La maternité de la clinique de la Côte d'Opale à Saint-Martin-Boulogne, propriété du groupe privé Vivalto Santé, est au cœur d'une vive controverse. Une grève illimitée a été déclenchée par le personnel soignant pour protester contre le projet de fermeture de la maternité, prévue en septembre, ainsi que pour revendiquer des augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail. Cette situation engendre de vives inquiétudes tant chez les employés que chez les futures mamans qui avaient choisi cet établissement pour la naissance de leurs enfants.
Colère et inquiétudes du personnel soignant
Les soignants de la clinique de la Côte d'Opale ont exprimé leur colère et leur désarroi face à la perspective de la fermeture de la maternité. Ils se sont regroupés devant la clinique, et les auxiliaires de puériculture ont manifesté en agitant des spéculums pour faire du bruit. Laure, auxiliaire de puériculture avec 33 ans d'expérience, témoigne de son attachement à son travail et de l'angoisse face à la perte d'emploi : "Nous sommes en colère, nous allons être licenciés, il n'y a pas d'espoir".
Hélène, sage-femme, souligne également le lien particulier qui se tisse avec les patientes : "En tant que sage-femme c'est compliqué de quitter les salles d'accouchement. Nos patientes, ce ne sont pas que des numéros de dossier. Quand je vois une patiente deux ans après, je sais comment s'était passé son premier accouchement. Les gens venaient parce qu'ils retrouvaient un petit cocon familial". Elle met en avant l'importance du suivi personnalisé et de l'ambiance familiale qui régnaient au sein de la maternité. Au total, 35 personnes risquent de perdre leur emploi à travers cette procédure de suppression de postes (PSE).
L'angoisse des futures mamans
La fermeture de la maternité suscite également une vive inquiétude chez les futures mamans qui avaient prévu d'y accoucher. Chloé, enceinte et devant accoucher en novembre, témoigne de son angoisse : "Je dois accoucher en novembre, on m'a arrêté mes rendez-vous en septembre". Elle avait choisi la clinique pour ses deux premiers enfants et souhaitait y accoucher pour le troisième, soulignant le cadre familial et rassurant de l'établissement : "C'est hyper angoissant en tant que maman. Nous on a fait le choix de venir ici et j'ai plein de copines dans la même situation. Ici c'est un cadre familial, ça me rassure d'arriver, de voir le bloc obstétrical juste là. Je veux accoucher ici".
Désormais, les femmes enceintes sont redirigées vers la maternité de l'hôpital de Boulogne.
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Justifications de la direction et contestations
Le groupe Vivalto Santé justifie sa décision par une baisse significative de la natalité. Entre 2020 et 2024, la clinique a enregistré une diminution de 20% de son activité, avec 647 naissances en 2024. Les projections pour 2025 prévoient une baisse supplémentaire de 17%. Le directeur général de la clinique, David Fleyrat, évoque également des raisons de sécurité : "On était à plus de 1.200 accouchements par an il y a encore une quinzaine d'années, c'est donc une baisse de 50%. Et aujourd'hui on arrive à avoir plusieurs jours sans aucun accouchement. Donc les réflexes qu'on attend pour bien sécuriser les parturientes, on ne les a plus".
La direction affirme que le regroupement des moyens à l'hôpital de Boulogne permettra d'assurer une prise en charge optimale et adaptée aux exigences actuelles, avec un plateau technique disposant d'une autorisation de néonatologie et d'une maternité de niveau 2B. "En regroupant [à Boulogne] les moyens et les 1 600 naissances sur un seul plateau technique disposant d’une autorisation de néonatologie et d’une maternité de niveau 2B, le but est de garantir une prise en charge optimale et adaptée aux exigences actuelles", indique la direction dans un communiqué.
Cependant, les soignants contestent cette vision. Martine Garénaux, infirmière et représentante du personnel, s'inquiète des conséquences sur la qualité des soins : "On nous dit à l'hôpital qu'il y aura deux accouchements par jour mais on sait bien que ça ne peut pas être calculé comme ça, ce n'est pas comptable. Il y aura peut-être deux accouchements un jour, dix un autre. Est-ce qu'on fera le choix des péridurales pour certaines, pas pour d'autres parce qu'il n'y aura pas assez d'anesthésistes ? C'est une perte de soin, de choix. Des grands groupes qui se font de l'argent et diminuent l'offre de soin sur un territoire".
Impact sur l'offre de soins et perspectives
La fermeture de la maternité de la clinique de la Côte d'Opale soulève des questions cruciales sur l'avenir de l'offre de soins obstétriques dans la région. Les soignants prévoient de poursuivre leur grève le plus longtemps possible pour faire entendre leurs revendications. En attendant, plus aucune femme ne peut accoucher à la clinique, et les patientes sont redirigées vers l'hôpital de Boulogne.
Cette situation met en lumière les tensions entre les impératifs économiques des groupes privés et les besoins de santé de la population, ainsi que l'importance de maintenir une offre de soins de proximité et de qualité, adaptée aux attentes des patientes.
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Informations complémentaires sur la Clinique de la Côte d'Opale
La CLINIQUE COTE D'OPALE est une clinique privée située à Saint-Martin-Boulogne. Elle est certifiée par la Haute Autorité de Santé (HAS). Les avis vérifiés des patients concernant l'environnement et l'organisation de l'établissement lui attribuent une note basée sur 50 avis. Il est important de noter que cette note ne concerne pas la compétence médicale. La clinique propose différents services et spécialités médicales, notamment la chirurgie, la gynéco-obstétrique, la médecine et les urgences. 62 praticiens y exercent.
Bien que la clinique bénéficie d'une certification HAS, il est important de consulter différentes sources d'informations pour se faire un avis éclairé sur la qualité des soins proposés. Les avis Google, par exemple, ne sont ni modérés ni vérifiés et doivent être interprétés avec prudence.
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