La stimulation ovarienne est une étape cruciale dans de nombreux traitements de procréation médicalement assistée (PMA). Cet article vise à fournir une compréhension détaillée de la durée de ce traitement, ainsi que des aspects connexes essentiels pour les couples envisageant cette option.
Introduction à la stimulation ovarienne
L’objectif principal de la stimulation ovarienne est de favoriser la croissance et la maturation de plusieurs follicules dans les ovaires. Ce processus est essentiel pour augmenter les chances de succès des techniques de PMA telles que l’insémination intra-utérine (IIU) et la fécondation in vitro (FIV).
Durée typique du traitement
En général, la stimulation ovarienne dure environ 14 jours. Cependant, cette durée peut varier en fonction de la réponse individuelle de chaque patiente aux hormones administrées. La phase de stimulation ovarienne a une durée moyenne de 2 à 3 semaines. Il n’y a pas de durée précise de traitement, cela dépend essentiellement de la réponse de la patiente aux hormones.
Début du traitement
Le traitement par gonadotrophines débute généralement au 2ème jour du cycle menstruel. Les injections de gonadotrophines, réalisées par voie sous-cutanée, sont administrées quotidiennement, souvent entre 18h et 20h, à la dose prescrite par le médecin. Une fois débutées, les injections de gonadotrophines et d’antagonistes sont à poursuivre tous les jours jusqu’au déclenchement de l’ovulation.
Monitorage de l'ovulation
Le monitorage de l’ovulation commence souvent autour du 5ème jour du traitement. Ce suivi est crucial pour évaluer la réponse ovarienne et ajuster le traitement en conséquence. Le monitorage de votre stimulation ovarienne s’effectue auprès du site qui prend en charge votre dossier : 7h à 8h30 au CMCO : présentez vous d’abord au laboratoire Biopath dès 7h pour la prise de sang puis dans un second temps au niveau des consultations gynécologiques d’AMP. La suite du traitement vous sera précisée le jour même.
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Importance du monitorage
Le bon déroulement de la stimulation ovarienne est crucial pour la suite du parcours PMA. Les chances de succès dépendent en grande partie de cette phase. Les erreurs de traitement sont fréquentes !
Techniques de monitorage
Le monitorage ovarien est généralement effectué tous les deux jours à partir du dixième jour de la stimulation. Il comprend :
- Échographie : Elle permet de quantifier le nombre de follicules en croissance dans l’ovaire. Chacun d’entre eux renferme un ovocyte pouvant être fécondé par un spermatozoïde.
- Dosages hormonaux : Les taux de LH sont mesurés afin de s’assurer que l’ovulation n’a pas eu lieu spontanément. Le 17β-œstradiol est également dosé : cette hormone ovarienne est le reflet de la maturation des follicules.
En fonction des résultats du monitorage ovarien, votre traitement est adapté par le gynécologue.
Déclenchement de l'ovulation
Lorsque les follicules ovariens ont atteint une taille suffisante et que les taux d’hormones sont jugés optimaux, l’ovulation est déclenchée. Une heure précise sera communiquée à la patiente par l’équipe médicale. Il est très important que vous respectiez précisément l’heure indiquée par votre médecin pour le déclenchement de l’ovulation. En effet, celle-ci aura lieu 36 à 40 heures suivant votre injection. L’insémination des spermatozoïdes (dans le cas d’un protocole d’insémination intra-utérine) ou la ponction ovocytaire (dans le cas d’un protocole de fécondation in vitro) sera réalisée 36 heures après le déclenchement.
Importance du timing
Le respect précis de l'heure de déclenchement de l'ovulation est essentiel car l'insémination ou la ponction ovocytaire sont programmées en conséquence.
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Techniques de procréation médicalement assistée
Insémination Intra-Utérine (IIU)
L’insémination intra-utérine (IIU) a pour but de faciliter la rencontre entre l’ovocyte et le spermatozoïde. Le jour de l’insémination intra-utérine, le recueil de sperme est réalisé par masturbation après 2 à 5 jours d’abstinence sexuelle. Le sperme est préparé au laboratoire et les spermatozoïdes les plus mobiles sont sélectionnés pour l’insémination artificielle. L’insémination intra-utérine avec le sperme du conjoint est recommandée dans les cas d’anomalies modérées du sperme (avec au moins un million de spermatozoïdes mobiles). Une insémination artificielle avec le sperme d’un donneur aura lieu dans le cas d’une infertilité d’origine masculine (azoospermie : absence totale de spermatozoïdes dans le sperme du conjoint ou teratospermie sévère : nombreuses anomalies des spermatozoïdes). Elle a lieu au centre de PMA 36 heures après le déclenchement de l’ovulation. Elle se déroule en position gynécologique: les spermatozoïdes sélectionnés sont placés dans un tube souple (un cathéter).
Fécondation In Vitro (FIV) et FIV-ICSI
La réussite d’un protocole de FIV ou de FIV-ICSI repose essentiellement sur l’efficacité de la stimulation ovarienne. Dans le cadre d’une FIV ou d’une FIV-ICSI, l’ovulation n’est déclenchée que pour permettre la maturation des ovocytes. Elle a lieu au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. La ponction est réalisée sous contrôle échographique par voie transvaginale. Le liquide folliculaire dans lequel baigne les ovocytes est prélevé par une sonde. Les ovocytes sont trop petits pour être visibles au cours de la ponction. Il faudra attendre l’analyse au laboratoire pour que vous puissiez prendre connaissance du nombre exact d’ovocytes recueillis. Il est fréquent que ce nombre ne corresponde pas exactement au nombre de follicules visibles à l’échographie. Alors que la patiente subit la ponction ovocytaire, son conjoint réalise le recueil de sperme. Celui-ci est réalisé par masturbation après 2 à 5 jours d’abstinence sexuelle.
FIV classique vs FIV-ICSI: C’est le seul point qui diffère entre la FIV et la FIV-ICSI. Lors d’une FIV, 50 000 spermatozoïdes sont placés au contact d’un ovocyte : la fécondation est spontanée. Au cours des cinq jours suivants, le développement des embryons issus de la fécondation est suivi. Un score est attribué à chacun d’eux en fonction de leur morphologie. Le transfert a lieu au centre de procréation médicalement assistée. Il se déroule en position gynécologique: le(s) embryon(s) sélectionnés pour le transfert sont placés dans un tube souple (un cathéter). Le transfert de(s) embryon(s) peut avoir lieu deux jours ou cinq jours après la fécondation. De plus en plus fréquemment, un seul embryon sera transféré afin de réduire le risque de grossesse multiple. Cependant, en fonction des caractéristiques du couple (âge, antécédents, pathologies…), il est possible que deux embryons soient transférés.
Transfert d'embryons congelés (TEC)
Le transfert d’embryons congelés est un protocole moins lourd qu’un nouveau transfert d’embryons frais. En effet, le TEC permet d’éviter une nouvelle phase de stimulation ovarienne et de ponction ovocytaire à la patiente. Lors d’un transfert d’embryon congelé sur cycle naturel, la patiente est suivie par son gynécologue qui réalise des échographies et des dosages hormonaux. Lors d’un transfert d’embryon congelé sur cycle artificiel, le gynécologue prescrit à la patiente un traitement hormonal à base d’œstrogènes, dès le début du cycle menstruel. Vers le quatorzième jour, une échographie est programmée afin de mesurer l’épaisseur de l’endomètre. Le transfert d’embryon congelé a lieu au centre de PMA. Il se déroule de la même manière qu’un transfert d’embryon frais.
Suivi post-traitement
Suite à l’insémination intra-utérine ou au transfert d’embryon congelé, le gynécologue prescrit un traitement hormonal pendant une dizaine de jours. Ce traitement à base de progestérone permet d’optimiser la phase lutéale et donc d’améliorer la qualité de l’endomètre.
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Importance du soutien
Après avoir subi la stimulation ovarienne, le monitorage des ovaires, l’insémination intra-utérine, la ponction ovocytaire, le développement embryonnaire in vitro et le transfert d’embryon congelé, il est possible que vous vous sentiez seule au cours du post-traitement. En effet, vous n’aurez que très peu de contact avec l’équipe médicale. WiStim, spécialiste de la fertilité et du suivi PMA vous accompagne au quotidien au cours du post-traitement, de la même manière que lors de la stimulation ovarienne.
Test de grossesse et suivi de grossesse
Si l’implantation d’un blastocyste a eu lieu dans l’endomètre, les cellules embryonnaires commencent à se multiplier intensément. Celles-ci contribuent à la formation du futur placenta : un organe clé de la grossesse qui produit les principales hormones. En fonction du protocole, le dosage de ß-hCG peut avoir lieu plus ou moins tôt. Un résultat supérieur à 50 mUI/ml est signe d’une grossesse. Ce premier examen échographique permet de dater précisément la grossesse et d’exclure toute anormalité telles que les grossesses extra-utérines.
Suivi de grossesse
Après un premier contrôle échographique précoce (~4 à 6 semaines après le transfert), la grossesse est suivie comme une grossesse spontanée. Vous pourrez donc vous faire suivre dans la maternité de votre choix ou par un obstétricien de ville.
Facteurs influençant la durée et le succès du traitement
Bilan de fertilité
Première étape : après un interrogatoire, le médecin prescrit des examens complémentaires pour connaître l’origine de l’infertilité. Ce bilan de fertilité se fait au bout de 12 mois ou avant dans certains cas : si la femme a plus de 35 ans, en cas de troubles du cycle ou en cas de facteurs de risque d’infertilité (endométriose, antécédent de grossesse extra-utérine…). “Ces examens sont indispensables, car il est illusoire de débuter une stimulation ovarienne si par exemple une trompe est bouchée“, met en garde le gynécologue. Le médecin vérifie la perméabilité des trompes grâce à une hystérosalpingographie (radio des trompes), la réserve ovarienne à l’aide d’une prise de sang et d’une échographie pelvienne.
Âge de la patiente
L’âge de la femme est un des principaux facteurs influents sur le taux de succès.
Réserve ovarienne
Elle permet d’évaluer le CFA (compte de follicules antraux). Couplé au dosage de l’AMH, cet indicateur permet d’estimer la réserve ovarienne, c’est-à-dire le nombre de follicules capables de se développer en vue de l’ovulation.
Causes de l'infertilité
Les résultats sont expliqués aux patients : les causes de l’infertilité (masculine, féminine ou mixte) peuvent alors être déterminées. Dans certains cas cependant, les causes peuvent rester inexpliquées, aucune anomalie ou pathologie n’ayant été mise en évidence lors du test de fertilité.
Médicaments utilisés dans la stimulation ovarienne
Pour tous les traitements de PMA, afin de mener à terme la stimulation ovarienne, il est nécessaire d’avoir recours à plusieurs médicaments, qui permettent de stimuler la croissance des follicules et la maturation des ovules.
- Citrate de clomifène : Il est surtout utilisé en cas de troubles de l’ovulation, notamment dans le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
- Gonadotrophines FSH ou FSH-LH : Elles sont administrées par injections sous-cutanées.
Effets secondaires et risques
Hyperstimulation ovarienne
Dans le cas d’une FIV, il peut y avoir un risque d’hyperstimulation ovarienne. Cela résulte d’une réponse folliculaire trop importante lors de la stimulation. « Aujourd’hui, les protocoles sont choisis pour diminuer ces risques “, précise le spécialiste. Il s’agit d’une complication rare mais potentiellement dangereuse qui survient lorsque les ovaires réagissent de manière excessive à un médicament.
Grossesses multiples
C’est pourquoi la stimulation ovarienne est très surveillée par de nombreuses échographies. Au-delà de 2 follicules dans le cadre d’une stimulation ovarienne simple ou d’une insémination artificielle, l’ovulation n’est pas déclenchée.
Autres risques
- Réactions allergiques : elles sont très rares, mais peuvent survenir chez certaines femmes hypersensibles à l’un des composants des médicaments.
- Hyperplasie de l’endomètre : un autre effet secondaire possible de la stimulation ovarienne est l’hyperplasie de l’endomètre, c’est-à-dire l’épaississement anormal de l’endomètre (la couche qui tapisse l’utérus) en raison d’un excès d’œstrogènes.
Conseils pratiques pendant le traitement
- Activité sexuelle : Oui, les rapports sexuels sont compatibles avec un parcours d’AMP. Restez libre ! Une abstinence de plus de 5 jours n’est pas recommandée avant la ponction ou l’insémination.
- Activité professionnelle et sportive : Oui, pendant le traitement y compris après le transfert ou l’insémination, vous pouvez rester active et maintenir une activité professionnelle et sportive.
- Voyages : Les voyages ne sont pas interdits. Il faut toutefois être attentif aux destinations choisies en fonction de certains risques sanitaires qui évoluent dans le temps. Dans les semaines qui suivent la tentative, évitez les pays sans infrastructure médicale.
- Prise de médicaments : Demandez à votre médecin pour toute prise de médicaments en dehors de sa prescription.
Questions fréquentes
- A quelle heure faire les injections ? Les injections doivent être faites le soir afin de pouvoir adapter le traitement suite au monitorage du jour. Il est simplement important de respecter une tranche horaire homogène. Pour la dernière injection (déclenchement de l’ovulation) l’horaire précisé par votre médecin doit être strictement respecté.
- Faut-il être à jeun pour les prises de sang ? Aucune des prises de sang durant la prise en charge ne nécessite d’être à jeun, sauf cas particulier qui sera précisé sur l’ordonnance ou par votre médecin.
- Peut-on recommencer après un échec ? On recommande habituellement une pause de 2 ou 3 mois entre deux stimulations. Il faut envisager une consultation dans cette période. Dans le cas de l’insémination on peut enchainer les cycles.
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