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Avortement Provoqué : Définition Médicale et Procédure

L'avortement provoqué, également appelé interruption volontaire de grossesse (IVG), est une intervention médicale visant à interrompre une grossesse. En France, l'IVG est légale et encadrée par des protocoles précis. Cet article vise à définir l'avortement provoqué d'un point de vue médical et à détailler les différentes étapes de l'IVG médicamenteuse, la méthode la plus couramment utilisée.

Définition Médicale de l'Avortement Provoqué

Du point de vue médical, l'avortement provoqué est l'expulsion intentionnelle du produit de conception avant qu'il ne soit viable. Il se distingue de l'avortement spontané (fausse couche), qui est une expulsion involontaire. L'IVG est un droit pour toute femme qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse, sous réserve de respecter les conditions et les délais légaux.

L'IVG Médicamenteuse : Une Méthode Répandue

Aujourd'hui, environ 76 % des IVG réalisées en France sont des IVG médicamenteuses. Cette méthode, qui consiste à prendre deux médicaments prescrits par un médecin ou une sage-femme, est possible jusqu'à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines d'aménorrhée).

Les Étapes Clés de l'IVG Médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse se déroule en plusieurs étapes essentielles :

1. Les Deux Temps Préalables : Information et Recueil du Consentement

Avant de procéder à l'IVG, deux étapes sont obligatoires : l'information et le recueil du consentement.

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  • Le temps d'information : Cette étape se déroule lors d'une consultation avec un médecin ou une sage-femme, en cabinet de ville, en centre de santé, en établissement de santé ou en téléconsultation. Le professionnel de santé vous informe sur les deux méthodes d'IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide. Il vous propose également de réaliser un entretien psychosocial (obligatoire pour les mineures) et vous oriente vers un autre professionnel s'il ne pratique pas lui-même l'IVG. Dans ce cas, il vous remet une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.

  • Le recueil du consentement : Lors de cette seconde étape, vous choisissez la méthode d'IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit. C'est également un moment privilégié pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l'IVG si nécessaire, et pour vous faire prescrire un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST), dont le VIH, ainsi qu'un dépistage du cancer du col de l'utérus (à partir de 25 ans).

Si vous optez pour la méthode médicamenteuse, vous pouvez choisir de prendre les médicaments en présence du professionnel de santé ou à domicile. Si vous choisissez de réaliser l'IVG à domicile, le professionnel de santé vous remet les médicaments ainsi qu'un mémo pratique contenant toutes les informations utiles concernant la procédure. En cas de téléconsultation, vous devrez récupérer les médicaments en pharmacie, sur prescription du médecin ou de la sage-femme.

2. La Prise des Médicaments

Deux médicaments sont nécessaires pour interrompre la grossesse : la mifépristone et le misoprostol.

  • La mifépristone (premier médicament) : Ce médicament bloque l'action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Il favorise également les contractions de l'utérus et l'ouverture du col utérin. La mifépristone peut être prise soit à domicile, soit lors d'une consultation. Dès cette première étape, des saignements et des douleurs plus ou moins importants peuvent survenir, mais la plupart du temps, ils commencent après la prise du deuxième médicament. Il est important de noter que les saignements ne signifient pas que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de prendre le deuxième médicament.

Le premier comprimé a pour rôle de bloquer l’action de l’hormone (la progestérone) et arrête la grossesse, favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin et provoque des saignements plus ou moins importants.

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  • Le misoprostol (deuxième médicament) : Il est pris 24 à 48 heures après la mifépristone. Ce médicament augmente les contractions et provoque l'IVG. Il peut être pris à domicile, lors d'une consultation ou au cours d'une courte hospitalisation. Les contractions utérines provoquent des douleurs similaires à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes), mais qui peuvent être atténuées grâce à la prescription d'antalgiques. Les saignements, souvent assez abondants, surviennent parfois très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tard. Si votre groupe sanguin est rhésus négatif, vous recevrez une injection de gamma-globulines anti-D au plus tard dans les 72 heures suivant le début du saignement pour éviter toute incompatibilité lors d'une prochaine grossesse.

Le second comprimé a pour rôle d’augmenter les contractions, déclenche l’expulsion de l’œuf et provoque des contractions utérines plus ou moins douloureuses qui ressemblent à celles des règles ou plus intenses. Ces douleurs sont atténuées par un antalgique et peut occasionner certains effets secondaires : nausées, vomissements, diarrhées et entraîne des saignements, quelques heures après ou plus tardivement. Ces saignements durent généralement une dizaine de jours, ils s’arrêtent d’eux-mêmes. Ils sont très importants le jour de la prise du comprimé mais diminuent ensuite.

L’expulsion de l’œuf se fait dans les 4 heures suivant la prise du deuxième comprimé dans 60 % des cas. Dans 40 % des cas, l'expulsion a lieu dans les 24 à 72 heures.

3. La Visite de Contrôle

14 à 21 jours après la première prise de médicament, une visite de contrôle est obligatoire pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complications. Lors de cette visite, le médecin ou la sage-femme confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin, vérifie l'absence de complications liées à l'IVG médicamenteuse et évoque, si nécessaire, les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation.

En cas d'échec de l'IVG médicamenteuse (si la grossesse se poursuit), le médecin ou la sage-femme vous oriente vers l'IVG instrumentale.

Informations Complémentaires

  • Prise en charge financière : L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME).

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  • Anonymat : Pour les femmes majeures et mineures, l'hospitalisation permet la garantie de l'anonymat sur les relevés de sécurité sociale.

  • Mineures : Une autorisation parentale n'est pas obligatoire pour une IVG. Cependant, vous devez être accompagnée par un adulte de votre choix et assister à une consultation psychosociale pour procéder à l'IVG.

  • Délai de réflexion : Il n'existe pas de délai légal entre les deux temps préalables à l'IVG. Si vous le souhaitez, il est possible de réaliser ces deux temps au cours d'une seule et même consultation. Si la femme renouvelle, après les consultations, sa demande d’interruption de grossesse, elle doit délivrer une confirmation écrite, cette confirmation ne peut intervenir qu’après l’expiration d’un délai de 2 jours suivant l’entretien de soutien.

Préparation à l'IVG Médicamenteuse

Afin que l'IVG médicamenteuse se déroule dans les meilleures conditions possibles, il est conseillé de se faire accompagner par une personne de confiance. Si vous avez décidé de prendre les médicaments à votre domicile, essayez, dans la mesure du possible, de vous octroyer du repos. En cas de douleurs, un arrêt maladie peut vous être prescrit.

Efficacité et Fertilité

L'IVG médicamenteuse a un taux de réussite élevé, d'environ 95 %. La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé d'utiliser une contraception si vous ne souhaitez pas débuter une nouvelle grossesse immédiatement. Vous pouvez en discuter avec votre médecin ou sage-femme pour choisir la méthode contraceptive la plus adaptée à votre situation.

Structures de Prise en Charge

Les établissements de santé ont l'obligation de disposer de lits en gynécologie-obstétrique et de prendre en charge sans délai toute complication liée à la pratique de l'IVG. Les établissements publics ne peuvent refuser de pratiquer des IVG. Ils doivent disposer d'une ligne téléphonique et toute patiente doit obtenir un rendez-vous dans les 5 jours suivant son appel. Sauf cas exceptionnel, les IVG doivent être réalisées en HDJ (hospitalisation de jour, <12h). En dehors des établissements de santé, l'IVG médicamenteuse peut être réalisée par des médecins ou des sages-femmes jusqu'à 7 semaines de grossesse et dans des centres de planification.

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