Introduction
La Guyane française, avec son économie particulière et son tissu entrepreneurial spécifique, offre un terrain d'étude intéressant pour analyser les dynamiques des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et des Petites et Moyennes Industries (PMI). Cet article se penche sur la situation des PME-PMI à Cayenne, en explorant les aspects de gouvernance, les défis auxquels elles sont confrontées et les perspectives d'avenir, en s'appuyant sur des données locales et des études de cas.
Le Tissu Économique Guyanais et la Place des PME-PMI
L'économie guyanaise se caractérise par une forte concentration d'entreprises sur le littoral, notamment dans l'île de Cayenne, où se trouve la capitale. Plus de 80 % des entreprises guyanaises sont situées dans cette zone, qui bénéficie d'allègements fiscaux. Les villes de Matoury et de Remire-Montjoly, également situées dans cette zone, sont particulièrement bien représentées.
Le flux des entreprises guyanaises se propage sur le littoral, incluant Kourou, territoire de l'industrie spatiale, et Saint-Laurent du Maroni, capitale économique, industrielle et commerciale de l'Ouest frontalier avec le Suriname.
Près de 75 % des entreprises sont implantées dans les secteurs des services, du commerce et du spatial. L'échantillon étudié couvre des sociétés dans différents domaines tels que la boulangerie, l’habillement, le transport routier, l’industrie spatiale, la pêche, le bois et l’or. L'enquête a concerné les entreprises du secteur industriel et artisanal tourné vers le marché intérieur, mais aussi celles de l’espace ouvert sur le marché mondial.
En Guyane, la plupart des entreprises sont des PME-PMI et des TPE (Très Petites Entreprises). Les microentreprises se trouvent davantage dans les secteurs de la construction et dans tous les autres services tels que le service après-vente. Les PME-PMI sont représentatives dans le secteur du commerce (Hôtels, restaurant) mais aussi dans le secteur de l’industrie. Les grandes entreprises sont pour la plupart des entreprises rattachées à l’État comme EDF (Électricité De France), la Banque Postale ou à un consortium de puissance mondiale comme ARIANE ESPACE, CSG.
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L'Association ASSOC TECH ASSIST GESTION PME PMI à Cayenne
Un exemple concret de structure dédiée au soutien des PME-PMI à Cayenne est l'association ASSOC TECH ASSIST GESTION PME PMI. Cet établissement, immatriculé sous le siret 399 115 112 00019, est en activité depuis le 3 octobre 1994. C’est le siège social de l’association ASSOC TECH ASSIST GESTION PME PMI et son unique établissement. Son domaine d’activité est : autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire (94.99z). Il est domicilié au LYCEE FELIX EBOUE ROCADE SUD 97300 CAYENNE.
Gouvernance des PME-PMI : Enjeux et Spécificités Guyanaises
La gouvernance est déterminante dans le management de l’entreprise. Elle influence les partenaires et vise à améliorer la performance. L’OCDE rappelle qu’il s’agit « d’un ensemble de relations entre la direction, son conseil d’administration, ses actionnaires et les autres parties prenantes ». Certains auteurs pensent que la gouvernance reste « l’ensemble des mécanismes qui ont pour effet de limiter le pouvoir et d’influencer les décisions des dirigeants ». Ainsi, choisir un système de gouvernance, c’est faire en sorte que les mécanismes de l’entreprise contrôlent les actions des dirigeants et analysent celui-ci comme s’acquittant de ses obligations vis-à-vis des mandants, des actionnaires. Alors, deux groupes se détachent, à savoir les managers et les actionnaires, en se traduisant par l’émergence des marchés financiers. Le problème central reste celui du partage de la rente organisationnelle. Alors, comment satisfaire toutes les parties correctement ? Quels objectifs de gestion faut-il attribuer aux dirigeants ?
Les Fondements Théoriques de la Gouvernance
La gouvernance, à travers le terme « gouvernement », associée à des qualificatifs, exprime des sens ; comme exemples : gouvernance associative, gouvernance mondiale, gouvernance territoriale, gouvernance d’entreprise. C’est après la crise de 1929 qu’apparaissent les premières analyses de Berle et Means (1932) où sont traitées la propriété et la gestion de l’entreprise juridiquement séparées. Les actionnaires sont amenés à assumer les risques d’une gestion pour laquelle ils n’ont aucune garantie et les dirigeants ont le pouvoir de la gestion quotidienne de l’entreprise qui ne leur appartient pas. La manière par laquelle les personnes ou organismes qui financent une société s’assurent de recevoir un retour sur leurs investissements, traduit la gouvernance d’entreprise. Dans cet ordre d’idée, la question centrale est celle du partage des pouvoirs et des responsabilités (Shleifer, Vishny, 1997 ; Caby, Hirigoyen, 2005). Les auteurs tels Charreaux (2005) ou Finet (2005) pensent que les actionnaires ont le pouvoir d’influencer les dirigeants, d’où l’idée de la régulation par les décisions prises par les dirigeants, alors qu’il s’agit aussi, voire de l’intérêt des actionnaires. La gouvernance partenariale qui possède l’opinion des parties prenantes a remis en question l’objectif de maximiser la valeur pour les actionnaires (Hirigoyen, 1997). Hill et Jones (1992) prenaient en compte l’opinion de celles-ci dans la théorie de l’agence. Dans de telles circonstances, le dirigeant devrait être maître de la situation et faire converger les intérêts des deux parties afin d’éviter les conflits.
La crise financière des débuts de la décennie 2000-2010 entraine une lourde conséquence sur le modèle de gouvernance d’entreprise anglo-saxonne. Il ne sera pas remis en cause dans ses actions. L’explication est trouvée dans le gonflement irrationnel de la valeur des titres des entreprises de la « Nouvelle Économie », c’est-à-dire dans les secteurs des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) (Roselé Chim, 2001 ; 2009) et des biotechnologies, les start-up high tech, et les firmes GAFAM de l’Internet (Roselé Chim, 2012 ; 2019). Cependant, malgré la chute des valeurs des NTIC (Roselé Chim, 2007), en termes de résultat, les cours des actions augmentent brusquement, et causent une bulle spéculative.
La relation de gouvernance est fortement interpelante pour la responsabilité sociale dans la mesure où les positionnements sont radicalement différents selon les théories pures. Milton Friedman (1970) fondamentalise l’individu, d’où l’entreprise a une responsabilité qui est de créer de la richesse. Sur ce plan on voit planer les pensées de Ronald Coase (1937), Gary Becker et Friedrich Hayek. L’extension vers le social fait de la responsabilité un acte visant à ponctionner les parties prenantes. C’est Freeman (2000) qui interpelle la gouvernance avec un regard sur l’individu partenaire.
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Méthodologie d'Enquête
Une sélection d’échantillons recouvrant 22 entreprises ayant accepté de se soumettre à un questionnaire a été effectuée. Elles ont été tirées d’un gros échantillon à partir de critères de taille et de présence dans l’économie territorialisée de la Guyane française. L’économie guyanaise recouvre 14 974 entreprises.
Résultats de l'Enquête sur la Gouvernance en Guyane
Une enquête porte sur les méthodes de gouvernance au sein des entreprises en Guyane. Le but est d’apprécier l’environnement de l’entreprise face aux comportements opportunistes des salariés, la gestion des conflits, la satisfaction des salariés et la répartition de la rente organisationnelle. D’autres objectifs y figurent, notamment la compréhension des outils utilisés pour motiver les salariés à être plus productifs et la connaissance de la position des salariés lors de la prise de décision. Les caractéristiques que nous venons de déterminer peuvent avoir en totalité un impact positif ou négatif sur le rendement de l’entreprise.
Le choix est celui d’une étude quantitative qui consiste en l’utilisation de plusieurs données chiffrées provenant des entreprises par la technique d’un questionnaire afin de collecter des réponses. Ce questionnaire est composé de questions fermées, de questions à choix multiples, de questions ouvertes et de questions d’échelle qui permettront de mesurer les satisfactions. Le logiciel utilisé pour aboutir au dépouillement des résultats est le logiciel Drive Google Form. Ce logiciel a été utilisé pour traiter un nombre significatif de questions en prenant le soin de ne pas trop en mettre, afin d’éviter le risque d’un fort décrochage des interrogés et la perte élevée d’informations, tout cela entrainant un résultat à faible exhaustivité. La collecte de toutes les réponses et le traitement contribuent à la conception de tableaux faisant l’objet d’analyse.
Le nombre d’entreprises interrogées pour cette enquête est de 1030 entreprises pendant 28 mois de janvier 2020 à mai 2021. Ces entreprises ont été choisies sur l’ensemble du territoire pour avoir une couverture assez représentative de la structure économique territoriale de la Guyane française. Après la longue période d’enquête, un échantillon de 22 entreprises a été tiré par l’approche en sondages où l’île de Cayenne (Remire-Montjoly, Matoury, Cayenne) est la principale zone d’investigation, et les grandes villes du littoral à savoir Kourou et Saint-Laurent du Maroni, la seconde.
Problèmes liés au personnel
Les entreprises en Guyane sont assez partagées sur les problèmes liés avec le personnel. Effectivement, 54,5 % des entreprises sont confrontées à des problèmes causés par diverses raisons. Dans la littérature, nous avons évoqué qu’une entreprise qui est marquée par des conflits avec ses salariés connait un impact fort sur le rendement du travail. En effet, l’environnement sociétal et la culture de l’entreprise ne conviennent pas aux salariés. Ce qui serait source de problèmes. Ce conflit pourrait devenir plus influent s’il regroupe plusieurs personnes au point que les employés puissent faire une grève. Pour les entreprises qui n’ont jamais été confrontées à des conflits, ce résultat représente 45,5 %. On peut supposer que la gestion et la communication en interne avec les dirigeants se passent très bien. Cette entente engendre la cohésion d’un groupe qui a pour mission d’obtenir les objectifs fixés par l’entreprise.
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Parmi les entreprises confrontées à des conflits, les causes sont de trois ordres à savoir la mauvaise répartition de la rente, la mauvaise condition de travail et d’autres. Elles sont très divergentes. 45,5 % des entreprises ont des conflits liés à la distribution du bénéfice. Cela nous laisse penser que pour un salarié, son intérêt n’est pas égal à ce dont il aurait dû bénéficier lors de la négociation de son contrat. L’autre cause de conflits est la mauvaise condition de travail qui représente 27,3 %. Elle comporte tout un ensemble d’éléments de la mauvaise gestion en interne de l’entreprise à plusieurs niveaux tels que la psychologie, l’environnemental, le social et l’organisationnel. Une entreprise sur trois est confrontée à d’autres causes de conflit que la distribution de la rente organisationnelle et les mauvaises conditions de travail. Il peut s’agir d’un conflit de rivalité entre deux personnes afin d’obtenir une meilleure reconnaissance de l’entreprise. Certains secteurs d’activités comme le commerce par exemple peuvent engendrer ce type de conflit.
Méthodes de résolution des conflits
En Guyane, la méthode la plus utilisée est celle du dialogue social. Elle est simple, rapide et n’est pas coûteuse pour l’entreprise. Contrairement au jeu coopératif, il n’y aura pas de négociations entre les différentes parties. Il s’agira plutôt d’une communication. Le but est d’apaiser les tensions de chacun et de trouver des solutions optimales pour l’intérêt de tous afin qu’il n’y ait pas de discrimination au travail. La deuxième méthode est celle du jeu coopératif. Elle est la plus intéressante pour résoudre les conflits. En effet, 40 % des entreprises l’utilisent. Ce moyen permet à toutes les parties de l’entreprise de s’entendre sur leur objectif fixé lors des réunions. Enfin, la méthode la moins utilisée est celle qui met en avant les outils managériaux pour résoudre les problèmes. Ces outils peuvent être très variés et hiérarchisés.
Motivation du personnel
Il est constaté que 80 % des entreprises sur le sol guyanais motivent leur personnel par des récompenses. La prime correspond à la méthode la plus utilisée par les entreprises en Guyane pour récompenser les salariés. 54,5 % des entreprises offrent une récompense de mérite pour les objectifs atteints. En effet, ce mode de récompense sera plus évident dans les secteurs du commerce (agence immobilière, banque, concessionnaire, assurance) où lors de la vente d’un produit ils bénéficient également d’une commission. L’augmentation de salaire représente 22,7 % des entreprises procédant ainsi selon cette manière de faire. De plus, elle est plus directe et généralement suivie d’une promotion hiérarchique au sein de l’entreprise. Cela favorise l’employé qui obtient plus de pouvoir et de rémunération. À noter que 18,2 % des entreprises ne pratiquent aucune méthode de motivation au sein de leur entreprise. Ce style de management peut se retourner contre le propriétaire, car les salariés n’ayant aucune reconnaissance au travail ont sûrement une optique qui vise à quitter l’entreprise dans le cas où ils trouvent une meilleure opportunité. L’entreprise perd peut-être un élément important, et difficile à remplacer.
Gouvernance partenariale vs. actionnariale
La grande majorité des entreprises se tourne vers la gouvernance partenariale représentant 52,2 % contre 47,8 % pour la gouvernance actionnariale. L’objectif de ce type de gouvernance est la recherche de profit, considérant que dans l’optique où l’entreprise réalise un bénéfice, tous les partenaires liés au profit doivent partager celui-ci de manière équitable. Évidemment, le fait de partager le bénéfice engendre moins pour l’actionnaire. Concernant la gouvernance actionnariale, elle est tournée sur la création de la valeur des actionnaires, qui est considérée comme le seul bénéficiaire de la créance résiduelle. Les propriétaires de la société doivent alors mettre en place un ensemble d’éléments pour contrôler leurs agents et salariés et éviter l’expropriation. La relation entre les actionnaires et les salariés risque de se dégrader et provoquer des conflits. Les salariés ne sont pas pour autant tournés vers l’aspect financier, mais aimeraient sûrement que les bénéfices de la société servent au moins à améliorer les conditions de travail si nécessaire.
Généralement, les salariés ont un avis sur la prise de décision.
Défis et Opportunités pour les PME-PMI à Cayenne
Défis
- Concurrence: La forte concentration d'entreprises dans l'île de Cayenne peut entraîner une concurrence accrue.
- Gestion des conflits: Plus de la moitié des entreprises sont confrontées à des problèmes liés au personnel, souvent dus à une mauvaise répartition des bénéfices ou à de mauvaises conditions de travail.
- Motivation du personnel: Près d'un cinquième des entreprises n'utilisent aucune méthode de motivation, ce qui peut entraîner une baisse de la productivité et une augmentation du turnover.
Opportunités
- Aides fiscales: Les allègements fiscaux offerts dans l'île de Cayenne peuvent être un atout pour les PME-PMI.
- Dialogue social: La méthode de résolution des conflits la plus utilisée est le dialogue social, qui est simple, rapide et peu coûteux.
- Gouvernance partenariale: La majorité des entreprises optent pour une gouvernance partenariale, qui favorise le partage des bénéfices et la satisfaction des parties prenantes.
Rôle des Cabinets d'Expertise Comptable : L'exemple de BCM 360
Dans cet environnement économique, les cabinets d'expertise comptable jouent un rôle crucial. Par exemple, BCM Expertise Comptable et Audit, membre du groupe BCM 360, est dirigé par Marie-Josée BARATINY. Situé à Cayenne en Guyane française, ce cabinet d'expertise comptable et d'audit intervient également en Martinique, Guadeloupe, Réunion et sur l'ensemble du territoire hexagonal.
Expertises de BCM 360
- Comptabilité publique : Expertise approfondie des finances publiques, pour accompagner les collectivités et structures publiques dans leur gestion financière.
- Digitalisation : Mise en place d'outils numériques pour optimiser les processus comptables et administratifs.
- Responsabilité durable : Intégration de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) dans la stratégie pour allier performance économique et impact sociétal positif.
- Recherche de financement et subventions : Accompagnement dans la recherche de financements adaptés (prêts, subventions, aides publiques) pour soutenir la croissance et l'innovation de l'entreprise.
Engagements de BCM 360
- Accompagnement personnalisé : Des solutions sur mesure en fonction des spécificités de chaque client, de son secteur d'activité et de ses objectifs.
- Anticipation des défis : Une veille continue sur les évolutions économiques, réglementaires et environnementales pour préparer aux enjeux futurs.
- Proximité et confiance : Une relation de partenariat fondée sur l'écoute, la transparence et la réactivité.
- Excellence durable : Allier performance financière et responsabilité sociale pour contribuer à la pérennité des activités.
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