La mononucléose infectieuse, communément appelée « maladie du baiser », est une pathologie virale dont la transmission s'effectue principalement par la salive. Cet article se propose d'examiner en détail les aspects de cette maladie, en abordant sa transmission, ses symptômes, son diagnostic, ainsi que les infections oculaires liées à l'herpès.
Transmission et Prévalence de la Mononucléose
La mononucléose infectieuse est une maladie virale qui touche chaque année entre 70 000 et 100 000 Français. Elle est causée par le virus d'Epstein-Barr (VEB), un membre de la famille de l'herpès. La transmission de ce virus se fait principalement par la salive, ce qui explique son surnom de « maladie du baiser ».
La primo-infection par HSV-1 est asymptomatique dans la presque totalité des cas : 94 % d’après Liesegang et al. Les quelques primo-infections cliniquement symptomatiques (soit 6 % des cas) surviennent presque exclusivement dans la sphère oropharyngée. L’âge de la primo-infection est plus précoce dans les populations où la promiscuité est importante et les conditions d’hygiène médiocres. Dans les pays occidentaux, il a d’ailleurs tendance à se déplacer de l’enfance à l’adolescence, voire au début de la vie d’adulte. Si l’on se réfère à la présence d’anticorps spécifiques dans le sang, le nombre de personnes infectées par HSV-1 passe de 23 % à 15 ans à 50 % à 30 ans, alors que l’infection à HSV-2 passe de 0,4 % à 22 %. On estime généralement que la séroprévalence de l’infection herpétique augmente ensuite de 10 % par décennie.
Symptômes et Diagnostic
Cette maladie virale entraîne une grande fatigue, une angine aiguë, une fièvre élevée et la présence de ganglions au niveau du cou. La mononucléose se diagnostique par un test sanguin (MNI test), souvent prescrit par un médecin.
Infections Oculaires et Herpès
Les infections de la surface oculaire dues à herpes simplex virus (HSV) et au virus varicelle-zona (varicella-zoster virus ou VZV) sont un motif fréquent de consultation dans les cabinets d’ophtalmologie. Les infections cornéennes et conjonctivales virales liées à herpes simplex virus (HSV) et au virus varicelle-zona (varicella-zoster virus ou VZV) représentent une part importante des pathologies infectieuses du segment antérieur de l’œil. Si certaines formes cliniques sont particulièrement évocatrices, d’autres peuvent prendre des aspects plus difficiles à reconnaître. Pour autant, la rapidité de la prise en charge diagnostique et donc thérapeutique reste le meilleur atout pour conserver une bonne acuité visuelle. Pour les infections herpétiques de la surface oculaire, c’est surtout le type 1 d’herpes simplex virus (HSV-1) qui est responsable des atteintes cliniques de l’adulte et de l’enfant, le type 2 (HSV-2) étant presque uniquement rencontré dans les infections néonatales, lors d’un accouchement par voie basse dans un contexte d’infection génitale active chez la parturiante.
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Les lésions oculaires peuvent être minimes (conjonctivite, kératite ponctuée superficielle) ou plus sévères. Selon les études, entre 15 et 45 % de la population générale en France présente régulièrement des épisodes d’herpès labial (bouton de fièvre), et 0,15 % est concernée par l’herpès oculaire, ce qui représente tout de même 90 000 Français.
La réactivation virale peut survenir soit de façon spontanée, soit à la faveur d’une exposition à un facteur déclenchant, qui peut être physique ou biologique. Toute lésion ou agression d’un neurone infecté de façon latente peut déclencher la réactivation virale, via la stimulation de facteurs de transcription. Les actes chirurgicaux et/ou l’exposition de la cornée aux ultraviolets, ou au froid, sont donc parmi les facteurs de réactivation les plus redoutables. Le virus peut aussi profiter de dérèglements métaboliques pour se réactiver.
Des données récentes suggèrent qu’un certain nombre d’événements de réactivation virale n’entraînent pas automatiquement une récidive clinique. Ainsi, 1 à 10 % des patients séropositifs pour HSV-1 émettent régulièrement des particules virales dans leur salive.
Atteintes Palpébrales et Conjonctivales
Les atteintes palpébrales herpétiques ne sont pas pour autant pathognomoniques de primo-infection, puisqu’elles peuvent être aussi observées au cours d’un épisode de récurrence, notamment chez l’enfant. Dans ce cadre, elles sont même souvent associées à une conjonctivite et/ou une kératite, y compris dans des formes récurrentes.
La fréquence réelle des conjonctivites herpétiques est totalement inconnue, mais nombre de spécialistes considèrent qu’elle est sous-évaluée, car ces conjonctivites sont souvent attribuées à tort à d’autres agents infectieux, en raison de leur présentation souvent banale. La forme clinique la plus fréquente est celle observée dans la plupart des conjonctivites virales, à savoir une conjonctivite folliculaire avec présence d’un ganglion prétragien sensible à la palpation. La guérison est spontanément favorable en quelques jours, voire en 1 à 2 semaines. Certains auteurs ont insisté sur la proximité clinique entre les conjonctivites herpétiques et celles dues à certains sérotypes d’adénovirus, en particulier ceux des groupes 3, 7 et 11. Ces dernières ont cependant tendance à durer plus longtemps et à être fréquemment bilatérales.
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À l’inverse, les caractéristiques pouvant orienter l’enquête étiologique vers une infection herpétique sont l’unilatéralité de l’atteinte (observée dans 88 % des cas) et, dans la moitié des cas pour certains auteurs, une ulcération dendritique ou géographique de l’épithélium conjonctival, plus facilement visible après instillation de fluorescéine. On sait cependant que ces caractéristiques peuvent manquer, notamment dans les cas de primo-infection oculaire (mois de 6 % de toutes les primo-infections herpétiques) et/ou chez l’enfant, même s’il s’agit déjà d’un épisode récurent. En réalité, les tableaux cliniques de l’atteinte pédiatrique et de la primo-infection herpétique sont très difficiles à discerner : la conjonctivite est souvent bilatérale et associée à une blépharite vésiculaire, voire une atteinte cornéenne.
Risque de Récidive et Prise en Charge
D’après les diverses études du Herpetic Eye Disease Study Group (HEDS), un premier épisode de kératite herpétique expose à une récidive (en l’absence de traitement préventif) dans 9,6 % des cas à 1 an, 22,9 % à 2 ans, 40 % à 5 ans et 63,2 % à 20 ans. Par ailleurs, la fréquence des récidives augmente avec le nombre de poussées, au moins pour les cinq premiers épisodes. Ainsi, un patient ayant déjà présenté deux épisodes de kératite dans les 12 derniers mois est exposé à un risque de 32 % de nouvelle poussée dans les 12 mois suivants, et même de 44 % si le nombre de kératites dans l’année précédente était de quatre. Tous ces chiffres montrent que la maladie herpétique oculaire doit être prise en charge sur le long terme.
Facteurs de Risque et Populations Vulnérables
Toutes les situations qui diminuent la qualité de la réaction immunitaire antivirale générale (infection intercurrente, cancer, traitements immunosuppresseurs, etc.) ou locale, en particulier un traitement corticoïde local, augmentent le risque. Certaines populations à risque d’herpès particulièrement sévère ou rebelle sont désormais identifiées. De façon générale, la gravité et la fréquence de la maladie sont dictées par des facteurs génétiques de l’hôte et du virus, mais ces domaines sont encore relativement peu explorés chez l’homme.
Les patients opérés de l’œil constituent la population à risque la plus représentative du risque viral, car les gestes chirurgicaux combinent les trois principaux facteurs de risque de réactivation de HSV-1 : stimulation nerveuse, inflammation postopératoire, et corticothérapie locale. La greffe de cornée illustre ces données : des récidives herpétiques surviennent dans 25 % à 1 an et 45 % à 2 ans après le geste si aucune prévention antivirale n’a été mise en place, et même chez les patients sans antécédents herpétiques avant la greffe, les kératites herpétiques sont observées entre 4 et 6 fois plus fréquemment après l’intervention que dans la population normale.
Autres Maladies Contagieuses Transmises par la Salive
Outre la mononucléose, d'autres maladies peuvent se transmettre par la salive, notamment :
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- La grippe : Causée par les virus influenza, elle se transmet par les postillons, la toux ou les éternuements.
- L'angine : Infection de la gorge causée par un virus ou une bactérie (Streptococcus pyogenes).
- La rhinopharyngite : Inflammation des muqueuses des voies nasales et du pharynx, souvent transmise par contact avec des mains contaminées.
Prévention des Maladies Contagieuses
Pour réduire le risque de transmission des virus respiratoires ou ORL, il est essentiel de :
- Se laver les mains fréquemment.
- Utiliser une solution hydro alcoolique.
- Utiliser des mouchoirs jetables.
- Tousser et éternuer dans un mouchoir.
- Ne pas s’approcher trop près d’une personne contaminée.
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