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Considération de l'hygiène féminine pendant la menstruation : Un enjeu de santé, d'égalité et de dignité

Les menstruations, un phénomène biologique naturel qui touche la moitié de la population mondiale, demeurent un sujet entouré de tabous et de mythes. Longtemps considérées comme un simple problème d'hygiène féminine, elles sont aujourd'hui reconnues comme un enjeu de santé global, d'égalité et de dignité humaine. Cet article explore les différentes facettes de la considération de l'hygiène féminine pendant la menstruation, en abordant les aspects historiques, culturels, médicaux, sociaux et économiques.

Histoire et culture : Un tabou persistant

Historiquement, les menstruations ont été associées à des mythes et des croyances populaires, souvent liées à une notion d'impureté. Pline l'Ancien affirmait qu'aux approches d'une femme dans cet état, les liqueurs s'aigrissent et les grains qu'elle touche perdent leur fécondité. Ces croyances ont conduit à exclure les femmes de certaines activités sociales ou économiques, les plaçant parfois dans une forme d'isolement.

Même si la compréhension scientifique du cycle menstruel a permis d'en finir avec un certain nombre de mythes, le tabou des règles persiste dans de nombreuses sociétés. Les règles sont souvent vues comme un phénomène « sale » qui ne doit relever que du domaine de l'extrême-intime et être le moins possible évoqué à voix haute. Elles sont même associées au dégoût, voire à la honte.

Selon un baromètre sur l’hygiène féminine réalisé en 2021, le sujet des règles demeure tabou dans les couples, avec plus d’une femme sur deux qui déclare ne jamais avoir eu de rapports sexuels pendant ses règles. De même, le vécu des règles au travail est problématique pour une proportion importante de femmes, mais huit femmes sur dix n’ont jamais abordé le sujet sur leur lieu de travail.

Santé et hygiène : Comprendre le corps féminin

Afin de comprendre la femme dans sa globalité, il est essentiel de mettre l’accent sur l’étude de son terrain. Le pH du vagin d’une femme en bonne santé, hors grossesse et hors ménopause, varie de 3,5 à 4,5, à savoir un vagin plutôt acide. Cette acidité vaginale est normale car un pH bas est un outil de défense vis-à-vis des infections qui pourraient survenir. Malgré les recommandations publicitaires et parfois familiales, le vagin est autonettoyant et ne nécessite dès lors pas un lavage en profondeur au moyen de douches vaginales. En effet, seul un nettoyage quotidien de la vulve à l’eau claire ou avec un produit d’hygiène au pH adapté devrait être pratiqué.

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Moins souvent évoqué dans la presse et la littérature médicales que son homologue intestinal, le microbiote vaginal n’en est pas moins crucial pour la santé des femmes. Son étude a été approfondie au xixe siècle par un médecin allemand Albert Döderlein qui s’est intéressé de près à la flore vaginale. En effet, il a mis en avant l’existence d’une bactérie prépondérante dans la flore vaginale, à savoir les lactobacilles, un groupe de bactéries protectrices et acidifiantes qui sont présentes dans les vagins en bonne santé.

Les menstruations sont un écoulement sanguin provenant de la muqueuse de l'utérus. Chaque mois, la muqueuse s'épaissit pour accueillir un ovule fécondé, préparant une éventuelle grossesse. S'il n'y a pas eu fécondation, la couche superficielle de la muqueuse utérine se détache et est éliminée par le vagin. La durée d'un cycle varie selon les femmes de 23 à 35 jours. L'apparition des règles est considérée comme normale entre 10 et 15 ans.

La survenue de douleurs pendant les règles est appelée dysménorrhée. Les douleurs menstruelles peuvent apparaître à l'adolescence et être en général sans gravité, concernant 50% à 70% des adolescentes de façon permanente ou occasionnelle. Elles peuvent également survenir à l'âge adulte et être liées à une maladie. Dans la majorité des cas, les douleurs menstruelles s'atténuent ou disparaissent spontanément après quelques années ou une première grossesse.

Les protections menstruelles : Un choix personnel

Il existe deux catégories de protections intimes ou périodiques : les protections internes (tampons, coupes menstruelles) et les protections externes (serviettes hygiéniques, protège-slips, culottes de règles). Le choix de la protection dépend du type de flux, du confort et des préférences de chaque femme.

Les serviettes hygiéniques bio sont idéales si vous cherchez une protection simple à utiliser, fiable et qui se change rapidement. En fonction de votre type de flux, vous pouvez l’utiliser seule, ou bien avec un tampon périodique ou une cup menstruelle. Si vous utilisez des protections non bio, on vous conseille a minima d’éviter les serviettes parfumées qui sont irritantes et qui augmentent le risque d’allergies. Le mieux reste toutefois d’opter pour des solutions bio. Le protège-slip est quant à lui adapté si vous avez des règles au flux très léger.

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La culotte de règles est adaptée aux flux légers et normaux. Grâce à son élastique fin et son fond sans coutures visibles, elle assure confort et discrétion pendant toute la semaine de règles. Chez jho, nous proposons des jolies culottes de règles en coton bio certifié, de toutes tailles, pour jeunes ados et pour femmes adultes. Il y en a même qui sont à la fois sexy et confortables.

La cup menstruelle est aussi idéale si vous faites du sport régulièrement, ou que vous vous baignez souvent à la mer ou à la piscine. Le choix de la taille de la coupelle menstruelle dépend du type de flux. Pour des flux légers ou moyens, on se tourne vers les cups de taille 1 ou S. Pour les règles abondantes, la taille 2 est plus adaptée. Attention toutefois, si vous n’avez jamais accouché par voie basse ou que vous êtes vierge, la taille 2 de la cup ne sera pas appropriée, même en cas de règles abondantes. Dans ce cas, tournez-vous plutôt vers la taille 1.

Si vous utilisez une protection hygiénique interne, pensez à la changer régulièrement et à ne pas la garder trop longtemps (4-6h max). Elles ne conviennent pas pour la nuit.

En 2018, une évaluation de la sécurité des produits de protections intimes a révélé la présence de produits chimiques dans ces produits, sans dépassement des seuils sanitaires. Les experts n'en concluent pas pour autant à l'innocuité totale de ces produits, car les effets des perturbateurs endocriniens et des sensibilisants cutanés n'ont pas été pris en compte.

Le port de protections internes peut provoquer, dans de rares cas, un syndrome de choc toxique (SCT). Le SCT peut être difficile à diagnostiquer du fait de sa rareté et de symptômes pouvant correspondre à d'autres maladies (fièvre de 38,9 °C ou plus, céphalées, vomissements, diarrhée…).

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Précarité menstruelle : Un enjeu de justice sociale

En France, 15,5 millions de femmes âgées de 13 à 50 ans achètent des protections menstruelles. Les femmes ont, en moyenne, leurs règles pendant 38 années, ce qui représente un coût important. La précarité menstruelle concerne en France 1,7 million de femmes, dont le niveau de vie ne leur permet pas d'acquérir les protections menstruelles nécessaires. Les femmes les plus précaires, notamment les sans-abri, ont recours à des protections de fortune pour gérer leur flux sanguin menstruel.

La lutte contre la précarité menstruelle passe aussi par les collèges, lycées et universités, afin de garantir l'égalité des chances. Il n'est en effet pas possible d'assister à un cours lorsqu'on a ses règles mais pas de protection menstruelle. Offrir à chaque élève des conditions de scolarité convenable est une question d'égalité des chances.

Éducation et information : Briser le silence

Une question de santé publique et d'éducation, le rapport sur les menstruations constate que les femmes ont une connaissance insuffisante des menstruations (cycle menstruel, produits de protection, dysménorrhées…). Les rapporteures soulignent que ces sujets sont insuffisamment abordés dans les cadres scolaire et médical, considérés pourtant comme essentiels dans l'accès à l'information sur la santé et le corps humain. Le rapport préconise d'aborder le sujet dès la classe de sixième et non en quatrième, la plupart des jeunes filles ayant leurs règles avant. Une approche plus large (c'est-à-dire pas seulement en cours de sciences de la vie et de la Terre) doit permettre, notamment, de déconstruire le tabou social et de dissocier ce sujet de l'éducation à la sexualité. Cette information doit s'adresser aussi aux garçons, dans le cadre plus général du respect d'autrui.

De nombreux signaux montrent que le tabou concerne aussi toujours les jeunes filles et leur information sur la ménarche. D’après la Délégation aux droits des femmes dans son rapport sur les règles de 2020, le sujet est bien trop peu abordé à l’école et au collège. Le sujet des règles est au programme de 6e mais, selon le rapport, il est abordé trop superficiellement, de façon allusive ou même pas du tout.

Règles douloureuses : Un impact sur la vie quotidienne

Selon le site Ameli.fr, les douleurs lors des règles sont la première cause d'absentéisme scolaire de l'adolescente et d'absentéisme professionnel de la jeune femme. Des propositions de loi visant à prendre en compte la santé menstruelle des salariées (congé menstruel, accès à des toilettes adaptées) ont été déposées, mais elles n'ont pour l'instant pas été adoptées. Des employeurs commencent cependant à accorder des congés menstruels aux femmes qui souffrent de règles douloureuses.

Le célèbre livre de Danièle Flaumenbaum intitulé Femme désirée, femme désirante décrit parfaitement la source profonde des maladies gynécologiques qui suivent certaines femmes parfois depuis l’adolescence. Méta-médecine et histoire transgénérationnelle sont souvent des instruments fort utiles pour comprendre la manière dont fonctionne notre propre corps. Malheureusement, cela ne sera pas le cas pour toutes les femmes malgré les multiples rendez-vous chez les spécialistes dans ces domaines. Néanmoins, elles continueront à lutter pour retrouver une harmonie de vie plus simple et un soulagement de tous leurs maux.

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