La colique biliaire est une douleur intense qui survient lorsque des calculs biliaires obstruent le canal cystique, empêchant la bile de s'écouler de la vésicule biliaire vers l'intestin grêle. Bien que la prise en charge médicale soit souvent nécessaire, plusieurs traitements naturels peuvent aider à soulager la douleur et à prévenir les crises futures.
Comprendre la colique biliaire et les calculs biliaires
Les calculs biliaires, également connus sous le nom de cholélithiase ou lithiase biliaire, sont des cristaux qui se forment dans la vésicule biliaire à partir de cholestérol, de bilirubine ou d'un mélange des deux. La taille de ces "cristaux de bile" varie : certains calculs peuvent faire plusieurs centimètres ! La plupart des gens qui ont des calculs biliaires ne provoquent aucun symptôme ; on parle de 80 % des cas.
La vésicule biliaire est une petite poche de couleur verte située sous le foie. Sa fonction est de stocker la bile produite par le foie. À l’arrivée du chyme (appellation du bol alimentaire en sortie de l’estomac) dans le duodénum, la vésicule biliaire se contracte, expédiant la bile dans un conduit, le canal cystique, qui débouche lui-même dans le canal cholédoque, qui se termine par l’ampoule hépatopancréatique. La bile est de couleur jaune verdâtre, elle est produite en continu par le foie raison de 0,5 à 1 litre par jour ! Ce sont surtout les sels biliaires qui jouent un rôle dans la digestion, particulièrement des graisses ingérées.
Les calculs biliaires se forment principalement lorsque la bile contient trop de cholestérol : ce dernier s’accumule et forme des cristaux plus ou moins conséquents susceptibles d’obstruer la vésicule biliaire. La majorité des calculs biliaires sont éliminés par l’organisme naturellement, mais dans certains cas, ils peuvent causer des douleurs abdominales sévères, des nausées, des vomissements et d’autres symptômes plutôt désagréables… En cas de douleur brutale, on parle de crise hépatique.
Certaines personnes sont plus sujettes que d’autres aux calculs biliaires comme les femmes, les personnes âgées et les personnes souffrant d’une maladie gastro-intestinale. De plus, le style de vie (inactivité physique) et le régime alimentaire sont liés aux calculs de la vésicule biliaire et sont les principaux facteurs de risque.
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Plantes médicinales pour la colique biliaire
Un grand nombre de plantes sont utilisées dans le traitement des troubles digestifs. Elles peuvent être trouvées sous forme de médicaments ou d’extraits. Au niveau du foie, certaines plantes augmenteraient la production de bile par le foie (action dite cholérétique) ou en faciliteraient la sécrétion dans l’intestin par vidange de la vésicule biliaire (action dite cholagogue). Toutefois, il est crucial de noter que les plantes qui stimulent la production de bile, comme le boldo ou le pissenlit, sont contre-indiquées lors de crise aiguë de calculs biliaires (colique biliaire) car elles risquent de provoquer une exacerbation des symptômes. De plus, en cas de maladie du foie, un avis médical est nécessaire avant le recours à ce type de plantes.
Voici quelques plantes souvent utilisées pour soutenir la fonction biliaire et hépatique :
- Artichaut (Cynara scolymus) et fumeterre (Fumaria officinalis) : Ces plantes présentent des effets cholérétiques et cholagogues. L'artichaut est remarquable pour activer et drainer le foie et la vésicule biliaire. Il s’associe parfaitement avec d’autres plantes digestives et activatrices hépatiques.
- Boldo (Pneumus boldus) : Grâce à sa composition exceptionnelle, le boldo est capable de stimuler les sécrétions de la vésicule biliaire, de combattre et de dissoudre les calculs.
- Chardon-Marie: Cette plante est traditionnellement utilisée depuis l’antiquité pour le confort et la vitalité du foie. La silymarine active les processus de régénération du foie et stimule la vésicule biliaire. Il peut avoir un léger effet laxatif et hypertenseur ; par ailleurs, en cas de diabète, la silymarine peut réduire la résistance à l’insuline.
- Chrysanthellum : Cette plante possède une activité hépatoprotectrice, cholérétique et antilithiasique douce et prolongée, grâce à la présence d’une saponine, la Chrysanthelline A. Elle favorise l’élimination des triglycérides, du cholestérol et contribue à l’oxydation des graisses. La Chrysanthelline A joue également un rôle important dans l’amélioration des troubles digestifs.
- Curcuma : Le curcuma est cholérétique par ses curcuminoïdes et cholagogue par son huile essentielle. En augmentant la sécrétion de cholestérol par la bile, il diminue le taux de cholestérol. La peroxydation lipidique et ainsi la sédimentation des plaques de cholestérol sont empêchées. La curcumine protège le foie contre les substances toxiques. La combinaison de l’huile essentielle et de la curcumine produit un effet apéritif, stomachique, digestif, carminatif et spasmolytique. Il existe toutefois quelques précautions d’utilisation (en complémentation) : on évitera de combiner sa prise avec des anticoagulants, de l’aspirine ou des antiacides, ainsi qu’en cas d’obstruction biliaire (il s’agit dans ce dernier cas d’une prise en mesure de prévention). Il faut éviter de combiner la prise de curcuma avec des plantes fluidifiantes comme le ginkgo biloba.
- Desmodium : On utilise ses parties aériennes car elles renferment des saponosides, flavonoïdes, anthocyanes ainsi que des traces d’alcaloïdes ; ce sont d’ailleurs ces derniers qui agissent principalement sur la sphère hépatique.
- Menthe poivrée: L’HE de menthe poivrée, Mentha X piperita, est une huile cholagogue et cholérétique, qui stimule la production et l’évacuation de la bile, ce qui favorise la digestion des repas riches et copieux. Elle est « rafraichissante », évite ou soulage des nausées.
- Pissenlit : Il est notamment indiqué dans le traitement des calculs biliaires et des troubles hépatiques. Une cure de pissenlit permet de rééquilibrer, purifier, éliminer les excès de toxines et substances acidifiantes présentes dans l’organisme. Une cure vivement conseillée au printemps et à l’automne, pour fortifier et nettoyer l’ensemble de l’organisme.
- Radis noir : Il renferme des dérivés soufrés, des substances amères, de la vitamine C, du potassium … Cette composition lui donne des propriétés toniques du foie, de la vésicule biliaire et de la digestion en général. Que ce soit en cure dépurative au printemps ou à l’automne, en cure drainante de la sphère hépato-vésiculaire, le radis noir, malgré son goût particulier en jus, rend de grands services pour fortifier l’organisme.
- Reishi : On trouve le reishi sous forme de poudre de plante, de comprimés, de gélules ou d’infusion. Il existe aussi en teinture et en sirop. Le reishi est à consommer de préférence le matin à jeun ou le soir au coucher. On évitera de l’utiliser chez les femmes enceintes et allaitantes ainsi que chez les enfants.
Ajustements alimentaires pour prévenir les crises
L'alimentation joue un rôle crucial dans la prévention des calculs biliaires. Des choix alimentaires judicieux peuvent aider à prévenir leur apparition. En conclusion, retenez qu’une alimentation équilibrée et variée joue un rôle crucial dans la prévention des calculs biliaires.
Voici quelques recommandations :
- Privilégier une alimentation riche en fibres: Misez sur les fibres (fruits et légumes, aliments à base de céréales entières, les légumineuses). En optant plutôt pour une alimentation riche en fruits, en légumes, en céréales complètes, en protéines maigres et en graisses saines, vous mettez toutes les chances de votre côté pour limiter sa fabrication et la formation de calculs biliaires. Consommez au quotidien, en début de repas : du radis (roses ou noir) du navet râpé, de la betterave rouge crue râpée, une salade de pissenlit ou de cresson, du chou râpé cru. Vous pouvez aussi ou boire lentement le jus de ces légumes.
- Maintenir une bonne hydratation: Une bonne hydratation est indispensable pour faciliter l'évacuation d'éventuels petits calculs. Pensez à boire au moins 1,5 litre d’eau plate par jour tout au long de la journée.
- Limiter la consommation de certains aliments et boissons: Évitez une alimentation riche en graisses saturées, en cholestérol et en sucre (charcuterie, fromage, aliments frits, viandes grasses…). Consommées en excès, certaines boissons peuvent bel et bien compliquer le travail de la vésicule biliaire ! La consommation excessive d’alcool peut irriter la vésicule biliaire et augmenter le risque de formation de calculs biliaires. La caféine consommée en grande quantité peut également stimuler la production de bile et augmenter le risque de formation de calculs biliaires. Les boissons sucrées, en particulier celles qui contiennent du fructose ajouté, peuvent aussi contribuer à la formation de cristaux dans la vésicule biliaire. Les boissons énergisantes, souvent riches en caféine et en sucre, doivent aussi être limitées pour le bien de votre vésicule biliaire et de votre santé globale.
- Ne pas éviter totalement les aliments riches en cholestérol : Bon à savoir : inutile d'éviter totalement les aliments riches en cholestérol (tels que les œufs, les abats, les crustacés et les viandes grasses). "Lorsque l'on a trop de cholestérol, ce n'est pas parce qu'on en mange trop, c'est parce que notre foie en fabrique trop, insiste Marie Behar.
Autres approches naturelles
- Cures dépuratives hépatiques : Faites régulièrement des cures « dépuratives hépatiques » de 3 semaines. Dans un premier temps, misez sur des plantes cholagogues : radis noir, aubier de tilleul, pissenlit. Elles fluidifient la bile et son évacuation de la vésicule vers les intestins. Dans un deuxième temps, consommez des plantes cholérétiques : artichaut, pissenlit, chardon-marie, chélidoine, romarin, fumeterre.
- Homéopathie : Les remèdes suivants sont traditionnellement proposés : Colocynthis, Chelidonium, Lycopodium, Carduus Marianus, Podophyllum, Calcarea carbonica.
- Tisanes : La tisane constitue un remède de fond très efficace pour soutenir la vésicule biliaire : en effet, elle contribue à une bonne hydratation, évidemment nécessaire à son bon fonctionnement, mais elle apporte aussi les principes actifs des plantes utilisées. On pourra utiliser la fumeterre à associer (ou non) avec le chardon-marie.
- Vinaigre de cidre : Le vinaigre de cidre présente de très nombreuses propriétés, qui nécessiteraient un article à part entière ! Pour cela, il faut prendre une cuillère à soupe de vinaigre de cidre, diluée dans 2 cuillers à soupe d’eau, le matin à jeun.
La cure de nettoyage du foie et de la vésicule biliaire d'Hulda Clark : attention
La naturopathe américaine Hulda Regher Clark a laissé en héritage sa célèbre « cure de nettoyage du foie et de la vésicule biliaire » qui fait aujourd’hui fureur sur Internet et qui est pratiquée par certains naturopathes. Sur la toile, de nombreux adeptes partagent leurs photos de petites boulettes vertes et jaunes expulsées suite à cette cure.
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Voici un exemple de protocole :
- Veillez à la qualité de l’huile d’olive et de vos pamplemousses (bio de préférence). Il est conseillé de prendre un dîner et un petit déjeuner frugal, sans gras. Cela permet à la bile de s’accumuler et développer de la pression sur le foie.
- À partir de 14h : Ne mangez plus, et ne buvez plus. Commencez à préparer vos sels d’Epsom (4 cuillères à soupe de sels avec 3 tasses d’eau et versez ce mélange dans votre récipient). Ce liquide vous servira pour 4 doses, de 200 ml chacune.
- À 18h : Buvez une dose de sels d’Epsom (200 ml).
- À 20h : Buvez une autre dose de sels d’Epsom (200 ml).
- À 21h : Pressez 1 ou 2 pamplemousses roses afin d’obtenir 200 ml de jus. Mélangez-le avec 120 ml d’huile d’olive.
- À 22h : Buvez la préparation que vous avez concocté à 21h. Avec les premières gorgées avalez 4 capsules d’ornithine ou d’un somnifère naturel pour vous assurer un bon sommeil. Buvez la potion debout mais près du lit en 5 minutes (pas plus, à part pour les personnes âgées 15 minutes). Couchez-vous ensuite sans attendre sur le dos et restez parfaitement immobile pendant 20 minutes. Vous pourriez ressentir comme une file de calculs qui voyagent dans vos canaux biliaires.
- Le lendemain matin (pas avant 6h du matin) : Prenez la troisième dose de sels d’Epsom, des nausées peuvent alors survenir.
- 2h après : Vous pouvez manger un peu, commencez par du jus de fruit, puis des fruits une demi-heure après.
Des études scientifiques récentes nous montrent que des effets similaires à la cure Clark peuvent être obtenus plus simplement et générer moins d’effets indésirables. Ainsi, plusieurs essais scientifiques démontrent qu’un apport d’environ 10 grammes de graisses suffiraient à vider quasi-complètement votre vésicule biliaire.
Enfin, il faut savoir que la majorité du temps les calculs biliaires s’évacuent naturellement et que les connaissances scientifiques actuelles tendent à démontrer que les boulettes expulsées lors de la cure Clark ne seraient pas à proprement parler de véritables calculs biliaires mais des agrégats de la graisse ingérée durant la cure (huile d’olive) et de cholestérol présent dans la bile qui s’amalgameraient dans les intestins lors d’un processus de saponification. De même, aucune étude scientifique n’a permis de démontrer formellement que le sulfate de magnésium permettait une quelconque ouverture des canaux biliaires. En revanche, cette cure pourrait permettre d’évacuer certaines boues biliaires présentes dans la vésicule et des microcristaux qui pourraient ultérieurement former des calculs.
Quand consulter un médecin
Les maux de ventre sont généralement bénins, mais certains signes doivent alerter et conduire à une consultation en urgence : douleurs en « coup de poignard », sang dans les vomissements ou dans les selles, apparition de fièvre, ou encore vomissements ou maux de ventre consécutifs à une chute ou à un accident.
Dans de nombreux cas, les calculs biliaires restent asymptomatiques et ne nécessitent aucun traitement. Cependant, s’ils bloquent le canal cystique ou le canal cholédoque, ils peuvent provoquer des symptômes graves tels que des douleurs abdominales intenses, des nausées, des vomissements, et des complications comme une infection de la vésicule biliaire (cholécystite) ou une inflammation du pancréas (pancréatite). Si vous ressentez des douleurs, c’est sans doute que les calculs commencent à occasionner des dégâts… « Des médicaments peuvent alors être prescrits pour les dissoudre. Et le cas échéant, une intervention chirurgicale peut être envisagée pour les retirer », indique la nutritionniste-diététicienne.
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En cas de crises de colique biliaire, l’ablation totale de la vésicule biliaire (cholécystectomie) est parfois nécessaire… L’intervention est pratiquée par cœlioscopie sous anesthésie générale et dure généralement une trentaine de minutes. Concrètement, le chirurgien réalise plusieurs petites incisions dans l’abdomen pour y introduire une minuscule caméra et de longs instruments microscopiques. Sauf indication contraire du médecin, il est possible de manger normalement le soir même de l’intervention ! Aucun régime n’est recommandé après une cholécystectomie et aucune restriction alimentaire n’est préconisée. Cela dit, mieux vaut suivre les conseils mentionnés ci-dessus.
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