Loading...

Chlore et grossesse : quels sont les risques ?

La grossesse est une période de changements et de précautions, et les futures mamans sont souvent bombardées de conseils sur ce qu'il faut faire et ne pas faire pour la santé de leur bébé. Parmi les questions qui reviennent fréquemment, celle de la sécurité de la baignade en piscine, et plus particulièrement de l'exposition au chlore, occupe une place importante. Si la natation est généralement encouragée pour ses nombreux bienfaits pendant la grossesse, les effets du chlore font débat. Cet article vise à faire le point sur les connaissances actuelles, en s'appuyant sur les études disponibles et les recommandations d'experts, afin d'aider les femmes enceintes à prendre des décisions éclairées.

Les bienfaits de la natation pendant la grossesse

La natation est souvent présentée comme le sport idéal pour les femmes enceintes, et ce à juste titre. Elle offre de nombreux avantages tant pour la mère que pour le bébé :

  • Soulagement des maux de grossesse : La natation peut atténuer les nausées, soulager les jambes lourdes et préserver les muscles.
  • Réduction des risques : La pratique d'exercices de natation adaptés à la grossesse peut réduire les risques de complications pendant la grossesse et les risques d'obésité infantile.
  • Sensation de légèreté : Au troisième trimestre, le poids du bébé peut être difficile à supporter. L'eau permet de soulager le dos et les articulations, procurant une sensation de légèreté.
  • Amélioration de l'endurance : La natation améliore l'endurance et la capacité à récupérer après un effort, ce qui est bénéfique pour l'accouchement et la période post-partum.
  • Prévention des problèmes de dos et de la rétention d'eau : La natation régulière peut aider à prévenir les problèmes de disques et à réduire la rétention d'eau.
  • Bien-être mental : L'entraînement à la natation permet de garder une bonne forme mentale grâce à une meilleure oxygénation du cerveau.
  • Effet rafraîchissant : L'eau offre un effet rafraîchissant bienvenu, car la transpiration est plus rapide pendant la grossesse.
  • Amélioration du transit intestinal : L'exercice doux permet également de faire bouger les intestins.

En principe, il n'y a rien de mal à nager pendant la grossesse et l'exercice est généralement bon pour la santé.

Le chlore : un désinfectant omniprésent

Le chlore est un puissant désinfectant largement utilisé pour éradiquer les virus et les bactéries dans l'eau, notamment dans les piscines. Son efficacité et son faible coût en ont fait la méthode de désinfection privilégiée depuis le 19ème siècle. Aujourd'hui, environ 80% des eaux de distribution sont traitées par le chlore.

Pour garantir une eau saine, les pouvoirs publics ont mis en place une norme quant à la quantité de chlore dans l’eau potable, limitant la teneur en "chlore libre résiduel" à 0,1 mg/litre. Face à l’épidémie de coronavirus, les agences régionales de santé ont même demandé d’augmenter ce taux.

Lire aussi: Tout savoir sur le chlore pour piscine enfant

Les risques potentiels du chlore pendant la grossesse

Malgré son efficacité, le chlore suscite des inquiétudes quant à ses effets potentiels sur la santé, en particulier pendant la grossesse.

Effets sur le goût et l'odeur de l'eau

Le chlore affecte le goût de l’eau et crée une amertume désagréable. L’odeur de javel qui se dégage de l’eau du robinet dissuade beaucoup de personnes de l’utiliser pour la préparation du thé, du café ou des repas.

Formation de sous-produits chlorés (SPC)

Lors du processus de chloration, le chlore se lie aux matières organiques présentes dans l’eau afin de les éliminer. De cette réaction chimique naissent les dérivés du chlore appelés également “les sous-produits de chloration”. Ces SPC sont cancérigènes et leurs effets sur l’organisme évoluent à bas bruit, posant un vrai problème de santé publique.

Risque de cancer

Depuis la découverte du chloroforme dans l’eau potable chlorée, de nombreuses études épidémiologiques et recherches en laboratoires ont été menées. Ces études scientifiques n’ont de cesse de démontrer les effets délétères des dérivés du chlore (THM) pour la santé.

En 2017, Santé publique France a publié deux rapports étudiant le lien entre les trihalométhanes (THM) et les cancers de la vessie en France. La conclusion est sans appel : "ces résultats sont cohérents avec les données de la littérature qui documente une association entre la concentration de THM dans les eaux destinées à la consommation, et le risque de cancer de la vessie".

Lire aussi: Avantages des Bébés Nageurs

Au Canada, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) va même plus loin et “classe certains sous-produits de chloration parmi les causes possibles de cancer, en particulier le cancer de la vessie”.

Une étude menée dans l’Iowa (USA) en 1986 et en 1989 a montré qu’il existe un risque élevé de cancer du rectum après une longue exposition à l’eau potable chlorée ou au trihalométhanes.

Risque de fausses couches

En 1982, des chercheurs anglais, puis norvégiens en 2002, ont examiné la relation entre les fausses couches et la présence de sous-produits de la désinfection de l’eau destinée à la consommation.

Déséquilibre de la flore intestinale et allergies

Le chlore déséquilibre notre flore intestinale, indispensable à une bonne digestion et à la production de certaines vitamines. Boire l’eau du robinet peut ainsi donner mal au ventre et générer d’autres troubles digestifs. Certains individus, plus sensibles, peuvent également expérimenter des allergies au chlore, manifestées notamment par des symptômes irritants et des réactions cutanées.

Risque accru d'allergies chez le bébé

Une étude britannique, effectuée par des chercheurs du St John's Institute of Dermatology et de l'Université de Manchester, suggère que les femmes enceintes pratiquant la natation risquent de donner naissance à des bébés à la santé fragilisée. La faute notamment au chlore et aux substances chimiques utilisées pour purifier l’eau des piscines, qui déséquilibreraient le système immunitaire des futurs bébés, favorisant les allergies. Lorsque le fœtus est mis en contact avec ce type de produits, son système immunitaire se modifie, le rendant plus sensible à l'asthme, à l'eczéma ou au rhume des foins.

Lire aussi: Santé veineuse et grossesse

Effets sur la thyroïde

Certaines études alertent sur le fait que les éléments chimiques de la même famille que l'Iode (Fluor/ Chlor/ Br… famille des halogènes) peuvent se fixer dans la thyroïde, prendre la place de l'Iode, empêcher son absorption et induire ainsi une carence en Iode, qui est un élément extrêmement important pour le foetus. Une carence en Iode peut avoir des conséquences extrêmement néfastes sur la santé mentale du future enfant (crétinisme, hyperactivité, trouble d'attention et de concentration grave…).

Comment minimiser les risques liés au chlore ?

Malgré les risques potentiels, il est possible de minimiser l'exposition au chlore et de profiter des bienfaits de la natation pendant la grossesse.

Privilégier les piscines traitées à l'ozone ou à d'autres alternatives

Même si les risques du chlore n’ont pas totalement été démontrés, privilégiez les piscines traitées à l’ozone ou à d'autres alternatives au chlore.

Se baigner en mer

Si vous habitez près de la mer, profitez-en ! L'eau de mer est une excellente alternative à l'eau chlorée des piscines.

Limiter la durée et l'intensité des séances de natation

Nager pendant la grossesse, oui, mais pas n’importe comment. Les règles de précaution des autres sports continuent à s’appliquer : pas d’effort trop intense ou trop long. Il ne faut pas trop se fatiguer et éviter de s’essouffler, au risque de causer des vertiges ou des évanouissements. La durée et l’intensité d’une séance de natation dépendra de votre forme physique et de vos habitudes sportives d’avant la grossesse, mais elle ne devrait pas excéder une heure d’entraînement.

Bien s'hydrater

La pratique d’une activité sportive déclenche un mécanisme de sudation pour réguler la température corporelle : on perd en eau pendant l’effort physique, même dans une piscine ! Or, pendant la grossesse, vos besoins en eau sont plus importants que jamais : il faut boire 2 litres d’eau minimum par jour et jusqu’à 2,5 litres lorsque vous faites de l’activité physique.

Consulter un professionnel de santé

Quels que soient vos antécédents de santé, vous devez être suivie par un médecin ou une sage-femme tout au long de votre grossesse. Ce sont ces professionnels de santé qui vous communiqueront les précautions à suivre, les complications à prévenir ainsi que les bonnes habitudes à adopter. Seul le professionnel de santé qui vous suit peut identifier les risques et vous recommander ou non une activité physique particulière.

Être prudente en milieu naturel

La piscine est bien sûr un lieu sans danger pour vous baigner : la qualité de l’eau est contrôlée régulièrement et le chlore ou le sel ne pose pas de problème lorsque la grossesse se déroule bien. Mais vous pouvez aussi vous baigner en milieu naturel, à condition d’être prudente. Si vous vous baignez dans la mer, choisissez une place accessible et surveillée pour plus de sécurité. Pour les lacs ou les rivières, attention aux températures ! Vous devez pouvoir rentrer dans l’eau sans peine : une eau trop chaude ou trop froide est mauvaise pour votre foetus et peut provoquer des malaises.

Se renseigner sur la qualité de l'eau

Si vous vous trouvez dans une zone où la baignade est sûre et que la qualité de l'eau est très bonne au moment de votre visite, vous pouvez vous baigner sans hésiter. En été, les algues bleues, les bactéries E. coli ou Vibrio peuvent se multiplier dans les eaux stagnantes. Une infection par ces dernières peut entraîner des diarrhées, des frissons et de la fièvre, par exemple, voire une septicémie chez les personnes immunodéprimées. Renseignez-vous donc toujours à l'avance sur les éventuelles alertes à la baignade et prenez-les au sérieux.

Ne jamais se baigner seule

Même dans les eaux naturelles, il ne faut jamais se baigner seule enceinte, mais toujours avoir à ses côtés un adulte qui peut vous aider en cas d'urgence. Faites particulièrement attention aux courants et aux marées.

Éviter les jacuzzis, les bains thermaux et les saunas

Les bactéries et les champignons se développent dans les jacuzzis car ils sont remplis d'eau chaude, ce qui constitue un environnement idéal pour leur multiplication rapide. L'eau elle-même n'est pas souvent renouvelée. Comme la défense immunitaire locale de la flore vaginale est affaiblie par les hormones de grossesse, un bain dans un jacuzzi peut entraîner une infection fongique. Les femmes enceintes doivent l'éviter de toute urgence, en particulier au cours du premier trimestre.

Tout ce qui peut affecter votre circulation ou qui implique des températures élevées doit être traité avec prudence. Les bains thermaux en font partie. En ce qui concerne les saunas, par exemple, un sauna finlandais à 90 degrés est à éviter pour les femmes enceintes. Mieux vaut opter pour un sauna bio (plus doux) ou un hammam et ne faire que de courtes séances, à condition d'avoir été une adepte du sauna avant la grossesse. Vous devriez également éviter la piscine froide et vous rafraîchir après la séance de sauna avec un jet d’eau ou une douche. Commencez par les pieds et les mains, puis les jambes et les bras, et enfin le dos et le ventre. Vous devez faire des pauses suffisantes entre les différentes séances de chaleur ou de froid. Allez-y doucement pour protéger votre circulation, votre corps et votre bouchon muqueux que les glandes du col de l'utérus forment au début de la grossesse.

Adopter une bonne hygiène après la baignade

Après la baignade, il est important de bien se rincer à l'eau claire et d'hydrater sa peau pour limiter les effets irritants du chlore.

tags: #chlore #danger #femme #enceinte

Articles populaires:

Share: