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Avortement et Instagram : témoignages, informations et mobilisation en ligne

L'avortement, un sujet longtemps tabou, trouve sur Instagram une tribune où des femmes partagent leurs expériences, combattent la désinformation et militent pour le droit à l'IVG. Face aux restrictions croissantes de ce droit dans certains pays, les réseaux sociaux sont devenus un espace crucial pour faire entendre sa voix.

Témoignages nécessaires : briser le silence et lutter contre la stigmatisation

Des célébrités comme Alyssa Milano, Milla Jovovich et Jameela Jamil ont utilisé leurs comptes Instagram pour partager leurs témoignages d'avortement. Jameela Jamil a qualifié son avortement de « meilleure décision jamais prise », tandis que Milla Jovovich a raconté sa fausse couche, il y a deux ans, qui l'a forcée à avorter, évoquant les difficultés de cette épreuve. Elle rappelle à quel point il est cruel d'ajouter une détresse médicale et sanitaire à quelque chose d'aussi éprouvant émotionnellement.

Ces témoignages, qu'ils viennent de personnalités publiques ou d'anonymes, sont essentiels pour briser le silence et lutter contre la stigmatisation qui entoure encore l'avortement. Ils permettent de montrer que l'IVG est une réalité pour de nombreuses femmes et que chacune a le droit de prendre des décisions concernant son propre corps. Clara Lalix, une Française vivant à Bruxelles, a choisi de résumer son avortement, un an auparavant, en 26 posts sur Instagram, sans anonymat et sans tabou, sous le titre : "Je bois des cafés je me fais avorter".

Mobilisation et hashtags : une communauté engagée

Les réseaux sociaux, et Instagram en particulier, sont devenus un outil de mobilisation pour les défenseurs du droit à l'avortement. De nombreux hashtags sont utilisés pour sensibiliser, informer et appeler à la résistance, tels que #ProChoice, #ProChoiceGeneration et #WarOnWomen.

Alyssa Milano a lancé le hashtag #SexStrike, qui enjoint les femmes à ne pas avoir de relations hétérosexuelles tant que leurs droits reproductifs ne leur seront pas rendus. Bien que certain·e·s y voient une apologie de l’abstinence ou une volonté de faire des femmes de simples objets sexuels, l’actrice américaine affirme au contraire souhaiter rétablir le contrôle des femmes sur leur propre corps.

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Des hommes s'expriment également, à l'instar de John Legend, Diddy ou encore Jason Bateman qui a affirmé refuser tout travail dans l'un des états adoptant ces lois contre l'avortement.

Des artistes, personnalités et illustrateurs·rices tentent de contrer les vagues anti-avortement qui déferlent aussi. Les réseaux deviennent ainsi le porte-voix privilégié des mouvements politiques et sociaux.

Lutte contre la désinformation : un enjeu majeur

Les réseaux sociaux sont également un terrain de bataille où s'affrontent les partisans et les opposants à l'avortement. La désinformation est une arme utilisée par les mouvements anti-IVG pour dissuader les femmes d'y avoir recours.

Un rapport de la Fondation des femmes et de l'organisation ISD met en lumière les stratégies de mobilisation anti-avortement sur les réseaux sociaux, notamment la divulgation de fausses informations. Les auteurs ont créé de faux profils de jeunes utilisatrices qui cherchent à s’informer sur l’avortement. En quelques jours, il apparaît qu’une vidéo sur cinq est dissuasive ou potentiellement trompeuse. L'ISD note qu'une grande partie de ce contenu semble destinée à décourager les utilisateurs de recourir à l’avortement et à semer le doute sur la sécurité des traitements médicaux utilisés lors d’un avortement. Parmi les arguments utilisés : « la souffrance présumée du fœtus avorté », des « effets secondaires de l’IVG », des « descriptions erronées de la procédure d’IVG ».

Il est donc crucial de rester vigilant et de vérifier les informations que l'on trouve en ligne. Des organisations comme le Planning familial et le réseau de santé REVHO sont présentes sur les réseaux sociaux pour fournir des informations fiables et lutter contre la désinformation. Un conseil : Si on vous parle de psycho-traumatisme, dépression, ou cancer du sein et si les mots utilisés sont bébé, maman, papa, très clairement, c’est un compte anti-avortement. Car le sujet n’est plus la femme, mais le contenu de son utérus​. L’usage de la forme interrogative est aussi une méthode courante et qui permet de ​contourner le délit d’entrave numérique à l’IVG, entré dans la loi en 2017.

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IVG : vous hésitez ? Venez nous en parler !

Le compte « Venez nous en parler ! » est suivi par plus de 100 000 internautes et est lié au site IVG.Net. Les idées reçues sur l’avortement sont phénoménales​. Il faut se tourner vers l’entretien avec un professionnel de santé, pas vers l’anonymat d’un compte.

Cadre légal et délit d'entrave numérique

En France, un texte de loi a étendu le délit d’entrave à l’avortement aux sites internet, punissant de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende « le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher de pratiquer ou de s’informer sur une interruption volontaire de grossesse (…) par tout moyen, y compris par voie électronique ou en ligne ».

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