Loading...

Comment se contracte la syphilis : Transmission, symptômes et prévention

La syphilis est une infection bactérienne causée par la bactérie Treponema pallidum. Généralement contractée par contact sexuel, elle se manifeste en plusieurs étapes. Bien que son incidence ait considérablement diminué au XXe siècle grâce à la pénicilline, la syphilis connaît une recrudescence ces dernières années, en particulier en Europe de l'Est et en France. Il est donc crucial de comprendre comment elle se transmet, quels sont ses symptômes et comment s'en protéger.

I. Transmission de la syphilis

A. Voies de transmission principales

La syphilis se transmet principalement par contact direct avec une personne infectée, lors de rapports sexuels, y compris anaux, vaginaux et oraux. La bactérie Treponema pallidum est présente dans les lésions syphilitiques, telles que les chancres et les éruptions cutanées. Le partage de jouets sexuels peut également transmettre la syphilis.

Plus précisément, la contamination se fait au contact du chancre de la syphilis primaire, ou au contact des syphilides érosives (lésions de la peau ou des muqueuses) présentes lors de la syphilis secondaire.

B. Autres modes de transmission

Bien que moins fréquents, d'autres modes de transmission existent :

  • Partage de matériel d'injection: La syphilis peut se transmettre en partageant du matériel d’injection avec une personne infectée.
  • Transmission materno-fœtale: La bactérie peut être transmise de la mère à l’enfant à travers le placenta, parfois dès le début de la grossesse.

C. Syphilis et VIH

Si une personne vivant avec le VIH n’est pas sous traitement et qu’elle contracte la syphilis, cela peut augmenter son potentiel infectieux. Selon une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association, une infection précoce par la syphilis peut affecter les personnes vivant avec le VIH. Les chercheurs ont constaté que chez les hommes atteints de syphilis, le VIH progressait un peu plus rapidement. Il est important de rappeler qu’une personne vivant avec le VIH ayant une charge virale indétectable n’est pas en mesure de transmettre le VIH. Toutefois, la charge virale peut être plus élevée chez les personnes vivant avec le virus en contractant la syphilis.

Lire aussi: Guide Complet Accouchement Naturel

II. Les différentes phases de la syphilis

La syphilis évolue en plusieurs phases, chacune ayant ses propres caractéristiques et symptômes.

A. Syphilis précoce (moins d'un an d'évolution)

Il s'agit aujourd'hui de la forme la plus fréquente de la syphilis en raison de l'amélioration du diagnostic et de la prise en charge thérapeutique qui permet d'éviter l'évolution vers une forme tardive. Au cours de cette phase précoce, on distingue :

  1. Syphilis primaire: Elle se manifeste par le "chancre syphilitique", une ulcération unique, indurée, superficielle, propre, indolore et contagieuse. Chez l'homme, le chancre siège sur le gland ou le sillon balano-préputial. Son diagnostic peut toutefois être difficile en cas de localisation "cachée", comme au niveau du col de l'utérus, du rectum ou de la gorge, ou si son aspect est atypique. Le chancre guérit spontanément en 2 à 6 semaines sans laisser de cicatrice.
  2. Syphilis secondaire: Elle survient si la syphilis primaire n'a pas été traitée. Elle se caractérise par des lésions très contagieuses survenant au niveau de la peau et des muqueuses (syphilides). Ces lésions sont très variées et trompeuses, prenant l'aspect d'une roséole banale, d'acné, de varicelle, de psoriasis… ce qui rend le diagnostic difficile. Les syphilides papuleuses siègent aussi bien au niveau du visage, du tronc que des membres.
  3. Syphilis sérologique précoce: Il n'existe plus aucun symptôme, mais simplement une sorte de "cicatrice sanguine" nécessitant la réalisation d'une prise de sang et signant la présence de la bactérie dans l'organisme.

B. Syphilis tardive (plus d'un an d'évolution ou d'ancienneté indéterminée)

Lorsque la syphilis n'a pas été diagnostiquée au cours de la première année d'évolution, elle peut évoluer vers :

  1. Syphilis tertiaire: Devenue rare aujourd'hui, elle est dominée par des manifestations cutanées, muqueuses, cardiaques et surtout neurologiques (neurosyphilis) et ophtalmologiques (syphilis oculaire).
  2. Syphilis latente tardive

III. Diagnostic de la syphilis

A. Examens cliniques et biologiques

Il n’existe pas d’examen unique permettant à lui seul d’affirmer ou d’exclure une syphilis. Le diagnostic repose sur la confrontation de l’examen clinique et des examens biologiques, le plus souvent par la sérologie. La visualisation directe du tréponème est aujourd’hui exceptionnelle et réservée à des centres spécialisés. Le traitement étant simple et efficace, il peut être instauré en cas de forte suspicion clinique, sans attendre les résultats définitifs.

B. Mise en évidence du tréponème

L'étalement sur lame du prélèvement génital permet de voir avec un microscope spécial dit « à fond noir » les tréponèmes. Il s'agit d'un examen réalisé par des centres très spécialisés. C'est un examen long à faire et non spécifique, c'est-à-dire qu'on ne peut pas dire s'il s'agit d'un Treponema pallidum responsable de la syphilis ou d'un autre type de tréponème.

Lire aussi: Couches lavables faites maison : le guide

C. Sérologies

Le diagnostic sérologique se fait par une prise de sang. On recherche dans le sang les anticorps signant la présence de tréponèmes dans l'organisme. Le diagnostic repose habituellement sur l’association de deux types de tests sérologiques, réalisés lors de la même prise de sang :

  • Test tréponémique (TPHA, ELISA, CMIA…): Il témoigne d’un contact avec un tréponème et qui peut rester positif à vie, y compris en cas de syphilis ancienne ou après un traitement efficace.
  • Test non tréponémique (VDRL ou RPR): Il permet d’évaluer l’activité de la maladie et d’assurer le suivi. Après traitement efficace, son taux diminue progressivement.

La sérologie peut être négative en tout début d’infection. Il faut donc parfois refaire une prise de sang, après un délai de quelques jours, si la première sérologie est négative. Il peut exister aussi d'authentiques chancres syphilitiques avec des sérologies négatives.

Il est nécessaire de réaliser à la fois un test qualitatif et un test quantitatif : on vérifie d’abord si la sérologie est positive ou négative, puis, en cas de positivité, on dose le taux d’anticorps.

Ces résultats servent de valeur de référence, en particulier pour le VDRL, car l’efficacité du traitement est évaluée sur la diminution progressive de son taux au cours du suivi.

Les contrôles sérologiques doivent être réalisés dans le même laboratoire, car les techniques utilisées peuvent varier d’un centre à l’autre, rendant les comparaisons difficiles.

Lire aussi: Comment déclarer votre grossesse ?

Le dépistage sérologique est obligatoire chez la femme enceinte au cours du premier trimestre de la grossesse et en cas de don du sang. Il est recommandé de le réaliser régulièrement chez les personnes à risque, notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les personnes ayant des rapports avec plusieurs partenaires sur l’année. Il sera aussi proposé après un rapport sexuel non protégé, de diagnostic d’une autre IST ou de contact avec une personne atteinte de syphilis.

Ces sérologies ne sont pas strictement spécifiques de la syphilis, car elles peuvent être positives dans d’autres tréponématoses (autres infections dues au tréponème comme le pian ou le béjel), encore présentes dans certaines régions du monde. Le contexte clinique et épidémiologique est donc essentiel pour interpréter les résultats.

D. Biopsie cutanée

La biopsie cutanée avec des marqueurs spécifiques pour les tréponèmes n’est réalisée qu’en cas de doute diagnostique, notamment lorsque les lésions sont atypiques ou persistantes.

E. Autres examens

La réalisation d’examens complémentaires (prise de sang, imagerie, examen ophtalmologique etc.) dépend des symptômes présentés par le patient. Une ponction lombaire est notamment indiquée en cas de suspicion de neurosyphilis ou d’atteinte oculaire.

F. Dépistage d'autres IST

Le diagnostic de syphilis doit toujours faire rechercher d’autres infections sexuellement transmissibles associées, en particulier le VIH, l’hépatite B, l’hépatite C et les infections à Chlamydia ou gonocoque. Un bilan d’IST complet est recommandé, avec des examens sanguins et, si besoin, des prélèvements génitaux ou urinaires.

IV. Traitement de la syphilis

L'avènement de la pénicilline a révolutionné le pronostic de la syphilis. La recrudescence des cas actuellement observés se traite facilement par injection de pénicilline retard avec une efficacité de 100%.

A. Syphilis précoce (moins d'un an d'évolution)

Le traitement de la syphilis repose sur la prescription d'un antibiotique, la pénicilline, et plus précisément d'une forme spécifique de pénicilline, la benzathine pénicilline G retard à raison d'une injection intramusculaire unique de 2,4 millions d'unités dans les cas de syphilis précoce. Il existe des alternatives en cas d’allergie aux pénicilline.

B. Syphilis tardive (plus d'un an d'évolution ou d'ancienneté inconnue) et formes tertiaires

En cas de syphilis latente tardive ou de syphilis tertiaire non neurologique, il est nécessaire de pratiquer une injection par semaine de 2,4 millions d’Unités de benzathine pénicilline G pendant 3 semaines consécutives.

Le traitement de la neurosyphilis et de la syphilis oculaire est le même, et repose sur un traitement par voie intraveineuse. Dans ce cas, une hospitalisation est nécessaire avec une perfusion intraveineuse de 20 millions d'unités par jour de pénicilline G pendant 14 jours.

À noter, le traitement est identique chez les patients VIH+.

C. Réaction paradoxale (Réaction d'Herxheimer)

En cas de syphilis secondaire avec de nombreuses lésions, il peut se produire une réaction paradoxale ou réaction d’Herxheimer, survenant quelques heures à 24 h après l'injection du traitement. Elle est liée à la destruction rapide des bactéries (tréponèmes), qui entraîne une libération de substances inflammatoires dans l’organisme. Elle peut se manifester par une fièvre brutale, des frissons, des courbatures, des maux de tête et une aggravation passagère des lésions cutanées. Cette réaction, bien que parfois impressionnante, est le plus souvent bénigne et spontanément résolutive en 24 à 48 heures.

D. Surveillance après traitement

Une consultation de contrôle est recommandée après le traitement, puis un suivi sérologique régulier est mis en place. Celui-ci repose sur des prises de sang à 3, 6 et 12 mois, et parfois plus longtemps selon le stade de la maladie. L’efficacité du traitement est évaluée par la diminution progressive du taux du VDRL, qui doit être divisé par au moins 4 par rapport à la valeur initiale.

V. Prévention de la syphilis

A. Utilisation du préservatif

En raison de sa très grande facilité de transmission au contact d'un chancre syphilitique, le port du préservatif est la seule prévention réellement efficace.

Même s’ils restent indispensables, les préservatifs n’offrent pas une protection absolue contre la syphilis, dans la mesure où la contamination peut avoir lieu lors d’un baiser profond.

B. Dépistage régulier

Le dépistage d'autres infections sexuellement transmissibles doit être systématique. Le dépistage sérologique est obligatoire chez la femme enceinte au cours du premier trimestre de la grossesse et en cas de don du sang. Il est recommandé de le réaliser régulièrement chez les personnes à risque, notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les personnes ayant des rapports avec plusieurs partenaires sur l’année. Il sera aussi proposé après un rapport sexuel non protégé, de diagnostic d’une autre IST ou de contact avec une personne atteinte de syphilis.

C. Autres mesures de prévention

  • Éviter le partage de matériel d'injection.
  • Informer ses partenaires sexuels en cas de diagnostic positif, afin qu'ils puissent se faire dépister et traiter.

D. Absence d'immunité

Cette infection ne transfère aucune immunité, c'est-à-dire aucune protection pour l'avenir.

E. Syphilis congénitale

La bactérie responsable de la syphilis peut être transmise de la mère à l’enfant à travers le placenta, parfois dès le début de la grossesse, avec un risque élevé de complications pour le fœtus en l’absence de traitement. C’est pourquoi un dépistage est obligatoire en début de grossesse, et peut être répété en cours de grossesse chez les femmes à risque. Le traitement par pénicilline, lorsqu’il est administré suffisamment tôt (idéalement avant 16 semaines d’aménorrhée), permet de réduire presque totalement le risque de syphilis congénitale.

tags: #comment #se #contracte #la #syphilis

Articles populaires:

Share: