La question de l'âge de la retraite et du nombre de trimestres requis est un sujet d'inquiétude pour de nombreuses personnes. La réforme des retraites de 2023 a apporté des changements significatifs au système français, rendant essentiel de comprendre comment ces modifications affectent les différentes générations. Cet article vise à fournir des informations claires et détaillées sur le nombre de trimestres de retraite nécessaires pour une personne née en 1987, en tenant compte de la réforme et de ses implications.
L'impact de la réforme des retraites de 2023
Présentée par Elisabeth Borne, la réforme des retraites instaure un départ à la retraite à 64 ans, contre 62 ans auparavant, avec une accélération de la durée de cotisation. Les personnes nées à partir de septembre 1961 sont les premières concernées par ce report de l'âge légal. Cette réforme ne concerne pas les retraités actuels.
Ce report de l'âge de départ à 64 ans se combine avec un allongement de la durée de cotisation. Il faudra désormais avoir travaillé 43 ans (soit 172 trimestres) dès 2027. Cette décision accélère la Loi Touraine de 2014, qui prévoyait de faire passer la durée de cotisation à 43 ans en 2035.
Âge légal et nombre de trimestres pour la génération 1987
Pour les personnes nées en 1987, l'âge légal de départ à la retraite est progressivement relevé. Pour atteindre l'âge légal de départ à la retraite fixé à 64 ans, il faudra disposer de 172 trimestres, soit 43 ans de cotisation. La durée d'assurance cible de 43 annuités sera requise à partir de la génération 1965.
Il est indispensable d’avoir validé le nombre de trimestres requis pour bénéficier d’une pension de retraite à taux plein. À défaut, si vous avez moins de trimestres qu’il n’en faut, le montant de la pension est soumis à une pénalité définitive appelée « décote viagère ».
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Départ à la retraite entre 64 et 67 ans
Il est important de préciser que l’âge légal ne garantit pas d’obtenir pour autant une pension de retraite à taux plein si vous n’avez pas tous les trimestres requis. Vous êtes libre de prendre votre retraite quand vous le souhaitez. Depuis la réforme des retraites de 2010, c’est à partir de 67 ans que vous serez libre de prendre votre retraite sans décote (contre 65 ans avant la réforme). Il n'y a pas d'âge maximum pour prendre votre retraite et sur le principe du calcul de celle-ci, plus vous prendrez votre retraite tard et plus votre retraite sera bonifiée. En revanche, à partir de 70 ans, votre employeur est en droit de vous mettre à la retraite d'office.
Comment valider ses trimestres ?
Un trimestre retraite est validé à partir du moment où vous avez perçu, dans l'année en cours, un salaire soumis à cotisation représentant 150 fois le montant du SMIC horaire brut au 1ᵉʳ janvier de l'année considérée, soit 1 747,50 € pour un trimestre en 2024 (au 1ᵉʳ janvier 2024, le SMIC horaire brut s'élève à 11,65 euros).
Ils sont dits « assimilés », et donc comptabilisés, pour les périodes d’interruption d’activité, comme les congés maladie, maternité ou le chômage, entre autres. Même si vous avez atteint l’âge minimum légal de départ à la retraite, ce nombre de trimestres minimum est nécessaire pour prétendre à une retraite à taux plein.
Départ anticipé : les exceptions
Il est, dans certains cas, possible de partir à la retraite avant l’âge légal de départ à la retraite.
Retraite anticipée pour carrière longue
La retraite anticipée pour carrière longue vous donne le droit de partir à la retraite à l’âge de 58 ans si vous avez commencé à travailler avant 16 ans, à 60 ans si vous avez commencé à travailler avant 18 ans, à 62 ans si vous avez commencé avant vos 20 ans et 63 ans si vous avez commencé à travailler avant vos 21 ans, à condition d’avoir validé 4 ou 5 trimestres avant la fin de l’année de vos 16, 18, 20 ou 21 ans et d'avoir le nombre de trimestres requis selon votre génération.
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Le calcul pour ce type de départ anticipé pour carrière longue se fait donc sur la base de votre année de naissance et de l’âge à partir duquel vous avez commencé à travailler. Depuis la réforme des retraites, si vous validez des trimestres au titre de l’assurance vieillesse pour les parents au foyer (AVPF) et de l’assurance vieillesse des aidants (AVA), ils seront pris en compte dans les trimestres cotisés, dans la limite de 4 trimestres.
Retraite anticipée pour handicap
Il est possible pour les personnes en situation de handicap de partir à la retraite dès l’âge de 55 ans, sous réserve de justifier d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 50 %. Cela concerne la quasi-totalité des régimes de retraite en France. La retraite anticipée pour handicap est réservée aux travailleurs ayant passé la majeure partie de leur carrière professionnelle en situation de handicap. Avec la nouvelle réforme des retraites, des allègements sont prévus quant aux conditions pour bénéficier du dispositif de départ anticipé à la retraite pour handicap. Vous n'aurez plus à justifier de la condition cumulative d'un nombre minimum de trimestres validés et cotisés*, mais uniquement d'un nombre minimum de trimestres cotisés. La reconnaissance de votre période de travail en situation de handicap lors de votre départ à la retraite sera également allégée.
Retraite anticipée pour invalidité ou inaptitude
Si vous êtes en situation d'invalidité ou d'inaptitude, la réforme des retraites de 2023 maintient l’âge de départ à taux plein à 62 ans. Si vous avez été victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle (AT-MP), vous pourrez partir à la retraite à compter de vos 60 ans si vous justifiez d’une incapacité permanente d’au moins 20 %. Si cette incapacité permanente est comprise entre 10 % et 19 %, vous pourrez partir 2 ans avant l'âge légal requis pour votre génération et sous certaines conditions.
Aménager sa fin de carrière avec la retraite progressive
La retraite progressive donne la possibilité de partir à la retraite tout en douceur. L'âge auquel vous pourrez en bénéficier est lié au relèvement progressif de l'âge légal de départ à la retraite. Vous pourrez donc profiter du dispositif de retraite progressive entre 60 ans et 62 ans selon votre génération. Si vous remplissez toutes les conditions pour en bénéficier, vous pourrez toucher une partie de votre pension retraite tout en continuant à travailler à temps partiel. Le calcul du montant de votre retraite progressive se fera en fonction de la réduction de votre temps de travail. Si vous travaillez dans la fonction publique, au sein des régimes spéciaux ou si vous exercez une profession libérale, vous pourrez bénéficier de ce dispositif dans le cadre de la nouvelle réforme.
Travail pénible
Depuis 2010, la notion de pénibilité est reconnue dans le calcul des droits à la retraite. En cas d’incapacité reconnue pour travail pénible, vous aviez d’ores et déjà la possibilité de prendre votre retraite dès 60 ans sans pénalités. En 2014 avait également été créé le compte de pénibilité vous permettant d’accumuler des points tout au long de votre carrière et de prétendre, in fine, à une retraite anticipée.
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Bonifications et majorations de trimestres
La réforme des retraites prévoit également des bonifications et majorations de trimestres dans certaines situations spécifiques :
- Emplois aidés et stages de formation professionnelle : Certains emplois aidés considérés comme des stages de formation professionnelle donnent droit à des trimestres.
- Apprentis et carrières longues : Les périodes d'apprentissage peuvent être prises en compte pour la retraite anticipée pour carrière longue.
- Majoration d'assurance au titre de l'éducation ou l'adoption des enfants : La mère devra bénéficier au minimum de 2 des 4 trimestres.
- Achat de trimestres : Possibilité d'acheter des trimestres pour études supérieures à prix réduit jusque 40 ans, ou pour un stage d'études supérieures ayant fait l’objet d’une gratification.
- Assurance vieillesse des aidants (AVA) : Sort les droits à la retraite existants pour les aidants de l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF).
- Pompiers volontaires : Bonification sous la forme de l’attribution de trois trimestres au bout de dix ans d’engagement, complétée d’un trimestre tous les cinq ans.
- Majoration durée d’assurance et décès d’un enfant : Attribution de la majoration au titre de l’éducation de 4 trimestres, en cas de décès de l’enfant avant la fin de la quatrième année suivant sa naissance ou son adoption.
- Majoration de pension trois enfants étendue aux libéraux.
- Trimestres pour Sportif de Haut niveau : Les périodes d’inscription sur la liste des sportifs de haut niveau peuvent donner lieu à la validation de 12 trimestres assimilés à des trimestres d’assurance retraite.
- Trimestres pour élus locaux : Les périodes non cotisées peuvent être achetées en effectuant une demande à l’assurance retraite.
Cumul emploi-retraite
Le cumul emploi retraite donne droit à une seconde retraite de base. Il faut avoir droit au cumul intégral et ne pas reprendre son activité chez le même employeur dans les six mois. Cette deuxième retraite sera calculée comme la retraite habituelle du régime concerné, sans décote, sans surcote et sans majorations. Pour un salarié, le revenu servant de base de calcul à la deuxième retraite est le salaire mensuel moyen ayant permis la validation d’au moins un trimestre. La période prise en compte se situe entre la date à laquelle l’assuré remplit les conditions du cumul emploi-retraite total et la date d’effet de la nouvelle retraite. Cette deuxième retraite sera plafonnée à 5% du plafond sécu (183€ mois en 2023). Elle n’est pas prise en compte pour le plafond de retraites du minimum contributif mais compte dans les ressources pour l’Aspa. Cet dispositif entre en vigueur le 1er septembre et prend en compte le cumul effectué depuis le 1er janvier 2023.
Minimum contributif (Mico)
Le minimum contributif (Mico) augmente le 1er septembre. Pour les nouveaux retraités, la majoration au titre de la durée d’assurance de 684 € augmentera de 25 € en septembre, soit 709 €. La majoration au titre de la durée cotisée de 747 € augmentera de 100 €, soit 847 €. Les deux ne s’ajoutent pas. Ainsi la majoration seule passerait de 63,18 € à 138,43, soit 75 € de plus. Nouveau : les deux montants du minimum contributif seront revalorisés comme le Smic chaque premier janvier.
Il faut d’abord remplir deux conditions : obtenir sa retraite de base au taux plein de 50% et avoir un total de retraites inférieur à 1322 € (en 2023). Si ces deux conditions sont remplies, la pension résultant de ses droits à la retraite est majorée en deux étapes au prorata des trimestres obtenus. Les deux ne s’additionnent pas (le total nouveau ferait 1531 € !). En fait, on prend la différence entre les deux, soit 138 € et on effectue un prorata ajouté au minimum de base. Et à la fin on déduit du total la retraite de base.
À la retraite de base, y compris majorée, il faut ajouter la retraite complémentaire : c’est ce montant qui fait dire au gouvernement que le retraité ayant cotisé au Smic et à temps plein toute sa vie aura 1200 €.
Démarches à suivre
Tout d’abord, consultez votre relevé de carrière sur le site lassuranceretraite.fr afin de vérifier que tous les éléments de votre vie professionnelle apparaissent.
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