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Obrechies à travers le temps : histoire et évolution d'un village

Introduction

Cet article explore l'histoire et l'évolution du village d'Obrechies, en mettant en lumière son passé agricole, ses transformations urbaines, ses commerces disparus et son évolution sociale. À travers les témoignages et les archives, nous découvrons un village en constante mutation, tout en conservant son identité unique.

L'ère agricole : un village animé par les fermes

Au début du XXe siècle, Obrechies était un village essentiellement agricole, rythmé par la vie de ses nombreuses fermes.

Une activité agricole omniprésente

Avec plus de 20 fermes en activité, le village était animé par une agitation incessante. Les familles nombreuses, dont les enfants participaient aux travaux agricoles dès leur plus jeune âge, contribuaient à cette effervescence. Les animaux de ferme, tels que les poules et les chèvres, étaient présents dans les rues et sur la place publique. Les tas de fumier, aujourd'hui impensables, faisaient partie intégrante du paysage.

Disparition progressive des exploitations agricoles

Au fil du XXe siècle, de nombreuses fermes ont cessé leur activité, marquant un tournant dans l'histoire du village. Parmi ces fermes aujourd'hui disparues, on peut citer :

  • M. et Mme JEUNIAUX, Chemin du Gard
  • M. et Mme MANSY, rue du Fayt
  • M. et Mme VERHULST, rue du Fayt
  • M. et Mme DUBOIS, 239 rue du Fayt
  • M. et Mme LOUGUET, 213 rue du Fayt
  • M. et Mme VERLOO, 192 Rue du Fayt
  • M. et Mme PAQUET, 80 Rue du Fayt
  • M. et Mme BOUTEE, 71 Rue du Fayt
  • M. et Mme BREBANT, 15 la Place
  • M. et Mme BOUSSART, La Place
  • M. et Mme DUVETTE, La Place
  • M. et Mme DUVEAUX, 300 rue du moulin
  • M. et Mme BERNARD rue du Moulin
  • M. et Mme DUVETTE, 700 Le Grand Chemin
  • M. et Mme BURTON Le Grand Chemin
  • M. et Mme CARILLON Le Grand Chemin
  • M. et Mme LECAT Le Grand Chemin
  • M. et Mme MONCOMBLE, Rue de Juifs

La ferme de M. et Mme DUVEAUX.

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De plus, à cette époque, il n'était pas rare de posséder une vache, une chèvre ou un veau pour améliorer les conditions de vie. Les produits obtenus servaient à l'alimentation de la famille ou étaient vendus sur les marchés des environs.

L'agriculture à Obrechies aujourd'hui

Malgré le déclin du nombre d'exploitations, l'agriculture reste présente à Obrechies. Actuellement, sept fermes sont encore en activité :

  • Mr DUTREMEE Denis sur la place
  • Mr DUTREMEE Noël 16 rue de Gréau
  • Mr et Me DEREUDER rue du Fournil
  • Mr POITEVIN François Le Grand Chemin
  • Mr HUBINET Georges rue du Fayt
  • Mr et Me PRZESZLO Le Camp
  • Mr DUTREMEZ Bruno Le Grand Chemin

La collecte de lait : un service essentiel

Avant la Seconde Guerre mondiale, les laiteries d'Aibes, Dourlers et Dompierre assuraient le ramassage du lait. Vers 1930-32, MM. HUBERT Paul et Camille de Ferrière la petite collectaient le lait des grosses fermes et le revendaient aux particuliers. Entre 1936 et 1938, M. LIENART Germain, en complément de son métier de couvreur, assurait le ramassage du lait le matin. Avant 1930, M. LESOIL Emile, demeurant sur la place, effectuait le ramassage et assurait ensuite sa tournée.

Évolution des infrastructures : rues et chemins

Le paysage d'Obrechies a été transformé par l'amélioration des infrastructures routières.

Amélioration des voies de circulation

Le cylindrage des rues a eu lieu en 1932, et le goudronnage a débuté en 1957. Avant ces aménagements, les rues du village étaient empierrées, caillouteuses et poussiéreuses par temps sec, et souvent boueuses et pleines d'ornières. Il incombait aux fermiers de remettre en état les chemins.

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Transformations du nommage et disparition de certains chemins

Le nom de certaines rues et chemins a changé au cours du XXe siècle, et certains chemins ont même disparu. La montée du moulin menant à la place s'appelait "Ruelle du Moulin", le chemin de Souvergiaux s'appelait "Chemin du Camp", et le "Trou de l'enfer" était autrefois connu sous le nom de "Chemin de l'enfer". Le chemin des Dérodés, qui mène au bois de Chéneux, ne porte plus de nom aujourd'hui. La ruelle Boutée, qui relie la rue du Fayt à la rue du Fournil, et la ruelle du Sabotier, qui reliait la rue du Fournil au Grand Chemin, ont également disparu. Autrefois plus fréquentées, les ruelles ont perdu de leur importance avec le temps.

L'arrivée de l'automobile

Les premières voitures ont fait leur apparition vers 1921-22. Parmi les premiers propriétaires, on se souvient de :

  • M. DUVAUX, qui possédait une Ford T
  • M. BOUSSART, avec une Citroën
  • M. LECLERCQ Oscar, qui avait une C4
  • M. LECAT Louis, avec une Ford à pédales
  • M. DUTREMEE Emile, qui conduisait une Renault torpédo
  • M. BOUTEE, propriétaire d'une Citroën

La plupart de ces véhicules ont été abandonnés lors de l'évacuation pendant la dernière guerre. De plus, les camions du village furent réquisitionnés par les Allemands durant la guerre.

Commerces ambulants : une offre de proximité

Autrefois, des marchands ambulants proposaient des produits variés aux habitants d'Obrechies.

Des métiers aujourd'hui disparus

Ces commerçants itinérants offraient des services et des produits aujourd'hui devenus rares. M. Carlier de Louvroil vendait des paniers en osier à vélo. Andréa de Louvroil proposait un éventail d'articles à bas prix jusqu'en 1963. Un marchand de tissus et vêtements, prénommé Henri, sillonnait le village jusqu'à la fin des années 1960. Il n'était pas rare de voir un rempailleur de chaises ou un rémouleur offrir ses services.

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Le taupier : un artisan saisonnier

Un taupier passait durant l'hiver, posant ses pièges le matin et récupérant les taupes piégées le soir. Il achetait également les peaux de lapins, soigneusement bourrées de paille pour être conservées. Ces peaux, ainsi que celles des taupes, étaient ensuite emmenées chez un tanneur qui confectionnait des manteaux, des vêtements peu esthétiques mais chauds.

L'école d'Obrechies : un lieu d'apprentissage et de vie

L'école d'Obrechies, construite en 1858, a joué un rôle central dans la vie du village.

Une classe unique pour tous les âges

À l'origine, l'école ne comportait qu'une seule classe au rez-de-chaussée, accueillant tous les enfants du village, âgés de 5 à 14 ans. La salle de classe était chauffée par un poêle muni d'une grande buse qui traversait la pièce. L'enseignant ou les élèves les plus turbulents étaient chargés de l'allumer tous les matins.

La mairie et le logement de l'instituteur

À l'étage du bâtiment se trouvait la mairie, accessible par un escalier extérieur toujours présent. Le logement de l'instituteur était également situé à l'étage, mais l'accès se faisait par l'escalier intérieur. Après la construction de la nouvelle mairie, l'étage de l'école a été loué à des particuliers jusqu'en 1992. Une deuxième classe a été rouverte en 1985.

Évolution de l'espace scolaire

Dans la cour actuelle se trouvait le jardin de l'instituteur et une allée d'arbres. Derrière l'école, il y avait un jardinet ainsi qu'une petite cour qui fut séparée en 1945, pour isoler les filles des garçons.

L'éducation d'antan

Avant les années 1970, la femme de l'instituteur prenait en charge l'instruction de la couture aux filles. À cette époque, l'instituteur demandait souvent aux élèves de présenter leurs mains et vérifiait si les souliers étaient propres. Tous les élèves étaient tenus de porter une blouse pour éviter les salissures, et la plupart des garçons étaient coiffés d'un béret. L'écriture se faisait à la plume, que l'on changeait toutes les semaines. Il y avait également la corvée de remplissage des encriers. Les cahiers devaient être maintenus propres, et l'utilisation du buvard, fourni par l'instituteur, était fortement recommandée pour éviter les tâches et les salissures. En 1984, l'école a reçu son premier ordinateur.

Les loisirs des enfants d'autrefois

Après leur journée d'école, les enfants faisaient leurs tâches scolaires, puis se distrayaient avec les rares jouets dont ils disposaient. Les plus âgés, après avoir aidé aux travaux de la maison, avaient la permission de se coucher un peu plus tard. Ils occupaient leurs soirées à jouer avec leurs parents et grands-parents au jeu de l'oie ou de bidets.

Évolution de l'habitat : transformations et constructions

Le paysage urbain d'Obrechies a connu des transformations significatives au fil du temps.

Habitat insolite : les wagons aménagés

En 1955, on pouvait encore voir trois wagons aménagés en habitation. Le premier se situait à l'emplacement du terrain de pétanque actuel, le deuxième un peu plus haut, au niveau de l'arbre du bicentenaire, et le troisième à l'intersection du chemin du Gard et de la rue du Fournil.

Reconversion de bâtiments

Plusieurs maisons ou bâtiments ont changé de fonction. Sur la place, la maison située au n° 270 était à l'origine une grange et une étable qui ont été abattues. La maison au n°168 de la Place était une ruine qui fut démolie et entièrement reconstruite par M. BAUDET Valmyr, qui était maçon. Plusieurs granges ont été transformées en habitation, comme celle située au n°19 de la rue des Juifs et celle au n° 71 de la rue du Fayt.

Constructions nouvelles

Depuis une vingtaine d'années, une trentaine de maisons neuves ont été construites, témoignant du dynamisme du village.

Tranche de vie : le quotidien d'autrefois

La vie quotidienne à Obrechies a connu des changements considérables au cours du XXe siècle.

Le confort rudimentaire

À l'époque, pour chauffer la maison, il fallait ouvrir toutes les portes pour laisser diffuser la chaleur partout. Les maisons étaient toutes dotées d'un poêle ou d'une cuisinière, seule source de chaleur, qui servait à faire à manger, la lessive et réchauffer l'eau pour se laver. Avant l'installation du réseau d'eau courante en 1959 et le raccordement aux maisons en 1962, sauf pour les écarts comme le Camp, les maisons disposaient presque toutes d'une citerne ou d'une source dans leur cave. Quand les citernes étaient vides, il fallait s'approvisionner dans le ruisseau de la Carnoye au niveau du moulin. Les bêtes étaient également descendues à l'abreuvoir derrière le moulin.

Les odeurs d'antan

Selon les saisons, les odeurs changeaient dans la maison, parfumées des odeurs de tisanes aux reines des prés, de figottes (rondelles de pommes séchées), de confitures de groseilles, prunes ou rhubarbe. On la transvidait ensuite dans un grand baquet qui servait de baignoire. Il ne restait plus qu'à se laver avec le gros savon de la maison.

La lessive : une corvée pénible

La lessive était une besogne qu'on ne pouvait pas se permettre de faire aussi souvent qu'actuellement. Les vêtements étaient mis à tremper dans une petite cuve en bois, puis étalés sur une grande planche pour pouvoir les frotter avec une brosse de chiendent. Ensuite, ils étaient rincés et séchés à l'extérieur ou à l'intérieur de la maison suivant le temps.

Le repassage : une technique délicate

Venait ensuite le repassage. Le fer chauffait sur le poêle, avec une surveillance permanente, car il ne devait pas rester trop longtemps au risque d'être trop chaud et de brûler les vêtements. Quand celui-ci était à la bonne température, on le manipulait avec un torchon pour repasser. Pendant ce temps, d'autres fers chauffaient sur le feu.

La lessive et le repassage étaient des tâches ménagères pénibles et fastidieuses pour les femmes, qui furent bien heureuses de voir apparaître l'électricité et les machines à laver automatiques.

Commerces et artisans : un tissu économique disparu

Au cours du XXe siècle, Obrechies a vu disparaître de nombreux commerces et artisans qui animaient autrefois le village.

Le moulin : un symbole du passé

Situé au 298, rue du Moulin, le moulin était autrefois un lieu central de la vie économique locale. À l'origine, le moulin ne se situait pas à l'emplacement actuel, mais dans le jardin de celui-ci. Il n'en reste plus aucune trace aujourd'hui. Le moulin était entraîné par l'eau de la Solre, et dans les derniers temps, il fut équipé d'une turbine et de moteurs diesel et électriques pour augmenter son rendement. Il ne subsiste plus actuellement que la turbine. De nombreux meuniers se sont relayés : en 1710, M. BOUSSARD Arthur, et plus récemment, M. BARUZIER, M. GABET, M. DELHAY, M. GHISLAIN et le dernier, M. DUBOIS Emile, qui cessa son activité en 1972.

La cidrerie : une production locale renommée

Située au 359, rue du Moulin, la cidrerie fut créée par M. et Mme PEIGNEUX vers 1935. Ils utilisaient environ 30 tonnes de pommes annuellement. C'était un commerce qui marchait fort bien. On y fabriquait un cidre réputé et de très bonne qualité, vendu sous le nom de "CIDRE ROYAL D'OBRECHIES". L'approvisionnement en eau de la cidrerie se faisait par une canalisation directe qui venait du moulin. L'activité a cessé vers 1962. En 1945, M. LIENARD Raymond, en visite chez la sœur de son père en Normandie, fut très agréablement surpris de se voir servir du "cidre royal d'Obrechies".

La brasserie : une histoire mouvementée

Située au 235, rue du Moulin, la brasserie fut construite en 1866 et exploitée par les époux BOUTEE-BULTIAUX. La brasserie avait une "malterie", malheureusement pillée par les Allemands durant la Première Guerre mondiale, qui ont récupéré tout le cuivre des cuves et des tuyauteries. Elle fut entièrement remontée par cette famille en 1926. Le fond de commerce ayant été racheté par les Brasseries de Maubeuge, qui avait mis une clause de non-fonctionnement de 99 ans, elle n'a plus jamais fonctionné. Le matériel et les cuves furent vendus bien des années après. Sur la cour devant la brasserie, on pouvait voir une meule, servant à écraser le grain, qui était entraînée par des mules. Il subsiste sur la cour une partie de mur avec des tuiles, vestiges d'un bâtiment en pierres bleues appelé "La Porcherie".

Autres commerces et artisans

  • A chinequerie : Baptisée par les anciens, cette appellation correspondait à un dépôt d'alcool et de liqueur pour la brasserie qui exista jusqu'en 1920. Ce local se trouvait au 212, rue du Moulin.
  • Menuiserie : Installée dans l'ancienne Brasserie, la maison et les bâtiments furent rachetés en 1953 par M. LIENARD Raymond. Il débuta son activité dans le grenier de ses parents qui habitaient sur la place. Il exerça son activité de Menuisier Ébéniste jusqu'en mai 1990.
  • Maréchal ferrant : Situé au 212, rue du Moulin, M. DUVEAUX Fernand a créé en 1920 son activité de maréchal ferrant, après avoir été un entrepôt de spiritueux. Par la suite, l'activité fut reprise par son fils, M. DUVEAUX Noël, en 1947. Un marchand de matériel agricole, M. LANNOY, reprit le bâtiment et cessa toute activité en 1987.
  • Couvreur zingueur : Situé sur la place, M. LIENARD Germain créa son activité en 1921 et exerça son activité jusqu'en 1968, date de son décès.
  • Menuisier charron : Situé au 62, La Place, M. Pierre HANZE a créé son activité dans les années 1925. Sa femme tenait également une petite épicerie mercerie dans sa maison.
  • Cordonnier : Situé au 22, rue du Cimetière, M. LEFEVRE Henri a exercé le métier de cordonnier jusqu'en 1941 dans cette maison. Il y a eu également de nombreux sabotiers avant la Première Guerre mondiale, notamment, M. BERTAUX, M. PECQUEUX à la gare, M. QUESNAY ainsi que M. CHERMANNE Emile ruelle des sabotiers.
  • Mécanicien : Situé au 415, Grand Chemin, M. DUBOIS Louis a été mécanicien automobile, mais également réparateur de vélos ainsi que forgeron et électricien.
  • Boucherie charcuterie : Créée par M. HENROTAUX en 1939-40 sur la place au n°18, il transféra son activité au 112 de la rue du Fournil. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rebattait également les matelas. Son commerce fut repris par M. DREAN Jean et ensuite par M. DEGRELLE jusqu'à la fin des années 1950.
  • Apiculteur : M. DUPUY Ernest, dit le "colaud", vendait du miel ainsi que de l'hydromel. M. LECAS Jules produisait également du miel.
  • Coiffeur : Les plus anciens se souviennent avoir été coiffés par M. MASSON qui habitait au 152 rue du Grand Chemin. Ce n'était pas son activité principale, mais il devait posséder certains dons pour la coiffure.
  • Les cafés : Il semble qu'au tout début du siècle, on pouvait se désaltérer dans 14 cafés. Dans un passé plus proche, on trouvait encore plusieurs cafés au village, notamment :
    • M. BERNARD Alphonse et TRICHOT Marie, dit "café bibi", qui a cessé en 1940 et qui était installé au 167, rue du moulin.
    • Mme LAMARQUE au 187, rue du Moulin qui eut comme successeurs respectivement, M. DONNOY, M. COPY, M. COLLET, M. POULET et pour terminer Mme GIBON qui l'aménagea en café épicerie. Il y avait un jeu de quilles ainsi qu'une cabine téléphonique. Elle exerça son commerce jusqu'en 1970. Cette maison a été, avant d'être un café, une ferme.
    • Le café chez "Léa" tenu par Léa et Auguste PEQUEUX près de la gare. Il fut repris ensuite par M. DEHON et sa femme, par M. FIEVET Philippe puis par M. et Mme WALLEME qui l'ont tenu jusqu'en 1990, date de sa fermeture. Il y avait également un jeu de quilles. Pendant un temps, il fit également office de bureau de tabac. En 1925, le premier poste téléphonique public fut installé dans ce café.

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