L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision personnelle et peut soulever de nombreuses questions. Cet article a pour but de répondre aux interrogations les plus fréquentes concernant la procédure d'IVG, le retour de couches (retour des règles après l'IVG), les aspects psychologiques, le choix de la contraception et les examens médicaux post-IVG.
Examens Médicaux Après une IVG
Après une IVG, des examens médicaux sont nécessaires pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue. Ces examens sont pris en charge à 100% par l'Assurance maladie, sans avance de frais, que vous soyez majeure ou mineure.
- Examen clinique : Il peut être réalisé lors d'une consultation en présentiel.
- Prise de sang : Elle permet de doser les β-hCG (hormones de grossesse).
- Échographie : Elle peut être proposée pour vérifier l'absence de résidus.
Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG). Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.
Il est conseillé de faire cette prise de sang entre 4 semaines et 6 semaines après l'IVG surtout si vous n'avez toujours pas vos règles. L'autre option est que vous ayez commencé une contraception en continu immédiatement à la suite de votre IVG. A ce moment là, il peut être normal que vous n'ayez pas vos règles et ce pendant des mois après l'IVG.
Conséquences Psychologiques d'une IVG
Contrairement à certaines idées reçues, l'IVG n'est pas à l'origine de troubles psychologiques spécifiques. De nombreuses études scientifiques fiables l'ont démontré. Le vécu d'une IVG est personnel et varie d'une femme à l'autre. Le contexte de sa réalisation et l'accompagnement autour de l'IVG sont souvent les facteurs qui peuvent avoir un impact psychologique.
Lire aussi: Comprendre le retour de couches
Les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d'une IVG. Si vous en ressentez le besoin, vous pouvez vous tourner vers un psychologue ou vers des associations comme le Planning familial pour un soutien. Un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place à plus long terme.
Fertilité Après une IVG
Le risque d'infertilité est souvent évoqué comme une complication à long terme de l'IVG. Cependant, ce risque n'est pas lié à la réalisation de l'IVG en tant que telle, mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l'utérus lors de l'aspiration, etc.).
Ces complications sont rares lorsque l'IVG est réalisée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.), comme c'est le cas en France. Le risque de survenue de complications lors de la réalisation d'une IVG n'est pas supérieur à celui d'un avortement spontané ou d'une grossesse menée à terme. D'après les études, il n'y a pas d'augmentation du risque d'infertilité après une IVG dans les pays où la pratique de l'IVG est légale. Ce risque n'est pas plus important chez les patientes ayant eu deux IVG ou plus.
Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues.
Saignements Après un Avortement
Les saignements après une IVG peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent de quelques jours à 3 semaines. Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone (prévoir des protections menstruelles dès ce moment). La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer.
Lire aussi: Retour de couches : Explications et conseils
Les saignements qui s’ensuivent, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements.
Disparition des Symptômes de Grossesse
Les symptômes de grossesse (nausées ou sensibilité des seins) disparaissent généralement quelques jours après l'IVG médicamenteuse ou instrumentale. Un test de grossesse peut rester positif jusqu'à trois semaines après une IVG. C'est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l'IVG a fonctionné.
Retour des Règles (Retour de Couches)
Après une IVG, les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Cela peut varier en fonction du type de contraception que vous avez choisi d'utiliser et du moment où vous l'avez débutée. Avec une pilule oestro-progestative par exemple, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal les règles peuvent êtres irrégulières ou absentes.
Suite à un avortement, on ne sait jamais vraiment quand les règles vont refaire leur apparition. Les saignements pouvant être particulièrement abondants n’hésitez pas à choisir des protections très absorbantes.
Reprise des Rapports Sexuels
Il est conseillé d'attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l'utérus n'est pas refermé, il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l'utérus et soient à l'origine d'une infection. Pour les mêmes raisons, il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période. Si vous ne souhaitez pas de grossesse, il est nécessaire d'utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles).
Lire aussi: Comprendre les Lochies
Après votre avortement, vos premières règles reviendront généralement entre 4 et 8 semaines. Il n’est pas rare que vos premières règles soient plus abondantes et durent plus longtemps que d’habitude. Il est également normal d’éliminer plus de caillots que d’habitude. Après un avortement, votre fertilité reviendra presque immédiatement.
Contraception Après une IVG
Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l'IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux. Aucune méthode n'est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l'intervention, pendant le premier cycle suivant l'IVG.
La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l'IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l'IVG instrumentale (sauf en cas d'épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse.
Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée :
- Le jour même ou le lendemain d'une IVG instrumentale.
- Le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.
Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.
Remboursement de la Contraception
Sont remboursables par l'Assurance maladie :
- Certaines pilules contraceptives.
- Les implants contraceptifs hormonaux.
- Les progestatifs injectables.
- Les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets.
- Les diaphragmes.
- Certaines marques de préservatifs externes (masculins).
Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Concernant les préservatifs externes, ils sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret.
Pour les femmes de plus de 26 ans, ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles.
Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification et d’éducation familiale) délivrent à titre gratuit des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale.
IVG Chirurgicale (Avortement par Aspiration)
Contrairement à l'IVG médicamenteuse, l'avortement par aspiration consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Il peut être réalisé jusqu'à la fin de la 12e semaine de grossesse.
L'avortement par aspiration, aussi appelé IVG chirurgicale, est une intervention chirurgicale qui consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Cette opération se réalise sous anesthésie locale ou générale et ne dure qu'une dizaine de minutes. Avant de procéder à l'aspiration, le médecin dilate le col de l'utérus.
"L'intervention est réalisée sous anesthésie générale. Après avoir donné à la patiente des médicaments pour dilater le col, le chirurgien complète la dilatation puis rentre une canule dotée d'un aspirateur au bout puis il aspire le contenu de l'utérus", explique le Dr Odile Bagot, gynécologue et auteure de Vagin & Cie, on vous dit tout !
Des saignements persistants en raison de restes ovulaires dans la cavité utérine après aspiration peuvent exister "mais c'est infiniment plus rare que lors d'une IVG médicamenteuse" précise le Dr Bagot. Pour cause"lorsqu'on procède à une inspiration avec une canule, lorsque celle-ci n'aspire plus rien et qu'à ce moment-là les saignements s'arrêtent, on est quasiment sûr qu'il n'y a pas de restes c'est pourquoi un avortement raté est vraiment rare. Le cas échéant on ferait un curetage, de la même manière qu'après des restes par IVG médicamenteuse.
En effet, une IVG réalisée dans des conditions d'aseptie correctes n'entraine pas d'infection, et par conséquent pas d'infertilité. Les risques théoriques de l'aspiration sont le risque anesthésique comme pour toute intervention et le risque de perforation utérine. S'il y avait des germes au préalable dans le col, il existe un risque d'infection mais en théorie, le gynécologue effectue des prélèvements avant". Il y a aussi un risque de synéchie, c'est-à-dire d'adhérence cicatricielle, lorsque l'on a trop gratté les parois de l'utérus. En cas de synéchie du col, la conséquence principale étant que l'on va avoir du mal à poser un stérilet ensuite.
L'IVG par aspiration est un geste effectué en ambulatoire c'est-à-dire qu'il est réalisé dans la journée. La femme peut ainsi être de retour chez elle en fin de journée. La prescription d'un arrêt de travail n'est pas systématique mais peut être demandée au médecin.
Je ressens alors un vrai soulagement, l'impression d'avoir fait le bon choix. La veille de l’IVG chirurgicale, j’avale un médicament qui stoppe la grossesse. Avant de le prendre, j'appelle Alex pour lui demander si on est 100% sûrs ? On se rassure, on se dit qu’on prend la bonne décision. Je ne suis pas triste, je me demande juste ce qui va se passer après… La nuit passe et le lendemain je me rends seule au planning familial. Je suis seule car on n’a pas de crèche pour Martin qui est donc gardé par Alex à la maison car nos familles ne vivent pas à côté et on ne veut pas que Martin soit avec nous pour traverser ce moment. On m’installe sur une table avec des étriers, dans une petite salle qui ressemble à un cabinet gynécologique. Sont présents un médecin qui fait l'acte, une stagiaire en médecine et une psy ou accompagnante sociale (je ne sais pas exactement son titre) mais elle est géniale et hyper gentille et attentive. Elle va beaucoup me rassurer et garder ses mains sur mon ventre durant tout l'acte, pour me réchauffer. On commence par l’anesthésie, il s’agit d’une dizaine de piqûres localisées dans le col de l’utérus (je crois), c’est très désagréable et ça fait mal (pas très mal mais ça fait mal). Puis, petit à petit, la douleur disparaît, le goût de métal arrive dans la bouche, les jambes tremblent, il fait froid, l’anesthésie fait son effet. Après ça, un petit tube est inséré dans mon vagin puis mon col, ça ne fait pas mal mais je sens qu’il se passe quelque chose au niveau du bas-ventre. L’intervention dure 15 minutes et l'aspiration 5 bonnes minutes. L’aspiration fait beaucoup, beaucoup de bruit. C’est impressionnant. Beaucoup de bruit pour retirer une chose minuscule…. Quand c'est fini, je ressens alors un vrai soulagement, l'impression d'avoir fait le bon choix et d'être soulagée d'un poids. Un mois un avortement, on doit faire un contrôle et c’est lors de ce contrôle qu’on découvre qu'il reste un résidu dans l'utérus… Je dois subir une opération sous anesthésie générale pour retirer ce qui est resté "accroché". Aujourd'hui on n'est toujours pas sûrs que tout soit parti, je dois donc refaire une hystéroscopie d’ici quelques jours. "
IVG Médicamenteuse
L’IVG médicamenteuse est une méthode d’avortement qui peut se pratiquer jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. L’IVG médicamenteuse est pratiquée par un ou une médecin ou sage-femme d’un cabinet de ville, d’un centre de santé, ou d’un centre de planification ayant signé une convention avec un établissement de santé.
La méthode de l’IVG médicamenteuse consiste à provoquer une fausse couche en prenant 2 médicaments différents : la mifépristone (MYFEGINE) qui interrompt le développement de la grossesse et le misoprostol (GYMISO) qui provoque l’expulsion de la grossesse. La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires (risque de douleurs abdomino pelviennes plus fréquentes).
Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Le rapport à la douleur est variable selon les femmes et pour une même femme selon les situations. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti inflammatoires non stéroïdiens couplet avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le ou la médecin ou sage-femme qui suit l’IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol.
Il peut arriver dans certains cas, que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.
Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.
La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Elle peut être repérée aux signes cliniques ainsi qu’avec la surveillance du dosage des BHCG. Cependant, en l’absence de facteurs de risque et de symptômes, une grossesse de localisation indéterminée ne contre-indique pas la prise des médicaments pour l’IVG. A contrario, les symptômes possibles d’une grossesse intra utérine peuvent être des seins tendus, des douleurs qui ressemblent aux douleurs de règles ou aux syndromes pré-menstruels, des nausées. Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.
Curetage Après IVG ou Fausse Couche
Une fausse couche ou une interruption volontaire de grossesse nécessitent parfois la réalisation d’un curetage. Dans le domaine médical, le curetage désigne le geste chirurgical qui consiste à retirer (au moyen d'un instrument ressemblant à une cuillère, généralement nommé “curette”) tout ou une partie d'un organe d'une cavité naturelle. On emploie généralement ce terme au sujet de l’utérus. On peut réaliser un curetage à des fins de diagnostic, par exemple pour effectuer une biopsie de l’endomètre, mais aussi, et surtout, à des fins thérapeutiques, pour éliminer les résidus d’endomètre qui n’auraient pas été évacués naturellement. C’est notamment le cas lorsqu’une fausse couche spontanée ou provoquée n’a pas permis l’expulsion complète de l’embryon (ou du fœtus), l'évacuation du placenta et de l’endomètre. Par extension, le terme de curetage est employé pour parler de la technique d’aspiration, qui est moins invasive, moins douloureuse et moins à risque pour la femme qu’un curetage “classique”.
S’il faut réaliser un curetage pour éliminer des résidus de placenta ou d’endomètre, c’est parce que ces tissus peuvent à terme entraîner des complications, telles qu’une hémorragie, une infection ou une infertilité. Mieux vaut donc les retirer avec soin, après avoir laissé un peu de délai pour une éventuelle expulsion naturelle, ou à l’aide de médicaments. Un curetage de l’utérus se réalise au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. Elle est conduite par un chirurgien gynécologue, qui peut parfois administrer un produit pour dilater le col de l’utérus avant l’intervention afin de pouvoir plus facilement accéder à la cavité utérine. Courte, l’intervention s’effectue le plus souvent en ambulatoire, avec une sortie le jour-même.
Lorsqu’il y eu fausse couche ou une IVG, le col de l’utérus s’est ouvert. De la même façon qu’il peut mettre plusieurs heures ou jours à s’ouvrir, le col de l’utérus peut mettre un certain temps à se refermer. Lorsque le col est ouvert, l’utérus peut être exposé à des germes, ce qui peut occasionner une infection. Par ailleurs, si des douleurs intenses, de la fièvre ou des saignements abondants surviennent quelques jours après un curetage, mieux vaut en informer son gynécologue. Le curetage réalisé avec une “curette” est un geste invasif, qui, comme tout geste au niveau de l’utérus, peut créer des adhérences dans la cavité utérine. Il arrive alors, dans de rares cas, que ces blessures et adhérences rendent difficile la survenue d’une nouvelle grossesse, ou encore qu’elles gênent l’évacuation des règles. On appelle syndrome d’Asherman, ou synéchie utérine, une maladie utérine caractérisée par la présence d’adhérences dans l’utérus, et pouvant survenir à la suite d’un curetage mal conduit.
Une fois que l’on s’est assuré via une échographie qu’aucun résidu de muqueuse utérine (ou endomètre) ou de placenta n’avait échappé au curetage, et que la cavité utérine est donc saine, rien en théorie ne s’oppose à la survenue d’une nouvelle grossesse. En pratique, c’est à chaque femme et à chaque couple de savoir s’ils se sentent prêts à retenter de mener à bien une grossesse. Physiquement, des saignements et des douleurs de type douleurs menstruelles peuvent avoir lieu dans les jours qui suivent le curetage. Et psychologiquement, il peut être important de prendre le temps. Car une fausse couche ou une IVG peuvent être vécues comme des épreuves difficiles. Quand la grossesse était désirée, mettre des mots sur cette perte, reconnaître l’existence d’un petit être dont on a souhaité la venue et lui dire au revoir… Le travail de deuil est important. Pour une IVG, l’aspect psychologique est aussi fondamental. IVG ou fausse couche, chaque femme et chaque couple vit cet événement à sa façon. Médicalement, une grossesse après un curetage bien réalisé ne présente pas plus de risques qu’une grossesse classique. Il n’y a pas plus de risque de fausse couche après un curetage.
Perturbation du Cycle Menstruel
Après une interruption volontaire de grossesse (IVG), il est très fréquent que le cycle menstruel soit perturbé et notamment les règles.
Témoignage
"Je m’appelle Claire, j’ai 31 ans. Je suis originaire de Rennes et je vis actuellement en Belgique. Il y a 10 ans, je rencontre Alex lors d’un voyage en Belgique. Coup de foudre, on décide tout de suite de partirs’installer ensemble à Barcelone… On décide d’avorter. Et puis un jour, j’ai la nausée, je suis essoufflée… prise de sang et là, alors que je suis seule avec mon fils à essayer de l'endormir, mon téléphone sonne et ma médecin m'annonce que je suis enceinte entre 8 et 10 semaines… On met tout ça à plat… et on décide d’avorter. S'il est encore temps, on prendra un rendez-vous pour planifier un avortement… Je veux parler pour dire comment ça se passe concrètement une interruption volontaire de grossesse, comment se déroule une IVG chirurgicale par aspiration et sous anesthésie locale… Je ressens alors un vrai soulagement, l'impression d'avoir fait le bon choix… Aujourd'hui on n'est toujours pas sûrs que tout soit parti, je dois donc refaire une hystéroscopie d’ici quelques jours… Si on a pris cette décision difficile d’une IVG, c’est pour préserver l’équilibre de notre famille et répondre aux besoins de nos enfants. Je crois que ça nous a appris à découvrir nos limites et ça nous offre aussi une nouvelle vision de la parentalité. Maintenant, pour nous, être de bons parents, c’est offrir une certaine qualité d’amour et d’attention. On n’en avait pas forcément conscience avant. C’est important d’écouter ses besoins et ceux de sa famille. Dans notre cas, cette IVG, c’est aussi une preuve d’amour énorme."
tags: #ivg #retour #de #couches #procédure