La sécurité des enfants sur les routes est une préoccupation majeure. Bien que des progrès significatifs aient été réalisés, les accidents impliquant des enfants demeurent une réalité tragique. La route reste une cause importante de mortalité infantile à l'échelle mondiale. Cet article se penche sur les statistiques en France, les causes de ces accidents et les mesures de prévention à mettre en œuvre pour protéger nos enfants.
L'ampleur du problème : statistiques et chiffres clés
À l'échelle mondiale, environ 300 enfants meurent chaque jour sur les routes, auxquels s'ajoutent 1200 handicapés et 3000 blessés graves. En Europe, 593 enfants de moins de 15 ans sont décédés en 2017. En France, cette même année, 103 jeunes de moins de 15 ans ont perdu la vie sur la route.
Une étude européenne révèle qu'en 2016, 108 enfants (entre 0 et 14 ans) sont décédés sur les routes françaises. Cela représente neuf enfants tués pour un million d'habitants, un chiffre supérieur à la moyenne européenne de huit sur un million. Cette statistique est d'autant plus préoccupante que la mortalité infantile sur les routes diminue moins rapidement en France que dans le reste de l'Europe (-5% contre -7%).
Il est important de noter que les jeunes Français de 0 à 13 ans sont majoritairement (54% en 2017) victimes d'accidents graves en tant que piétons ou cyclistes. Chez les 14-17 ans, près de 60% sont victimes d'accidents graves en tant qu'usagers de deux-roues motorisés.
Les causes principales des accidents
Plusieurs facteurs contribuent à la vulnérabilité des enfants sur les routes.
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Différences de perception et de capacités
Les enfants ne sont pas des adultes miniatures. Leurs perceptions, capacités et réflexes diffèrent considérablement. Leur perception auditive, leurs fonctions visuelles, leurs aptitudes motrices, leurs capacités cognitives, leur compréhension des situations, leur mise en perspective égocentrique et leur conscience du danger sont très éloignées de celles des adultes. Ces différences, méconnues, deviennent des facteurs d'accidents.
Erreurs humaines
Comme le souligne DEKRA, les erreurs humaines sont souvent à l'origine des accidents de la route. Le non-port de la ceinture de sécurité, l'usage incorrect ou l'absence de système de retenue pour enfant, ou encore l'absence de casque contribuent à aggraver les blessures. En France, en 2017, près de 20% des enfants décédés dans une voiture de tourisme lors d'un accident de la route n'étaient pas attachés.
Une étude de la Sécurité routière relayée par Le Parisien révèle que 58% des sièges bébés étaient mal attachés en 2017. Or, 55% des enfants tués le sont alors qu'ils étaient passagers d'un véhicule.
Oubli d'enfants dans les voitures
Chaque été, des cas tragiques de bébés oubliés dans des voitures surchauffées sont rapportés. En quelques minutes, la température dans un véhicule peut devenir mortelle pour un enfant. Bien que rares, ces drames marquent les esprits.
Le neuroscientifique David Diamond explique que ce type d'oubli résulte d'une compétition entre la mémoire habituelle et la mémoire prospective. Lorsque la routine prend le dessus, surtout dans un contexte de stress, de fatigue ou de distraction, le cerveau peut "effacer" une tâche pourtant capitale.
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Sécurité des enfants en voiture : la France en retard
Selon un rapport européen, de nombreux parents feraient un mauvais usage du siège auto pour les enfants en France. Selon l’étude de l'association European Transport Safety Council, la mortalité routière impliquant les enfants est plus importante en France que dans les autres pays européens et régresse bien moins vite. L’une des principales explications serait la mauvaise utilisation des sièges auto par les parents. Ainsi, comme le révèle l’étude, 108 enfants (entre 0 et 14 ans) ont trouvé la mort sur nos routes en 2016, faisant de la France une des plus mauvaises élèves. En effet, la moyenne par pays et par an est de 8 décès sur 1 million alors que la France stagne à 9,1. Des chiffres faisant échos à l’étude réalisée en 2016 par l’association Prévention Routière, le laboratoire d’Accidentologie et Bébé Confort, qui montrait que près de 2/3 des enfants étaient mal ou pas attachés en voiture. Pour rappel, 55 % des enfants ont été tués alors qu’ils étaient passagers d'un véhicule. Les accidents en tant que piétons représentent 25 % des décès, à vélo 9 % et 4 % en deux-roues motorisé. Ce qui fait des plus jeunes, des usagers particulièrement vulnérables sur la route.
Mesures de prévention et recommandations
Pour améliorer durablement la sécurité des enfants sur les routes, il est essentiel d'agir sur plusieurs fronts :
Sensibilisation et éducation
Une majorité de Français (58%) considère que les enfants ne sont pas assez sensibilisés à la sécurité routière. Il est donc primordial d'intégrer des leçons de prévention au cours de la scolarité. Les parents jouent également un rôle essentiel en montrant l'exemple et en expliquant les règles de sécurité à leurs enfants.
Utilisation correcte des systèmes de retenue
Il est impératif d'utiliser un siège auto adapté à la taille et à l'âge de l'enfant, et de s'assurer qu'il est correctement installé. Le harnais et les sangles ne doivent pas être entortillés et doivent être bien réglés par rapport au corps de l'enfant. Il est recommandé d'utiliser un siège bébé jusqu'à 10 kg, un siège vers l'arrière jusqu'à 18 kg, un autre vers l'avant jusqu'à 30 kg, puis un simple rehausseur.
Amélioration des infrastructures
L'infrastructure joue également un rôle important pour la sécurité des enfants sur les routes. Il est essentiel d'aménager des zones sécurisées aux abords des écoles, de limiter la vitesse de circulation à 30 km/h maximum sur les itinéraires menant aux écoles, et d'éliminer les obstacles gênant la visibilité à hauteur des zones d'insertion, des croisements et des passages piétons.
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Technologies et dispositifs d'alerte
Certains constructeurs automobiles ont intégré des systèmes de rappel sonore lorsque la portière arrière a été ouverte au départ. En Italie, une loi rend obligatoire l'installation d'un dispositif d'alerte dans les sièges auto pour les enfants de moins de 4 ans. Des applications comme Waze intègrent une fonction "rappel d'enfant".
Recommandations de DEKRA
DEKRA formule 13 recommandations pour faire baisser durablement l'accidentologie des moins de 15 ans :
- Les enfants doivent toujours être transportés aux places prévues à cet effet dans/ou sur les véhicules (voitures, vélos, motos).
- Quel que soit le trajet, les enfants doivent être transportés dans des systèmes de retenue adaptés à leur âge et/ou à leur taille (siège auto, coque pour bébé).
- Les enfants à vélo doivent impérativement porter un casque en toutes circonstances.
- Les vélos doivent être équipés de dispositifs d'éclairage passifs et actifs fonctionnels.
- Il faut promouvoir l'adoption des règles, notamment en ce qui concerne la vitesse, le respect des feux de circulation et le comportement vis-à-vis des piétons et des cyclistes.
- Les parents doivent permettre à leurs enfants d'acquérir une expérience de la circulation routière et les compétences qui y sont liées.
- Si les parents ne peuvent absolument pas éviter de conduire leurs enfants à l'école en voiture, ils doivent au moins s'organiser de manière à ne mettre personne en danger aux abords de l'établissement.
- Les obstacles gênant la visibilité doivent être éliminés.
- La vitesse de circulation doit être systématiquement limitée à 30 km/h maximum sur les itinéraires menant aux écoles.
- Les enfants doivent apprendre à se comporter de manière adéquate dans les bus et aux arrêts de bus.
- Un entretien soigneux des pistes cyclables est incontournable.
- Il faut éduquer les enfants à la sécurité routière dès leur plus jeune âge.
- Chaque adulte doit être conscient de son rôle de modèle pour les enfants.
Comment éviter un drame ?
Pour prévenir ces drames, la technologie apporte aujourd'hui des réponses concrètes. Certains sièges-auto sont équipés de capteurs qui déclenchent une alerte en cas d'oubli. De plus en plus de véhicules récents peuvent également détecter une présence dans l'habitacle une fois le moteur coupé. Des applications comme Waze intègrent une fonction "rappel d'enfant", à activer pour recevoir une alerte en fin de trajet. Des gestes simples peuvent aider : placer un objet personnel (sac, téléphone) sur la banquette arrière à côté de l'enfant, ou garder l'un de ses jouets à l’avant, permet de ne pas l'oublier.
De plus, les enfants peuvent agir pour que leur parcours soit plus sûr, notamment en portant systématiquement des vêtements à contraste élevé avec des éléments rétroréfléchissants et en s’assurant du bon état de leur bicyclette (freins et lumières).
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