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Comment interrompre une grossesse : un guide complet

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), communément appelée avortement, est un droit fondamental pour toute femme en France, quel que soit son âge ou sa situation. Cet article vise à fournir des informations claires et complètes sur les différentes méthodes d'IVG, les démarches à suivre, les aspects médicaux et psychologiques, ainsi que les ressources disponibles.

Les différentes méthodes d'IVG

Il existe deux principales méthodes d'IVG : l'IVG médicamenteuse et l'IVG instrumentale (chirurgicale). Le choix de la méthode dépend du terme de la grossesse et de la préférence de la femme, en concertation avec le médecin ou la sage-femme.

IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse consiste en la prise de deux médicaments à des moments différents pour interrompre la grossesse. Cette méthode est possible jusqu'à la 7e semaine de grossesse (9 semaines d'aménorrhée).

Déroulement :

  1. Premier médicament (mifépristone) : Ce médicament bloque l'action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse, favorise les contractions de l'utérus et l'ouverture du col utérin. Il est pris soit en présence du médecin ou de la sage-femme, soit à domicile. Des saignements et des douleurs peuvent survenir après la prise de ce premier médicament, mais ce n'est pas toujours le cas.
  2. Deuxième médicament (misoprostol) : Ce médicament est pris 24 à 48 heures après le premier, soit en consultation, soit à domicile. Il augmente les contractions utérines et provoque l'expulsion de l'œuf. Des douleurs plus intenses, semblables à des règles douloureuses, peuvent survenir, ainsi que des saignements abondants. Des anti-douleurs sont prescrits pour soulager la douleur.
  3. Visite de contrôle : Une visite de contrôle est obligatoire 14 à 21 jours après la prise du premier médicament pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complications.

Où réaliser l'IVG médicamenteuse ?

L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée :

  • En établissement de santé (hôpital ou clinique)
  • En cabinet de ville (médecin ou sage-femme)
  • En centre de santé sexuelle
  • En centre de santé
  • Par téléconsultation (avec délivrance des médicaments en pharmacie)

Avantages :

  • Pas d'anesthésie ni d'intervention chirurgicale
  • Peut être réalisée à domicile (sous certaines conditions)

Inconvénients :

  • Douleurs et saignements parfois importants
  • Nécessite une visite de contrôle
  • Taux de succès de 95% (en cas d'échec, une IVG instrumentale est proposée)

IVG instrumentale (chirurgicale)

L'IVG instrumentale, ou chirurgicale, consiste en une aspiration de l'œuf après dilatation du col de l'utérus. Elle est pratiquée obligatoirement dans un établissement de santé (hôpital ou clinique). Elle est privilégiée au-delà de la 7e semaine de grossesse et jusqu'à la 14e semaine (16 semaines d'aménorrhée).

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Déroulement :

  1. Dilatation du col : L'ouverture du col utérin peut être facilitée par l'administration d'un médicament.
  2. Aspiration : Une canule souple est introduite dans l'utérus pour aspirer le contenu utérin.
  3. Surveillance : La patiente reste sous surveillance pendant quelques heures après l'intervention.

Anesthésie :

L'intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon le choix de la femme et l'avis du professionnel de santé.

Durée :

L'hospitalisation dure généralement quelques heures, mais l'intervention elle-même ne dure qu'une dizaine de minutes.

Où réaliser l'IVG instrumentale ?

L'IVG instrumentale est pratiquée obligatoirement en établissement de santé (hôpital ou clinique).

Avantages :

  • Taux de succès élevé (99,7%)
  • Intervention rapide
  • Possibilité d'anesthésie

Inconvénients :

  • Nécessite une hospitalisation
  • Intervention chirurgicale

Les étapes préalables à l'IVG

Quel que soit le type d'IVG choisi, deux temps sont obligatoires avant la réalisation de l'IVG : la consultation d'information et le recueil du consentement.

La consultation d'information

Au cours de cette première consultation, le médecin ou la sage-femme :

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  • Confirme la demande d'avortement de la femme.
  • Fournit des informations orales et un guide sur l'IVG, portant sur les différentes méthodes, les lieux de réalisation, les risques et les effets indésirables possibles.
  • Propose un entretien psycho-social (obligatoire pour les mineures).
  • Oriente la femme vers un autre professionnel de santé s'il ne pratique pas lui-même l'IVG.

Le recueil du consentement

Lors de ce second temps, la femme remet son consentement écrit de demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme. Il n'y a plus de délai de réflexion imposé, et les deux temps peuvent être réalisés lors d'une seule consultation si la femme est majeure.

Ce temps permet également de :

  • Choisir la méthode d'IVG et le lieu de réalisation.
  • Décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l'IVG.
  • Se faire prescrire un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST) et du cancer du col de l'utérus.

L'entretien psycho-social

L'entretien psycho-social est obligatoire pour les mineures et proposé aux majeures. Il a lieu dans un EVARS (espace vie affective, relationnelle et sexuelle), un centre de santé sexuelle ou un organisme agréé. Il permet de bénéficier d'un accompagnement social et psychologique.

L'IVG pour les mineures

Les mineures peuvent avoir recours à l'IVG sans autorisation parentale. Elles doivent obligatoirement réaliser un entretien psycho-social et être accompagnées par une personne majeure de leur choix. Tous les coûts sont pris en charge, et le secret est garanti.

Aspects financiers

L'IVG est un soin urgent et gratuit pour toute personne en France, qu'elle soit mineure ou majeure, avec ou sans papiers, avec ou sans sécurité sociale. Parfois, des frais peuvent être avancés, mais ils sont remboursés à 100%. L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME). Depuis le 1er janvier 2023, la pilule du lendemain est prise en charge à 100 % sans ordonnance, pour toute femme mineure ou majeure.

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Aspects psychologiques

L'expérience de l'IVG est unique pour chaque femme. Certaines peuvent ressentir du soulagement, d'autres de la tristesse ou de la culpabilité. Il est important de se faire accompagner si besoin, que ce soit par un professionnel de santé, un conseiller conjugal ou une personne de confiance. Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l'IVG pour parler de sa situation si besoin.

Complications possibles

Bien que l'IVG soit une procédure sûre, certaines complications peuvent survenir, telles que :

  • Hémorragie
  • Infection
  • Douleurs persistantes
  • Échec de l'IVG (nécessitant une IVG instrumentale)

Il est important de contacter rapidement le professionnel de santé en cas de fièvre, de pertes de sang très abondantes, de malaise ou de fortes douleurs abdominales.

Après l'IVG

La fertilité revient immédiatement après une IVG. Il est donc important de choisir une méthode contraceptive adaptée et d'en discuter avec le médecin ou la sage-femme. Une visite de contrôle est nécessaire 14 à 21 jours après l'IVG pour s'assurer de son succès et de l'absence de complications.

Idées reçues sur l'IVG

Il est important de lutter contre les idées reçues sur l'IVG, telles que :

  • L'IVG rend stérile : FAUX, l'IVG n'affecte pas la fertilité future.
  • Les femmes qui avortent sont traumatisées : FAUX, la façon de vivre l'IVG varie d'une femme à l'autre.
  • L'IVG est un acte anodin : FAUX, c'est une décision importante qui peut avoir des conséquences émotionnelles.

Ressources utiles

  • ivg.gouv.fr : Site officiel d'information sur l'IVG
  • Le Planning Familial : Association qui informe et accompagne sur les questions de sexualité et d'IVG
  • Numéro vert national : 0800 08 11 11 (appel gratuit et anonyme)
  • Centres de santé sexuelle (anciens centres de planification et d'éducation familiale) : Lieux d'accueil, d'information et de consultation sur la sexualité et l'IVG
  • ARS (Agences Régionales de Santé) : Annuaires des structures et professionnels réalisant des IVG

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