L'assistance médicale à la procréation (AMP), également appelée procréation médicalement assistée (PMA), offre un espoir aux couples confrontés à l'infertilité. Ce parcours, bien que porteur d'espoir, peut être long, complexe et émotionnellement éprouvant. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète de la contraception après un parcours de PMA, en abordant les différentes étapes, les techniques utilisées, et les considérations importantes pour les couples.
Introduction à la Procréation Médicalement Assistée (PMA)
La procréation médicalement assistée (PMA) englobe un ensemble de techniques visant à manipuler un ovule et/ou un spermatozoïde pour favoriser l’obtention d’une grossesse. Elle permet de pallier certaines difficultés à concevoir, sans nécessairement traiter la cause de l’infertilité. En France, en 2015, 3,1% des enfants sont nés grâce à une AMP, soit environ une naissance sur 32. La recherche continue d'améliorer les techniques utilisées, augmentant ainsi les chances de succès.
On considère qu'un couple est infertile s’il n’a pas pu concevoir d’enfant après 12 à 24 mois de tentatives sans contraception. Après un an de tentatives, 18% à 24% des couples restent sans enfant. Après deux ans, 8% à 11% des couples sont toujours en attente d’une grossesse. Dans environ 15% des cas, cette incapacité est inexpliquée. Dans d’autres cas, elle est liée à une altération de la qualité du sperme chez l’homme, à un trouble de l’ovulation ou encore à un problème de trompes chez la femme. Il s’agit souvent de problèmes de fertilité mixtes, concernant les deux membres du couple.
Le recul de l’âge des femmes désirant concevoir un premier enfant est une cause importante d’infertilité et de recours à l’AMP. Désormais, 21,3% des femmes ont plus de 35 ans quand elles accouchent et 4,1% plus de 40 ans. Or, après 35 ans, il existe un déclin de la qualité des ovocytes qui augmente significativement le risque d’infertilité.
Les Étapes Clés d'un Parcours de PMA
Un parcours de PMA est un processus médicalisé qui comprend plusieurs étapes cruciales, allant de la stimulation ovarienne à la ponction d'ovocytes, en passant par la fécondation in vitro et le transfert d'embryons. Chaque étape est soigneusement orchestrée pour maximiser les chances de succès.
Lire aussi: Faire la lumière sur l'IVG
1. La Stimulation Ovarienne
L’annonce d’un traitement de FIV est souvent une bonne nouvelle, car elle marque le début d'une étape visant à canaliser l’action des ovaires, généralement grâce à des contraceptifs oraux. Lors d’un cycle menstruel normal, les follicules (les petits sacs de fluide contenant les ovocytes) atteignent divers stades de maturité. Le but de la stimulation ovarienne est de permettre à tous les follicules de parvenir à maturité à peu près en même temps, facilitant ainsi une meilleure récolte lors de la ponction. Dans l’ensemble, les effets secondaires de cette étape sont généralement rares, voire absents.
2. Les Injections
L'étape suivante implique des injections pour obtenir les ovocytes nécessaires à la fécondation. Contrairement à la prise de pilules, les injections sont plus offensives pour obtenir des ovocytes matures et aptes à être fertilisés. Il peut arriver que certains follicules restent de petite taille, ce qui est tout à fait normal. Lors d’une FIV, les injections quotidiennes de stimulation « sauvent » les ovocytes non dominants de cette cohorte qui seraient normalement réabsorbés.
Les injections peuvent être programmées à l'horaire qui convient le mieux à la patiente. Durant cette période, des visites fréquentes au centre de PMA sont nécessaires pour mesurer le diamètre des follicules et déterminer le jour le plus opportun pour déclencher l’ovulation.
3. La Ponction Ovarienne
La troisième étape est la ponction ovarienne, une intervention chirurgicale pratiquée sous anesthésie locale ou générale, au cours de laquelle les ovocytes sont extraits des follicules. Le jour suivant, on évalue si les ovocytes ont bien répondu à la stimulation et à l’injection de déclenchement, et combien d’ovocytes ont pu être fertilisés.
Après cette ponction, il est normal de ressentir des douleurs et d’avoir quelques saignements. Les ovaires peuvent rester endoloris pendant quelques jours avant de revenir à leur taille originale. Comme lors de tout acte chirurgical, il existe des risques d’hémorragie et d’infection. Il est également important d'informer le centre en cas d’accumulation excessive de liquide, pouvant indiquer un syndrome d’hyperstimulation ovarienne.
Lire aussi: Méthodes d'avortement et contraception
4. Le Transfert d'Embryon
Le transfert d’embryon est la procédure durant laquelle des embryons frais ou décongelés sont placés dans l’utérus. Il existe de nombreuses raisons de congeler les embryons avant un transfert. Par exemple, si un diagnostic génétique pré-implantatoire est réalisé, il est nécessaire de congeler les embryons pour attendre les résultats. La congélation est également indiquée en cas de syndrome d’hyperstimulation ovarienne, pour permettre au corps de récupérer avant de tenter une grossesse.
Lors d’un cycle menstruel naturel, l’utérus n’est prêt à recevoir un embryon que durant une courte période. Des taux élevés de progestérone peuvent fermer ou avancer cette fenêtre optimale, diminuant les chances d’implantation de l’embryon. Avant le transfert, il faut s’assurer que l’utérus est prêt d’un point de vue hormonal, en administrant des doses quotidiennes d’œstrogène et de progestérone.
Le transfert d’embryon a lieu au même endroit que la ponction, mais sans anesthésie. La patiente doit avoir la vessie pleine pour obtenir une image plus lisible à l’échographie. Après le transfert, il est conseillé d'éviter les exercices physiques intenses ou de porter des charges lourdes.
5. Le Test de Grossesse
Le test de grossesse est programmé environ 7 à 10 jours après le transfert. Durant cette période, il est important de se distraire et de faire preuve d’auto-empathie. La seule façon de savoir avec certitude si une grossesse est en cours est de faire un test sanguin le jour dit.
Si le test de grossesse est positif, un suivi étroit est mis en place jusqu’au premier rendez-vous avec un obstétricien. Les effets secondaires liés à l’administration de progestérone et d’œstrogène sont similaires aux symptômes de grossesse et restent généralement faibles.
Lire aussi: L'héritage de la Loi Veil
Techniques d'Assistance Médicale à la Procréation (AMP)
Plusieurs techniques d'AMP peuvent être proposées aux couples infertiles, chacune ayant ses spécificités et indications.
1. L'Insémination Artificielle (IA)
C’est la technique d’AMP la plus simple et la moins coûteuse. Elle consiste à recueillir et préparer le sperme du conjoint ou d’un donneur pour l’injecter directement dans l’utérus de la femme de façon synchronisée avec l’ovulation. Le plus souvent, la femme suit préalablement un traitement hormonal (stimulation ovarienne) pour obtenir le développement d’un à deux (voire trois) follicules matures, susceptibles d’être fécondés.
2. La Fécondation In Vitro (FIV)
Dans la plupart des cas, les gamètes des deux conjoints sont utilisées. Mais la FIV peut également être réalisée avec un gamète de donneur (spermatozoïde ou ovocyte) lorsque cela s’avère nécessaire. Une première étape consiste à stimuler les follicules par un traitement hormonal avec des doses de FSH exogènes (hormone folliculostimulante) bien plus importantes que celles utilisées en cas d’insémination. Lorsque les follicules sont matures, ils sont prélevés et transmis au laboratoire. En parallèle, du sperme est recueilli et préparé au laboratoire. La fécondation a ensuite lieu in vitro, c’est-à-dire à l’extérieur du corps de la femme. Les spermatozoïdes sont déposés au contact des ovocytes dans une boîte de culture placée à 37°C. Les ovocytes fécondés deviennent des zygotes (œufs fécondés), puis des embryons. Deux, trois ou cinq jours après la fécondation, les embryons sont transférés dans l’utérus de la femme au moyen d’un cathéter introduit sous contrôle échographique. Le nombre d’embryons transférés dépend de l’âge de la femme mais également des stratégies de prise en charge propres aux centres d’AMP.
3. La FIV-ICSI (Fécondation In Vitro avec Micro-Injection)
La fécondation in vitro avec ICSI (pour « intracytoplasmic sperm injection ») représente désormais 67% des FIV. Cette technique consiste à injecter directement un spermatozoïde dans l’ovocyte. Elle a résolu la grande majorité des problèmes d’infertilité masculine puisque seuls quelques spermatozoïdes mobiles sont nécessaires pour obtenir des embryons. La micro-injection est réalisée par un biologiste, sous contrôle d’un microscope. Elle est renouvelée pour chaque ovocyte mature fécondable. Les autres étapes sont identiques à celles de la FIV, depuis la stimulation hormonale de la femme jusqu’au transfert d’embryons.
4. L'Accueil d'Embryon
Un couple stérile ou à risque de transmission de maladie génétique peut demander à recevoir un embryon congelé issu d’un autre couple. Le don d’embryon repose sur l’anonymat, le volontariat et la gratuité. Il n’y a aucune contrepartie financière, le couple donneur ne peut prétendre à aucune filiation avec l’enfant et ne connaitra pas le couple receveur et le devenir de l’embryon.
Contraception Après la PMA: Considérations Essentielles
Après un parcours de PMA, qu'il ait abouti à une grossesse ou non, la question de la contraception se pose. Plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour choisir la méthode contraceptive la plus adaptée.
1. Après une Grossesse Issue de la PMA
Si le parcours de PMA a abouti à une grossesse, la contraception est à envisager après l'accouchement. Les options contraceptives sont les mêmes que pour une grossesse naturelle, incluant les méthodes hormonales (pilule, implant, stérilet hormonal), les méthodes barrières (préservatifs, diaphragme), et les méthodes non hormonales (stérilet en cuivre). Le choix dépendra des préférences de la femme, de son état de santé, et de son désir de grossesse future.
2. Après un Échec de la PMA
Si le parcours de PMA n'a pas abouti à une grossesse, la contraception peut être envisagée pour différentes raisons :
- Pause entre les cycles de PMA: Il peut être nécessaire de faire une pause entre les cycles de PMA pour des raisons médicales ou personnelles. La contraception permet alors de contrôler le cycle menstruel et d'éviter une grossesse non désirée pendant cette période.
- Décision d'arrêter la PMA: Certains couples peuvent décider d'arrêter les tentatives de PMA. La contraception devient alors une nécessité pour éviter une grossesse non planifiée.
- Exploration d'autres options: Certains couples peuvent souhaiter explorer d'autres options, comme l'adoption, avant de reprendre les tentatives de PMA. La contraception permet alors de se concentrer sur ces alternatives sans la pression d'une possible grossesse.
3. Méthodes Contraceptives Après la PMA
Le choix de la méthode contraceptive après la PMA dépend de plusieurs facteurs :
- Désir de grossesse future: Si le couple envisage de reprendre les tentatives de PMA, il est préférable d'opter pour une méthode contraceptive réversible, comme la pilule, l'implant, le stérilet hormonal, les préservatifs, ou le diaphragme.
- État de santé de la femme: Certaines méthodes contraceptives peuvent être contre-indiquées en fonction de l'état de santé de la femme. Il est important de discuter avec un médecin pour choisir la méthode la plus sûre et la plus adaptée.
- Préférences personnelles: Le choix de la méthode contraceptive doit également tenir compte des préférences personnelles du couple. Certaines femmes préfèrent les méthodes hormonales, tandis que d'autres préfèrent les méthodes non hormonales.
4. La Ligature des Trompes
La ligature des trompes est une intervention chirurgicale qui a pour but de rendre les trompes non perméables. Cette procédure est réalisée par laparoscopie, sous anesthésie générale. Il s’agit d’un contraceptif pour celles qui décident de ne pas redevenir mères et qui sont conscientes qu’il s’agit d’une méthode de stérilité définitive. Dans le cas où l’on souhaiterait revenir sur cette opération, la femme devrait subir une nouvelle intervention chirurgicale pour obtenir à nouveau une grossesse.
Grâce aux techniques de procréation assistée, il est possible de tomber enceinte même si l’on a subi une ligature des trompes. La fécondation in vitro est la technique de choix pour ces patientes. Une autre option est le traitement de réception de gamètes (ovules et/ou sperme), qui consiste à faire appel à un donneur d’ovules ou de sperme parce que la fertilité de l’un des partenaires peut être altérée, soit en raison de l’âge, soit en raison d’une cause médicale ou d’une altération. L’adoption d’embryons est une autre option très courante dans les traitements après ligature des trompes.
Conseils et Recommandations
- Consulter un professionnel de santé: Il est essentiel de consulter un gynécologue ou un spécialiste de la fertilité pour discuter des options contraceptives après un parcours de PMA.
- Tenir compte de l'état émotionnel: Le parcours de PMA peut être émotionnellement éprouvant. Il est important de prendre en compte l'état émotionnel du couple lors du choix de la méthode contraceptive.
- Ne pas hésiter à demander de l'aide: Des professionnels de la santé mentale peuvent offrir un soutien émotionnel aux couples confrontés à l'infertilité et aux décisions concernant la contraception.
- SOPK et infertilité: Les femmes atteintes du SOPK sont généralement + fertiles à 35 ans qu’à 25 ans car elles ovulent mieux et plus vite.
tags: #contraception #après #parcours #PMA