Introduction
La césarienne, une intervention chirurgicale consistant à extraire un bébé par une incision dans l'abdomen et l'utérus de la mère, est devenue de plus en plus courante dans le monde entier. Bien qu'elle puisse sauver des vies dans certaines situations, son utilisation excessive suscite des inquiétudes en raison des risques potentiels pour la mère et l'enfant. Cet article vise à explorer les taux de césarienne chez les femmes israéliennes, en examinant les tendances, les facteurs qui y contribuent et les conséquences potentielles. En outre, il mettra en lumière la situation désastreuse des femmes enceintes dans la bande de Gaza, où le conflit et le blocus ont créé des conditions inhumaines et ont considérablement augmenté les risques associés à la grossesse et à l'accouchement.
Tendances mondiales des taux de césarienne
Selon un dossier publié par la revue médicale The Lancet, le nombre de naissances par césarienne a presque doublé dans le monde en 15 ans, passant de 16 millions en 2000 (12% des naissances) à 29,7 millions en 2015 (21%). Il est important de noter que seules 10 à 15 % des césariennes sont absolument nécessaires pour des raisons médicales.
De fortes disparités existent dans le monde. C'est en Amérique latine et dans les Caraïbes, où le taux atteint 44,3% en 2015, que cette pratique médicale est la plus populaire. A l'opposé, en Afrique sub-saharienne, la césarienne concerne 4,1% des naissances seulement. En Asie, le recours aux césariennes a augmenté en moyenne de 6% par an, grimpant de 7,2% à 18,1% des naissances entre 2000 et 2015. En Amérique du nord (32% de césariennes en 2015) et en Europe occidentale (26,9%), la hausse est d'environ 2% par an.
Dans 15 pays, plus de 40% des naissances ont lieu par césarienne. C'est le cas notamment en République dominicaine, au Brésil, en Egypte, en Turquie, au Venezuela, au Chili, en Colombie ou encore en Iran.
Facteurs contribuant à l'augmentation des taux de césarienne
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l'augmentation des taux de césarienne dans le monde. Il s'agit notamment de :
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- Baisse de compétence du corps médical pour accompagner un accouchement potentiellement difficile par voie naturelle : Certains professionnels de la santé peuvent être moins expérimentés ou moins confiants dans la gestion des accouchements par voie basse, ce qui entraîne une plus grande probabilité de recourir à une césarienne.
- Le confort de la programmation des naissances de jour : La possibilité de planifier une césarienne peut être attrayante pour les femmes et les médecins, car elle permet de contrôler le moment de la naissance et d'éviter les imprévus liés à l'accouchement par voie basse.
- Des tarifs plus attractifs pour les médecins et cliniques en cas de césarienne : Dans certains systèmes de santé, les médecins et les établissements peuvent être financièrement incités à pratiquer des césariennes, ce qui peut entraîner une augmentation du nombre de ces interventions.
Risques potentiels pour la mère et l'enfant
Bien que la césarienne puisse sauver des vies dans certaines situations, elle n'est pas sans risques. Pour la mère, les risques potentiels comprennent :
- Infections
- Hémorragies
- Complications liées à l'anesthésie
- Thrombose veineuse profonde
- Embolie pulmonaire
- Risque accru de complications lors de futures grossesses, comme le placenta praevia ou l'insertion anormale du placenta dans la cicatrice de la césarienne.
Pour l'enfant, les risques potentiels comprennent :
- Problèmes respiratoires
- Blessures accidentelles lors de l'intervention chirurgicale
- Risque accru d'asthme et d'allergies plus tard dans la vie
La situation en France
En France, le taux de césarienne (20,4% en 2016) est resté stable depuis 2010, "ce qui suggère une attitude générale tendant à limiter la réalisation de cette intervention", relève la dernière enquête périnatale publiée par le ministère de la Santé. Cédric Grouchka, membre du Collège de la Haute autorité de santé française, parle de "stabilisation à la baisse" et fait une distinction entre "les césariennes réalisées dans l'urgence, soit après un accouchement qui se passe mal soit au cours du travail, qui correspondent à 60% du total en France, les césariennes programmées pour raison médicale (40%) et celles programmées pour une raison non médicale, à la demande des femmes", qu'il estime à "moins de 1%".
Recommandations pour limiter l'abus de césariennes
Le Congrès mondial de gynécologie (FIGO) préconise notamment de pratiquer un tarif unique pour les naissances, césarienne ou non, d'obliger les hôpitaux à publier leurs statistiques, de mieux informer les femmes des risques et d'améliorer la formation à l'accouchement naturel.
Le sort des femmes enceintes à Gaza
La situation des femmes enceintes dans la bande de Gaza est particulièrement préoccupante. En raison du conflit et du blocus, elles sont confrontées à des conditions de vie inhumaines, à un accès limité aux soins de santé et à un risque accru de complications pendant la grossesse et l'accouchement.
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Selon l'Unicef, près de 20 000 bébés sont nés "en enfer" dans la bande de Gaza depuis le début de l'offensive israélienne. Cela représente un bébé né toutes les 10 minutes dans cet épouvantable conflit. Les hôpitaux sont surpeuplés et manquent de matériel médical stérile et d'anesthésiques. Les femmes enceintes ont du mal à mener une grossesse à terme en bonne santé et encourent un risque plus élevé d'infection et de décès après un accouchement ou une césarienne.
De nombreuses femmes enceintes ont été déplacées de leurs foyers et vivent dans des abris de fortune avec un accès limité à l'eau potable, à la nourriture et aux soins de santé. La malnutrition est un problème majeur, tant pour les mères que pour les nourrissons, ce qui entraîne une augmentation de la mortalité infantile et des problèmes de développement.
Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport en janvier 2024 qui met en lumière les conséquences dramatiques de 15 mois de guerre et de blocus pour les femmes enceintes vivant dans la bande de Gaza. Le rapport révèle que les combats, les bombardements et les déplacements répétés ont rendu le suivi des grossesses très complexe et que la prise en charge au moment de l'accouchement se fait dans des conditions parfois dramatiques.
HRW appelle Israël à faire son maximum pour assurer l'accès de la population aux services et produits de première nécessité, "avec une attention particulière portée aux femmes enceintes et aux enfants".
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