L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est une question complexe qui suscite de nombreuses interrogations, notamment en ce qui concerne ses potentielles conséquences psychologiques, en particulier chez les jeunes filles de 12 ans. Cet article vise à explorer les différents aspects de cette problématique, en s'appuyant sur des données scientifiques et des témoignages, afin de fournir une information claire et complète.
Examens médicaux après une IVG
Après une IVG, des examens médicaux sont réalisés pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue. Ces examens peuvent inclure un examen clinique, une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie, sans aucune avance de frais, que la patiente soit majeure ou mineure.
Conséquences psychologiques potentielles
Contrairement à certaines idées reçues, de nombreuses études scientifiques ont montré que l'IVG n'est pas à l'origine de troubles psychologiques spécifiques. Cependant, le vécu d'une IVG est personnel et varie d'une femme à l'autre. Le contexte de sa réalisation et l'accompagnement autour de l'IVG peuvent avoir un impact psychologique. Les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent également contribuer à un mauvais vécu de l'IVG. Il est important de se rappeler que l'IVG doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue.
Il est possible de se tourner vers un psychologue ou vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent apporter un soutien important. À plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si le besoin s'en fait sentir.
Une étude IFOP de 2010 révèle que 83 % des Françaises estiment que l'IVG "laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes". Face à cette souffrance, 60 % des Françaises estiment que "la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l'interruption volontaire de grossesse".
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Risque de stérilité
Le risque d'infertilité est souvent pointé comme une complication à long terme de l'IVG. Cependant, ce risque n'est pas lié à la réalisation de l'IVG en tant que telle, mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l'utérus lors de l'aspiration, etc.). Ces complications sont rares lorsque l'IVG est réalisée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.), comme c'est le cas en France. D'après les études qui ont évalué le risque d'infertilité après une IVG, il n'y a pas d'augmentation du risque dans les pays où la pratique de l'IVG est légale. Ce risque n'est pas plus important chez les patientes ayant eu deux IVG ou plus.
Saignements après un avortement
Les saignements après une IVG peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent de quelques jours à 3 semaines.
Disparition des symptômes de grossesse
Les symptômes de grossesse (nausées ou sensibilité des seins) disparaissent généralement quelques jours après l'IVG médicamenteuse ou instrumentale. Un test de grossesse peut rester positif jusqu'à trois semaines après une IVG. C'est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l'IVG a fonctionné.
Retour des règles
Après une IVG, les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Cela peut varier en fonction du type de contraception choisi et du moment où elle a été débutée. Avec une pilule oestro-progestative, par exemple, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal, les règles peuvent être irrégulières ou absentes.
Reprise des rapports sexuels
Il est conseillé d'attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l'utérus n'est pas refermé, il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l'utérus et soient à l'origine d'une infection. Pour les mêmes raisons, il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période. Si une grossesse n'est pas souhaitée, il est nécessaire d'utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise des règles).
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Quelle contraception choisir après une IVG ?
Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l'IVG, les patientes reçoivent une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et peuvent échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui leur convient le mieux. Aucune méthode n'est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l'intervention, pendant le premier cycle suivant l'IVG.
La contraception choisie peut être mise en place dès la réalisation de l'IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l'IVG instrumentale (sauf en cas d'épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse. Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée :
- Le jour même ou le lendemain d'une IVG instrumentale ;
- Le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.
Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.
Remboursement de la contraception
Sont remboursables par l'Assurance maladie :
- Certaines pilules contraceptives ;
- Les implants contraceptifs hormonaux ;
- Les progestatifs injectables ;
- Les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets ;
- Les diaphragmes ;
- Certaines marques de préservatifs externes (masculins).
Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Concernant les préservatifs externes, ils sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret.
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Pour les femmes de plus de 26 ans, ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles.
Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification et d’éducation familiale) délivrent à titre gratuit des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale.
Grossesses précoces : un enjeu mondial
Chaque jour, 20 000 filles âgées de moins de 18 ans deviennent mères, soit 7,3 millions de naissances par an. Ce chiffre augmente lorsqu’on tient compte de l’ensemble des grossesses et non uniquement des naissances. 70 000 adolescentes meurent, par an, des suites de complications de la grossesse et de l’accouchement. La grossesse précoce est le fait pour une fille pubère d’être enceinte en étant encore enfant, soit avant ses 18 ans. Ce phénomène mondial touche inégalement les filles. On observe que les grossesses précoces sont plus fréquentes chez les personnes peu instruites ou en situation de précarité économique.
Les causes des grossesses précoces sont multiples :
- Le manque d’information et d’éducation sexuelle.
- Les mariages forcés.
- Les tabous liés à la culture.
- L’accès limité à la contraception.
Une grossesse précoce a des conséquences catastrophiques non seulement pour la mère, mais aussi pour l’enfant et le développement de leur communauté et du pays tout entier. Chaque jour, 194 filles meurent des suites d’une grossesse précoce. Les complications liées à la grossesse et à l’accouchement constituent la 2e cause de décès pour les filles de 15 à 19 ans dans le monde. Chaque année, près de 3 millions de filles âgées de 15 à 19 ans subissent également des avortements à risque avec des conséquences sur leur santé mentale et physique.
Les enfants de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE)
Un enfant sur deux pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE) souffre d’au moins un trouble psychique, souvent en conséquence des traumatismes vécus : stress post-traumatique, maltraitance, violences physiques, verbales ou sexuelles, abandon… L’accueil en établissement ou en famille est en lui-même difficile : il perturbe l’attachement, limite le contrôle des enfants sur leur propre vie et entraîne des déplacements fréquents. Malgré l’ampleur de ces défis, l’accès à un soutien psychologique est rare et complexe.
Il est impératif de revoir notre approche de la santé mentale des enfants de l’ASE. Les soins psychiques devraient être considérés comme une évidence dans le cadre d’une expérience qui est l’une des plus traumatisantes que l’on puisse imaginer. Ils doivent être intégrés de manière systématique et prioritaire dans le cadre de leur prise en charge.
Les enfants de l’ASE sont les enfants accueillis en foyer, en famille d’accueil ou ceux faisant l’objet de mesures de suivi à domicile. La décision de placement d’un enfant est prise par le juge des enfants lorsqu’il estime que le maintien du mineur dans son milieu familial l’expose à un danger.
Souffrance psychique des jeunes de l'ASE
À 18 ans, sauf s’ils bénéficient du CJM (Contrat Jeune Majeur), les enfants de l’ASE peuvent se trouver dépourvus de soutien. Beaucoup éprouvent des difficultés à s’insérer dans la vie professionnelle et à être autonomes à leur majorité alors que les traumatismes de l’enfance n’ont pas été traités. Le CESE soulignait dans son rapport de 2018 le paradoxe vécu par ces jeunes : « il leur est demandé plus d’autonomie qu’aux autres jeunes de leur âge alors qu’elles et ils ont moins de ressources (familiales, relationnelles, psychologiques, financières, sociales) ».
En conséquence, l’aide sociale à l’enfance est génératrice de destins difficiles. « 26 % des personnes sans domicile nées en France sont d’anciens enfants placés en protection de l’enfance (soit plus de 10 000 personnes), alors même que ce public ne représente que 2 à 3 % de la population générale », selon le rapport 2019 de la Fondation Abbé Pierre.
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