Loading...

Infertilité Masculine : Causes, Mobilité des Spermatozoïdes et Traitements

L'infertilité, un problème de santé publique mondial, affecte des millions de personnes et leurs familles. Selon l'Organisation mondiale de la santé, environ une personne sur six en âge de procréer est confrontée à des problèmes d'infertilité au cours de sa vie. Chez l'homme, l'infertilité est souvent due à des anomalies dans l'éjaculation du liquide séminal, à un nombre insuffisant de spermatozoïdes ou à des anomalies dans leur forme et leur mouvement. En France, 1 couple sur 8 consulte un spécialiste en raison de difficultés à procréer.

Qu'est-ce que l'infertilité masculine ?

L'infertilité masculine est définie comme l'incapacité d'un homme à concevoir un enfant avec sa partenaire après 12 mois de rapports sexuels réguliers non protégés. D’après les données de l’Observatoire épidémiologique de la fertilité en France (Obseff) et de l’Enquête nationale périnatale (ENP), 15 à 25 % des couples sont concernés par l’infertilité. Il est conseillé de consulter un médecin dès que le couple s'interroge sur sa capacité à concevoir ou après 12 mois d'essais infructueux.

Causes de l'infertilité masculine

L'infertilité masculine peut être causée par divers facteurs, allant des anomalies spermatiques aux influences environnementales et aux problèmes de santé sous-jacents.

Anomalies spermatiques

Les anomalies spermatiques sont les causes les plus fréquentes d’infertilité masculine. Elles incluent :

  • Azoospermie: Absence totale de spermatozoïdes dans l'éjaculat. L’azoospermie sécrétoire représente 60 % des cas et se définit comme un défaut de production des gamètes dans les bourses. Lorsqu’un ou plusieurs canaux servant à transporter les spermatozoïdes sont obstrués ou absents, on parle d’azoospermie excrétoire.
  • Oligospermie: Faible taux de spermatozoïdes. On parle d’oligospermie lorsque le sperme contient un nombre de spermatozoïdes trop faible. Elle se définit comme une concentration de spermatozoïdes dans l’éjaculat inférieure à la normale (moins de 15 millions par millilitre). Elle peut être légère, modérée ou sévère, selon le nombre de gamètes détectés au spermogramme.
  • Tératospermie: Anomalies morphologiques affectant la mobilité et la fonctionnalité des spermatozoïdes. La tératospermie est la présence de spermatozoïdes « anormaux » en grand nombre dans le sperme. Elle est due à un défaut de leur fabrication dans les testicules. Cette pathologie se caractérise par un pourcentage insuffisant de spermatozoïdes ayant une morphologie normale. Malformés, les gamètes ont du mal à se déplacer et à pénétrer dans l’ovule. Quand le nombre de spermatozoïdes génétiquement anormaux (malformation au niveau de la tête, du flagelle…) dépasse les 60%, on est devant un cas de tératospermie.
  • Asthénospermie: Capacité de mouvement (motilité) réduite des spermatozoïdes. Il s’agit d’une anomalie du sperme se caractérisant par un défaut de mobilité des spermatozoïdes. La motilité spermatique est la capacité des spermatozoïdes à se déplacer rapidement et en ligne droite. La motilité spermatique tient compte de la mobilité du spermatozoïde, c’est pourquoi il convient de la différencier du dénombrement des spermatozoïdes, même s’il existe un lien très étroit entre ces deux concepts.

Ces anomalies peuvent être dues à des causes mécaniques telles que :

Lire aussi: Conception et température

  • Absence des voies spermatiques
  • Traumatisme du bassin ou des organes génitaux
  • Défaut de descente du testicule dans les bourses (cryptorchidie)
  • Anomalie de migration testiculaire
  • Dilatation d’une ou de plusieurs veines du cordon spermatique (varicocèle)

Infections

Certaines pathologies infectieuses peuvent être à l’origine de l’infertilité masculine :

  • Urétrite
  • Prostatite
  • Infections urinaires à répétition
  • Complication des oreillons (orchite ourlienne)

Génétique

Le syndrome de Klinefelter est l’une des anomalies génétiques les plus fréquemment citées dans les cas d’infertilité. Ce syndrome implique la présence d’un chromosome X supplémentaire chez l’homme. Les hommes qui en souffrent n’ont quasiment pas de spermatozoïdes (azoospermie).

Hormones

Les hormones jouent un rôle crucial dans la production de spermatozoïdes. Des déséquilibres hormonaux, tels qu'un déficit en hormone folliculo-stimulante (FSH) ou en hormone lutéinisante (LH), peuvent affecter la spermatogenèse. D’autres troubles hormonaux comme l’hypothyroïdie peuvent également avoir un retentissement sur les spermatozoïdes.

Causes environnementales et de mode de vie

Certains facteurs environnementaux et habitudes de vie peuvent nuire à la fertilité masculine, notamment :

  • Exposition à des toxines : produits chimiques industriels, pesticides, solvants et métaux lourds.
  • Tabagisme
  • Consommation excessive d'alcool et de drogues
  • Alimentation déséquilibrée
  • Chaleur excessive : l'exposition fréquente à des températures élevées, comme les bains chauds ou les saunas peut affecter la spermatogenèse. En effet, la fabrication des spermatozoïdes ne peut se faire de manière correcte que si la température est d’environ 35°C. Certaines habitudes de vie peuvent augmenter cette température : les bains chauds trop fréquents, les vêtements trop serrés, les ondes wifi (le portable dans la poche, l'ordinateur sur les genoux), la pratique intensive de certains sports (notamment en raison de contraintes mécaniques comme le cyclisme), etc.
  • Depuis quelques dizaines d’années, la concentration moyenne de spermatozoïdes dans le sperme diminue régulièrement en France et en Europe. Les causes de ce phénomène ne sont pas clairement identifiées. Certains chercheurs suspectent le rôle de la concentration croissante, dans les eaux potables, des hormones féminines issues des urines des femmes qui prennent la pilule.

Maladies

Certaines maladies peuvent affecter la production de spermatozoïdes :

Lire aussi: Efficacité du Bracelet Fertilité : Mythe ou Réalité ?

  • Cancers et leurs traitements (radiothérapie et chimiothérapie)
  • Mucoviscidose : une maladie génétique qui a des répercussions non seulement sur la respiration et la digestion, mais aussi, sur les organes reproducteurs.

Dysfonctions sexuelles

Certaines dysfonctions telles que des anomalies des testicules (hypogonadisme) ou des lésions médullaires peuvent être responsables d’anéjaculation ou d’éjaculation rétrograde, entrainant ainsi une dysfonction sexuelle. Dans ce cas, l’infertilité peut être contournée en récupérant, si possible, les spermatozoïdes dans les urines, ou en stimulant l’éjaculation de façon adéquate pour réaliser une PMA.

Diagnostic de l'infertilité masculine

Le diagnostic de l'infertilité masculine repose généralement sur plusieurs éléments.

Examen médical et antécédents

Le diagnostic commence par un examen clinique complet avec palpation des organes génitaux externes, et une discussion des antécédents médicaux et sexuels du patient. Le médecin cherchera des signes physiques de problèmes de fertilité et posera des questions sur la santé générale, les médicaments, les habitudes de vie et l'exposition à des toxines.

Analyse du sperme (Spermogramme)

L'analyse du sperme (spermogramme) est l'un des tests les plus importants pour diagnostiquer l'infertilité masculine. Ce test évalue le volume de l’éjaculat, la concentration en spermatozoïdes, leurs mobilité ainsi que le pourcentage de spermatozoïdes de formes normales. Ce test évalue le nombre, la forme et la motilité des spermatozoïdes. Plusieurs échantillons peuvent être nécessaires pour obtenir des résultats précis. Il est conseillé d’observer deux à cinq jours d’abstinence sexuelle avant de passer cet examen. En cas d’anomalie du spermogramme, un contrôle sera fait quelques mois plus tard pour confirmer ou infirmer les problèmes constatés. Si des anomalies sont détectées sur un premier spermogramme, un deuxième est demandé deux à trois mois après le premier test pour confirmer ou non les anomalies observées. La spermoculture permet de rechercher une éventuelle infection du sperme. Elle peut être répétée avant les tentatives d’assistance médicale à la procréation. Un test de migration et de survie des spermatozoïdes complète systématiquement le spermogramme avant le déclenchement de l’assistance médicale à la procréation.

Tests hormonaux

Les tests sanguins peuvent être utilisés pour mesurer les niveaux hormonaux. Ces hormones jouent un rôle clé dans la production de spermatozoïdes et la régulation de la fertilité.

Lire aussi: Optimiser ses chances de conception

Tests génétiques

Des tests génétiques peuvent être recommandés si le médecin suspecte une cause génétique de l'infertilité. Ces tests peuvent identifier des anomalies chromosomiques ou des mutations génétiques spécifiques.

Imagerie médicale

Des techniques d'imagerie, comme l'échographie scrotale, peuvent être utilisées pour examiner les structures internes des testicules et des voies reproductrices. Cela permet de détecter des anomalies structurelles ou des obstructions.

Biopsie testiculaire

Dans certains cas, une biopsie testiculaire peut être nécessaire pour examiner directement le tissu testiculaire et évaluer la production de spermatozoïdes.

Traitements de l'infertilité masculine

Le traitement de l'infertilité masculine dépend de la cause sous-jacente.

Changement de mode de vie

Dans certains cas, un simple changement de mode de vie, comme arrêter de fumer ou de perdre du poids, peut suffire à améliorer la fertilité. Adopter un mode de vie sain peut améliorer la fertilité : éviter les comportements à risque tels que le tabagisme, l'usage de drogues et la consommation excessive d'alcool; maintenir un poids santé grâce à une alimentation équilibrée et à l'exercice régulier; protéger les testicules des blessures et de la chaleur excessive; réduire l'exposition aux toxines environnementales (pesticides, produits chimiques industriels); gérer le stress; consulter régulièrement un médecin pour des bilans de santé.

Traitements médicaux

Dans d'autres cas, il peut être nécessaire d’adopter des traitements tels que :

  • Traitements médicaux pour traiter les infections, les déséquilibres hormonaux et les troubles de l'éjaculation. L'administration de corticoïdes est également possible dans certaines infertilités de cause immunologique.
  • Intervention chirurgicale : en cas d’azoospermie par exemple, pour aller chercher directement les spermatozoïdes dans le testicule en vue d’une FIV. L’intervention chirurgicale permet aussi de corriger la varicocèle ou de réparer les obstructions.

Techniques de procréation assistée (PMA)

Des techniques de procréation assistée (PMA) telles que l'insémination intra-utérine (les spermatozoïdes sont directement injectés dans l’utérus), la fécondation in vitro (les spermatozoïdes et les ovules sont combinés en laboratoire, puis les embryons sont transférés dans l’utérus), et l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI). Bon à savoir : grâce à la FIV avec injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI), il est aujourd’hui possible de sélectionner les spermatozoïdes présentant la meilleure mobilité et la meilleure morphologie, avant de les injecter dans l’ovocyte en vue de la fécondation.

  • Insémination artificielle conjugale : traitement idéal pour les hommes souffrant d’oligospermie légère et de motilité légèrement affaiblie. L’insémination peut être une réussite et est, en général, le premier pas avant de tenter une fécondation in vitro. Elle consiste à déposer le sperme dans l’utérus de la femme le plus près possible de la zone de conception grâce à un tube fin et souple.
  • Fécondation in vitro avec le sperme du partenaire : Il s’agit du traitement le plus indiqué lorsque les paramètres du spermogramme sont très perturbés. C’est le traitement qui offre un taux plus élevé de réussite. Dans ce cas, l’ovule est prélevé pour être fécondé en dehors de l’utérus.

Don de spermatozoïdes

Dans certains cas d’infertilité masculine, le don de spermatozoïdes pourra être proposé. L’Institut IFREARES possède les autorisations pour réaliser les actes d’assistance médicale à la procréation avec tiers donneur.

Prévention de l'infertilité masculine

Adopter un mode de vie sain peut améliorer la fertilité. Pour prévenir l’infertilité masculine, une approche proactive est essentielle. Un mode de vie sain, qui inclut une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, joue un rôle crucial dans le maintien de la fertilité masculine. Des facteurs tels que le surpoids ou l’obésité peuvent affecter négativement la qualité du sperme et la spermatogenèse. Éviter les expositions aux perturbateurs endocriniens, présents dans certains plastiques et produits chimiques, est également recommandé, car ils peuvent altérer les hormones et affecter la fécondité. Des examens réguliers chez un urologue ou un andrologue peuvent aider à détecter d’éventuelles anomalies testiculaires ou hormonales. Enfin, pour ceux qui envisagent de concevoir, il est conseillé d’avoir des rapports sexuels réguliers, surtout pendant la période d’ovulation de la partenaire, pour augmenter les chances de fécondation.

Impact psychologique et soutien

L’infertilité peut être une source de stress émotionnel important. Il est très important de chercher un soutien psychologique pour faire face aux défis émotionnels et améliorer le bien-être général. Les groupes de soutien et les consultations avec un psychologue spécialisé en infertilité peuvent être bénéfiques. L’infertilité masculine, peut être une source majeure de stress et d’anxiété pour de nombreux hommes. Cette condition, qui affecte la capacité à concevoir naturellement, peut entraîner un sentiment d’insuffisance et d’échec, exacerbant les problèmes psychologiques. Il est essentiel de reconnaître et d’aborder ces impacts émotionnels. Un soutien psychologique, combiné à une assistance médicale adaptée, peut aider les hommes à gérer le stress lié à l’infertilité et à améliorer leur bien-être général.

tags: #fertilite #masculine #mobilite #des #spermatozoides #causes

Articles populaires:

Share: