La douleur est une préoccupation légitime lors d'une interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'elle soit médicamenteuse ou instrumentale. Cet article a pour but de fournir des informations détaillées sur la durée et la gestion de la douleur après un avortement, en abordant les deux méthodes existantes et les aspects à prendre en compte pour un suivi optimal.
Douleur et IVG médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse, réalisable jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée), implique la prise de deux médicaments : la mifépristone, qui interrompt le développement de la grossesse, et le misoprostol, qui provoque l'expulsion de la grossesse. La douleur ressentie lors d'une IVG médicamenteuse est principalement due aux contractions répétées de l'utérus pour expulser la grossesse arrêtée, et est souvent comparée à des règles douloureuses, d'intensité variable selon les femmes. Les femmes ayant des règles douloureuses habituelles peuvent être plus susceptibles de ressentir des douleurs plus importantes lors d'une IVG.
Gestion de la douleur pendant l'IVG médicamenteuse
Il est crucial que les femmes soient informées à l'avance des douleurs potentielles et de la manière de les gérer. Des antidouleurs, généralement des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) associés à des antalgiques de niveau 2 (disponibles sur ordonnance), sont prescrits systématiquement. Il est recommandé de les prendre en prévention, environ 30 minutes avant la prise de misoprostol, pour une efficacité optimale. La patiente doit informer le médecin ou la sage-femme de ses habitudes et préférences médicamenteuses en cas de douleur, ainsi que de ses intolérances ou allergies.
Durée et intensité de la douleur
La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires en raison d'un risque accru de douleurs abdomino-pelviennes. Les saignements, signe de l'expulsion, peuvent survenir entre 30 minutes et 3 jours après la prise du premier médicament, mais le plus souvent dans les 2 à 4 heures suivant la prise du misoprostol. Dans 5% des cas, ils peuvent apparaître dès la prise de la mifépristone. Les saignements qui suivent peuvent durer de 10 à 20 jours, et peuvent être comparables ou plus abondants que les règles habituelles. L'abondance des saignements dépend du stade de la grossesse.
Quand s'inquiéter ?
Si la douleur persiste et ne s'atténue pas malgré la prise d'antidouleurs, il est important d'en informer le médecin ou la sage-femme qui suit l'IVG. L'absence de saignements dans les 24 heures suivant la prise de misoprostol nécessite également une consultation.
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Autres symptômes
Outre la douleur, des nausées sont assez fréquentes (au moins une femme sur 10) avant, pendant ou après une IVG.
Prise en charge non médicamenteuse
La prise en charge de la douleur ne se limite pas aux médicaments. Il est essentiel que le processus soit bien expliqué à la patiente, qu'elle puisse exprimer ses craintes et poser ses questions. La patiente doit disposer des numéros de téléphone d'un médecin ou d'une sage-femme joignables à tout moment. Il est également recommandé d'être accompagnée par une personne de son choix.
Douleur et IVG instrumentale
L'IVG instrumentale, possible jusqu'à la 14e semaine de grossesse (16 semaines d'aménorrhée), est une intervention réalisée en établissement de santé ou dans certains centres de santé autorisés, par un médecin ou une sage-femme (sous certaines conditions). Elle consiste en l'aspiration de l'œuf après dilatation du col de l'utérus.
Anesthésie
L'IVG instrumentale est toujours réalisée sous anesthésie, soit générale, soit locale. Sous anesthésie générale, la patiente est endormie et ne ressent aucune douleur. Sous anesthésie locale, elle reste consciente, mais un produit anesthésiant est injecté au niveau du col de l'utérus et de la partie haute du vagin. Des médicaments antidouleurs sont également administrés avant l'intervention pour diminuer les sensations douloureuses liées aux contractions utérines.
Déroulement et douleur pendant l'intervention
Les médicaments destinés à la dilatation du col de l'utérus, administrés avant l'intervention, atténuent la douleur et facilitent l'introduction de la canule, rendant la dilatation quasiment indolore. L'intervention dure généralement moins de 30 minutes, et une gêne peut être ressentie plus qu'une douleur.
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Douleur après l'IVG instrumentale
Après l'IVG instrumentale, la douleur est principalement liée aux contractions utérines. Au réveil, de petites contractions peuvent générer une légère douleur, comparable à celle de règles douloureuses.
Gestion de la douleur après l'IVG instrumentale
Des médicaments antidouleurs sont prescrits pour éviter ou soulager ces douleurs. Si les douleurs sont trop importantes et/ou persistantes malgré la prise d'antidouleurs, il est important de contacter la structure où l'IVG a été pratiquée.
Complications potentielles et quand consulter
Bien que rares lorsque l'IVG est réalisée dans de bonnes conditions, des complications peuvent survenir après une IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou instrumentale.
Signes d'alerte
Dans les jours suivant l'IVG, il est crucial de contacter rapidement le professionnel de santé en cas de :
- Fièvre (température supérieure à 38 °C)
- Pertes de sang très abondantes (nécessitant de changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes pendant plus de deux heures)
- Malaise
- Douleurs abdominales très fortes qui persistent malgré la prise d'antidouleurs
Ces symptômes peuvent être le signe d'une hémorragie, d'une infection ou d'une rétention de produits de conception.
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Consultation de contrôle
Une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours après l'IVG pour s'assurer de l'absence de complications et de l'efficacité de la méthode. Ce contrôle peut se faire par une échographie ou par une prise de sang pour doser les hormones de grossesse (Bêta HCG).
Suites normales après une IVG
Il est normal de ressentir certains désagréments pendant les premiers jours ou semaines suivant une IVG :
- Saignements
- Contractions
- Douleurs abdominales ou lombaires
- Désagréments hormonaux
- Tension mammaire et/ou engorgement (voire écoulement de lait)
Les symptômes de grossesse (fatigue, nausées, sensibilité des seins) disparaissent généralement en quelques jours.
Impact sur la fertilité et aspects psychologiques
Contrairement à certaines idées reçues, l'IVG, réalisée dans de bonnes conditions, n'a pas d'impact sur la fertilité. Il est possible de tomber enceinte très rapidement après une IVG, d'où l'importance d'aborder le choix d'une méthode contraceptive.
Chaque femme vit l'IVG de manière singulière. Si le besoin s'en fait sentir, il est important de pouvoir partager ses sentiments et d'en parler avec un professionnel de santé, un psychologue ou une association spécialisée.
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