire à l’aide d’exercices.

La prise en charge du vaginisme est globale, multimodale et pluridisciplinaire. Elle associe une approche corporelle à un volet psychologique.

  • Approches psychologiques : L’approche psychologique est essentielle avec une psychothérapie de type cognitivo-comportementale ou EDMR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), associée à des séances de sexologie. Les Thérapies Comportementales et Cognitives sont particulièrement efficaces dans le traitement du vaginisme. Elles ne se focalisent effectivement pas sur la source du problème, mais plutôt sur les symptômes qui compliquent le quotidien. Les TCC pourront être complétées par des séances de sexologie, d'hypnose ou de relaxation musculaire. Un professionnel de la psychologie peut vous aider à traiter les causes psychologiques du vaginisme. Les TCC sont notamment reconnues pour leur efficacité car elles permettent de résoudre le problème de contraction réflexe dans la plupart des cas. La psychanalyse a également été proposée comme approche thérapeutique.
  • Rééducation et exercices : Pour soigner le vaginisme, un contrôle gynécologique est d'abord nécessaire pour déterminer si l'origine est infectieuse, s'il s'agit d'une anomalie physique. La rééducation avec des dilatateurs vaginaux est souvent utilisée avec des exercices réguliers et progressifs qui permettent une découverte du corps et une acceptation du contact. Parmi les solutions et les exercices pour soulager les femmes de ces troubles, les massages intimes avec un dilatateur sont souvent utilisés. Il convient de débuter par le dilatateur le plus petit et, au fur et à mesure des séances et des semaines, d'utiliser un diamètre plus grand. Le but est de travailler par des massages l'entrée vaginale ou la cavité pour distendre tout doucement cette zone et surtout soulager des douleurs. La kinésithérapie périnéale aide à identifier, contrôler et relâcher les muscles du plancher pelvien. Les exercices de Kegal encouragent la relaxation du pelvis.
  • Autres approches : Les traitements médicamenteux peuvent être utiles mais ne doivent pas être proposés seuls. Ils restent peu efficaces et viennent en complément des thérapies corporelles et psychologiques. Il n’existe pas de médicament pour soigner le vaginisme, mais une crème à la base de lidocaïne (anesthésiant local) peu être prescrite pour soulager les douleurs liées à la pénétration. L’injection locale de toxine botulique peut être envisagée pour un relâchement musculaire temporaire. Les techniques de biofeedback sont aussi efficaces.

L'Ostéopathie et le Vaginisme

L’ostéopathie peut jouer un rôle crucial dans la prise en charge du vaginisme. La gestion du stress et des tensions corporelles globales : le vaginisme étant souvent lié à un état de stress général, nous utilisons des techniques de relaxation globale du corps.

Importance de la Communication et du Soutien

La communication au sein du couple est essentielle pour surmonter le vaginisme. L'aide du partenaire est importante. Ce qui l’a aidé c’est de trouver une sage femme pour l’accompagner et enfin parler, avec cette sage femme mais aussi avec ses proches, de son vaginisme.

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