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Grossesse sous pilule contraceptive : Probabilités, Risques et Alternatives

Chaque année, de nombreux couples se demandent combien de temps il faut pour tomber enceinte après l'arrêt de la pilule contraceptive. Les délais varient selon le type de contraception utilisé. Une grande majorité des femmes en âge de procréer utilise un moyen de contraception, le plus souvent une pilule contraceptive. Avec ou sans moyen de contraception au préalable, il faut en moyenne une durée de sept mois pour obtenir une grossesse, selon les données de l’INED (Institut National d’Etudes démographiques). Cette durée est-elle modifiée en fonction du type de contraception ?

Il est possible d’être enceinte sous pilule. Certaines grossesses peuvent débuter alors que les femmes utilisent un moyen contraceptif (pilule contraceptive, stérilet, etc.). L’arrêt de la pilule permet le retour de l’ovulation, plus ou moins rapidement, avec des effets secondaires liés au bouleversement hormonal, comme des pertes vaginales brunâtres ou des spottings. Le retour des règles à l’arrêt de la contraception n’est pas forcément immédiat, il faut en moyenne 4 semaines. Les chances d’être enceinte dans le mois qui suit l’arrêt de la contraception restent faibles, de l’ordre de 2 %, car il faut souvent quelques cycles menstruels pour que l’ovulation et les équilibres hormonaux se rétablissent totalement, augmentant d’autant les chances d’obtenir une grossesse. Par ailleurs, le type de contraception pourrait influencer le délai de grossesse.

Efficacité théorique vs. Efficacité pratique

Aucun moyen de contraception n'est efficace à 100%. Bien prise la pilule a une efficacité d'environ 99%. Il arrive que certaines femmes tombent enceinte en prenant la pilule. Certaines fois, la pilule ne correspond pas aux besoins ni au profil de la femme. Ce phénomène peut arriver en conséquence d'un manque d'information (concernant la première prise, l’enchaînement des deux plaquettes, etc).

Lorsque l'on se penche sur l'efficacité d'un moyen de contraception, on étudie toujours : d'une part son efficacité théorique - qui suggère que la méthode a été utilisée de façon correcte, et d'autre part son efficacité pratique, qui tient compte des éventuelles erreurs de suivi. Ce chiffre signifie que sur 1000 femmes qui utilisent de façon adéquate la méthode de contraception pendant 12 mois, 3 d'entre elles vont quand même tomber enceinte. Dès lors que l'on prend en compte les possibles erreurs d'observance de la pilule, son efficacité tombe à 8%. Mis à part le comprimé oublié en milieu de plaquette, une des grandes causes de mauvaise observance de la pilule, est l'oubli de reprise de la plaquette suivante 7 jours après avoir fini la précédente.

L'indice de Pearl, établi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), mesure l'efficacité des moyens de contraception. En tête de ce classement figure le stérilet au lévonorgestrel qui serait fiable à 99,8%. Arrive ensuite la pilule œstroprogestative et la pilule progestative avec 99,7% de fiabilité. Ainsi, 0,3 femmes sur 100 sont tombées enceinte alors qu'elles prenaient ces pilules. Le stérilet en cuivre serait de son côté, sûr à 99,4%. Ces chiffres relèvent de l'efficacité théorique. En pratique, l'efficacité serait de 92%.

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Facteurs influençant le risque de grossesse sous pilule

Plusieurs facteurs peuvent influencer le risque de grossesse sous pilule contraceptive :

  • Oubli de pilule : C'est l'une des principales causes de grossesse sous pilule. L'oubli, notamment au-delà de 3 à 12 heures selon le type de pilule, peut diminuer l'effet contraceptif.
  • Vomissements ou diarrhées : En cas de vomissements survenant dans les 3-4 heures après la prise de pilule, il faut en reprendre une car celle-ci a pu être inefficace. De fortes diarrhées dans les 10 heures suivant la prise peuvent également affecter l'absorption de la pilule.
  • Interactions médicamenteuses : Les contraceptifs hormonaux (pilule, implant…) ne font pas toujours bon ménage avec les autres traitements médicamenteux. Certains médicaments, comme les antibiotiques ou les antiépileptiques, peuvent annuler l’action des hormones de synthèse.
  • Mauvaise observance : Une mauvaise utilisation du moyen de contraception peut favoriser le risque de grossesse non prévue.
  • Non-adaptation du contraceptif : Un contraceptif qui n’est pas ou plus adapté à votre mode de vie peut augmenter le risque de grossesse non prévue.
  • Facteurs individuels : Certaines femmes métabolisent plus rapidement les hormones de la pilule, ce qui peut réduire son efficacité. Martin Winckler recommande d'éviter de prescrire une pilule microdosée avant 30 ans car plus une femme est jeune, plus elle est fertile.

Symptômes et diagnostic d'une grossesse sous pilule

La pilule ne modifie, ni ne masque les symptômes habituels de la grossesse. Fatigue, seins gonflés et sensibles, nausées matinales, sensibilité aux odeurs, prise de poids… Il est déjà important de rappeler que sous pilule, la femme n'a pas de règles, mais des hémorragies de privation, parfois surnommées "règles artificielles". "Les règles correspondent à une hémorragie après l'ovulation. La pilule bloquant le fonctionnement ovarien et donc l'ovulation, les règles n'existent plus" rappelle la gynécologue.

Reconnaître une grossesse sous pilule ou sous implant contraceptif peut s’avérer difficile, car les symptômes de grossesse sont souvent identiques à ceux d’une grossesse survenue sans moyen de contraception. De plus, certaines femmes continuent d’avoir des règles sous pilule progestative ou des saignements durant la semaine, ce qui peut masquer les signes.

Parmi les symptômes habituels à surveiller, on retrouve :

  • Retard de règles ou saignements inhabituels ;
  • Fatigue intense et inexpliquée ;
  • Nausées (parfois dès le matin, même sans vomissements) ;
  • Changements des seins : douleurs, tension, hypersensibilité ;
  • Température corporelle élevée en dehors d’une période d’ovulation.

Lorsque l'on prend la pilule - qu'elle soit continue ou non - un test urinaire peut être effectué à la moindre suspicion de grossesse. "La sensibilité des tests urinaires est aujourd'hui très fine, ils sont très fiables, même en début de la grossesse" indique la gynécologue. La prise de pilule, même quotidienne, n’a aucun effet sur le taux d’hormones hCG détecté dans l’urine ou dans le sang. Autrement dit, la pilule, y compris les pilules combinées ou microdosées, ne fausse pas le test. Pour un résultat fiable, il est recommandé d’attendre quelques jours après le retard de règles et de réaliser le test le matin, avec les premières urines, plus concentrées en hormones. Si vous avez des symptômes de grossesse ou un doute après un oubli de pilule ou un rapport sexuel à risque, n’hésitez pas à refaire un test après 48 heures. Et pour lever toute incertitude, le test sanguin reste la solution la plus fiable, avec une précision proche de 100 %.

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Risques pour le fœtus et conduite à tenir

Tomber enceinte sous pilule n’est pas rare, et cela ne signifie pas que la grossesse sera à risque. Si vous découvrez que vous êtes enceinte alors que vous preniez la pilule, cela n’a pas d’impact prouvé sur la santé ou le développement du fœtus. Les hormones contenues dans la pilule (œstrogène et progestérone) sont naturellement produites en grande quantité pendant la grossesse. Les apports hormonaux supplémentaires n'entraînent donc pas de malformations connues ni d’effets nocifs sur le bébé.

Dès que la grossesse est confirmée, il est important d’arrêter la pilule immédiatement et de consulter un professionnel de santé. Une échographie de datation permettra de déterminer l’âge de la grossesse, de vérifier que l’embryon est bien implanté dans l’utérus et de planifier un suivi adapté.

Alternatives à la pilule

La pilule contraceptive ne convient pas à toutes les femmes, que ce soit pour des raisons de santé, d’effets secondaires, de mode de vie ou de confort. Heureusement, il existe de nombreux moyens de contraception efficaces, avec ou sans hormones de synthèse, que vous pouvez adapter à votre situation personnelle. Le mieux est d’en discuter avec un professionnel de santé (médecin ou sage-femme) pour trouver la solution la plus adaptée.

Voici quelques alternatives à la pilule :

  • Les dispositifs intra-utérins (DIU ou stérilets):
    • Le DIU au cuivre : il ne contient pas d’œstrogènes de synthèse et agit sans hormone, en créant un environnement défavorable à la fécondation. Il est efficace jusqu’à 10 ans et n’interfère pas avec l’ovulation de la femme.
    • Le stérilet hormonal (ou DIU hormonal) : il libère une faible dose de progestatif directement dans l’utérus. Il épaissit la glaire cervicale et modifie la muqueuse utérine, avec une efficacité allant de 3 à 7 ans selon le modèle.
  • Les méthodes hormonales sans pilule:
    • L’anneau vaginal : inséré dans le vagin pendant 3 semaines, il diffuse des hormones de synthèse localement, puis on le retire pendant une semaine (période de règles simulées).
    • Le patch contraceptif : à coller sur la peau une fois par semaine pendant 3 semaines, avec une semaine d’arrêt. Il diffuse des œstrogènes et progestatifs, comme les pilules combinées.
    • L’implant contraceptif : placé sous la peau du bras, il diffuse un progestatif en continu et évite les oublis de comprimé. Il est efficace jusqu’à 3 ans.
    • L’injection trimestrielle : une injection de progestatif tous les 3 mois, adaptée aux femmes qui ne souhaitent pas penser à leur contraception tous les jours.
  • Les méthodes barrières: Le préservatif féminin (ou masculin) est une méthode sans hormones, simple d’utilisation, qui protège également contre les IST. Il peut être une bonne solution en complément d’une méthode naturelle.
  • Les méthodes naturelles ou mécaniques:
    • La cape cervicale ou le diaphragme : dispositifs à placer avant le rapport pour bloquer les spermatozoïdes à l’entrée du col de l’utérus. Leur efficacité dépend de leur bonne utilisation.
    • La symptothermie : méthode basée sur l’observation du cycle menstruel (température, glaire, etc.). Moins fiable, mais certaines femmes dans cette situation la trouvent adaptée en complément d’une méthode barrière.

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