La colique du côlon, ou colite, est une inflammation du côlon, la partie du gros intestin située entre le cæcum et le rectum. Cette inflammation peut être aiguë ou chronique, et ses causes sont variées. Souvent, le terme "colique" est associé à des douleurs spasmodiques des organes creux, comme les intestins, et est bien connu chez les nourrissons. Cependant, les enfants et les adultes peuvent également en souffrir. Cet article vise à explorer en profondeur les causes, les symptômes et les traitements de la colique du côlon, en distinguant les différents types de colites et en offrant des conseils pratiques pour la prise en charge.
Divers Types de Colites et Leurs Causes
Derrière le terme générique de "colite" se cachent en réalité plusieurs formes de pathologies, avec des origines, des mécanismes et des prises en charge distincts. Il est fondamental de savoir à quelle colite on a affaire pour adapter son alimentation, ses choix de compléments ou son hygiène de vie. Voici une cartographie claire des principaux types de colites, avec leurs déclencheurs, mécanismes et enjeux spécifiques.
Diverticulose Colique : La diverticulose colique est définie par la présence de diverticules sur le côlon. Ces diverticules sont des hernies qui apparaissent lorsque la pression à l'intérieur du côlon pousse le revêtement intérieur du côlon au travers de zones de fragilité de la paroi musculaire. La fréquence de la diverticulose augmente avec l'âge. Chez environ les trois quarts des personnes concernées, la diverticulose du côlon ne provoque pas de symptômes. Néanmoins, chez environ 25 % des personnes souffrant de diverticulose, le diamètre du diverticule va augmenter petit à petit et des débris alimentaires peuvent s'y accumuler, entraînant une inflammation.
Colite Inflammatoire : La colite inflammatoire correspond à un déséquilibre du système immunitaire qui attaque la muqueuse intestinale. Deux grandes maladies sont incluses ici : la rectocolite hémorragique (RCH), qui touche la paroi interne du côlon, souvent de façon continue depuis le rectum, et la maladie de Crohn, qui peut affecter tout le tube digestif mais, dans sa forme colique, mime parfois la RCH. Ces colites sont chroniques, avec des poussées inflammatoires suivies de périodes de rémission. Le microbiote intestinal joue un rôle central : un déséquilibre bactérien (dysbiose) aggrave l'inflammation.
Colite Spasmodique : La colite spasmodique, aussi appelée colopathie fonctionnelle ou syndrome de l’intestin irritable (SII) à prédominance colique, n’est pas une inflammation au sens strict, mais une hypersensibilité digestive. Ses causes sont fonctionnelles : stress chronique, troubles du péristaltisme, dysbiose intestinale, hypersensibilité viscérale. L’intestin est “nerveux” et réagit de façon excessive aux stimuli (aliments, émotions, hormones).
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Colite Ulcéreuse : La colite ulcéreuse est une maladie auto-immune chronique dans laquelle le système immunitaire attaque la muqueuse colique, provoquant des ulcères, des saignements et des douleurs intenses. Elle fait partie des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Elle évolue par poussées (crises) et périodes de rémission.
Colite Infectieuse : Cette forme de colite est provoquée par une infection bactérienne (ex : Clostridium difficile), virale (Norovirus) ou parasitaire (Giardia). Elle se manifeste par des diarrhées aiguës, parfois sanglantes, accompagnées de fièvre, de douleurs et de déshydratation. Elle est soudaine, souvent brève, mais peut devenir sévère si non traitée.
Colite Ischémique : La colite ischémique est liée à un manque d’oxygénation du côlon, souvent dû à une mauvaise irrigation sanguine. Elle survient chez les personnes âgées, les cardiaques, ou après certains médicaments (ex : vasoconstricteurs). Elle provoque des douleurs abdominales brutales, du sang dans les selles, et nécessite souvent des examens d’urgence.
Colite Pseudo-membraneuse : La colite pseudomembraneuse est une infection à la bactérie Clostridium difficile. Elle est le plus souvent secondaire à une antibiothérapie dans le mois précédent. Les personnes fragilisées par une hospitalisation récente, une maladie inflammatoire du tube digestif telle que la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique sont également plus à risque de développer une colite pseudomembraneuse.
Colite Médicamenteuse : La prise de certains traitements ou médicaments peut également déclencher une colite. L'arrêt du traitement permet sa disparition, sa reprise entraîne une récidive, aucune autre cause impliquée dans le déclenchement de la colite n'est retrouvée et il existe des signalements concernant ce traitement. Certains médicaments ou traitements ont été signalés comme possible déclencheurs de colite : certaines chimiothérapies anticancéreuses, la radiothérapie, les antibiotiques, les AINS, les inhibiteurs de la pompe à protons, les laxatifs…
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Symptômes de l'Inflammation du Côlon
L'inflammation du côlon, dont le terme médical est colite, se manifeste par des douleurs intestinales, de la diarrhée, de la fièvre et de la fatigue. Identifier les causes (maladies, stress, etc.) permet de mettre en place les traitements appropriés. Les colites regroupent toutes les lésions du côlon, le segment du gros intestin situé entre le cæcum et le rectum. Une colite peut avoir différentes formes, selon sa cause et son mécanismes physiopathologiques. Certaines colites sont aiguës, d’autres sont chroniques, en fonction de leur origine et de leur évolution.
Signes Courants : La plupart des colites, quelles que soient leurs causes, partagent une même trame symptomatique : douleurs abdominales (souvent localisées dans le bas ventre, elles peuvent être diffuses ou en crampes), ballonnements et gaz (causés par une fermentation excessive ou une inflammation), diarrhées fréquentes (parfois urgentes, voire nocturnes), spasmes intestinaux (contractions désorganisées du côlon, douloureuses et imprévisibles), et fatigue chronique (en lien avec la malabsorption, les pertes hydriques et l’inflammation systémique).
Symptômes Spécifiques par Type de Colite :
- Colite Ulcéreuse : Diarrhées sanglantes, douleurs abdominales continues (souvent côté gauche), selles urgentes, parfois la nuit, perte de poids et fièvre modérée en poussée.
- Colite Spasmodique (SII) : Alternance diarrhée / constipation, ballonnements post-repas, aggravés par le stress, douleurs soulagées après l’émission de gaz ou de selles, sensation de “mal digérer” sans fièvre ni perte de poids.
- Colite Infectieuse : Diarrhées soudaines, parfois aqueuses ou sanglantes, fièvre et frissons, crampes abdominales intenses, déshydratation rapide si non prise en charge.
- Colite Ischémique : Douleur abdominale violente, localisée, brutale, sang dans les selles, sans diarrhée profuse, fatigue extrême, souvent chez les personnes âgées ou à risque cardio, absence de fièvre en général.
- Colite Aiguë : La colite aiguë désigne une inflammation transitoire de la muqueuse digestive. Celle-ci est souvent d'origine infectieuse : bactérienne, virale ou parasitaire.
- Colite Chronique : Lorsqu'on parle de colite chronique, on désigne le plus souvent deux grandes maladies inflammatoires chroniques du côlon : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.
Diagnostic
Les symptômes digestifs, la durée des symptômes et le contexte clinique du patient orientent généralement le médecin vers une colite. La mise en évidence de lésions coliques permet de confirmer la colite, et la nature des lésions et des anomalies éventuelles associées permet de déterminer l’origine de la colite. Pour diagnostiquer une inflammation du côlon, le médecin procède à un examen clinique et à un examen des selles. Il peut aussi avoir recourt à la coloscopie du côlon. L’endoscopie est une technique d’exploration médicale visuelle. Le dispositif est un tube optique muni d’une caméra et d’un éclairage.
Traitements
La prise en charge de la colite dépend de sa nature (ischémique, infectieuse ou ulcéreuse) et de sa durée (aiguë ou chronique).
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Colite Aiguë : En général, une colite aiguë cède spontanément en moins de 24 à 48 heures. Lorsqu'elle persiste pendant plusieurs jours, il faut néanmoins essayer d'identifier et de traiter l'infection. Le traitement se résume donc souvent à traiter les symptômes : contre les diarrhées, on peut utiliser du diosmectite ou du racécadotril, et adopter un régime pauvre en fibres (privilégier le riz par exemple et éviter transitoirement les fruits et les légumes). Lors des poussées, attention en revanche à ne pas ingérer de lopéramide (Imodium).
Colite Infectieuse : Pour les colites infectieuses, le traitement principal associe un traitement antibiotique en cas d’infection bactérienne ou un traitement antiparasitaire en cas d’atteinte parasitaire.
Colite Ulcéreuse : Pour les colites ulcéreuses, en particulier pour la rectocolite hémorragique, il n’existe actuellement pas de traitement curatif, la maladie reste chronique. Il n’existe pas de traitement curatif des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin MICI, mais les médicaments anti-inflammatoires actuels permettent dans la grande majorité des cas un contrôle durable de la maladie, pendant plusieurs années, lorsqu'ils sont associés à une qualité de vie satisfaisante. Ils préviennent l’apparition des crises de colite et prolongent les phases de rémission en favorisant la cicatrisation des lésions du tube digestif. Si la maladie résiste ou évolue malgré les anti-inflammatoires, la biothérapie et parfois la chirurgie peuvent être envisagées. Le mode de traitement le plus courant sont les médicaments. L’acide 5-aminosalicylique: qui est un acide carboxylique dérivé de l’acide salicylique.
Colique Néphrétique : Le traitement des coliques néphrétiques vise à limiter les spasmes hyper douloureux des contractions de l’uretère (qui relie la vessie au rein) cherchant à expulser le calcul qui bloque l’élimination naturelle de l’urine produite. En prévention d’une crise de colique, on conseille de boire beaucoup. En cas de crise avérée, il est conseillé de ne pas trop boire et de prendre des antispasmodiques à forte dose ainsi que des anti-inflammatoires non stéroïdiens en l’absence de contre-indications.
Alimentation et Colite
En parallèle au traitement médical, il est primordial de surveiller la qualité de son alimentation. En effet, un excès de consommation de sucre raffiné et de gras peut inhiber l’efficacité du traitement et accentuer l’inflammation. Aussi, il arrive, et dû à ces symptômes, que le patient souffre d’une perte d’appétit, c’est pour cela que notre équipe médicale prend en compte tous les facteurs de confort comme partie intégrante du plan de traitement.
Que Manger Pendant Une Crise de Colite ?
En pleine crise de colite, le système digestif est en état d’urgence. Toute erreur alimentaire peut empirer les douleurs, aggraver l’inflammation ou ralentir la récupération. L’objectif ici est de reposer l’intestin tout en maintenant une hydratation et une nutrition de base suffisantes.
Aliments à Privilégier en Phase Aiguë : Pendant une crise, l’alimentation doit être la plus douce possible, avec des aliments pauvres en fibres insolubles, peu fermentescibles et faciles à digérer. Une sélection recommandée inclut : riz blanc bien cuit, semoule, pâtes blanches, carottes vapeur, courgettes pelées, patate douce, bananes mûres, compote de pomme sans sucre, viandes maigres bien cuites, bouillons dégraissés, pain blanc grillé, galettes de riz, eau plate, infusion de camomille, bouillon clair.
Aliments à Éviter Pendant Une Crise : Certains aliments peuvent irriter ou stimuler excessivement un côlon déjà en souffrance. Ils sont donc à exclure temporairement pendant la crise : légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), légumes crus, fibres dures (chou, poireau, céleri cru), fruits acides (agrumes, kiwi), produits laitiers (en particulier s’ils contiennent du lactose), aliments gras ou frits, boissons gazeuses, café, alcool, épices fortes, ail cru, oignon cru.
Alimentation Recommandée Entre Les Crises (Phase de Fond)
Une fois la crise passée, l’intestin reste vulnérable. C’est là que commence le travail de fond : réensemencer le microbiote, nourrir les cellules de la muqueuse, réduire l’inflammation de fond et prévenir les rechutes.
Approche Globale : Rééquilibrage du Microbiote : Il faut nourrir les bonnes bactéries grâce à des fibres solubles (prébiotiques) comme l'avoine, les carottes cuites, les graines de lin moulues, le psyllium doux. Favoriser leur diversité via une alimentation variée, végétale, non industrielle. Renforcer la muqueuse grâce à certains probiotiques spécifiques et à des nutriments cicatrisants (zinc, glutamine, acides gras essentiels).
Aliments Bénéfiques au Quotidien : L’alimentation entre les crises doit être riche en nutriments, anti-inflammatoire de fond, mais aussi bien tolérée sur le plan digestif. Les familles d’aliments à privilégier incluent : légumes cuits à la vapeur douce (carottes, courgettes, patates douces, panais, épinards), fruits non acides (banane mûre, pomme cuite, poire, myrtilles), céréales semi-complètes (riz demi-complet, flocons d’avoine, quinoa), protéines maigres (volaille, poisson blanc, œufs, tofu doux), bonnes graisses (huile d’olive vierge, colza, noix, petits poissons gras (sardines, maquereaux), et produits fermentés bien tolérés (yaourt sans lactose, kéfir doux, miso blanc).
Alimentation Anti-inflammatoire Naturelle : Certains aliments possèdent des propriétés anti-inflammatoires démontrées, qui peuvent agir en synergie avec le microbiote et renforcer la barrière intestinale. À intégrer régulièrement : curcuma (en version activée avec poivre noir), oméga-3 (poissons gras, huile de lin, chia), bouillons maison (os, légumes), kéfir ou yaourt à base de lait végétal enrichi en probiotiques (selon tolérance), gingembre, cannelle, romarin, thym.
Cas Particuliers : Adapter l’Alimentation Selon le Type de Colite
Chaque colite a ses spécificités physiopathologiques. Adapter l’alimentation permet d’éviter les erreurs génériques, souvent contre-productives, et d’agir au bon endroit : microbiote, muqueuse, inflammation, péristaltisme, ou vascularisation.
En Cas de Colite Ulcéreuse : En rémission, l’objectif est de renforcer la muqueuse intestinale, éviter les carences (souvent en fer, zinc, B12), et rééquilibrer la flore. On recommande des fibres solubles douces, des acides gras anti-inflammatoires, des probiotiques spécifiques, et une hydratation régulière. Éviter les fibres dures, les légumineuses mal digérées, les produits industriels et les sucres rapides.
En Cas de Colite Spasmodique : Ici, la stratégie repose sur la réduction des fermentations et des spasmes. L’alimentation doit être pauvre en FODMAPs. Limiter l'ail, l'oignon, le blé, la pomme, le lait et les lentilles. Privilégier le riz, les carottes, les courgettes, les bananes mûres, les œufs et le poisson. Attention au gluten. Fractionner les repas, mâcher lentement, éviter les excès de crudités et surtout, ne pas négliger l’impact du stress sur les symptômes digestifs.
En Cas de Colite Infectieuse : Une fois l’épisode aigu terminé, le côlon a besoin de reconstruire ses défenses. Il faut éviter la rechute tout en restimulant doucement le transit. Reprise alimentaire progressive, apport modéré de fibres, réhydratation active et probiotiques post-infectieux. Exclure les sucres rapides, les fritures, les produits laitiers et les charcuteries transformées.
En Cas de Colite Ischémique : Cette forme spécifique exige une alimentation protectrice du système cardiovasculaire et non agressive pour l’intestin : oméga-3 en priorité, fruits et légumes cuits riches en antioxydants, alimentation peu salée, sans produits transformés, et hydratation régulière.
Conseils Supplémentaires
Gestion du Stress et de l'Anxiété : Les personnes anxieuses ou qui sont soumises à un stress persistant semblent plus à risque de souffrir de syndrome du côlon irritable. Pour limiter les manifestations de la colite, vous pouvez essayer de limiter les facteurs de stress et d'anxiété.
Prévention de la Colite Infectieuse : Pour éviter la transmission d'agents infectieux, il est conseillé de ne pas échanger les verres, couverts, etc.
Phytothérapie : En dehors des crises, soutenez votre microbiote avec des fibres solubles, des bouillons maison, et parfois des probiotiques ciblés. Mais attention : chaque colite a ses spécificités. Le SIPF® de passiflore + mélisse + valériane (1 cuillerée à café par jour pendant trois mois) peut apaiser. Le chardon-marie, le curcuma, le radis noir (TM ou gélule) pendant trois mois peuvent améliorer la fonction hépatique. Diluer (obligatoirement) trois gouttes d'huile essentielle de menthe poivrée dans une cuillerée à café de miel, laisser fondre. Renouveler si nécessaire.
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