Les troubles du sommeil chez l'enfant sont variés et peuvent avoir de forts impacts sur leur développement et leur bien-être. Il est essentiel de les reconnaître et de consulter des professionnels de santé pour les diagnostiquer et mettre en place des traitements appropriés. Entre 6 mois et 3 ans, 25 à 50% des enfants présentent des troubles du sommeil.
Types de troubles du sommeil
Il existe plusieurs types de troubles du sommeil chez l'enfant :
- Insomnie : Il s’agit de difficultés à s’endormir ou à rester endormi. Ce trouble se traduit par des difficultés à s’endormir, des réveils nocturnes fréquents, et parfois une fatigue diurne. Il affecte entre 10 et 30% des enfants et des adolescents.
- Apnée du sommeil : Il s’agit d’une obstruction intermittente des voies respiratoires supérieures pendant le sommeil. L’apnée se traduit par des ronflements forts, des pauses respiratoires, un sommeil agité, une somnolence diurne. Elle touche 1 à 5% des enfants.
- Syndrome de résistance des voies aériennes supérieures : Ce syndrome est une forme moins sévère d’apnée du sommeil avec résistance accrue des voies respiratoires sans pauses respiratoires complètes.
- Parasomnies : Les parasomnies regroupent les comportements anormaux pendant le sommeil. Elles se divisent en trois principaux groupes : le somnambulisme (touche environ 15 % des enfants, notamment entre 4 et 8 ans, et ce trouble tend à diminuer à l’adolescence), les terreurs nocturnes et les cauchemars (rêves effrayants provoquant des éveils, de la peur intense, des difficultés à se rendormir).
- Troubles du rythme circadien : Les troubles du rythme circadien sont liés à l’horloge interne du corps, qui régule les cycles de sommeil et d’éveil sur une période d’environ 24 heures. Une personne atteinte de troubles du rythme circadien éprouve des difficultés à s’endormir et à se réveiller à des heures souhaitées.
- Syndrome des jambes sans repos : Il s’agit de sensations désagréables dans les jambes et de mouvements involontaires des membres pendant le sommeil. Les patients présentant un syndrome des jambes sans repos ressentent un besoin irrésistible de bouger les jambes, subissent des mouvements jambiers pendant le sommeil, et ont de fait un sommeil fragmenté.
Causes des troubles du sommeil chez le bébé de 5 mois
Les troubles du sommeil chez les enfants peuvent être causés par divers facteurs : des conditions de sommeil non optimales (bruits, lumière, chaleur …), des allergies, de l’asthme, des reflux gastro-œsophagiens, de l’anxiété, du stress, des troubles émotionnels, un surpoids, des antécédents familiaux de troubles du sommeil, etc. De manière ponctuelle, il y a plusieurs pourvoyeurs habituels de réveils nocturnes chez le petit enfant : les coliques, les poussées dentaires, et les otites. L’otite est une inflammation de l’oreille qui nécessite d'être prise en charge par le médecin. La position allongée augmentant la pression dans l’oreille moyenne, les douleurs de l’otite sont exacerbées la nuit. Enfin, il peut s’agir de simples petites erreurs alimentaires : si les apports en liquide sont trop faibles, l’enfant peut être constipé et avoir mal au ventre. A l’inverse, une quantité excessive de liquide peut favoriser un reflux ; cela peut aussi augmenter les réveils nocturnes par l’envie de faire pipi.
Régression du sommeil à 4 mois
Les premiers grands changements dans la routine de sommeil de votre enfant se produisent souvent vers l'âge de 4 mois. En effet, c'est autour de cette période que les bébés passent des schémas de sommeil des nouveau-nés à des cycles de sommeil plus proches de ceux des adultes. Ces cycles comprennent des phases de sommeil plus léger et en conséquence, vous pourriez remarquer que votre bébé se réveille plus souvent ou qu'il a plus de mal à se rendormir. Cette transition du sommeil peut être particulièrement notable si votre bébé dormait bien auparavant. Il n’est pas rare que les siestes deviennent plus courtes ou que le coucher paraisse plus difficile pendant cette étape.
Régression du sommeil à 6 mois
Vers six mois, une régression du sommeil peut survenir car bébé est plus éveillé et actif, ce qui complique l’endormissement le soir. Il peut s'avérer particulièrement utile à ce stade de mettre en place un rituel du coucher régulier, adapté à votre foyer et au tempérament de votre bébé. En limitant progressivement l'attention que vous portez à votre enfant lorsqu'il se réveille la nuit, vous l'incitez à se calmer et à se rendormir seul, ce qui favorise à son tour un sommeil plus long et plus réparateur.
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Autres causes
- L'angoisse de la séparation
- La surstimulation et une conscience de soi accrue
- Les changements dans les habitudes ou l’environnement
- Les poussées dentaires ou les gênes temporaires.
Conséquences des troubles du sommeil
Les troubles du sommeil chez les enfants peuvent entraîner des conséquences profondes et variées sur leur santé et leur développement global.
- Impact sur la mémoire et l'apprentissage : Le sommeil, en particulier le sommeil paradoxal, est essentiel pour la consolidation des souvenirs. Les interruptions fréquentes du sommeil peuvent perturber ce processus, entraînant des difficultés à mémoriser et à rappeler des informations. Les enfants avec des troubles du sommeil sont plus susceptibles de présenter des difficultés scolaires. Les fonctions exécutives, telles que la planification, l’organisation, la prise de décision et la régulation émotionnelle, sont fortement influencées par la qualité du sommeil.
- Fonctionnement cérébral : Le sommeil est nécessaire pour le fonctionnement optimal du cortex préfrontal, une région du cerveau impliquée dans la prise de décision, la résolution de problèmes et le contrôle de l’attention. Il permet au cerveau de restaurer ses niveaux d’énergie et de se débarrasser des déchets métaboliques accumulés pendant l’éveil.
- Régulation émotionnelle : Le sommeil joue un rôle clé dans la régulation des émotions. Les enfants qui dorment suffisamment sont plus à même de gérer le stress, de réguler leurs humeurs et de faire face aux défis émotionnels. Le manque de sommeil peut exacerber les symptômes de l’anxiété et de la dépression chez les enfants. Les enfants qui ne dorment pas suffisamment peuvent devenir plus irritables et présenter des symptômes de dépression.
- Gestion du stress : Le sommeil aide à la gestion du stress en réduisant les niveaux de cortisol, l’hormone du stress. Les enfants avec une bonne hygiène de sommeil sont plus résilients face aux situations stressantes et ont une meilleure capacité à se calmer. Le manque de sommeil peut augmenter les comportements agressifs.
- Comportement : Les enfants privés de sommeil peuvent montrer des signes d’hyperactivité et de comportement impulsif, souvent confondus avec les symptômes du TDAH. Les troubles du sommeil peuvent affecter les compétences sociales des enfants, les rendant plus susceptibles de s’isoler ou d’avoir des interactions sociales négatives.
- Croissance et système immunitaire : Le sommeil profond (stade N3 du sommeil non-REM) est particulièrement important pour la libération de l’hormone de croissance. Cette hormone sert à la croissance des os et des tissus, ainsi que pour la réparation cellulaire. Le sommeil aide à renforcer le système immunitaire en permettant au corps de produire des cytokines, qui sont des protéines combattant les infections, les inflammations et le stress.
- Régulation de l'appétit : Le sommeil régule les hormones impliquées dans la faim et la satiété, comme la leptine et la ghréline. Un sommeil insuffisant peut déséquilibrer ces hormones, augmentant le risque d’obésité chez les enfants.
Recommandations de sommeil selon l’âge
Les besoins en sommeil varient considérablement selon l’âge de l’enfant. Le sommeil de l’enfant est influencé par une variété de facteurs, incluant l’âge, l’environnement, les habitudes de sommeil, et les aspects émotionnels et physiques. À mesure qu’un enfant grandit, ses besoins en sommeil évoluent. Les nourrissons nécessitent plus de sommeil que les enfants plus âgés. Un environnement de sommeil confortable et sécurisé, sans bruits excessifs ni lumières fortes, favorise un meilleur sommeil.
Que faire face aux troubles du sommeil ?
Il est important de discuter du sommeil de votre bébé à chaque visite avec son médecin ou à la PMI afin que l’on puisse vous conseiller, mais aussi vous rassurer sur son évolution. Les problèmes de sommeil entre la naissance et 3 ans ont une cause médicale dans 15 à 20% des cas seulement. Ce sont les signes qui tendent à se répéter et qui persistent dans le temps, qui peuvent alerter : le bébé s’agite et crie, il parait souffrir. Il pleure de façon inhabituelle et prolongée, et se montre réticent à toute consolation. La présence de régurgitations peut être un signe évocateur d’un reflux gastro-œsophagien. L’allergie aux protéines de lait de vache peut être difficile à diagnostiquer du fait de symptômes peu spécifiques : la nuit, l’enfant est agité et douloureux, et la journée il se montre irritable et inconfortable. Cette intolérance est souvent héréditaire et associée à un eczéma.
Thérapie comportementale
La thérapie comportementale est l’une des techniques possibles pour faciliter cet apprentissage. Elle n’est pas conseillée avant 6 mois car, les premiers mois de vie, le contact physique est indispensable au bébé pour acquérir ce sentiment de sécurité qui lui permettra plus tard d’être autonome dans son sommeil. Elle ne fonctionnera que si les parents sont convaincus de son bien-fondé. Si les parents sont sereins, le bébé le sera aussi ! Se sentant en sécurité, il pourra apprendre à trouver seul son sommeil.
- Phase de préparation : dans la journée, instaurer une promenade deux fois par jour, pour exposer le bébé à la lumière du jour. Y associer des horaires de siestes et de repas réguliers, en évitant toute fin de sieste après 16 h.
- Phase de thérapie : bien expliquer à l’enfant ce que l’on va faire, et pourquoi : « Tu vas apprendre à dormir tout seul en sécurité dans ton lit. Papa et maman seront toujours là si tu as besoin d’eux, mais nous pensons que le meilleur endroit pour ton sommeil est ton lit, dans ta chambre… ». Coucher l’enfant à son heure de coucher habituelle et se montrer ensuite le moins interventionniste possible. En pratique : retourner voir l’enfant en espaçant progressivement l’intervalle de temps entre deux visites. C’est aux parents de choisir, en fonction de leurs convictions, le temps adapté pour que l’enfant apprenne à mobiliser ses propres ressources. Vous pouvez par exemple faire 2 minutes, puis 4 minutes, puis 6 minutes…. il faut, dans un premier temps, reculer un peu l’heure du coucher, en couchant l’enfant à l’heure où il est le plus fréquemment endormi. Ensuite, la thérapie suit les mêmes étapes que celles utilisées pour les enfants ayant des troubles de l’endormissement. Les parents attendent que leur enfant s’endorme sans difficulté.
Autres solutions
- Co-sleeping : Pour quelques familles, le fait de dormir avec leur enfant est une solution. Cette pratique est présente chez 16% des enfants, mais devient plus rare après l’âge de 6 ans. Pour les parents qui souhaitent favoriser l’autonomie au sommeil, une thérapie comportementale telle que décrite ci-dessus est une bonne alternative.
- Visites nocturnes : Contrairement à l’endormissement, il est plutôt recommandé de ne faire qu’une seule visite à l’enfant, et ensuite de ne plus y retourner.
- Routine du coucher : Établir une routine calme et cohérente avant le coucher. Tamiser les lumières et limitez les activités stimulantes avant le coucher. Lisez un livre ensemble, bercez votre enfant doucement ou chantez-lui une berceuse. Utilisez une machine à bruit blanc ou des rideaux occultants pour réduire les perturbations. Proposez à votre enfant la même routine de détente chaque nuit.
- Environnement de sommeil : Créer un environnement propice au sommeil est important car il prépare le terrain pour le sommeil en réduisant les distractions. Maintenir une température ambiante légèrement plus fraîche (autour de 18-20 °C).
Que faire face à une régression du sommeil ?
Si vous vous demandez comment gérer une régression du sommeil, sachez que l'important est de réagir de manière cohérente, réconfortante, et de faire preuve de patience.
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- Répondre au besoin de réconfort sans créer de nouvelles dépendances : Offrez votre présence plutôt que des artifices. Asseyez-vous calmement à côté de son lit pendant quelques minutes. La voix apaisante d’un parent peut suffire à rassurer.
- Adapter l'environnement et les horaires de sieste : Avancez le coucher de 15 à 30 minutes pour compenser les réveils nocturnes plus fréquents. Maintenez une régularité dans les siestes, même si leur durée varie.
- S'assurer que les besoins de base sont comblés : Surveillez que votre enfant mange suffisamment pendant la journée. Évitez les repas trop lourds le soir. Vérifiez que le pyjama n’est pas trop serré, que la couche est propre et que son lit est confortable.
- Prendre soin de soi (parents) : Soutenez-vous avec votre conjoint. Plus vous serez reposé et plus il sera facile pour vous de rassurer votre enfant dans le calme et la régularité.
Quand s'inquiéter ?
- Si la régression dure plus de 4 à 6 semaines.
- Si des symptômes supplémentaires accompagnent les difficultés de sommeil : changements importants d’appétit durant plus d’une semaine, forte anxiété de séparation qui perturbe les activités quotidiennes, régressions multiples dans le développement, symptômes physiques comme des maux de ventre ou de tête persistants.
Conseils supplémentaires
- Éviter les écrans : Il faut éviter d’utiliser les écrans au moins deux heures avant d’aller dormir. Chaque minute d’écran correspond à une minute de sommeil en moins, et de mauvaise qualité. La lumière bleue émise par les écrans perturbe la sécrétion de mélatonine, l’hormone du temps.
- Ne pas réveiller un enfant qui dort : On ne réveille pas un enfant qui dort, sauf si vous y êtes obligés pour l’amener à la crèche, par exemple, en fonction de vos horaires de travail. Et non, on ne peut pas obliger un enfant à dormir.
- Fiez-vous aux signes de fatigue : Fiez-vous à ses signes de fatigue pour le coucher et à ses éveils pour le lever.
- Soyez patient : Le sommeil des bébés n’est à peu près réglé que entre 4 et 6 mois et qu’il est parfaitement normal qu’un bébé se réveille la nuit jusqu’à environ 6 mois. Acceptez de laisser un peu de temps à votre enfant pour qu’il apprenne à se rendormir seul.
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