L'avortement est une question complexe, profondément ancrée dans les considérations morales, éthiques et religieuses. Au sein de l'Église catholique, l'avortement est traditionnellement considéré comme un acte grave, mais la question des circonstances atténuantes suscite un débat important. Cet article vise à explorer les nuances de l'avortement dans le contexte catholique, en tenant compte des complexités et des points de vue divergents.
Information officielle en faveur de l’élimination
En France, l'étude des conséquences d'un avortement est inséparable de la tragique 'loi Aubry' de 2001, aggravée par la loi de 2017 : le « délit d’entrave » introduit une difficulté artificielle dans la recherche d’informations objectives et non biaisées. Par exemple un médecin - ou toute autre personne sur le chemin de candidates à l’avortement - est susceptible d’être inquiété simplement s’il indique les aides possibles pour pouvoir garder le bébé. Il lui est cependant loisible d’avertir la femme des conséquences médicales fâcheuses possibles d’un avortement. De sorte que la France se distingue par une information officielle uniquement en faveur de l’élimination, accentuée par les multiples pressions sur les divers acteurs.
Comprendre la position catholique traditionnelle
L'Église catholique considère que la vie humaine est sacrée dès la conception et que l'avortement est un acte qui y met fin de manière injuste. Cette position est basée sur la conviction que chaque être humain a le droit à la vie, un droit inaliénable qui doit être protégé. L'encyclique Evangelium Vitae de Jean-Paul II réaffirme cette position, soulignant la gravité morale de l'avortement direct, c'est-à-dire celui qui est voulu comme une fin ou comme un moyen.
La doctrine morale de l’Église
Il est clair pour la doctrine morale de l’Église qu’il existe des actes qui sont toujours objectivement des péchés graves, quelles que soient les intentions de celui qui les commet, et quelles que soient les circonstances.
Circonstances atténuantes : une perspective nuancée
Malgré cette position ferme, la théologie morale catholique reconnaît l'existence de circonstances atténuantes qui peuvent diminuer ou supprimer la responsabilité morale d'une personne qui a recours à l'avortement. Ces circonstances ne justifient pas l'acte lui-même, mais elles peuvent influencer le jugement porté sur la culpabilité de la personne.
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Facteurs atténuants potentiels
Plusieurs facteurs peuvent être considérés comme des circonstances atténuantes :
- La contrainte et la peur grave : Si une femme est forcée d'avorter en raison de menaces ou de pressions extrêmes, sa responsabilité morale peut être diminuée. De même, si elle agit par peur grave pour sa propre vie ou celle de son enfant, cela peut être pris en compte.
- L'ignorance et l'erreur : Une personne qui ignore la gravité morale de l'avortement ou qui est induite en erreur par des informations erronées peut être moins responsable de son acte.
- Les difficultés psychologiques et émotionnelles : Les femmes confrontées à des difficultés psychologiques ou émotionnelles importantes, telles que la dépression ou le stress post-traumatique, peuvent avoir une capacité de jugement altérée.
- La situation socio-économique : La pauvreté, le manque de soutien familial et d'autres difficultés socio-économiques peuvent rendre la décision d'avorter plus complexe et influencer la responsabilité morale.
Le discernement pastoral
L'Église catholique encourage les pasteurs et les conseillers spirituels à faire preuve de discernement et de compassion envers les femmes qui ont vécu un avortement. Il est important d'écouter leur histoire, de comprendre leurs motivations et de les accompagner sur le chemin de la guérison et de la réconciliation.
Le sacrement de réconciliation
Le sacrement de réconciliation (la confession) est un moyen privilégié pour les personnes qui ont avorté de recevoir le pardon de Dieu et de retrouver la paix intérieure. Ce sacrement offre un espace de dialogue, de repentance et de guérison spirituelle.
Conséquences de l'avortement
Les conséquences négatives d’un avortement n’excluent en rien un soulagement initial, de disparition d’une situation non voulue.
Conséquences physiques
Théoriquement jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée, souvent jusqu’à 9 semaines (majorité des cas). Les conséquences indésirables concernent une femme sur 5 [48.000 femmes par an] : une femme sur 6 [40.000] présente une hémorragie, une sur cent nécessitant une hospitalisation, le risque augmentant pour les très jeunes mères ; une sur 15 [16.000] présente un avortement incomplet et doit subir un curetage ; plus d’une sur cent [2.400] contracte une infection sévère. D’autres cas sont plus rares mais sérieux : lésions, entraînant par exemple des difficultés d’ordre sexuel ou de stérilité, maladies thrombo-emboliques, AVC, cancers, voire décès. À plus long terme on trouve un risque important d’accouchement prématuré des suivants, et une augmentation sensible du nombre de malformations des suivants. Les effets les plus fréquents pour la mère sont liés à la perturbation hormonale, et à l’acte chirurgical pour les plus graves : les lésions de l’utérus, en particulier du col, ne sont pas rares et peuvent entraîner la stérilité, ou des maladies chroniques (endométrite, placenta prævia, grossesse extra utérine…).
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Conséquences psychologiques
Dans les réactions les plus communes après un avortement, 80% des femmes éprouvent de la culpabilité, et autant regrettent leur choix ou se sentent perdues ; presque les deux tiers éprouvent de la colère et davantage souffrent de troubles dépressifs.
Conséquences sur le couple
Le couple est affecté, avec des ruptures fréquentes, la perte de libido voire des troubles plus sérieux. Un autre point mis en évidence dans une autre étude concerne la perte de repères dans l’éducation : les parents ayant eu recours à un avortement - transgression majeure du « tu ne tueras pas » commun à toute l’humanité - ne possèdent plus les capacités de hiérarchie et nuance des situations ; on les voit souvent surréagir à un fait anodin et rester passifs devant des circonstances graves.
Mortalité et comportements à risque
Le taux de mortalité lors des deux années qui suivent un avortement est multiplié par 3,5, par rapport à la moyenne des femmes ; à comparer avec la réduction de ce taux (env. 25%) pour celles qui mènent leur grossesse à terme. Le taux de suicide est particulièrement élevé. Les comportements à risque augmentent significativement : alcool, drogue, tabac, vagabondage sexuel. Des difficultés relationnelles sont le lot d’un quart des femmes concernées ; une sur 50 [env.
L'importance de la miséricorde
La miséricorde est au cœur de la foi catholique. Elle ne nie pas la gravité du péché, mais elle offre un chemin de guérison et de réconciliation. Comme l'a dit Jean-Paul II, l'erreur et le mal doivent toujours être condamnés et combattus, mais la personne qui tombe ou se trompe doit être comprise et aimée. Ne peut être pardonné qu’un acte qui est appelé par son nom et regretté. La miséricorde exige un changement de vie. Alors elle peut se déverser et elle est effectivement infinie. Alors on peut en éprouver et en goûter la tendresse.
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