L'arrivée de chiots est un événement spécial, que vous soyez un éleveur expérimenté ou que vous viviez l'aventure pour la première fois. Pour que tout se passe bien, il est important de bien comprendre le cycle de reproduction de la chienne, la gestation, la mise bas et les soins post-partum. Bien que la question du nombre de tétines soit souvent posée, elle est en réalité moins importante que la compréhension globale du processus de reproduction canine.
Cycle sexuel et gestation chez la chienne
Le cycle sexuel d'une chienne est composé de quatre phases :
- Proestrus : Phase de préparation à l'accouplement.
- Estrus : Période de chaleur pendant laquelle la chienne est réceptive au mâle.
- Diestrus : Phase suivant l'ovulation.
- Anestrus : Période de repos sexuel.
La durée moyenne de la gestation chez la chienne est de 63 jours (±1 jour) à partir de l’ovulation, mais peut varier de 58 à 68 jours selon le moment de la saillie par rapport à l’ovulation. Un vétérinaire peut utiliser des tests comme la cytologie vaginale ou l'analyse du taux de progestérone pour déterminer le moment de l'ovulation.
La fécondation ne survient pas immédiatement après l'accouplement. Une fois l'ovule fécondé, l'embryon met environ 15 à 17 jours pour s'implanter dans l'utérus. Ainsi, la durée de la gestation est d’environ 9 semaines après la date de saillie.
Signes de gestation
Dans les premières semaines, les signes de gestation peuvent être discrets. La chienne peut être plus calme, chercher davantage la présence de son propriétaire, ou au contraire sembler plus distante. Certaines chiennes ont des fluctuations d’appétit, allant de la légère perte d’appétit à un appétit accru.
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Vers la 4e ou 5e semaine, des changements physiques plus visibles apparaissent, comme un léger gonflement abdominal et un développement des mamelles. Ces transformations s’accompagnent souvent d’un comportement plus protecteur et parfois plus affectueux envers leur entourage.
Vers la fin de la gestation, à partir de la 7e semaine, la future mère commence souvent à adopter un comportement de nidification. Elle peut chercher un endroit calme, confortable et sécurisé pour préparer la mise bas. Elle peut rassembler des couvertures, gratter le sol ou se cacher. Durant toute la gestation, la chienne peut aussi montrer des signes de fatigue, préférant se reposer davantage et évitant les efforts trop intenses.
Diagnostic de gestation
Le vétérinaire peut généralement détecter la grossesse chez la chienne dès 3 à 4 semaines après la saillie. La palpation abdominale peut être réalisée autour de la 3e à 4e semaine. Le vétérinaire sent alors de petites masses arrondies dans l’utérus, correspondant aux embryons en développement.
L’échographie abdominale est la méthode la plus précise pour détecter la gestation précocement. Elle peut être réalisée dès 21 à 25 jours post-ovulation. Elle permet non seulement de confirmer la présence des embryons, mais aussi d’observer le rythme cardiaque des fœtus, signe certain de viabilité.
La radiographie peut être utilisée plus tardivement, généralement à partir de la 6e semaine, quand les os des fœtus commencent à se calcifier. La radiographie de comptage des chiots est indispensable.
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Alimentation pendant la gestation
Pendant la gestation, il est essentiel de nourrir la chienne avec des croquettes spécialement formulées pour les femelles en gestation ou en lactation, ou bien des croquettes pour chiots. Ces croquettes sont riches en protéines de haute qualité, en énergie, en vitamines et en minéraux essentiels comme le calcium et le phosphore, nécessaires au bon développement des chiots et à la santé de la mère. Il est conseillé de commencer à donner ces croquettes dès la 5ᵉ semaine de gestation, en augmentant progressivement les quantités. Évitez les changements brusques d’alimentation et assurez toujours de l’eau fraîche à disposition. Votre chienne a besoin d’une alimentation riche, digeste et équilibrée pendant la gestation. En effet, elle doit apporter l’énergie et les sels minéraux à la mère mais aussi à ses chiots.
Préparation à la mise bas
En fin de grossesse, vous allez observer un comportement de nidification : Votre chienne sent que la naissance est proche et gratte ou déchiquette son panier afin de préparer un nid pour ses petits. Créez un espace de mise bas : Choisissez un endroit calme et propre où la future maman pourra mettre bas. Un endroit où elle se sent en sécurité est essentiel. Préparez une trousse d'urgence : Ayez à portée de main les numéros de téléphone de votre vétérinaire et d'une clinique vétérinaire d'urgence en cas de complications.
Mise bas : Déroulement et surveillance
Le contrôle régulier de la température est la méthode la plus sûre pour déterminer l’imminence de la naissance des chiots. Deux à quatre fois par jour (de préférence toujours à la même heure), prenez la température de la chienne par voie rectale une semaine avant la date prévue de la mise-bas. Si elle tombe à environ 37° Celsius, la naissance est proche. Un premier chiot devrait naître dans les 12 à 24 heures.
La mise-bas d'une chienne s'étend sur une période de 6 à 36 heures selon la race et le nombre de chiots attendus. L'expulsion de chaque chiot prend entre 15 minutes et 2 heures. La majorité des chiennes s'accordent une pause de 30 minutes après la naissance de quelques petits.
Les trois phases de la mise bas
Selon les vétérinaires, il existe trois phases de mise-bas chez la chienne. 6 à 24 heures avant la naissance des chiots, la chienne présente, à des intervalles de plus en plus courts et intenses, certains signes typiques de la mise-bas imminente mentionnés ci-dessus.
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Tout se passe à l’intérieur de la chienne durant la même phase comprise entre six et douze heures. Ces changements sont nécessaires au bon déroulement de la mise-bas. La température du corps de la chienne augmente à nouveau pour atteindre environ 38 degrés Celsius. Le col de l’utérus se dilate (dilatation du col), la glaire cervicale se détache (léger écoulement vaginal) et les premières contractions commencent.
Quand le premier chiot se glisse dans le canal cervical, la chienne commence à pousser naturellement par le ventre. La chienne se couche sur le côté ou pousse en position accroupie. En général, le premier chiot apparaît après quelques grosses contractions. Les chiots peuvent venir au monde la tête la première ou en position postérieure. Le rythme de naissance des chiots est généralement de dix à soixante minutes. Toutefois, des intervalles plus longs, jusqu’à deux heures, sont également possibles (en particulier chez les premiers-nés).
Une fois que le premier chiot est né, la chienne déchire la membrane amniotique qui l’entoure et coupe le cordon ombilical avec ses dents. 5 à 15 minutes environ après la naissance des chiots, le placenta est expulsé et, tout comme l’enveloppe amniotique, il est mangé par la mère. Afin de stimuler la respiration des chiots impuissants, la mère lèche ses petits.
En général, cela prend moins de douze heures. Afin de stimuler la respiration des chiots impuissants, la mère lèche ses petits. Si le même nombre de placentas que les chiots nés est expulsé, alors, la naissance des chiots est terminée.
Quand faut-il s'inquiéter ?
Si la mise-bas ne se déroule pas correctement, appelez un vétérinaire en urgence. Saignements excessifs : Un saignement excessif avant, pendant ou après la mise bas peut être un signe de problème. Chiot bloqué : Si un chiot est visible depuis plus de 10-15 minutes sans progrès, cela peut nécessiter une intervention. Dans certains cas, une intervention chirurgicale (césarienne) peut être envisagée.
Différentes causes peuvent être à l’origine de complications lors de la naissance d’un chiot. Les contractions peuvent ne pas avoir lieu chez la chienne. Le bassin ou le vagin de la chienne sont trop étroits ou le canal de naissance ne s’ouvre pas correctement. De même, des malformations des chiots (par exemple hydrocéphalie ou chiots morts) ou des chiots trop grands (en particulier, s’il n’y a qu’un seul chiot ou très peu) empêcheront un accouchement normal.
En cas de complications chez votre chienne, vous devriez dans tous les cas demander l’aide d’un vétérinaire. Grâce à l’échographie ou à la radiographie, il pourra décider si une césarienne est nécessaire. La césarienne peut sauver la vie de la mère et des chiots dans de telles situations. Par contre, le déclenchement à l’aide de médicaments favorisant les contractions (ocytocine) est déconseillé chez les chiens.
Que faire après la mise bas ?
Après la mise bas : Assurez-vous que les chiots tètent correctement et restent au chaud. Suivi vétérinaire post-mise bas : Planifiez une visite chez le vétérinaire après la mise bas pour s'assurer que la mère et les chiots se portent bien.
Au moment de l'expulsion des chiots, du lait s'écoule automatiquement dans les canaux de la chienne. Sa production de lait s'adapte au nombre et à la faim des petits. Tous les chiots sont ainsi naturellement approvisionnés en quantité suffisante. Le colostrum, ou premier lait, est particulièrement important pour le développement des chiots. Le colostrum renferme d’importants anticorps maternels et protège les chiots contre les agents pathogènes.
Si vous avez l’impression que votre chienne repousse certains de ses chiots, que ces derniers ne bénéficient pas d’assez de lait, essentiel à leur développement, il faut intervenir.
Combien de chiots par portée ?
En général, la taille moyenne d’une portée se situe entre 5 et 6 chiots. Les races de grande taille, comme le Labrador, le Berger Allemand ou le Golden Retriever, ont tendance à avoir des portées plus importantes, souvent entre 6 et 12 chiots. L’âge de la chienne influence aussi la taille de la portée. Les chiennes jeunes et en bonne santé produisent généralement plus de chiots, tandis que les chiennes plus âgées peuvent avoir des portées plus réduites. Une analyse de 10 000 portées a montré une moyenne globale de 5,4 chiots par portée.
La portée d’une chienne comprend 1 à 12 chiots. Les portées de plus de douze chiots ne sont pas rares, mais elles nécessitent généralement une aide humaine pour l’élevage. Plus la race est imposante, plus il faut s’attendre à avoir de chiots. Le poids de la chienne détermine le nombre de naissances. La portée représente 11% du poids de la chienne. La fréquence de gestation de la chienne joue également un rôle décisif. En règle générale, le nombre de chiots d’une première portée de la chienne est moins important que lors des gestations suivantes.
L'allaitement : Importance et surveillance
Après la naissance des chiots, l'allaitement est la tâche la plus cruciale pour la chienne. Tous les chiots sont ainsi naturellement approvisionnés en quantité suffisante. Le colostrum, ou premier lait, est particulièrement important pour le développement des chiots. Le colostrum renferme d’importants anticorps maternels et protège les chiots contre les agents pathogènes.
Les chiots sont certes nidifuges et encore totalement impuissants à la naissance, pourtant, ils trouvent généralement seules les mamelles de leur mère. Bien que sourds et aveugles, avec un odorat insuffisant, ils repèrent la source de lait de leur mère. Cette source est repérable grâce à l’odorat et aux mouvements instinctifs de la tête. Si vous vous demandez au bout de combien de temps peut-on toucher un chiot, la réponse est de deux mois en moyenne.
Afin d'apaiser leur faim et leur besoin de téter, les chiots boivent environ 12 à 20 fois par jour au cours de leur première semaine de vie. Passé une semaine, les intervalles entre les tétées augmentent progressivement. Toutefois, jusqu’à la quatrième semaine de vie, un chiot continue à chercher les mamelles de sa mère environ huit fois par jour. À partir de la cinquième/sixième semaine de vie seulement, il n’y a plus qu’environ cinq tétées par jour. La quantité de lait chez la chienne est suffisante pour permettre un tel allaitement.
Nous vous recommandons de peser les jeunes chiens une fois par jour. Ainsi, vous vous assurez qu’ils prennent suffisamment de poids. Après seulement dix jours, la plupart des chiots ont déjà doublé leur poids de naissance. À la sixième semaine de vie, ils pèsent déjà six à dix fois plus que le jour de leur naissance. La quantité de lait de la chienne et la prise de poids de sa progéniture déterminent le bon moment pour introduire la nourriture. La plupart du temps, les éleveurs commencent à donner des compléments alimentaires entre la troisième et la sixième semaine de vie.
La qualité du lait maternel, et donc, la santé de ses chiots, dépendent de la nutrition de la mère au cours des premières semaines. Pour la production de lait, elle a besoin de quantités considérables de protéines et de calcium. Ses besoins énergétiques augmentent de 325 % par rapport à la normale. Surveillez la chienne de très près pendant cette phase éprouvante.
Le manque de production de lait, les carences de la chienne pendant la phase d’allaitement ou une inflammation des mamelles (mammite) sont les troubles les plus fréquents qui surviennent pendant la phase de tétée au cours des premières semaines. La fièvre, la réticence à allaiter, le refus de manger ou l’apathie en sont les premiers signes. Quoi qu’il en soit, dès que vous reconnaissez ces symptômes, que le poids des chiots stagne, voire diminue, ou que l’état général de la chienne se dégrade, vous devez consulter un vétérinaire.
Les tumeurs mammaires chez la chienne
Les tumeurs mammaires sont les tumeurs les plus fréquentes chez les chiennes non stérilisées. Le terme « tumeur mammaire » désigne la localisation du processus tumoral situé au niveau des mamelles ou entre ces dernières et ne désigne pas un seul type de tumeur en particulier : on distingue en conséquence de nombreux types de tumeurs mammaires, qui peuvent être bénignes ou malignes.
Signes cliniques
Les tumeurs mammaires se traduisent par une masse ou un nodule au niveau des mamelles ou entre ces dernières. Les masses et les nodules peuvent être soit visibles soit palpables. La tumeur mammaire peut être de la taille d’un grain de riz, ou mesurer une dizaine de centimètre de diamètre ! Il peut en exister plusieurs situées sur les différentes mamelles ! Dans la plupart des cas, ces tumeurs grossiront au fils du temps si on ne les traite pas. Ces masses ou ces nodules peuvent éventuellement présenter des signes d’inflammation (rougeur, chaleur, douleur, gonflement) et s’ulcérer. Les cellules tumorales peuvent métastaser dans les nœuds lymphatiques et occasionner une modification de leur aspect, de leur forme ou de leur consistance. La modification la plus courante est une augmentation de leur taille appelée adénomégalie.
La plupart du temps, votre animal est en bonne santé au moment du diagnostic : il est vif, il joue, il mange bien et boit correctement. Toutefois, lors du développement de métastases des signes généraux peuvent apparaitre comme de la cachexie ou de la fatigue. Les métastases à distance se forment le plus souvent au niveau des poumons mais aussi dans d’autres organes comme le foie, la rate, les os, les reins, le cerveau, etc. Des signes cliniques plus spécifiques de la localisation de ces métastases peuvent également être présents comme par exemple : des difficultés respiratoires, des symptômes nerveux, une douleur osseuse, une augmentation de la taille du foie, etc.
Facteurs de risque
Tous les animaux peuvent être concernés. Les femelles sont les plus touchées, toutefois même si ce cas est rare, un chien mâle peut développer une tumeur mammaire. Ces tumeurs touchent le plus fréquemment des chiennes d’un âge moyen ou d’un âge avancé (entre 7 et 13 ans). Les pures races sont plus souvent atteintes que les croisées. Les races de petites tailles seraient également plus à risque (comme le Caniche, le Springer spaniel, le Cocker spaniel, le Bichon maltais, le Puli, le Yorkshire, le Teckel) mais aussi certaines grandes races de chiens (Setter anglais, Epagneul breton, Berger allemand, le Pointer, le Doberman et le Boxer). Certaines lignées, à l’intérieur de certaines races semblent présenter un risque accru de développer une tumeur mammaire, ce qui nous permet de suspecter des prédispositions génétiques. De plus, certaines mutations génétiques modifient l’âge d’apparition de tumeurs mammaires.
Les pilules données aux chiennes pour prévenir ou interrompre les chaleurs augmentent le risque de développer des tumeurs mammaires. En dehors du domaine de la cancérologie les pilules augmentent aussi le risque de développer des infections utérines. La présence d’une obésité précoce à l’âge d’un 1 an ou antérieure renforcerait également le risque de développer une tumeur mammaire.
Diagnostic et traitement
La suspicion diagnostique se fera généralement après palpation d’un ou plusieurs nodules ou masses en regard des mamelles. Dans un premier temps une analyse cytologique peut être effectuée pour confirmer la suspicion diagnostique. Elle permettra aussi de confirmer l’origine tumorale en cas de doute. Si l’analyse cytologique permet de faire le diagnostic d’une tumeur mammaire, elle ne permet pas toujours d’en affirmer la malignité ou la bénignité.
Le traitement de première ligne est la chirurgie. L’analyse histologique est réalisée après le retrait chirurgical de la tumeur. L’histologie permettra d’obtenir un diagnostic de certitude et de caractériser précisément la tumeur. Elle permettra entre autre de définir le caractère bénin ou malin de la tumeur mais aussi de prévoir le comportement tumoral de manière plus précise. En dernier lieu, l’histologie intervenant après le retrait chirurgical de la tumeur il faudra analyser les marges.
Pour déterminer le pronostic et choisir les options thérapeutiques il est nécessaire de réaliser un bilan d’extension et d’établir le stade clinique. On réalisera aussi « un bilan de santé » global du patient afin de vérifier l’absence d’affections concomitantes et la capacité du chien à tolérer une anesthésie et donc une chirurgie. En fonction des symptômes et des résultats des analyses sanguines une échographie abdominale pourra vous être proposée.
Le traitement sera dans beaucoup de cas le traitement de première intention qui vous sera proposé, il pourra être associé à d’autres traitements comme la chimiothérapie. Ce traitement est curatif pour les tumeurs mammaires bénignes et il est curatif dans certains des cas de tumeurs malignes. Pour ces dernières, il est approprié de prévoir des thérapies complémentaires. Il existe différents types de traitements chirurgicaux qui seront choisis en fonction du bilan d’extension, mais le principal consiste dans le retrait de la chaine mammaire en totalité. Un retrait complet des deux chaines mammaires est utilisé lorsque des tumeurs mammaires sont multiples et situées à la fois sur les chaines droites et gauche.
L’utilisation d’anti-inflammatoires : Ils semblent permettre une prolongation du temps de survie qu’ils soient associés, ou non, à la chimiothérapie. Ce sont des traitements classiques et utilisés couramment en clientèle vétérinaire. Ainsi le piroxicam ou le firocoxib peuvent être utilisés. Le traitement hormonal : il est possible d’agir au niveau hormonal, soit médicalement (par utilisation d’aromatases) soit chirurgicalement par la réalisation d’une stérilisation. Le bénéfice de ces traitements est controversé.
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