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Allaiter ou ne pas allaiter : Avantages, Inconvénients et Choix Éclairé

Dans notre société actuelle, les futures et jeunes mamans sont souvent confrontées à diverses pressions et attentes concernant la manière dont elles devraient nourrir leur bébé. Entre les conseils de l'entourage et les images idéalisées des réseaux sociaux, il peut être difficile de s'y retrouver. L'une des premières décisions à prendre est celle de nourrir son bébé : allaitement ou biberon ? Ce choix est profondément personnel et doit être fait sans culpabilité.

Allaitement au sein ou au biberon : Un choix personnel

Quand il s'agit d'allaitement, tout le monde y va de son avis, mais c'est uniquement à la mère de choisir, pas au conjoint, ni à la famille, ni aux médecins. Les mamans doivent être libres de nourrir leur bébé comme bon leur semble, sans aucun jugement. L'allaitement n'est pas un choix à prendre à la légère. La mère doit être en accord avec elle-même et donner le sein parce qu'elle en a envie et non car elle se sent forcée. Un allaitement forcé ou sous pression pourrait conduire à un baby blues ou une dépression post-partum.

Allaitement maternel : Une recommandation de l'OMS

L'OMS recommande l'allaitement maternel exclusif jusqu'aux 6 mois de bébé, puis la poursuite de l'allaitement, en plus de la diversification, jusqu'à 2 ans ou plus. Il ne s'agit là que de recommandations mondiales, pas d'un mode d'emploi à suivre absolument. Passé 6 mois, les mamans ont le choix de poursuivre l'allaitement au sein exclusif, passer à un allaitement mixte ou envisager le sevrage de bébé. Un allaitement réussi passe également par la communication. Il est nécessaire d'informer les mamans sur les bienfaits de l'allaitement sans pour autant les contraindre et leur laisser le choix. En effet, l'allaitement maternel possède de nombreux bienfaits aussi bien pour le bébé que pour la maman :

  • La présence d'anticorps dans le lait maternel protège les nourrissons qui sont alors moins susceptibles de tomber malades.
  • Le lait maternel s'adapte aux besoins et à la croissance du bébé.
  • L'allaitement maternel réduirait le risque de mort subite du nourrisson.
  • L'allaitement stimule la production d'ocytocine, une hormone qui réduit le stress et apaise naturellement la maman.

Allaiter son enfant : Une pression souvent sociétale

Peut-être que, comme de nombreuses femmes qui deviennent mères, avez-vous aussi ressenti cette pression de la part de la société ou vous êtes-vous sentie visée par des injonctions liées à votre maternité ? Une femme qui n'allaite pas est parfois perçue comme une « mauvaise mère » aux yeux de la société, ce qui bien évidemment, est totalement faux. Comme si, en devenant mère, une femme perdait le droit de disposer de son propre corps comme elle l'entend. Alors arrêtons de nous mettre la pression, libérons-nous de ces injonctions souvent étouffantes, à chercher à être la « mère parfaite » et soyons simplement une mère aimante, qui recherche le bonheur de son enfant. Votre enfant ne vous aimera pas moins si vous ne l'avez pas allaité au sein, on vous le promet. Il y a tout autant de bonnes raisons d'allaiter que de donner le biberon, mais ces raisons vous sont personnelles, et vous n'avez pas à justifier votre choix auprès de quiconque. Aujourd'hui, malheureusement, le choix de la première alimentation de son enfant n'est pas encore totalement libre et serein, puisqu'il se fait au milieu de remarques et de critiques des proches ou moins proches. Informez-vous, entourez-vous de soignants à l'écoute, et faites-vous confiance, vous faites le bon choix !

Allaiter son bébé oui, mais pour les bonnes raisons

Vous n'êtes pas sûre de faire le choix d'allaiter pour les bonnes raisons ? Demandez-vous si :

Lire aussi: L'allaitement : un choix éclairé

  • Vous en avez envie.
  • Vous vous êtes informée sur les avantages et inconvénients de l'allaitement.
  • Vous êtes à l'aise avec votre corps.
  • Personne n'a influencé votre choix.
  • L'allaitement est un moment agréable pour vous.
  • Vous n'avez aucune contre-indication médicale.

Quand l'allaitement maternel devient une nécessité

Bien que l'allaitement soit en majeure partie une décision personnelle, il arrive que celui-ci devienne nécessaire. C'est le cas lors d'une naissance prématurée. L'allaitement est alors indispensable pour bébé, car celui-ci contribue à prévenir de certaines infections parfois très graves. Si la mère ne peut pas allaiter pour diverses raisons, le bébé est nourri avec du lait maternel collecté auprès de mères donneuses, par un lactarium.

Je ne veux pas allaiter, que faire ?

Vous préférez nourrir votre bébé au biberon ? Aucune raison de culpabiliser. Votre enfant sera nourri, aimé, dorloté, et c'est tout ce qui compte. Tout ce dont il a besoin pour se sentir bien, c'est de lait et d'une maman en bonne santé qui prenne soin de lui. Ne pas allaiter votre bébé ne fera pas de vous une mauvaise mère. Les laits infantiles actuels sont parfaitement adaptés aux besoins des bébés, avec une très bonne composition. Veillez à suivre correctement les consignes d'hygiène lors de la préparation du biberon et le dosage de lait en poudre recommandé.

Les conséquences de l’allaitement

Bien que l’allaitement soit généralement bénéfique pour la plupart des femmes et leurs bébés, il n’en est pas moins sans risques et complications :

  • Douleurs mammaires : certaines femmes ont des engorgements qui provoquent de fortes douleurs ou des crevasses au niveau des mamelons, ce qui rend l’expérience très inconfortable ;
  • Infections du sein : lorsque les canaux lactifères sont obstrués, cela peut créer une mastite à la mère qui sera obligée de suivre un traitement médical ;
  • Difficultés d’alimentation : votre bébé peut avoir du mal à téter efficacement, ce qui peut entrainer des problèmes d’alimentation et une prise de poids ralentie ;
  • Fatigue et stress : allaiter peut aussi être une source de stress pour vous, car le bébé vous sollicite tout le temps, ce qui vous épuise quotidiennement.

Les défis liés à l’allaitement

L’allaitement maternel est un choix de la maman pour elle et son bébé. Il existe des situations où la mère ne peut pas allaiter :

  • Si elle consomme de l’alcool et du tabac ou des médicaments avec contre-indications, car ces substances passent dans le lait maternel ;
  • Si sa santé ne le lui permet pas, notamment si elle est séropositive pour le VIH ou si elle souffre de galactosémie ;
  • Si elle n’en a tout simplement pas envie.

Bon à savoir : aucune disposition légale en France ne régit l’allaitement dans les lieux publics. Vous êtes donc libre de nourrir votre enfant où vous le souhaitez.

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Avantages et inconvénients de l'allaitement maternel

Avantages

  • Nutrition optimale : Le lait maternel est parfaitement adapté aux besoins de ton bébé, fournissant tous les nutriments essentiels, des anticorps et des enzymes qui soutiennent son développement et son système immunitaire.
  • Favoriser le lien mère-bébé : L'allaitement favorise une proximité physique et émotionnelle unique.
  • Pratique et économique : Le lait maternel est toujours disponible, à la bonne température et gratuit.
  • Nombreux bienfaits pour le bébé : il comble à 100 % leurs besoins nutritionnels ; il s’adapte à l’âge de l’enfant ;il est idéal pour leur bon développement ;il améliore l’immunité et la protection contre les maladies ;il accélère la guérison grâce aux anticorps ;il est facile à digérer et aide à la mise en place de la flore intestinale ;il est un atout pour le développement cognitif des nourrissons ;il participe à l’éveil gustatif de bébé même avant la diversification, car son goût varie en fonction de l’alimentation de la mère.
  • Vertus pour la mère : il protège de certaines maladies (cancers gynécologiques, surpoids, dépression maternelle) ;il permet de mieux récupérer après la grossesse et l’accouchement ;il participe à la création du lien d’attachement avec le bébé ;il est gratuit ;il est écologique en ne produisant aucun déchet ;le lait maternel est disponible partout et tout le temps sans aucun matériel…

Inconvénients

  • Contraintes physiques : L'allaitement peut être épuisant, surtout au début.
  • Douleurs et inconfort : Certaines mamans peuvent éprouver des douleurs, des crevasses ou des engorgements mammaires.
  • Exclusivité partielle : L'allaitement nécessite ta présence quasi constante.
  • Impact sur le sommeil : l’allaitement impliquera que la mère devra se lever la nuit pour les tétées nocturnes.
  • Pression de l’entourage : l’allaitement est globalement privilégié comme étant la chose à faire après son accouchement. Les mères préférant nourrir leur enfant au biberon sont alors parfois culpabilisées.
  • Complications : l’allaitement peut être un effort pour le corps, entraînant également des complications qui peuvent être douloureuses (mamelons douloureux).
  • Éventuelles douleurs au sein à cause de crevasses.
  • Fatigue de la mère qui doit allaiter environ toutes les deux heures ou plus souvent dans les premières semaines sans pouvoir passer le relais.
  • Prise de poids trop lente du nouveau-né en cas de mauvaise succion ou autre problème.
  • Conseils parfois contradictoires du corps médical et de l’entourage.
  • Anxiété due au manque de contrôle de l’alimentation comparé au biberon.
  • Éventuelles difficultés lors de la reprise du travail.
  • Certaines mères n’aiment pas la sensation physique d’allaiter…

Avantages et inconvénients du biberon

Avantages

  • Flexibilité : Le biberon permet à d'autres personnes, comme le papa ou les grands-parents, de nourrir le bébé.
  • Mesure de la quantité : Avec le biberon, tu peux savoir exactement combien de lait ton bébé consomme. Cela peut être rassurant, surtout au début.
  • Déléguer et faire garder votre enfant plus facilement, notamment les premiers temps.
  • Connaître exactement la quantité qu’il mange.
  • Choisir le débit du lait.
  • Nourrir votre bébé avec plus de régularité.
  • Avoir moins de contraintes qui pèsent uniquement sur la maman.
  • Éviter les douleurs du début d’allaitement.

Inconvénients

  • Préparation et logistique : La préparation des biberons demande du temps et de l'organisation.
  • Risques de contamination : Si les biberons ne sont pas correctement stérilisés, il existe un risque d'infection pour le bébé.
  • La préparation des biberons demande un peu de temps (temps précieux lorsque votre bébé hurle de faim).
  • Cela peut être un vrai défi logistique lorsque vous vous déplacez entre les biberons, le lait, l’eau, à ne pas oublier.
  • Le nettoyage du matériel est une tâche supplémentaire puisque tout doit toujours être bien propre pour éviter tout risque de contamination.
  • L’alimentation au biberon a un coût assez élevé avec l’achat du matériel, du lait en poudre et de l’eau.
  • Il est parfois difficile de trouver le lait qui convient au bébé et vous devrez peut-être en essayer plusieurs.
  • Les préparations commerciales pour nourrissons, même si elles sont spécialement formulées pour répondre aux besoins nutritionnels des bébés, ne contiennent pas d’anticorps.
  • Le lait en poudre est plus difficile à digérer et peut engendrer des maux de ventre et des coliques.

Allaitement mixte

On parle d’allaitement mixte quand la mère décide d’alterner entre tétée au sein et au biberon. Début du sevrage du bébé. Il est important de noter que l’allaitement mixte est une solution qu’on peut adopter à partir de six mois d’allaitement uniquement au risque de stopper la lactation de la mère de façon précoce.

Comment choisir ?

De nombreux facteurs peuvent vous faire choisir l’allaitement, l’allaitement mixte ou le biberon. Ainsi, sachez que le choix vous revient entièrement et pourra dépendre de plusieurs choses. Par exemple, vos contraintes de vie vous encourageront peut-être à choisir une méthode plutôt qu’une autre. Vous vous posez probablement la question du choix de l’allaitement ou de l’utilisation du biberon pour nourrir votre nouveau-né durant les premiers mois de sa vie.

Qui peut vous accompagner ?

Bien que l’allaitement soit quelque chose de naturel qui semble être inné pour toutes les nouvelles mères, ce n’est pas une période aussi facile qu’il n’y paraît. Ainsi, être accompagnée pendant ces quelques mois peut aider les jeunes mères à mieux appréhender et réussir leur allaitement. Vous pouvez par exemple demander conseil à une conseillère en lactation, à une puéricultrice ou à une sage-femme. Sachez également que pédiatres, médecins généralistes et gynécologues sont également à votre écoute pour toute question.

L’allaitement à travers les époques et le monde

Petite histoire de l’allaitement maternel

Dans les sociétés traditionnelles, l’allaitement maternel était la seule alimentation possible puisqu’il n’y avait aucune alternative. Les femmes donnaient alors le sein à leur enfant jusqu’au sevrage naturel et dans les lieux publics sans que cela pose aucun problème.

Certains écrits anciens évoquent le recours aux nourrices dès le XVIIIᵉ siècle avant J.C. C’est au XVIIIᵉ et XIXᵉ siècle qu’une véritable industrie nourricière se développe, notamment à cause de la révolution industrielle. Ce sont majoritairement les femmes nobles qui ont recours aux services d’une autre mère pour nourrir leur bébé.

Lire aussi: Allaiter aide-t-il à perdre du poids ?

À compter du XVIIe siècle, certains médecins commencent à critiquer l’allaitement, qu’il soit pratiqué par la mère ou pas une nourrice. Ils recommandent à la place le lait animal et les bouillies à base de pain. Toutefois, à cette époque, ce type d’alimentation est une des sources de mortalité infantile.

Au XVIIIᵉ siècle, on observe un phénomène social important : les mères les plus aisées veulent se détacher de leurs obligations maternelles pour se consacrer à d’autres activités. L’industrie des nourrices prend de l’ampleur et le métier devient réellement reconnu. À cette même époque, la fabrication des biberons et des tétines progresse avec l’industrialisation et la découverte du caoutchouc.

Au XIXᵉ siècle, l’alimentation au biberon se démocratise et le recours aux nourrices décroît notamment avec :

  • la fabrication de lait concentré sucré en 1856 ;
  • la pasteurisation et la stérilisation en 1880 ;
  • la fabrication de lait concentré non sucré à compter de 1883 ;
  • la production de lait en poudre en 1885.

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, les pédiatres commencent à valoriser l’alimentation au biberon qui serait plus sûre, plus régulière et plus hygiénique. À partir des années 1950, on voit de moins en moins de bébés nourris au sein dans la rue. Peu à peu, la représentation du bébé avec son biberon devient plus courante et “normale” que celle du bébé au sein. C’est aussi à cette époque que les femmes accouchent de plus en plus à l’hôpital. Les jeunes mères sont donc confrontées aux médecins qui recommandent un allaitement maternel suivant les mêmes conditions que l’alimentation au biberon. Se fiant aux savoirs empiriques du corps médical, de nombreuses femmes abandonnent l’allaitement au profit des préparations commerciales pour nourrisson. C’est ainsi qu’en 1972, seulement 37 % des femmes allaitent leur enfant au sein.

C’est seulement vers la fin des années 1970 que des politiques publiques visant à favoriser l’allaitement maternel voient à nouveau le jour. En effet, les recherches scientifiques les plus récentes démontrent les bienfaits de l’allaitement, ce qui inverse la tendance. L’alimentation au sein est alors vue comme un progrès écologique et la Leche League arrive en France.

L’allaitement dans le monde

Même si l’on peut observer des tendances similaires, l’histoire de l’allaitement est propre à chaque pays et il serait beaucoup trop long d’évoquer l’histoire de chaque pays ici. Pour vous donner une idée des pratiques liées à l’alimentation des bébés à l’étranger, nous allons nous intéresser aux différences de taux d’allaitement entre les différents pays en fonction des statistiques actuellement disponibles.

Voici les taux d’allaitement à la naissance dans certains pays d’Europe en 2013, d’après l’article « Épidémiologie de l’allaitement en France » de la Leche League :

  • 99 % en Norvège et en Suède ;
  • 98 % en Hongrie ;
  • 95 % au Danemark ;
  • 92 % en Suisse ;
  • 85 % en Italie ;
  • 75 % en Allemagne ;
  • 69 % en Grande-Bretagne ;
  • 56,2 % en France.

On observe des taux d’allaitement relativement bas dans certains pays d’Asie. En effet, d’après l’article « Asie de l’Est : l’UNICEF s’inquiète du déclin de l’allaitement maternel », en 2012 les taux d’allaitement à la naissance étaient de :

  • 5 % en Thaïlande ;
  • 10 % au Viet Nam ;
  • 28 % en Chine…

Sur le continent africain, on peut voir que l’allaitement est plus présent qu’en Asie, mais moins que dans certains pays européens. Par exemple, d’après l’article « Afrique, aperçu régional de l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition 2021 », le taux d’allaitement était de :

  • 47,7 % pour le continent ;
  • 59,1 % en Afrique de l’Est ;
  • 35,1 % en Afrique de l’Ouest ;
  • 32,8 % en Afrique australe.

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