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Impact du confinement sur les crèches en France : défis et adaptations

Introduction

La pandémie de COVID-19 a profondément affecté tous les aspects de la société, et le secteur de la petite enfance n'a pas été épargné. Les crèches, essentielles pour l'accueil des jeunes enfants et le soutien aux parents, ont dû s'adapter à des contraintes sanitaires inédites, entraînant des défis en termes de capacité d'accueil, d'organisation et de gestion du personnel. Cet article examine l'impact du confinement et des mesures de déconfinement successives sur les crèches en France, en mettant en lumière les difficultés rencontrées, les solutions mises en œuvre et les perspectives d'avenir.

Les crèches face au confinement initial (printemps 2020)

Lors du premier confinement national décrété en mars 2020, toutes les écoles et les établissements d'accueil du jeune enfant ont été fermés, à l'exception de ceux accueillant les enfants des professionnels prioritaires. Cette mesure a concerné plus de 12 millions d'élèves, de la maternelle au lycée, auxquels s'ajoutent ceux accueillis dans les établissements d'accueil du jeune enfant. Seules deux crèches municipales à Grenoble, la crèche de l'île aux Marmots et celle de la Chrysalide, ont continué à accueillir les enfants des parents grenoblois faisant partie des "personnels prioritaires".

Cette fermeture a eu un impact considérable sur les parents, en particulier ceux en télétravail, qui ont dû jongler entre leurs obligations professionnelles et la garde de leurs enfants. L'expérience du premier confinement a démontré que pour les parents de jeunes enfants cette période n’a pas été de tout repos. Lorsqu’on travaille à la maison et qu’on doit s’occuper de son enfant en même temps, il devient très difficile de se concentrer sur son emploi. Un tout-petit demande en effet une attention permanente et cherche constamment à attirer le regard de l’adulte.

Déconfinement progressif et adaptation des crèches

À partir du 11 mai 2020, le gouvernement a annoncé une sortie progressive du confinement strict et la réouverture progressive des crèches, des écoles, des collèges et des lycées. Cependant, les modalités de cette réouverture n'ont pas été immédiatement définies, laissant planer l'incertitude sur les conditions d'accueil des enfants.

La reprise s'est avérée compliquée pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'application des gestes barrières nécessitait des locaux adaptés et un nombre réduit d'enfants. "Nous préconisons des petits groupes, comme ce qui se fait pour l'accueil des enfants prioritaires. Il y a deux raisons à cela : la première, c'est l'application des gestes barrières qui ne peut se faire sans avoir des locaux adaptés. Cela nécessite d'avoir un nombre réduit d'enfants. La deuxième, c'est que des personnels ne pourront pas reprendre, car elles ont elles-mêmes des maladies chroniques."

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De plus, une partie du personnel de crèche s'est retrouvée bloquée à la maison, leurs propres enfants n'étant pas scolarisés à 100%. Rouvrir complètement serait compliqué pour l'instant dans la mesure où une partie des personnels de crèches est bloqué à la maison… parce que leurs enfants ne sont pas à 100% à l'école !

Face à ces contraintes, les crèches ont dû mettre en place des mesures spécifiques pour garantir la sécurité sanitaire des enfants et du personnel. Parmi ces mesures, on peut citer :

  • La limitation du nombre d'enfants accueillis par unité (par exemple, 10 enfants maximum par unité dans certaines zones).
  • Le renforcement des protocoles de nettoyage et de désinfection des locaux et du matériel.
  • L'adaptation des horaires d'accueil pour éviter les regroupements et faciliter le nettoyage des aires de jeux communes après chaque passage d'une unité et avant la venue d'une autre.
  • La mise en place de mesures de prévention et de dépistage pour le personnel.

Impact sur la capacité d'accueil et la demande des parents

La limitation du nombre d'enfants accueillis a entraîné une réduction de la capacité d'accueil des crèches, créant ainsi une tension entre l'offre et la demande. À Grenoble, par exemple, cela a rendu "disponibles" 400 places en crèche par jour, soit environ le tiers des capacités totales.

Dans certaines villes ou agglomérations, la demande a diminué, les parents préférant ne pas remettre leurs enfants en structure collective ou réduisant leur volume horaire. A Voiron par exemple la ville affirme répondre sans mal à la demande qui "a sensiblement diminué, beaucoup (de parents) ne souhaitent pas remettre leurs enfants en structure collective ou alors sur un volume horaire beaucoup plus faible".

Cependant, dans d'autres zones, la demande est restée forte, voire a augmenté avec le temps, créant des difficultés pour les parents souhaitant faire garder leurs enfants. Des parents qui avaient remis leur enfant en crèche dès la réouverture se retrouvent désormais avec moins de jours d'accueil qu'au début, en vertu du partage des places disponibles. Les parents qui ont souhaité, ou qui ont été contraint pour cause de travail, de remettre leur enfant en crèche plus tardivement n'ont eux pas toujours trouvé une réponse à la hauteur de leurs espérances.

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Les crèches face aux vagues successives de l'épidémie

Malgré les mesures mises en place, les crèches ont été confrontées à des cas de COVID-19 parmi le personnel et les enfants. En septembre 2020, par exemple, un membre du personnel de la crèche Marie-Curie à Grenoble a été contrôlé positif, entraînant la fermeture de l'établissement. De même, à Échirolles, le multi-accueil crèche-garderie Les Lucioles a été fermé pour 15 jours après qu'une employée ait souffert du coronavirus.

Ces fermetures temporaires ont perturbé l'organisation des crèches et ont compliqué la vie des parents, qui ont dû trouver des solutions alternatives pour la garde de leurs enfants.

Les enjeux financiers et le soutien aux crèches

La crise sanitaire a également eu un impact financier sur les crèches, en raison de la baisse de la fréquentation et des coûts supplémentaires liés aux mesures sanitaires. La Fédération Française des Entreprises de Crèche (FFEC) a appelé le gouvernement à rappeler aux parents que les modes d’accueil des jeunes enfants restent ouverts pour accompagner le télétravail des parents, pour le bien-être des enfants et des familles. Elle a également insisté pour que les entreprises de crèches puissent bénéficier du dispositif de l’activité partielle prise en charge à 100% par l’État et a appelé à la réactivation des aides financières d’urgence de la Cnaf pour les places inoccupées du fait du confinement.

Vers un assouplissement des règles et une meilleure prise en compte de la petite enfance ?

Face aux difficultés rencontrées, certaines collectivités ont plaidé pour un assouplissement des règles sanitaires afin d'augmenter la capacité d'accueil des crèches. À Grenoble, par exemple, les autorités ont estimé qu'il était possible d'accueillir 15 enfants par unité avec les mêmes contraintes sanitaires de nettoyage, ce qui ajouterait 200 places par jour.

Cependant, cet assouplissement doit se faire dans le respect des règles sanitaires et sans surcharger un personnel déjà très sollicité. Il est également essentiel de prendre en compte la dimension sociale des crèches, qui jouent un rôle important dans le développement et l'épanouissement des enfants.

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Certains acteurs du secteur de la petite enfance ont regretté que le terme "petite enfance" n'ait pas été évoqué lors de l'annonce du plan de déconfinement des écoles, des collèges et des lycées. Cela témoigne d'un manque de considération pour les spécificités de ce secteur et les enjeux auxquels il est confronté.

Le confinement de l'automne 2020 et la continuité de l'accueil en crèche

Lors du deuxième confinement national décrété en octobre 2020, les crèches et les écoles sont restées ouvertes, contrairement au premier confinement. Cette décision a été saluée par les professionnels de la petite enfance et les parents, qui ont pu continuer à bénéficier d'un mode de garde pour leurs enfants.

Néanmoins, un protocole sanitaire renforcé a été mis en place, et la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS) a revu les consignes sanitaires du guide ministériel "COVID-19 et modes d’accueil du jeune enfant".

Malgré ces mesures, la crainte d'une désaffection des parents est restée présente, et la FFEC a appelé le gouvernement à rappeler l'importance de l'accueil en crèche pour accompagner le télétravail des parents et le bien-être des enfants.

Alternatives à l'accueil régulier en crèche pendant le confinement

Pour les parents qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas faire garder leurs enfants en crèche de manière régulière pendant le confinement, des alternatives existent, telles que l'accueil occasionnel. Ce mode de garde permet aux parents de continuer à travailler normalement tout en offrant aux enfants un environnement stimulant et sécurisé.

tags: #confinement #crèches #France

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