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Colloque Orangerie, Embryon Dada et Programme : Explorations Croisées de l'Art et de la Pensée

Introduction

Cet article explore les intersections complexes entre divers mouvements artistiques, intellectuels et culturels, en se concentrant sur le colloque Orangerie, l'embryon Dada, et la notion de programme dans l'art. Il s'agit d'un voyage à travers des époques et des continents, du Japon d'après-guerre à Paris, en passant par les États-Unis, afin de comprendre comment ces différents éléments se sont influencés et transformés mutuellement. L'objectif est de mettre en lumière la variété des démarches artistiques et la complexité des circulations des œuvres, des artistes et des divers acteurs de la vie artistique.

Le Colloque Orangerie : Un Carrefour de Réflexions

Le colloque Orangerie, par son nom évocateur, suggère un lieu de rencontre et d'échange, un espace où des idées germent et se développent. Il s'inscrit dans une série de manifestations intellectuelles, telles que le séminaire INHA-ACA, « 1959-1985, au prisme de la Biennale de Paris », qui s'est tenu le 16 octobre 2018 à l'INHA, Paris. Cette séance était consacrée à la présence japonaise à la Biennale de Paris dans les années 1960 et 1970, explorant comment les artistes japonais cherchaient à « s’exprimer par des formes neuves, dans un monde nouveau ». La responsabilité de cet événement incombait à Elitza Dulguerova.

Dans la même veine, les 7 et 8 février 2019, une partie du colloque sur l’art abstrait, organisé à la MSHB de Rennes, a été consacrée au Japon. Ces événements témoignent d'un intérêt croissant pour les échanges interculturels et la manière dont les artistes de différentes nations contribuent à l'évolution de l'art.

Le colloque organisé par le CELLAM, EA 3206 Rennes 2, en partenariat avec la Maison des sciences de l’homme de Bretagne, sous la direction de Jean-Pierre Montier et de Françoise Nicol, professeurs émérites de littérature française, a prolongé l’exploration du maquis des dénominations dans le champ de la peinture.

L'ouverture du colloque a été assurée par Leszek Brogowski, professeur et vice-président de l’université Rennes 2, et Jean-Pierre Montier, professeur et responsable scientifique du colloque, CELLAM, université Rennes 2. Une soirée au Musée des Beaux-Arts de Rennes a permis la diffusion du film documentaire Trésor vivant (2012) consacré à l’artiste Kunihiko Moriguchi. Une table ronde a réuni Jean-Claude Drouin, architecte, Benoît Decron, directeur des musées du Grand Rodez, Claire Paulhan, chercheuse et éditrice, et Nicole Marchand-Zañartu, chercheur indépendant, pour discuter de René Drouin, un éditeur d’art et un découvreur dans le marché de l’art parisien. La discussion a été menée par Laurence Imbernon, conservatrice au Musée des Beaux-Arts de Rennes.

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Le conseil scientifique international était composé de Nathalie Boulouch, Martine Colin-Picon, Laurence Imbernon, Jean-Pierre Montier, Françoise Nicol, Timothée Picard, Jean-Michel Rabaté, Natalia Smolianskaia et Pierre Vilar.

L'Embryon Dada : Genèse d'une Révolte Artistique

L'embryon Dada représente le point de départ d'un mouvement artistique qui a bouleversé les conventions et les normes établies. Né dans le contexte de la Première Guerre Mondiale, Dada exprime un profond désenchantement face à la société et à la culture de son époque. Il se caractérise par un rejet de la logique, de la raison et de l'esthétique traditionnelle, prônant l'absurde, l'ironie et la provocation.

Pour comprendre l'impact de Dada, il est essentiel de se référer aux écrits d'André Breton, notamment ses Œuvres complètes IV, Écrits sur l’art, en particulier L’Art magique (1957) et Le Surréalisme et la peinture (1928-1965). Ces textes offrent un éclairage précieux sur les motivations et les aspirations des artistes Dada et surréalistes.

Programme et Déprogrammation : Entre Intention et Hasard

La notion de programme dans l'art soulève des questions fondamentales sur le rôle de l'intention, de la planification et du hasard dans le processus créatif. Certains artistes conçoivent leurs œuvres de manière rigoureuse, en définissant des règles et des procédures précises à suivre. D'autres, au contraire, privilégient l'improvisation, l'expérimentation et l'ouverture à l'inattendu.

L'art abstrait, en particulier, a été le théâtre de nombreuses explorations de la notion de programme. Des artistes comme Piet Mondrian ont cherché à créer un langage visuel universel, basé sur des principes géométriques et mathématiques. D'autres, comme les artistes de l'Art Informel, ont privilégié l'expression spontanée et intuitive, en laissant une large place au hasard et à l'accident.

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Japon-France-États-Unis : Un Dialogue Transatlantique

Les relations entre le Japon, la France et les États-Unis ont joué un rôle crucial dans l'évolution de l'art au XXe siècle. Après la Seconde Guerre Mondiale, le Japon s'est ouvert aux influences occidentales, tout en cherchant à affirmer son identité propre. Les avant-gardes françaises ont exercé une fascination particulière sur les artistes japonais, qui ont trouvé dans l'abstraction et l'expérimentation de nouvelles voies d'expression.

L'exposition Japon des avant-gardes, 1910-1970, présentée au Centre Pompidou en 1986-1987, a mis en lumière la richesse et la diversité de la scène artistique japonaise de cette période. L'analyse des textes du catalogue de cette exposition permet de mieux comprendre les enjeux et les dynamiques de ces échanges interculturels.

Parallèlement, les États-Unis ont émergé comme une puissance culturelle majeure, notamment grâce à l'essor de l'expressionnisme abstrait. Serge Guilbaut, dans How New York Stole the Idea of Modern Art: Abstract Expressionism, Freedom and the Cold War, explore la manière dont New York s'est approprié l'idée d'art moderne, en lien avec les enjeux politiques de la Guerre Froide.

L'étude des relations artistiques entre ces trois pays révèle la complexité des circulations des idées et des influences, ainsi que les enjeux de pouvoir et de domination qui sous-tendent ces échanges.

L'Abstraction en Question : Récits et Critiques dans les Années 1980

La crise de l'art abstrait, telle qu'elle est analysée par Hélène Trespeuch dans La Crise de l’art abstrait ? Récits et critique dans les années 1980, en France et aux États-Unis, témoigne d'un moment de remise en question et de réévaluation des valeurs esthétiques établies. Les années 1980 ont été marquées par le retour de la figuration, la montée du postmodernisme et la critique des grands récits modernistes.

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Cette crise a conduit à une diversification des pratiques artistiques et à une ouverture à de nouvelles formes d'expression. Elle a également permis de prendre conscience des limites et des contradictions de l'abstraction, ainsi que de la nécessité de repenser son rôle et sa signification dans le contexte contemporain.

La Biennale de Paris (1959-1985) : Un Observatoire des Tendances Artistiques

La Biennale de Paris, dont les archives sont conservées aux Archives de la critique d’art-INHA et à la Bibliothèque Kandinsky, à Paris, a constitué un observatoire privilégié des tendances artistiques internationales pendant plus de deux décennies. L'enquête menée par F. Nicol au Japon sur les artistes japonais ayant exposé aux Biennales de Paris entre 1959 et 1965, a permis de mieux cerner leur contribution à cette manifestation.

L'étude de la Biennale de Paris, telle qu'elle est abordée dans le mémoire de maîtrise d’histoire de l’art de Krystel Lavaur, La Biennale de Paris, 1959-1985, permet de comprendre comment cette manifestation a contribué à la diffusion de l'art contemporain et à la promotion des échanges interculturels.

Figures et Institutions : Acteurs de la Vie Artistique

L'étude des figures et des institutions qui ont marqué la vie artistique de cette période est essentielle pour comprendre les dynamiques et les enjeux de ce milieu. Des galeristes comme René Drouin, dont l'activité est analysée lors d'une table ronde réunissant Jean-Claude Drouin, Benoît Decron, Claire Paulhan et Nicole Marchand-Zañartu, ont joué un rôle crucial dans la découverte et la promotion de nouveaux talents.

Les musées, les centres d'art et les revues spécialisées ont également contribué à la diffusion de l'art contemporain et à la formation du goût du public. L'analyse de leurs programmes, de leurs expositions et de leurs publications permet de mieux comprendre les orientations et les débats qui ont traversé le monde de l'art.

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