Le sommeil est un pilier essentiel du développement de l'enfant, au même titre que l'alimentation et les interactions avec les personnes qui s'occupent de lui. Cependant, le sommeil de bébé, notamment autour de 20 mois, peut être perturbé. Cet article explore les causes possibles de ces perturbations et propose des solutions adaptées.
Importance du Sommeil pour Bébé
Pour votre tout-petit, le sommeil est absolument nécessaire à la croissance et au développement. À 6 mois, de nombreux bébés dormiront toute la nuit, préférant rester éveillés plus longtemps pendant la journée. Vers 18 mois, les enfants font souvent une sieste plus longue par jour au lieu de deux siestes plus courtes. De 0 à 3 ans, les enfants ont besoin en moyenne de 11 heures à 12 heures de sommeil chaque nuit. Mais il y a beaucoup de variabilité dans les besoins et les habitudes de sommeil.
Causes des Perturbations du Sommeil à 20 Mois
Pour ceux qui croyaient que les difficultés de sommeil étaient terminées, la réalité les rattrape bien vite ! Le sommeil n’est jamais acquis ! Et voilà, bébé fait ses nuits. On a passé le cap des 12 mois et des acquisitions motrices, étape cruciale et sportive pour les parents ! Grandir n’est pas si simple. À 18 mois, le sommeil se voit interrompu, parfois plusieurs fois, au cours de la nuit. La sieste soudain se refuse, Bref, la tranquillité qui semblait enfin s’être installée vole en éclats. Ne culpabilisez pas ! Cette phase de développement est cruciale et ne doit pas être ignorée. Il est essentiel de ne pas essayer d’étouffer ou de réprimer les angoisses de l’enfant, car cela pourrait conduire à une intériorisation des problèmes. Il faut plutôt lui offrir un soutien compatissant et faire preuve de beaucoup de patience pour traverser ces quelques semaines intenses.
Cette crise inattendue a un nom : « la régression du sommeil dès 18 mois ». Cette phase peut durer de 3 à 6 semaines. Aussi, ne nous affolons pas. Il s’agit d’une étape naturelle de la croissance de l’enfant. À cet âge, l’enfant prend de plus en plus conscience de lui-même, de ses capacités, mais aussi de son environnement. Là encore, ne nous décourageons pas! Il s’agit de préserver, retrouver un équilibre.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces perturbations :
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- Régression du Sommeil : Autour de 18 mois, le développement de la personnalité et du langage peuvent perturber le sommeil de notre enfant. À cela s’ajoute une apogée de l’angoisse de la séparation. Comme entre 7 et 9 mois, elle se traduit par des pleurs quand on quitte la pièce, la peur de se séparer de nous. C’est un âge charnière où notre enfant se met à dire non, à exprimer sa volonté, sa colère. Sa personnalité s’affirme le plus souvent avec sa figure d’attachement principale, ce qui explique qu’on ait parfois aucun problème à la crèche ou chez les grands-parents…
- Anxiété de Séparation : Vers l’âge de 8 ou 9 mois, bébé prend conscience qu’il est un individu à part entière et peut avoir le plus grand mal à quitter ses parents pour aller au lit. Les couchers sont alors difficiles.
- Poussées Dentaires : Les poussées dentaires sont une épreuve pour bébé, mais aussi pour toute la famille car il n’est pas rare qu’elles perturbent énormément le sommeil de l’enfant.
- Acquisitions Motrices et Cognitives : Dès lors qu’une nouvelle acquisition se met en place (marche, parole), le sommeil peut en pâtir : trop de choses se passent dans le cerveau de notre bébé, il mobilise de nombreuses ressources si bien qu’il ne peut pas tout gérer, cela peut donc provoquer plus de réveils nocturnes ou des difficultés d’endormissement dans cette période. Bébé se retourne, il se met assis, il marche ou commence à parler, autant d’étapes importantes de son développement qui peuvent jouer sur la qualité de son sommeil.
- Besoin Affectif : Cela peut paraître évident mais bébé peut se réveiller la nuit et réclamer votre présence tout simplement parce qu’il a besoin de vous. Il veut être rassuré, câliné, consolé. Il s’agit alors de répondre à ses besoins et d’être à ses côtés, même si la fatigue se fait sentir.
- Facteurs Environnementaux : Un événement dans le foyer. Même si bébé n’est pas en capacité d’intellectualiser ce qui se passe autour de lui, il ressent tout.
- Troubles du Sommeil : Si votre enfant a du mal à s’endormir, fait des cauchemars persistants, se réveille souvent la nuit, ronfle ou respire par la bouche, il pourrait avoir un trouble du sommeil. En France, 24 % des parents rapportent un trouble de sommeil chez leur enfant dont seulement 20 % auraient une cause médicale telle que des reflux, de l’asthme, des douleurs ou encore de l’anxiété. En dehors des troubles liés à la santé, 80 % des insomnies infantiles seraient liées à de mauvaises habitudes de sommeil.
Solutions et Conseils
Face à ces perturbations, plusieurs approches peuvent être envisagées :
- Routine Rassurante : Établissez une routine quotidienne prévisible et rassurante pour votre enfant. Les routines sont particulièrement importantes pour les nourrissons. Visez une routine qui soit réconfortante et relaxante, créant une atmosphère idéale pour le coucher. Il est bon de préserver les points de repères, les rituels du soir, la régularité des activités de la journée en les adaptant progressivement à l’évolution des besoins de l’enfant.
- Réconfort et Sécurité : Assurez à votre enfant qu’il est en sécurité et qu’il est aimé.
- Transitions en Douceur : Préparez votre enfant aux transitions en lui donnant des avertissements avant de vous séparer.
- Maintien de la Promesse : Lorsque vous quittez votre enfant, assurez-vous de lui dire que vous reviendrez. Il est important de maintenir cette promesse pour renforcer la confiance de votre enfant en vous.
- Ne Pas Renoncer à la Sieste : Ce moment de calme est important. Même si bébé résiste, un temps de repos lui est nécessaire, sinon la fin de journée risque d’être assez difficile. Il n’est pas grave de la rendre plus courte, mais il vaut mieux ne pas l’abandonner. Elle fait partie des routines de la journée.
- Créer un Environnement Sécurisé : Assurez-vous que l’environnement dans lequel votre enfant reste en votre absence est confortable et sécurisé. Créer un environnement propice au sommeil est important car il prépare le terrain pour le sommeil en réduisant les distractions. Cependant, vous pouvez aider à réguler la température extérieure.
- Éviter les Adieux Prolongés : Évitez les adieux prolongés qui peuvent prolonger la détresse de votre enfant.
- Cohérence dans l'Approche : Pour aider votre enfant à comprendre ce qui va se passer.
- Bienveillance Ferme : Une bienveillance ferme est souvent la réaction la plus pertinente aux étapes naturelles de la croissance que sont les crises liées au développement de l’enfant.
- Temps pour les Craintes : Les fantômes et autres créatures effrayantes peuvent réellement effrayer votre enfant à partir de 2 ans et demi-3 ans, la nuit et au coucher. Nous vous recommandons de prévoir du temps pendant la journée pour répondre à toutes les craintes et d’éviter d’utiliser l’heure du coucher pour ce type de conversations.
- Activités Calmes Avant le Coucher : Gardez les activités calmes avant le coucher. Cela peut aider à éviter des quantités excessives de cortisol dans le corps de votre enfant.
- Gérer les Régressions du Sommeil : Ce qui est important c’est de se dire que ce n’est pas lié à ce qu’on fait ; si tout fonctionnait avant, il faut maintenir ses habitudes au maximum : rythme, rituel, etc. Ne rien modifier pour rassurer son enfant et si possible, ne pas intégrer de nouvelles habitudes (le prendre dans son lit si on ne le faisait pas ou plus par exemple). La meilleure réaction sera d’être patient et à l’écoute de son enfant en sachant ce qu’il traverse ; être un peu plus avec lui en se disant que ça va passer ; plutôt adopter une attitude de soutien que de lutte.
- Éviter les Écrans : L’utilisation des écrans, même indirectement, peut impacter le sommeil des enfants. En clinique, nous avons tendance à dire que chaque minute d’écran correspond à une minute de sommeil en moins, et de mauvaise qualité.
Quand Consulter ?
Si les troubles persistent au-delà d’un mois, il est conseillé de consulter un spécialiste. Un mauvais sommeil peut avoir un impact sur le développement cognitif de l’enfant. Le manque de sommeil parental peut mener à de l’épuisement, à des tensions conjugales, voire à des situations de maltraitance.
Le Rôle des Parents
Les pères restent aujourd’hui très absents de nos consultations : 95 % des patients rencontrés en consultation sont des mères et, parmi elles, 60 % veillent sur leur enfant la nuit de façon exclusive (sans l’aide du père) alors qu’elles travaillent à plein temps. Ce que nous savons d’après nos recherches récentes, c’est que le sommeil du jeune enfant se porte mieux lorsque le père s’investit dans la gestion du sommeil.
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