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Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) : Types de Procédures Chirurgicales Expliqués

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), reconnue comme un droit fondamental en France, permet à toute femme en situation de détresse psychologique due à une grossesse de choisir d'y mettre fin. La loi française autorise l’avortement jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse. Cet article vise à informer sur les différentes méthodes chirurgicales d'IVG, en mettant l'accent sur le déroulement, les étapes, les conditions et le suivi post-intervention.

L'IVG : Un Droit Fondamental et un Parcours Encadré

L’accès à l’IVG s’adresse à toute femme ressentant une détresse psychologique du fait de sa situation de grossesse. La loi française autorise l’avortement jusqu’à la fin de la 14e semaine de gestation. Avant de procéder à une IVG, deux consultations médicales espacées d’une semaine de réflexion sont obligatoires. Ces entretiens ont pour objectif d’informer la femme sur la démarche, les différentes méthodes disponibles ainsi que les potentiels risques et effets secondaires. Au centre hospitalier des quatre villes, un accompagnement psycho-social peut être sollicité par la patiente (ou le couple) lorsque celle-ci hésite quant à son choix de recourir ou non à une IVG.

Les Deux Méthodes d'IVG : Médicamenteuse et Chirurgicale

Il existe deux types d’interruption volontaire de grossesse (IVG) : l’IVG instrumentale (chirurgicale) et l’IVG médicamenteuse. Le choix de l’une de ces deux méthodes dépend de la femme. La liberté de choix est garantie par la loi. L’IVG médicamenteuse consiste en un avortement médicamenteux.

IVG Médicamenteuse

La méthode médicamenteuse est applicable jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse. Elle consiste à prendre deux types de comprimés différents, à 24 à 48 heures d’intervalle. Le premier, le mifépristone, interrompt la grossesse en bloquant l’action de la progestérone et en favorisant les contractions de l’utérus. Le second, le misoprostol, augmente les contractions et provoque l’expulsion de la grossesse. Elle peut se pratiquer à domicile, sans hospitalisation jusqu’à 7 semaines de grossesse soit 9 semaines d’aménorrhée, ou en hôpital de jour jusqu’à 7 semaines de grossesse soit 9 semaines d’aménorrhée.

À la suite de l’avortement médicamenteux, une visite de contrôle est effectuée dans les 15 jours suivants afin de s’assurer de l’interruption de la grossesse.

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IVG Chirurgicale (Instrumentale)

L’IVG chirurgicale (par aspiration - curetage) est une intervention chirurgicale qui dure une dizaine de minutes et se déroule dans un bloc opératoire sous anesthésie locale (seul le col est endormi) ou généralement lors d’une hospitalisation de jour. L’IVG chirurgicale ou l’IVG instrumentale est pratiquée jusqu’à la 14 ème semaine de grossesse (la 16 ème semaine d’aménorrhée, soit le début des dernières règles).

L'IVG Chirurgicale (Instrumentale) : Procédure Détaillée

L’IVG chirurgicale appelée aussi IVG instrumentale peut être pratiquée au début d’une grossesse et jusqu’à la fin de la 14 ème semaine de grossesse, soit 16 semaines après le début des dernières règles (Semaines Aménorrhées). L’IVG chirurgicale (ou instrumentale) consiste en la dilatation du col de l’utérus et l’évacuation du contenu utérin par aspiration. Le terme curetage ne correspond plus aux pratiques actuelles.

Quand et Où la Pratiquer ?

L’IVG instrumentale est possible jusqu’à la 14e semaine de grossesse (soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles). Elle est effectuée par un médecin ou, sous certaines conditions, par une sage-femme, en établissement de santé ou dans certains centres de santé autorisés.

Les Étapes de l'IVG Instrumentale

Après la réalisation des étapes d’information et recueil du consentement (qui peuvent être effectuées en téléconsultation) l’IVG peut être réalisée. L’IVG instrumentale se déroule dans un établissement de santé ou dans un centre de santé.

  1. Préparation cervicale (si nécessaire) : L’aspiration peut être précédée par une préparation cervicale qui consiste en la prise de prostaglandine ou de mifépristone la veille au soir ou le matin de l’aspiration. Elle est recommandée pour les nullipares (femmes n’ayant jamais eu d’enfant) et pour les aspirations à partir de 10 semaines d’aménorrhée. Il est important d’informer les femmes qu’elle peut donc occasionner des saignements et douleurs (voir IVG médicamenteuses) et qu’il est possible de demander des antalgiques. Exceptionnellement, une dilatation mécanique du col par laminaires (Dilapan) est utilisée.
  2. Dilatation du col de l’utérus : La dilatation du col de l’utérus peut être facilitée par l’administration d’un médicament.
  3. Anesthésie : Le choix de l’anesthésie locale ou générale pour une interruption de grossesse, en l’absence de contre-indications médicales, devrait être fait par la femme. Il est possible de réaliser une ivg chirurgicale sous anesthésie locale du col de l’utérus (injection de xylocaïne). Cette anesthésie peut alors être accompagnée du MEOPA, c’est-à-dire d’une inhalation de gaz qui produit une détente. Il sera parfois donné également un médicament à la patiente pour compléter la détente. Une consultation préalable est obligatoire pour une anesthésie générale. Pour rappel pour une anesthésie générale, il faut être totalement à jeun (nourriture solide et liquide) et ne pas avoir fumé.
  4. Aspiration : Il s’agit d’une rapide intervention instrumentale pour aspirer l’œuf qui se trouve dans l’utérus après dilatation du col. Une canule de calibre adapté au stade de la grossesse est introduite par le professionnel de santé (médecin ou sage-femme) dans l’utérus pour aspirer le contenu utérin. L’anesthésie, (injection d’analgésique), dure une vingtaine de minutes avec une surveillance de 1h à 2h après l’IVG en salle post interventionnelle (avec d’autres personnes opérées). Sauf exception, le temps d’hospitalisation est d’une demi-journée.

Après l'Intervention

Après l’intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé. L’accompagnement à la sortie de l’établissement est demandé mais si vous souhaitez sortir seule vous pouvez signer une décharge.

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Si nécessaire, une contraception vous sera proposée dès la réalisation de l’IVG pour une efficacité immédiate.

Consultation de Suivi

Après une IVG instrumentale, une consultation de suivi avec le médecin ou la sage-femme est nécessaire afin de s’assurer que la méthode a fonctionné et qu’il n’y a pas de complication. Une consultation de contrôle a lieu entre le 14ème et le 21ème jour après l’intervention d’interruption de grossesse. Elle permet de s’assurer qu’il n’existe pas de complication, d’informer et de prescrire une méthode de contraception et, si la personne le souhaite, d’avoir un entretien psycho-social post IVG.

Préparation à l'IVG Instrumentale

Afin que l’IVG instrumentale se déroule dans les meilleures conditions possibles, n’hésitez pas à vous faire accompagner dans vos démarches par une personne de confiance. Vous pouvez également en parler à votre partenaire si vous en ressentez le besoin. Partager votre expérience peut vous permettre de mieux vivre cet événement. Si vous ne vous sentez pas à l’aise avec vos proches, certaines associations ou sites web existent pour libérer la parole autour de ce sujet.

Risques et Complications Possibles

Toute intervention médicale comporte des risques. Les complications immédiates sont rares.

  • Dans de rares cas, la survenue d’une hémorragie est possible.
  • La perforation de l’utérus lors d’une aspiration instrumentale est quant à elle un événement exceptionnel.
  • Les complications à distance d’une IVG sont rares.

Après l’IVG, des saignements légers à moyens sont attendus. Il est recommandé de se reposer et d’éviter les relations sexuelles, les bains, la piscine et les tampons pendant deux semaines. S’ils sont abondants et/ou persistants et/ou accompagnés de fièvre ou de vomissements, consultez un médecin sans tarder.

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Contre-Indications

Il n’existe pas de contre-indication en tant que tel pour l’IVG instrumentale, sauf si la femme est allergique aux produits d’anesthésie. Le professionnel de santé qui est consulté avant l’IVG évaluera, lors de la première consultation, si la femme présente des contre-indications, et lui proposera la méthode d’IVG adaptée le cas échéant.

Prise en Charge Financière

Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible.

Le coût d'une IVG instrumentale est remboursé par l'Assurance maladie à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire. Ce tarif est compris entre 579,06 € et 830,06 € en fonction de l'établissement de santé (hôpital ou clinique), du type d'anesthésie (locale ou générale) et de la durée de l'hospitalisation.

Accompagnement Psycho-Social

A la suite de l’interruption de grossesse, que vous soyez majeure ou mineure, le médecin ou la sage-femme vous proposera un entretien psycho-social. Cet entretien n’est pas obligatoire. Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG. Elle vous permet de parler de votre situation si vous en ressentez le besoin.

Fertilité et Contraception Après l'IVG

La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé si nécessaire d'utiliser une contraception. Il est essentiel pour les femmes ayant subi une IVG de discuter des options de contraception pour éviter une grossesse non désirée à l’avenir. Vous pouvez en discuter au cours de la procédure avec votre médecin ou sage-femme pour choisir celle qui vous conviendra le mieux.

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