L'infirmière puéricultrice joue un rôle essentiel dans la santé et le bien-être des enfants, de la naissance à l'adolescence. Spécialiste de la santé du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent, elle intervient tant en milieu hospitalier qu'extra-hospitalier. Cet article vous offre un aperçu complet de la préparation au concours d'entrée en école de puériculture, en abordant les aspects essentiels du métier, de la formation et des perspectives de carrière.
Le Rôle de l'Infirmière Puéricultrice
L'infirmière puéricultrice est une infirmière spécialisée dans le domaine de l’enfance et de la petite enfance. Son champ d'action est vaste et diversifié. Elle travaille dans des structures variées telles que :
- Services de maternité
- Services de réanimation pédiatrique
- Services de pédiatrie des hôpitaux et cliniques
- Structures de soins à domicile
- Établissements de prise en charge de maladies chroniques
- Services de Protection Maternelle et Infantile (PMI)
Ses missions principales sont les suivantes :
- Organiser la prise en charge d'enfants de 0 à 15 ans selon les impératifs médicaux ou les orientations de la structure.
- Évaluer le développement physique et psychologique de l'enfant, ainsi que son état de santé.
- Accompagner les parents et la famille dans l'exercice de leurs fonctions parentales en les aidant à réaliser des activités de soins, de prévention et d'éducation.
- Mettre en œuvre des activités de promotion de la santé dans une approche de santé publique et de protection de l'enfance.
- Coordonner une équipe (auxiliaires de puériculture, aides-soignants, assistants maternels, …), et diriger une structure d'accueil.
- Assurer les soins infirmiers et de prévention adaptés aux enfants, dès la naissance.
- Surveiller le développement physique et psychologique de l’enfant, dépister d’éventuels troubles.
- Conseiller et accompagner les parents dans leur rôle éducatif et de soins.
- Participer à des actions de santé publique : vaccination, dépistage, information des familles.
- Coordonner l’action éducative et sanitaire au sein des structures d’accueil ou de soins.
La puéricultrice est chargée de veiller sur les nouveau-nés, en collaboration avec le pédiatre et la sage-femme. Elle conseille les jeunes mamans sur les soins, l’allaitement, le développement physique et affectif de l’enfant.
Dans les services pédiatriques des hôpitaux ou en chirurgie infantile, la puéricultrice partage son temps entre les soins aux enfants malades et les relations avec les familles. Elle fait des pansements, pose des perfusions, distribue des médicaments et suit l’exécution du traitement. En PMI ou en crèche, elle joue un rôle de prévention, de protection et d’éducation auprès des familles. Elle participe aux consultations dans les centres spécialisés, conseille les parents, assure le suivi à domicile des enfants signalés par l’hôpital ou par le service de l’aide sociale à l’enfance.
Lire aussi: Le concours d'Auxiliaire de Puériculture dans le Pas-de-Calais
Il est important de distinguer le rôle de l'infirmière puéricultrice de celui de l'auxiliaire de puériculture. La puéricultrice est une infirmière diplômée et spécialisée en pédiatrie (niveau bac +4), exerçant des responsabilités médicales et éducatives. L’auxiliaire de puériculture est un professionnel de niveau bac qui assiste les soins sous la responsabilité d’un infirmier.
Qualités et Compétences Essentielles
Pour réussir dans ce métier, certaines qualités et compétences sont indispensables :
- Goût pour le contact humain et la relation de confiance avec les familles.
- Sens de l’écoute et de l’empathie, indispensable auprès des enfants comme des parents.
- Rigueur et compétences techniques en soins infirmiers.
- Capacité d’observation et d’analyse pour détecter rapidement les besoins spécifiques.
- Esprit d’équipe et aptitude à travailler avec d’autres professionnels de santé.
Formation et Diplôme d'État de Puériculture (DEP)
Pour exercer le métier de puéricultrice, il faut être titulaire du Diplôme d’État de puériculture (DEP). Pour l’obtenir, il faut d’abord posséder le Diplôme d’État d’infirmier (DEI) ou de Sage-femme.
Après avoir passé et obtenu le concours d’entrée en école d’infirmière puéricultrice, les études durent 12 mois dans des écoles agréées. La formation d’infirmière puéricultrice dure 12 mois à temps plein. Il y a 35h de cours par semaine du lundi au vendredi, amplitude 8h30-17h30 (rarement plus tard).
La formation garantit un niveau d’expertise qui permet à la puéricultrice de prendre soin des enfants de la naissance à l’adolescence. Les études d’infirmière puéricultrice sont passionnantes car les étudiants sont déjà des professionnels diplômés. C’est une vraie spécialité, un approfondissement de la pédiatrie dans toute sa dimension (développement physique, psychomoteur, affectif et social).
Lire aussi: Inscription Concours Assistant Maternel
Préparation au Concours d'Entrée
Conditions d'admission
Pour se présenter au concours d’entrée en école d’infirmière puéricultrice, il faut d’abord remplir un dossier d’inscription. Ce dossier est disponible sur le site des écoles ou sur demande auprès de leur secrétariat.
Nature des épreuves
Le concours d'entrée comprend généralement deux épreuves écrites et une épreuve orale :
- Épreuves écrites :
- Tests psychotechniques
- Questions à Choix Multiples (QCM) et Questions à Réponse Ouverte et Courte (QROC) portant sur les connaissances générales en biologie, physiologie, sciences médicales et sociales, et actualité sanitaire et sociale.
- Épreuve orale : Analyse d'une situation en lien avec l'exercice infirmier. Le candidat tire un sujet au sort, dispose de 20 minutes pour le préparer, puis présente un exposé de 10 minutes suivi de 10 minutes d’entretien avec le jury.
Chacune des deux épreuves écrites est notée sur 20 points. Une note inférieure à 7 sur 20 à l’une des deux est éliminatoire. Pour être admis, il faut obtenir au moins 30 points sur 60 sur l’ensemble des épreuves, sans note éliminatoire. L’admission se fait dans la limite des places disponibles. La réussite au concours implique l’entrée en école l’année suivante sauf pour quelques exceptions qui peuvent justifier un report de scolarité de maximum deux ans.
Conseils de préparation
- Préparation personnelle : Toute infirmière souhaitant passer le concours peut s’inscrire directement dans un institut de formation pour puéricultrices diplômées d’Etat. Il est tout à fait possible de préparer le concours par soi-même. Tu peux t’appuyer sur des annales, des livres d’entraînement pour les QCM et tests psychotechniques, ou encore revoir les bases vues en IFSI.
- Ouvrages de référence : Pour les tests psychotechniques, de nombreux ouvrages d’entraînement sont disponibles en librairie ou en ligne. Concernant les QCM et QROC, l’Association nationale des puéricultrices diplômées et des étudiants (ANPDE) recense deux recueils d’annales corrigées régulièrement utilisés par les candidats : l’un publié aux éditions Masson, l’autre à la Documentation française.
- Préparation accompagnée : Il est possible de choisir un organisme spécialisé pour vous accompagner. Des préparations avec accompagnement existent aussi pour celles qui le souhaitent.
- Expérience auprès des enfants : Bien que ce ne soit pas une obligation, il est toutefois recommandé d’avoir eu des expériences auprès des enfants pour mieux préparer le concours et confirmer ton intérêt pour cette spécialisation. Avoir une petite expérience du terrain doit être intéressante et augmenter la motivation. Discuter avec une puéricultrice peut également être bénéfique.
Accompagnement Pédagogique
Certaines écoles, comme celle de Lille-Lomme, proposent un accompagnement pédagogique individualisé assuré par des formateurs expérimentés. Chaque étudiant bénéficie d’un suivi pédagogique encadré par un formateur référent tout au long de son parcours, qu’il pourra rencontrer lorsqu’il le souhaite (difficultés d’apprentissage, problématiques organisationnelles, stress,..). Le formateur référent rencontre l’étudiant plusieurs fois sur l’année de formation pour faire un point d’étape. Les méthodes d’apprentissage sont variées (cours en amphithéâtre, en petits groupes, en simulation) et favorisent la réflexion (film, mises en scène, ..). Une plateforme numérique permet de retrouver les cours et de compléter les prises de notes.
Aspects Financiers
Salaire
Dans la Fonction Publique Hospitalière, en 2025, une infirmière puéricultrice débutante va gagner 2102.03 € et 3785.62 en grade 3 en fin de carrière. Dans le secteur privé, il n’y a pas de grille indiciaire mais une convention collective à bien étudier. Il n’est pas possible de déterminer le salaire d’une puéricultrice libérale car on ne parle pas de salaire, mais d’honoraires.
Lire aussi: Préparation concours auxiliaire puériculture
Aides financières
Oui, certaines régions financent la formation. Tu peux aussi te renseigner sur le congé de formation professionnelle, le CPF ou les aides de ton employeur.
Perspectives d'Évolution
Possibilité également de devenir infirmier en pratique avancée en passant le DEIPA (diplôme d’Etat d’infirmier en pratique avancée). L’infirmier de pratique avancée suit un patient confié par un médecin pour des tâches comme le renouvellement d’ordonnance, la prescription d’examens.
Témoignages
- "Si vous souhaitez travailler en pédiatrie, n’hésitez pas une seconde à passer le concours et à faire la spécialité d’infirmière puéricultrice. Cela va réellement changer votre regard sur l’enfant, sa famille, et les soins. Vous explorerez pendant la formation les différents secteurs d’activités qui restent riches et variés pour toutes votre carrière et vos attentes (PMI, EAJE, Maternité, néonatalogie, pédiatrie) en alternant cours théoriques et stages."
- "J’ai entamé l’école d’infirmière avec cette idée derrière la tête de continuer car je savais que je voulais travailler auprès d’enfants. Lorsque j’ai fini ma troisième année, j’avais très envie de travailler rapidement et ma motivation avait un peu baissé… Cependant je me suis tout de même inscrite au concours, et comme j’ai été reçue, je me suis motivée pour poursuivre avec cette spécialisation, me disant qu’après une entrée dans la vie active, un poste occupé, potentiellement une vie de famille… cela serait beaucoup plus dur de réaliser mon souhait de spécialisation. Je me suis tout de même bien préparée au concours, au milieu de ma dernière année d’IFSI, surtout aux tests et aux questions de santé. J’ai bouquiné les annales et préparé l’oral, par moi-même. Mais je ne me souviens essentiellement de l’oral qui portait sur un sujet sur les personnes âgées !!!!"
- "Après le concours, j’ai travaillé 6 mois en tant qu’intérimaire dans différents services avant d’intégrer l’école de puéricultrices. Puis dès que j’ai eu mon diplôme, j’ai pu travailler tout d’abord en maternité et néonat. Puis je suis partie en Afrique, au Cameroun pour une mission d’un an dans un petit hôpital."
- "Pendant cette année d’étude, côtoyer des infirmières plus expérimentées était vraiment passionnant pour moi, elles connaissaient le terrain et ses problématiques. Pour préparer les concours, les annales sont très bien faites, mais ne pas hésiter peut-être à discuter avec une puéricultrice. Pour les études, il faut bien s’accrocher car c’est très dense et intense, je crois que le programme de 18 mois tient en 12 mois et donc c’est assez costaud. Pour conclure, ne pas hésiter car on a besoin de puéricultrices. Notre métier est souvent inconnu (identifié aux auxiliaires de puériculture), alors que notre spécialité apporte vraiment un plus dans les services où nous existons."
tags: #concours #infirmiere #pediatrie #preparation