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IVG par Aspiration et Arrêt de Travail : Durée, Procédure et Considérations

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), dépénalisée en France depuis la loi Veil de 1975, reste un sujet de société important, notamment en ce qui concerne son impact sur la vie professionnelle des femmes. Cet article se penche sur l'IVG par aspiration, une méthode chirurgicale d'avortement, et aborde la question de l'arrêt de travail associé, en explorant les aspects médicaux, psychologiques et sociaux.

Qu'est-ce que l'IVG par aspiration ?

L'IVG par aspiration, également appelée IVG chirurgicale, est une intervention qui consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Elle peut être réalisée jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse (soit 16 semaines d'aménorrhée). Contrairement à l'IVG médicamenteuse, qui repose sur l'administration de médicaments, l'IVG par aspiration est une intervention médicale spécialisée.

Déroulement de l'intervention

Avant de procéder à l'aspiration, le médecin dilate le col de l'utérus. L'intervention elle-même ne dure pas plus d'une dizaine de minutes. Elle peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon le choix de la patiente et les pratiques de l'établissement de santé. Si une anesthésie générale est choisie, une consultation pré-anesthésique est obligatoire. L'IVG par aspiration est un geste effectué en ambulatoire, permettant à la femme de rentrer chez elle en fin de journée.

Risques et complications

Comme toute intervention chirurgicale, l'IVG par aspiration comporte des risques, bien que ceux-ci soient rares lorsque l'intervention est réalisée dans des conditions d'asepsie correctes.

  • Risques liés à l'anesthésie : Comme pour toute intervention nécessitant une anesthésie, des complications liées à l'anesthésie peuvent survenir (allergie aux produits d'anesthésie par exemple).
  • Lésions utérines : Dans de rares cas, il est possible que des lésions au niveau du col de l'utérus ou de la paroi utérine surviennent au cours de l'intervention.
  • Infection : S'il y avait des germes au préalable dans le col, il existe un risque d'infection.
  • Synéchie : Il y a aussi un risque de synéchie, c'est-à-dire d'adhérence cicatricielle, lorsque l'on a trop gratté les parois de l'utérus.

Des saignements persistants en raison de restes ovulaires dans la cavité utérine après aspiration peuvent exister, mais c'est infiniment plus rare que lors d'une IVG médicamenteuse.

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Le risque de stérilité, s'il était majeur du temps des IVG clandestines d'avant la loi Veil, n'est plus évoqué aujourd'hui que dans le but d'effrayer les femmes. En effet, une IVG réalisée dans des conditions d'aseptie correctes n'entraîne pas d'infection, et par conséquent pas d'infertilité.

Efficacité de l'IVG par aspiration

L'IVG par aspiration est une méthode très efficace, avec un taux de succès de 99,7%.

Arrêt de travail après une IVG par aspiration

La prescription d'un arrêt de travail après une IVG par aspiration n'est pas systématique, mais elle peut être demandée au médecin. La durée de cet arrêt est variable, certaines femmes se sentant capables de reprendre le travail dès le lendemain, tandis que d'autres ont besoin de quelques jours pour récupérer physiquement et psychologiquement.

Témoignages

Plusieurs témoignages mettent en lumière l'impact de l'IVG sur la capacité à travailler. Juliette, par exemple, témoigne de crises de larmes et de coups de blues importants après son IVG, la rendant incapable de travailler pendant une semaine. Elle a finalement demandé deux jours de congé à son employeur, sans évoquer la raison de son absence.

Le délai de carence : une problématique financière

En France, un délai de carence de trois jours s'applique avant de toucher les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale en cas d'arrêt de travail. Les IVG générant souvent des arrêts de travail courts, ce délai de carence peut pénaliser financièrement les femmes ayant avorté. Alice, qui a obtenu un arrêt maladie après une IVG, estime qu'il est pénible de perdre de l'argent à cause de ce délai de carence.

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Le "congé IVG" : un impensé ?

Contrairement aux fausses couches, pour lesquelles un arrêt maladie rémunéré sans jour de carence est en vigueur depuis début 2024, l'idée d'un "congé IVG" ne fait pas encore l'objet d'un débat public. Laurence Rossignol, sénatrice PS ayant porté le projet du congé menstruel, admet ne pas s'être posé la question d'un congé IVG avant d'être interrogée à ce sujet.

La stigmatisation de l'IVG dans le monde professionnel

L'avortement reste un sujet largement stigmatisé, y compris dans la sphère professionnelle. Laurine Thizy, sociologue et coauteure de l'ouvrage Sociologie de l'avortement, observe que les femmes qui avortent sont souvent perçues comme ne sachant pas contrôler leur contraception ou ayant une sexualité non reproductive. Cette stigmatisation peut rendre difficile pour les femmes d'évoquer leur IVG sur leur lieu de travail, par peur du jugement.

Alice, qui travaille dans la police nationale, explique qu'il lui était impensable d'en parler à ses collègues, craignant d'être jugée sur sa vie privée. Valentine, qui a avorté en 2017, avait peur que cela déteigne sur son image professionnelle, l'IVG renvoyant selon elle une image de non-performance.

Initiatives en faveur d'un congé IVG

Malgré le tabou qui entoure l'IVG, certaines entreprises prennent des initiatives pour soutenir leurs employées. C'est le cas du groupe LDLC, qui a mis en place un "congé IVG" permettant à ses collaboratrices d'obtenir deux jours de congé rémunérés en cas d'IVG.

Confidentialité et accompagnement

La confidentialité est un aspect crucial de l'IVG. Geoffroy Robin, secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, souligne l'importance de garantir la confidentialité des femmes qui ont recours à l'IVG.

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Après une IVG, un entretien psycho-social est systématiquement proposé aux femmes. Cet entretien leur permet de parler de leur situation si elles en ressentent le besoin. Une visite de contrôle doit également intervenir entre le 14e et le 21e jour après l'IVG pour s'assurer qu'il n'existe pas de complication et que la grossesse a bien été interrompue.

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