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L'Accouchement chez les Femmes Hébreux: Histoire et Traditions

Introduction

L'accouchement chez les femmes hébreux est un sujet riche en histoire et en traditions, remontant à l'Antiquité. Des textes bibliques aux commentaires talmudiques, en passant par les pratiques médicales, diverses sources éclairent cet aspect essentiel de la vie des femmes dans la société hébraïque. Cet article explore les rôles des sages-femmes, les pratiques d'accouchement, et les considérations religieuses et sociales entourant la naissance.

Les Sages-Femmes: Rôle Essentiel et Courage

Les sages-femmes, ou « meyaledeth », occupaient une place essentielle chez les Hébreux. Le Talmud les autorisait, par la voix de Rabbi Gamaliel, à transgresser le repos sabbatique lorsque cela s’avérait nécessaire. Leur réputation d'excellence était établie depuis l'épisode de l'exil en Égypte, où elles se sont illustrées en refusant d’obtempérer à Pharaon.

L’histoire a retenu le nom de deux d’entre elles, Schiphrah et Pua. Pharaon ordonna de tuer les nouveau-nés juifs de sexe masculin, mais avec une pointe d’impertinence et beaucoup de ruse, elles déclarèrent à Pharaon que « les femmes des Hébreux ne sont pas comme les Égyptiennes. Elles sont vigoureuses ; avant que leur arrive la sage-femme, elles sont accouchées ! ». Cette affirmation, bien qu'elle puisse être considérée comme une allégorie, souligne la force et la résilience attribuées aux femmes hébreux. Il est important de noter qu'il existe des références à des sages-femmes présentes lors d'accouchements difficiles, comme ceux de Rachel (qui aboutit à son décès) et de Tamar, contredisant potentiellement l'idée d'accouchements toujours rapides et faciles.

Pour récompenser les sages-femmes, « Dieu fit du bien aux sages-femmes, et le peuple devint nombreux et extrêmement fort ». Rabbi Hillel, à qui l’on demandait pourquoi les têtes des Babyloniens étaient rondes, répondit : « Parce qu’ils n’ont pas de bonnes sages-femmes », attestant ainsi la supériorité des compétences des sages-femmes hébreux.

Face au décret de Pharaon, les sages-femmes ont fait preuve d'une crainte de Dieu qui se traduisait en actes concrets. Elles pourvoyaient en eau et en nourriture les nouveau-nés en plus de les laisser vivre, assurant ainsi leur survie. Leur priorité était d'assumer leurs responsabilités envers la communauté, et non de se positionner par rapport à Pharaon.

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Pharaon, confronté à l'attitude des sages-femmes, semble avoir fait preuve d'une certaine crédulité. Il se contente de leur réponse, les croyant peut-être de bonne foi. Cependant, il est possible que les sages-femmes aient orienté leurs dires de manière à ne lui laisser croire que ce qu'il voulait bien croire.

D.ieu récompensa les sages-femmes en leur donnant la possibilité de continuer leurs actes de bonté, sans limite. Le Vayitav signifie que D.ieu leur donne la possibilité d’accroître leurs actions, ce qui permet au peuple de se multiplier et d’augmenter. Les sages-femmes, par leur droiture, sont précurseurs du devenir d’un peuple. Sans voix face à la vertu des sages-femmes, Pharaon en revient à son plan initial, son défi direct à D.ieu.

Pratiques et Positions d'Accouchement

Les femmes accouchaient le plus souvent accroupies, talons contre cuisses, assises sur des « chaises d’accouchement » ou allongées sur des tables de travail primitives en pierre appelés ovnayim ou mashber. Bilha, la servante de Rachel et de Jacob, enceinte de ce dernier selon le souhait de sa maîtresse, a accouché sur les genoux de Rachel.

En l’absence d’une sage-femme expérimentée, les doyennes de la maison ou du voisinage assistaient la parturiente. L’une d’elles est chargée de la soutenir en lui parlant.

La Douleur de l'Enfantement et les Métaphores Bibliques

Depuis que Dieu a puni Ève pour avoir consommé le fruit de l’arbre de connaissance en commandant « Tu enfanteras dans la douleur… », l’accouchement était considéré comme une véritable épreuve.

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Les douleurs de l’enfantement décrites dans la Bible étaient de fait particulièrement terrifiantes, en particulier chez les primipares ou makbira que les Hébreux distinguaient des hola : « car j’entends des plaintes comme celles d’une femme en travail, des cris d’angoisse comme ceux d’une mère mettant au monde son premier-né ». La comparaison métaphorique avec la douleur de l’enfantement était d’ailleurs fréquemment usitée : « ils se tordent comme une femme en travail » ; « lorsque des douleurs viendront t’assaillir, des convulsions comparables à celles d’une femme en travail ! ».

On pouvait lubrifier les voies génitales afin de favoriser le passage du bébé. Il fallait alors agir vite (en particulier à la naissance de jumeaux, car on craint que la première naissance ne mette en péril la seconde) pour sectionner le cordon au moyen d’un objet tranchant - un couteau, un morceau de tesson ou une pierre coupante.

Contexte Social et Religieux

Comme dans toutes les sociétés antiques, et en vertu des principes religieux, les Hébreux ne permettaient pas aux hommes de soigner leurs épouses. Ainsi, voyons-nous près d'elle comme ailleurs, des femmes plus évoluées qui semblent jouir d'une exceptionnelle considération et former une classe privilégiée sur laquelle plus de précisions sont données à l'époque talmudique (de 400 ans avant J.C. jusqu'à l'an 500). Les femmes des Hébreux, de constitution robuste, accouchaient facilement. Pour les Hébreux, les sages-femmes remonteraient à l'origine de leur race et bien avant leur séjour en Egypte, "l'industrie obstétricale" était exclusivement entre leurs mains. L'expérience et le savoir dont les sages-femmes hébraïques firent preuve en certaines circonstances décrites dans la Bible nous autorisent à nous demander comment elles recevaient l'enseignement de leur art.

Le Contexte de l'Exode et la Menace Démographique

L'histoire des sages-femmes hébreux se déroule dans le contexte de l'Exode, où les Israélites, descendants de Jacob, connaissent une croissance démographique importante en Égypte. Dan et Neftali, Gad et Asser. Au total, la famille de Jacob compte 70 personnes. Les Israélites ont beaucoup d’enfants. Ils deviennent de plus en plus nombreux et puissants. Cette croissance démographique inquiète le pharaon, qui y voit une menace pour son pouvoir.

Il faut trouver un bon moyen pour l’empêcher de grandir. Sinon, s’il y a une guerre, ils pourront s’unir à nos ennemis. Alors les Égyptiens nomment des surveillants pour écraser le peuple d’Israël par des travaux forcés. Ainsi les Israélites construisent les villes de Pitom et de Ramsès. Plus on écrase les Israélites, plus ils deviennent nombreux. Ils leur rendent la vie très difficile par un travail pénible : ils les obligent à préparer l’argile, à faire des briques, à cultiver les champs.

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Le point essentiel est d’oublier Yossef qui a fait la grandeur de l’Egypte, d’oublier la dette à l’égard des enfants d’Israël dans la construction du pays, et de fonder un pouvoir qui ne dépende plus de personne si ce n’est de la personne de Pharaon. L’enjeu dès le départ est une question de pouvoir et de légitimité du pouvoir.

Selon les sages, ce n’est pas le peuple d’Israël qui est dans le viseur de Pharaon, c’est D.ieu lui-même. Pharaon cherche à se mesurer à ce Dieu qui se prétend plus puissant que lui. Pour cela, il va s’en prendre à son peuple. “Voyons si ce D.ieu est capable de sauver son peuple. Je les oppresserai. J’imposerai le décret de les faire mourir par l’eau. Car je sais que ce D.ieu, lui, a juré de ne plus noyer le monde, ainsi il ne pourra pas opposer un décret contre le mien.” Pharaon s’oppose à D.ieu, sur le véritable plan du pouvoir, sur le plan légal. Il met en place un stratagème juridique pour prouver que sa loi a plus d’effet que celle de leur D.ieu.

Pour pimenter son combat, Pharaon y ajoute une dose de perversion. Pourquoi se salir les mains ? Que des juives elles-mêmes exécutent ses décrets et mettent à mort les enfants mâles. Cela permettra de ne pas apparaître aux yeux de l’opinion comme un souverain trop cruel. Pour cela Pharaon sollicite deux sages-femmes, probablement de grande réputation, en leur ordonnant de tuer chaque nouveau-né mâle sur la pierre même de leur naissance et de laisser vivre les filles.

Le Or Ha’Haïm explique ici l’ingéniosité et le pseudo-humanisme de Pharaon. Ne tuez que les nouveaux nés mâles directement à la sortie du ventre de leur mère, pour ne pas éveiller les soupçons.

Crainte de Dieu et Désobéissance Civile

Qu’est-ce que la crainte de D.ieu ? Est-ce un sentiment ? Une posture ? Des actes. Les sages-femmes, en apprenant le décret de Pharaon, comprennent la responsabilité qui pèse entre leurs mains. Elles ne font pas que comprendre, elles mesurent aussi l’impact de leurs actes, elles décident donc d’être les plus vigilantes possibles quant au devenir de ces enfants. Le fait de pourvoir les enfants en nourriture et en eau leur permet de mettre toutes les chances de leur côté pour la survie de ces enfants. Leur crainte de D.ieu s’exprime donc ici en actes, tout faire pour jouer le rôle qui est le leur dans la communauté. A travers ces actes simples mais d’un immense courage, elles ont tué le décret de Pharaon dès sa conception, comme ce que cite le Or Ha’haim: “Elles ont fait annuler ce décret dès sa publication”. Les sages-femmes ici ne se sont pas positionnées par rapport à Pharaon. Elles n’avaient rien à lui prouver. Leur seule question était de savoir comment continuer à assumer leurs responsabilités.

Le verset dit qu’elles n’ont pas appliqué le décret de Pharaon. C’est vrai. Mais elles ont surtout gardé leurs idées claires dans une situation ou n’importe qui aurait pu réagir d’une manière plus poltronne et être paralysé par la peur. La crainte de D.ieu est moteur d’action quand la peur d’un homme l’empêche.

La Réponse des Sages-Femmes et la Crédulité de Pharaon

Comment va réagir Pharaon ? À priori Pharaon avait entendu par dénonciation les actes des sages-femmes mais il n’en avait pas de preuve explicite. Il est intéressant d’analyser ici une certaine image de crédulité de la part de Pharaon. À travers ses dires, il exprime une forme de passivité sur ce qui vient de se produire. Les sages-femmes sont-elles en train de mentir à Pharaon pour sauver leur peau ? Ou non ? Peut-être leurs paroles sont-elles sincères ?

Pharaon connaît la valeur des femmes hébreux, lui qui voulait les assimiler à son peuple. Les sages-femmes ne répondent finalement pas à la question de Pharaon sur leurs actes positifs, pourvoir les enfants en eau et en nourriture. Pourtant Pharaon se contente de leur réponse. Les sages-femmes disent à Pharaon: “Elles sont vigoureuses et farouches, elles anticipent notre venue en nous donnant des dates de termes plus tardifs.” Est-ce vrai ? Peut-être leur zèle a-t-il véritablement provoqué cette réaction chez les femmes ? La confiance des sages-femmes dans leur réponse, leur sincérité sur la réalité de terrain laisse Pharaon dépourvu. Pharaon, face à cette attitude, ne peut qu’imaginer les croire de bonne foi. Ce qui s’exprime finalement de leurs actes est : “Nous leurs apportons eau et nourriture pour les mettre en confiance afin de n’éveiller aucun soupçon auprès d’elles quant à l’exécution du décret du roi”. La force des sages-femmes dans l’affirmation de leur vérité pousse Pharaon à être soumis en quelque sorte à ces dires qui, pourrait-on penser, sont orientés, mais qui, en vérité, ne lui laisse croire que ce qu’il veut.

Le Décret Final et la Survie des Garçons

À la fin, le roi d’Égypte donne cet ordre à tout son peuple : « Tous les garçons qui vont naître chez les Hébreux, jetez-les dans le Nil ! Mais laissez vivre les filles.

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