L'idée selon laquelle l'interruption volontaire de grossesse (IVG) serait utilisée comme un moyen de contraception à part entière est une idée reçue tenace. Cet article vise à déconstruire cette idée fausse et à fournir une information claire et précise sur l'IVG et la contraception.
IVG et contraception : des approches distinctes
La contraception englobe l'ensemble des méthodes hormonales, mécaniques et naturelles mises à la disposition d'une femme, d'un homme ou d'un couple pour prévenir une grossesse non désirée. Ces méthodes agissent avant le début d'une grossesse. Les moyens de contraception sont variés et peuvent évoluer en fonction de la période de la vie d'une femme. Ils diffèrent aussi d'une femme à l'autre, en fonction de son rapport à son corps, de sa vie scolaire ou professionnelle, de sa vie affective, amoureuse et sexuelle, et de sa personnalité.
L'IVG, contrairement à la contraception, intervient une fois que la grossesse a commencé. Elle consiste à interrompre cette grossesse par une méthode médicamenteuse ou chirurgicale. Même si, dans la plupart des cas, ces interventions se déroulent bien, l'IVG n'est pas une contraception et doit rester une solution exceptionnelle dans la vie d'une femme.
Déconstruire les idées reçues sur la grossesse et l'IVG
Plusieurs idées fausses circulent concernant la grossesse et l'IVG. Il est important de les déconstruire pour éviter les grossesses non désirées et faire des choix éclairés.
On ne peut pas tomber enceinte lors du premier rapport sexuel : FAUX. Une grossesse est possible dès la première fois. La virginité n'est pas une contraception.
Lire aussi: La pilule du lendemain après une IVG
On ne peut pas tomber enceinte juste avant, juste après et pendant les règles : FAUX. L'ovulation peut se produire à n'importe quel moment du cycle, quelle que soit la date d'arrivée des règles.
La méthode du retrait est aussi efficace qu'une contraception hormonale ou que le préservatif : FAUX. La méthode du retrait n'empêche pas la sécrétion du liquide pré-séminal, qui peut contenir des spermatozoïdes.
L'IVG rend stérile : FAUX. Comme toute intervention chirurgicale, il existe un risque de complications, mais il est très rare.
La pilule du lendemain rend stérile : FAUX. Elle n'a pas d'incidence sur la fertilité, mais elle peut être moins efficace et exposer à une grossesse non désirée si elle est prise trop fréquemment.
L'IVG médicamenteuse est une pilule contraceptive : FAUX. Les comprimés utilisés pour une IVG médicamenteuse stoppent le développement d'une grossesse débutante, tandis que la pilule contraceptive empêche une grossesse de débuter.
Lire aussi: Avortement et liberté des femmes en France
Les chiffres clés de l'IVG en France
Selon un rapport de l'Insee publié en 2017, seulement 3 % des femmes de 15 à 49 ans, ni enceintes ni stériles, ayant des rapports hétérosexuels et ne souhaitant pas d'enfants, n'utilisent pas de moyen de contraception. Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) publié en 2009 révèle que 72 % des IVG sont pratiquées sur des femmes qui utilisaient une contraception, et que dans 42 % des cas, cette contraception reposait sur une méthode médicale théoriquement très efficace, comme la pilule ou le stérilet.
En France, 76 % des IVG réalisées sont des IVG médicamenteuses. Cette méthode consiste à prendre deux comprimés prescrits par un médecin ou une sage-femme et est possible jusqu'à 7 semaines de grossesse. Le taux de réussite d'une IVG médicamenteuse est de 95 %.
Le déroulement d'une IVG médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse peut être réalisée par un médecin ou une sage-femme, et est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'État (AME). Elle peut également être réalisée via une téléconsultation.
La procédure nécessite deux prises de médicaments :
La prise du premier médicament (mifépristone) : Ce médicament bloque l'action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Il favorise également les contractions de l'utérus et l'ouverture du col utérin. Des saignements et des douleurs peuvent survenir après cette première prise, mais ils ne signifient pas que la grossesse est arrêtée.
Lire aussi: Tout savoir sur l'IMG
La prise du second médicament (misoprostol) : Ce médicament est pris 24 à 48 heures après la première prise. Il augmente les contractions et provoque l'IVG. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes. Des saignements abondants accompagnent généralement l'interruption de la grossesse.
Une visite de contrôle est nécessaire 14 à 21 jours après la première prise de médicament pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complications.
La contraception après une IVG : un enjeu majeur
Après une IVG, la reprise de la fertilité est immédiate. Il est donc essentiel d'envisager une contraception adaptée à sa situation. La majorité des méthodes contraceptives peuvent être commencées le jour même de l'IVG. Il est important de discuter avec un professionnel de santé pour choisir la méthode la plus appropriée.
Plusieurs situations peuvent se présenter :
Si vous n'aviez pas de contraception avant l'IVG, prenez le temps de réfléchir et de discuter avec un professionnel de santé et/ou votre partenaire pour trouver le contraceptif le mieux adapté à votre mode de vie et à votre état de santé.
Si la grossesse non prévue est liée à un échec de votre contraception, c'est peut-être que le contraceptif choisi n'est plus adapté.
Si vous souhaitez poursuivre la méthode contraceptive que vous aviez choisie avant l'IVG, veillez à comprendre, avec l'aide d'un professionnel de santé, la raison pour laquelle cette méthode a échoué.
Le meilleur contraceptif est celui qui est le mieux adapté à votre situation et qui, par conséquent, s'avérera le plus efficace.
Où trouver de l'aide et des informations ?
Il existe de nombreuses ressources pour obtenir des conseils, une écoute attentive et des informations fiables sur la contraception et l'IVG :
Votre conjoint, partenaire ou petit copain : La contraception (et le risque de grossesse) concerne le couple, et il est important de partager vos questions, vos doutes et vos craintes avec votre partenaire.
L'infirmière scolaire : Elle peut vous renseigner et vous orienter en termes de contraception et de sexualité. Elle est tenue au secret professionnel et à la confidentialité.
Les centres de planification : Vous pouvez y obtenir des informations, une contraception et un suivi en échangeant avec des conseillères conjugales et familiales.
Votre médecin traitant ou votre gynécologue : Ils sont là pour répondre à vos questions.
Le site du gouvernement : www.ivg-gouv.fr
Le numéro vert : 0800 235 236
tags: #avortement #moyen #de #contraception