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Avortement aux Pays-Bas : Informations et Tarifs pour les Femmes Françaises

En France, le délai légal pour une interruption volontaire de grossesse (IVG) est de 14 semaines de grossesse. Cependant, certaines femmes se trouvent dans la nécessité d'avorter au-delà de ce délai. Elles sont alors confrontées à la difficulté de devoir se rendre à l'étranger, notamment aux Pays-Bas, où le délai légal est plus long, soit 22 semaines. Cet article vise à informer les femmes françaises sur les aspects pratiques et financiers liés à un avortement aux Pays-Bas.

La problématique du dépassement de délai en France

Malgré l'allongement du délai légal d'IVG en France de 12 à 14 semaines, des situations persistent où des femmes se retrouvent hors délai. Les raisons sont multiples :

  • Déni de grossesse : Certaines femmes ne réalisent pas qu'elles sont enceintes avant un stade avancé de la grossesse. Éléonore, par exemple, a découvert sa grossesse à 14 semaines suite à un déni partiel.
  • Situations sociales difficiles : Les femmes victimes de violences, de viols ou confrontées à des difficultés socio-économiques peuvent tarder à prendre la décision d'avorter.
  • Délai entre le premier rendez-vous et l'intervention : En France, il s'écoule en moyenne trois semaines entre le premier rendez-vous et l'IVG, ce qui peut amener certaines femmes à dépasser le délai légal.
  • Informations erronées : Certaines femmes croient à des rumeurs infondées sur la stérilité liée à la prise de pilule du lendemain ou à un avortement antérieur.

Ces situations mettent en lumière l'importance de l'accès à l'information et à un accompagnement adapté pour toutes les femmes, afin d'éviter qu'elles ne se retrouvent dans des situations d'urgence.

Les Pays-Bas : une solution pour les IVG tardives

Aux Pays-Bas, l'avortement est légal jusqu'à 22 semaines d'aménorrhée. La clinique orthogénique Bloemenhove et la Clinique Amsterdam accueillent des femmes et des jeunes filles, quelle que soit leur nationalité, pour des IVG anonymes. Les jeunes filles de 16 ans ou plus sont en droit de décider elles-mêmes si elles souhaitent avorter. Celles de moins de 16 ans doivent obtenir le consentement de leurs parents, mais la clinique peut être contactée en cas d'impossibilité d'obtenir ce consentement.

Le parcours de l'IVG aux Pays-Bas

Plusieurs étapes sont à prévoir pour une IVG aux Pays-Bas :

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  1. Prise de contact avec la clinique : Il est conseillé de contacter la clinique Bloemenhove ou la Clinique Amsterdam pour obtenir des informations et prendre rendez-vous.
  2. Voyage et hébergement : Les femmes doivent organiser leur voyage et leur hébergement aux Pays-Bas. Le bus de nuit est souvent l'option la moins chère.
  3. Consultation médicale : Lors du premier rendez-vous, le médecin demande les motivations de la patiente et une attestation médicale prouvant un délai de réflexion de cinq jours, conformément à la loi néerlandaise.
  4. Intervention : La méthode utilisée dépend du stade de la grossesse. La Beahuis & Bloemenhovekliniek utilise la "méthode Finks" pour les IVG tardives, en deux temps : administration de misoprostol pour dilater le col et provoquer des contractions, puis aspiration ou extraction du fœtus.
  5. Suivi : La clinique offre gratuitement trois plaquettes de pilule contraceptive.

Coût d'un avortement aux Pays-Bas

Les tarifs des avortements sont fixés par l'administration néerlandaise. Si vous résidez à l'étranger, un avortement en Hollande vous sera facturé. Les prix varient en fonction du stade de la grossesse. En 2022, les prix se situaient entre 780 et 965 euros selon le stade de la grossesse.

Il est important de noter que le coût total d'un avortement aux Pays-Bas pour une Française peut s'élever jusqu'à 1 400 euros, en incluant le trajet et l'hébergement.

Prise en charge des coûts

Si vous résidez aux Pays-Bas et êtes assurée au titre de la Loi sur les soins de longue durée (WLZ), l'avortement est gratuit. Pour prouver votre affiliation à la WLZ, vous devez présenter votre carte d'assurance maladie néerlandaise ou un extrait du registre de la population si vous payez des impôts aux Pays-Bas.

Si vous résidez à l'étranger, vous devrez régler les frais de l'IVG avant l'intervention. Le règlement doit être effectué avant l’intervention (à l’accueil).

Aides financières

Face au coût élevé d'un avortement à l'étranger, plusieurs associations et plannings familiaux proposent des aides financières. Le Planning Familial 31 a mis en place une caisse de solidarité pour aider les femmes à hauteur des dons qu'ils reçoivent. Le planning familial du Bas-Rhin a également lancé une cagnotte de solidarité.

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Témoignages et réalités

Les témoignages de femmes ayant avorté à l'étranger révèlent les difficultés et les épreuves qu'elles ont dû surmonter. Anne-Laure et Adèle ont toutes deux avorté en Espagne et soulignent le coût financier important, le manque d'intimité et la barrière de la langue. Elles insistent sur la nécessité d'allonger le délai légal d'IVG en France pour éviter à d'autres femmes de vivre cette expérience douloureuse.

Sofia, enceinte de quinze semaines, a dû se rendre aux Pays-Bas pour avorter. Elle a voyagé seule en bus de nuit pour économiser de l'argent et a gardé son déplacement secret en raison de sa religion. Lina, enceinte de vingt semaines, a pu avorter grâce à l'aide financière de son patron.

Ces témoignages mettent en lumière la vulnérabilité des femmes contraintes d'avorter à l'étranger et la nécessité d'une meilleure prise en charge en France.

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tags: #avortement #Pays-Bas #informations #tarifs

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