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La Placentophagie chez les Femmes Chinoises et Ailleurs : Bienfaits, Risques et Perspectives

Introduction

La placentophagie, ou l'ingestion du placenta après l'accouchement, est une pratique qui suscite un intérêt croissant, bien que controversée. Traditionnellement ancrée dans certaines cultures, notamment en médecine chinoise, elle connaît un regain de popularité dans les pays occidentaux. Cet article explore les différentes facettes de cette pratique, en mettant en lumière les origines, les motivations, les méthodes de consommation, les avantages et les risques potentiels, ainsi que les perspectives scientifiques et culturelles.

Origines et Pratiques Traditionnelles

L'utilisation de préparations placentaires comme remède puerpéral individuel remonte à des pratiques historiques et traditionnelles de la médecine occidentale et asiatique. En médecine traditionnelle chinoise, la poudre de placenta déshydraté est utilisée pour stimuler la lactation ainsi que pour traiter les troubles de la fertilité parmi une foule d’autres maux.

Dans le monde animal, l'ingestion du placenta, de l'amnios et du liquide amniotique, immédiatement après la parturition est un comportement omniprésent chez les mammifères. Plus de 4000 espèces de mammifères consomment leur placenta.

La Placentophagie Moderne : Un Phénomène en Expansion

Originaire des États-Unis, une tendance a été observée chez les mères des pays industrialisés à consommer leur propre placenta transformé comme remède puerpéral. Le désir d’un mode de vie naturel et d’une approche individuelle et autodéterminée de l’accouchement, associé à un intérêt pour les remèdes à base de placenta, a été décrit comme l'une des raisons de cette popularité.

Cette pratique attire de jeunes mères encouragées par des sages-femmes qui en louent les vertus curatives.

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Diversité des Méthodes de Consommation

La placentophagie humaine maternelle décrit la pratique consistant à ingérer son propre placenta après l’accouchement, ce qui se fait de différentes manières :

  • Consommation crue: Un morceau de placenta cru est consommé immédiatement après la parturition. Catherine raconte ainsi s'être enfermée dans la salle de bain trois heures après son accouchement pour détailler son placenta en gros cubes qu'elle a broyé avec du lait d'amande, du miel et des myrtilles "pour couvrir le goût", avant de congeler le reste.
  • Cuisson: D'autres le cuisent au four et préparent des lasagnes, des tacos ou font encore des truffes au chocolat. Eddie Lin a préparé le placenta de son enfant dans un bouillon médicinal chinois : des tranches de gingembre frais, du sel, un peu d’huile de sésame pour le goût. L’ingrédient essentiel au plat, c’était l’alcool de riz.
  • Encapsulation: L’encapsulation placentaire, par laquelle le placenta est transformé en capsules, est une pratique courante dans le monde anglo-américain. Pour 270 dollars, Claudia Booker, une sage-femme de 65 ans aux cheveux rasés et aux oreilles tatouées, met en capsule après l'avoir desséché, le placenta de ses patientes qui, quand elle ne peut se déplacer, le déposent sur le pas de sa porte dans une cantine réfrigérée.

Les Bienfaits Potentiels de la Placentophagie

Le placenta est riche en hormones et nutriments, affirment-elles. Le placenta, un amas de tissus spongieux et très vascularisés qui nourrit le futur bébé, via le cordon ombilical, est riche en hormones et nutriments, affirment-elles.

Les bénéfices supposés du placenta sont :

  • Stimulation de la lactation: Les capsules stimulent la libération de prolactine responsable de la production de lait. Une étude historique de 1918 décrit l’influence du placenta desséché sur la lactation : des quantités accrues de protéines et de lactose ont ainsi été mesurées dans le lait maternel.
  • Stabilisation des niveaux sanguins et hormonaux: Ces capsules participent à la stabilisation des niveaux sanguins et hormonaux.
  • Effet antalgique: La placentophagie aurait également un effet antalgique chez les rats sous l’effet d’opioïdes placentaires.
  • Regain d'énergie : On parle surtout d’un regain d’énergie.
  • Rééquilibrage hormonal : On parle aussi de rééquilibrage hormonal. Il y a beaucoup de progestérone et d’ocytocine dans le placenta et c’est censé aider à combattre les sautes d’humeur et la dépression post-partum.
  • Apport en fer : Il souligne également la haute teneur en fer du placenta préparé qui peut s'avérer être une arme importante contre la fatigue et la dépression post-natale. La poudre de placenta déshydratée contient les oligo-éléments essentiels fer (valeur moyenne 565,0 mg/kg) et sélénium (valeur moyenne 850,0 μg/kg). S’assurer que vos réserves sont suffisantes avant le travail et l’accouchement facilitera également la récupération post-partum.

Les Risques Potentiels de la Placentophagie

Bien que l’on ait longtemps supposé que le placenta restait stérile dans l’utérus, des études récentes démontrent une similitude entre la composition microbiologique de la cavité buccale et du placenta. Le tissu placentaire n’étant pas stérile, une contamination par des micro-organismes potentiellement pathogènes ne peut être exclue.

Un seul cas publié par l’American Center for Disease Control décrit une infection tardive chez un nouveau-né atteint de streptocoques du groupe B (SGB). La mère avait consommé son propre placenta post-partum sous forme de capsules. Les streptocoques du groupe B ont été identifiés à la fois dans le tissu placentaire séché et dans le sang du nouveau-né, mais pas dans le lait maternel.

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Des chercheurs ont récemment avancé que le placenta filtrerait (et stockerait) une partie des polluants et toxines environnementales, afin de préserver le fœtus. L’hypothèse reste non démontrée, mais appuie toutefois la réflexion sur la placentophagie. Si la mère est exposée à beaucoup de mercure par exemple, parfois même, le placenta n’est pas comestible.

Une infection virale ou bactérienne chez la mère et/ou le nouveau-né est une contre-indication à l’ingestion de placenta.

Études Scientifiques et Témoignages

Si la science reconnaît les bienfaits hormonaux et nutritifs du placenta in utero, il n'existe aucune étude scientifique aboutie sur les bienfaits de la placentophagie chez les humains, affirme Daniel Benyshek, un anthropologue de la santé à l'université du Nevada (ouest). De même, aucun chiffre officiel ne circule sur le nombre d'adeptes de cette pratique née dans les années 1970 aux Etats-Unis.

Des études du début du XXe siècle, une autre dans les années 1950 ont mis en avant les bénéfices de l'ingestion du placenta sur la production et la qualité du lait maternel mais leurs protocoles n'étaient pas assez rigoureux, fait-il valoir.

Selon un sondage qu'il a réalisé en 2013, 98% des 189 femmes interrogées, des Américaines mariées, blanches et éduquées, ont jugé l'expérience "positive".

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Daniel Benyshek publiera cet été ce qu'il affirme être la première véritable étude scientifique, réalisée auprès de trente femmes.

Pour son troisième enfant, Laura Ransom, qui habite à Las Vegas, a tenté l'expérience. Elle affirme que les capsules lui ont permis de mener de front un déménagement, un nouveau métier pour son mari et une famille nombreuse.

Considérations Légales et Éthiques

Alors que la séparation du tissu maternel et fœtal du placenta n’est pas possible macroscopiquement, cela peut se faire en termes juridiques : la partie maternelle du placenta appartient à la mère et doit donc lui être remise par la maternité si elle en fait la demande. Selon l’opinion juridique dominante en Allemagne, une partie du corps séparée reste la propriété de la personne à qui elle a été prise. Dans le même ordre d’idées, la partie fœtale du placenta appartient donc au nouveau-né (tout comme le cordon ombilical) étant donné qu’elle est attribuable au corps du nourrisson.

Préparation et Transformation du Placenta

La transformation d’un placenta en poudre est décrite dans les compendiums pharmaceutiques traditionnels européens et asiatiques. Les organisations qui se sont spécialisées dans la production de gélules à partir de placenta utilisent des protocoles standardisés dans lesquels les mesures d’hygiène et les étapes de traitement sont spécifiées.

Le placenta est traité quelques heures après la parturition. Tout d’abord, il est nettoyé à l’eau froide courante et débarrassé du sang et des caillots sanguins. L’organe est ensuite coupé avec des ciseaux en tranches de 0,5 cm d’épaisseur ; Au cours de ce processus, les membranes fœtales et le cordon ombilical sont souvent retirés. Les tranches sont ensuite séchées dans un déshydrateur pendant huit heures à 54°. Par la suite, les tranches déshydratées sont hachées en poudre et mises capsules de gélatine.

Alternatives à la Placentophagie pour une Bonne Récupération Post-Partum

Il existe de nombreuses alternatives à la placentophagie pour favoriser une bonne récupération post-partum :

  • Bouillon d'os: Rien de tel que ces bouillons pour préparer son accouchement. Les os, les vaisseaux sanguins et les tissus conjonctifs (c’est-à-dire les articulations et la peau) des animaux sont riches en minéraux. Le fameux acide hyaluronique dont tout le monde parle se trouve dans le cartilage et les tissus conjonctifs du corps. Le bouillon est une boisson facile à préparer. En faisant cuire la carcasse d’un poulet, par exemple, avec un peu de viande et de peau, vous créez un aliment très riche en nutriments. L’ajout d’un filet de vinaigre dans le processus de cuisson augmente les minéraux qui sont retirés des os, et aide à décomposer le cartilage pour accéder à l’acide hyaluronique.
  • Légumes à feuilles vertes: Si vous avez la chance d’avoir un jardin, vous pouvez les cultiver facilement : bette à carde, chou frisé, roquette, feuilles de betterave. Les légumes à feuille verte vous apportent du magnésium, mais aussi du fer, du zinc, du calcium et des oméga 3, des vitamines liposolubles comme la vitamine A, K et E, ainsi que des quantités élevées de vitamine C. Toutefois contrairement aux idées reçues, il est conseillé de cuire vos légumes pour tirer pleinement partie de leurs bienfaits.
  • Algues: Elles apportent un nutriment en plus de légumes à feuilles vertes : l’iode. Nous n’en avons pas encore parlé, car son rôle dans le travail et l’accouchement n’est pas si étendu. Mais l’iode est essentiel pour la fonction thyroïdienne. Certaines femmes ont des problèmes d’hypothyroïdie après l’accouchement. L’ajout d’une certaine quantité de d’algues peut aider à prévenir ces symptômes. Pour profiter des bénéfices des légumes, n’hésitez pas varier entre cuit et cru.
  • Graines: Les graines de citrouille, les graines de sésame, les graines de tournesol, les amandes et le quinoa sont recommandées pour préparer le travail. Les graines de citrouille sont très riches en minéraux (fer, zinc et magnésium). Il sont également riches en protéines et en acides gras essentiels. Les graines de courge contiennent également d’autres composés (phytonutriments) qui peuvent être bénéfiques. Des recherches ont montré que les composés des graines de courge aident à réguler les niveaux d’insuline, ce qui est bénéfique pour les personnes souffrant de résistance à l’insuline ou de diabète gestationnel pendant la grossesse. Les graines de sésame contiennent de bonnes quantités de ces deux éléments. Ainsi que d’autres minéraux (calcium, magnésium, fer et phosphore). Le phosphore est un élément dont nous n’avons pas beaucoup parlé, mais il est néanmoins important. Les graines de tournesol sont riches en vitamine E, qui est excellente pour la souplesse des tissus, la fonction de la progestérone et constitue une partie des nutriments présents dans le liquide amniotique. De faibles niveaux de vitamine E sont associés au travail prématuré. Les amandes sont également très riches en vitamine E, et en minéraux (magnésium, potassium, cuivre). Elles fournissent également de grandes quantités d’AGE (Acides Gras Essentiels), notamment d’acide linoléique, nécessaire à la production de prostaglandines. Les amandes sont également bénéfiques pour les personnes souffrant de diabète gestationnel ou de résistance à l’insuline. Techniquement une graine, mais utilisé comme un grain, le quinoa est une protéine complète. Il fournit les 9 acides aminés essentiels. Il contient de nombreux minéraux nécessaires au bon fonctionnement des enzymes et des hormones (phosphore, magnésium, zinc). Il contient aussi des folates et des graisses (un équilibre d’oméga 3 et d’oméga 6).
  • Patates douces: Elles sont particulièrement intéressantes pour préparer l’accouchement. Elles fournissent les amidons et les œstrogènes nécessaires à la fabrication de l’acide hyaluronique dans le corps. Il a été démontré que les patates douces ont un effet bénéfique sur la glycémie en comparaison aux pommes de terres. La recherche a également montré une diminution de l’inflammation nerveuse de la perception de la douleur chez les personnes ayant consommé des ignames (patate douce).
  • Dattes: Une étude réalisée en 2008 a montré que les femmes qui mangeaient 6 dattes ou plus par jour pendant les 4 semaines précédant l’accouchement avaient une dilatation significativement plus importante (3 cm ou plus) que celles qui n’avaient pas consommé de dattes (2 ou moins) à l’admission.
  • Foie: Soyons honnêtes, personne ne mange assez de foie de nos jours. Les vitamines B sont importantes pour la production des globules rouges, dont le taux de renouvellement est élevé pendant la grossesse, en particulier la partie hémique qui contient et transporte l’oxygène. En combinaison avec le fer, le magnésium et le zinc, le foie est un excellent aliment pour la construction du sang et l’oxygénation.
  • Melons, concombre et pastèque: Lorsque le placenta commence à vieillir, sa capacité à produire des quantités efficaces de liquide amniotique commence à diminuer. Si votre grossesse se déroule pendant l’été, alors les melons sont une bonne solution pour vous hydrater. Les melons sont un bon moyen pour augmenter le niveau de liquide amniotique. Les melons, mais également le concombre et la pastèque, contiennent des quantités élevées d’oligo-éléments électrolytiques. Ces minéraux peuvent augmenter la quantité de H20 absorbée en doublant le même volume d’eau.
  • Légumes fermentés: Les légumes qui ont connu un processus naturel de fermentation sont d’excellentes sources de probiotiques. Ces probiotiques sont importants pour équilibrer la flore générale de l’organisme, ils aident à décomposer les vitamines, comme la vitamine K, en une forme plus utilisable. Le yaourt, le kéfir et d’autres produits laitiers de culture peuvent fournir une bonne quantité de probiotiques qui aident à réguler la flore vaginale (lactobacilles). Les légumes fermentés traditionnels sont très faciles à faire. Une fois que vous aurez pris le coup de main, vous vous amuserez à essayer de nouvelles combinaisons de légumes et de saveurs… mes enfants adorent les betteraves/kale/choux avec des baies de genièvre. Le soja fermenté sous forme de Natto, Tempeh et Miso est également important à ajouter dans les dernières semaines de la grossesse. Ils sont riches en phytoestrogènes qui soutiennent les fonctions œstrogéniques normalement élevées qui mènent au travail et à l’accouchement.
  • Miel: Les résultats d’une étude de 2019 ont montré que la consommation de miel réduit significativement les douleurs du travail. 80 femmes primipares volontaires en bonne santé ont été intégrées à la recherche sous forme d’essai clinique randomisé (40 sujets dans chaque groupe).

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