Loading...

Interruption Médicale de Grossesse (IMG) au Deuxième Trimestre en Raison d'Anomalies Fœtales : Comprendre les Enjeux et les Parcours

L'interruption médicale de grossesse (IMG), souvent appelée avortement thérapeutique, est une décision difficile et complexe, prise lorsque des anomalies fœtales sont détectées pendant la grossesse. Cet article vise à explorer les aspects de l'IMG au deuxième trimestre en raison d'anomalies fœtales, en abordant les raisons médicales, les procédures, le soutien émotionnel et les considérations éthiques.

Qu'est-ce que l'Interruption Médicale de Grossesse (IMG) ?

L'interruption médicale de grossesse (IMG) est une procédure qui met fin à une grossesse en raison de problèmes de santé graves affectant le fœtus ou la mère. Contrairement à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), qui est un choix personnel de la femme, l'IMG est motivée par des raisons médicales.

En France, la loi autorise l'IMG jusqu'au terme théorique de la grossesse, encadrée par des centres multidisciplinaires de diagnostic prénatal (CMDP). La décision d'une IMG est prise collectivement au sein de l'équipe multidisciplinaire, mais elle reste le fruit d'un colloque singulier entre le couple et leur médecin.

Quand l'IMG est-elle envisagée au deuxième trimestre ?

L'IMG est envisagée au deuxième trimestre de grossesse, généralement entre 14 et 24 semaines d'aménorrhée (SA), lorsque des anomalies fœtales significatives sont détectées lors des examens prénataux, tels que les échographies morphologiques. Ces anomalies peuvent être :

  • Malformations congénitales graves : Atteintes cardiaques complexes, anomalies du système nerveux central (anencéphalie, hydrocéphalie), hernies diaphragmatiques, agénésies des membres, etc.
  • Maladies génétiques : Trisomie 21 (syndrome de Down), trisomie 18 (syndrome d'Edwards), syndrome de Turner, etc.
  • Anomalies chromosomiques : Détections de problèmes chromosomiques graves mettant en péril la vie de l'enfant à naître.

Il est important de noter que la décision d'IMG est prise en considération de la gravité de l'anomalie, de son impact sur la qualité de vie future de l'enfant, et des risques potentiels pour la santé de la mère.

Lire aussi: La pilule du lendemain après une IVG

Le Processus de Diagnostic Prénatal

Le diagnostic prénatal est un ensemble de pratiques médicales visant à détecter in utero chez l’embryon ou le fœtus une affection d’une particulière gravité. Il comprend des examens tels que l'échographie, l'amniocentèse, la biopsie de trophoblaste et l'analyse de l'ADN fœtal dans le sang maternel.

  • Échographie : L'échographie morphologique, réalisée au deuxième trimestre, permet de visualiser en détail l'anatomie du fœtus et de détecter d'éventuelles anomalies structurelles.
  • Amniocentèse : Cet examen consiste à prélever du liquide amniotique pour analyser les chromosomes du fœtus et détecter des anomalies génétiques.
  • Biopsie de trophoblaste : Réalisée plus tôt dans la grossesse, cette technique permet de prélever des cellules du placenta pour analyse génétique.
  • Analyse de l'ADN fœtal dans le sang maternel : Cette technique non invasive permet de détecter certaines anomalies chromosomiques à partir d'un simple prélèvement sanguin chez la mère.

Ces examens sont proposés aux femmes enceintes, mais ils ne sont pas obligatoires. Il est essentiel que les couples soient dûment informés des objectifs et des limites du diagnostic prénatal, ainsi que des options disponibles en cas de détection d'une anomalie.

La Procédure d'IMG au Deuxième Trimestre

La procédure d'IMG au deuxième trimestre est différente de celle pratiquée au premier trimestre. Au-delà de 3 mois, les IMG se pratiquent non plus par aspiration, mais par médicaments, un médicament antagoniste de la progestérone et un médicament analogue de la prostaglandine. Elles consistent alors en de véritables accouchements.

  • Induction du travail : Des médicaments sont administrés pour déclencher les contractions utérines et provoquer l'accouchement.
  • Accouchement : L'expulsion du fœtus se fait par voie vaginale, sous péridurale le plus souvent pour soulager la douleur.
  • Fœticide : Au-delà de quatre mois et demi, 22 semaines, l’enfant risque de naître vivant. Pour se prémunir contre une naissance vivante, l’assurance doit être acquise avant le début de l’IMG que le fœtus a cessé de vivre. Le fœticide se pratique pour une IMG, sous échographie, par ponction intra cardiaque d’un produit anesthésique d’abord, d’un médicament cardiotoxique ensuite.

Après l'IMG, une autopsie du fœtus peut être réalisée, avec l'accord des parents, pour tenter de comprendre l'origine du problème et de mesurer le risque de récidive.

Soutien Émotionnel et Psychologique

Une IMG est une épreuve émotionnellement difficile pour les parents. Il est essentiel de bénéficier d'un soutien psychologique adéquat pour faire face à cette perte et surmonter le deuil.

Lire aussi: Avortement et liberté des femmes en France

  • Soutien médical : Les équipes médicales sont formées pour accompagner les parents tout au long du processus d'IMG, en leur fournissant des informations claires et précises, et en répondant à leurs questions.
  • Soutien psychologique : Des psychologues et des psychiatres spécialisés dans le deuil périnatal peuvent offrir un soutien individuel ou en couple pour aider les parents à exprimer leurs émotions, à faire face à leur chagrin et à reconstruire leur vie.
  • Groupes de soutien : Partager son expérience avec d'autres parents ayant vécu une IMG peut être très bénéfique. Les groupes de soutien offrent un espace d'écoute et de compréhension où les parents peuvent se sentir moins seuls et trouver du réconfort.

Il est important de se rappeler que le deuil après une IMG est un processus normal et qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de le vivre. Chaque personne réagit différemment, et il est essentiel de s'accorder le temps nécessaire pour guérir.

Considérations Éthiques et Légales

L'IMG soulève des questions éthiques complexes, notamment en ce qui concerne le statut du fœtus, les droits des parents et la place de la société dans ces décisions intimes.

  • Droit à l'autonomie : Les parents ont le droit de prendre des décisions éclairées concernant leur santé et celle de leur enfant, en tenant compte de leurs valeurs et de leurs convictions personnelles.
  • Bien-être de l'enfant : La décision d'IMG est souvent motivée par le souci de ne pas faire naître un enfant qui souffrira d'une maladie grave ou d'un handicap sévère.
  • Encadrement légal : En France, l'IMG est légale et encadrée par la loi. Les centres multidisciplinaires de diagnostic prénatal (CMDP) jouent un rôle essentiel dans la prise de décision, en veillant à ce que toutes les options soient envisagées et que les parents soient pleinement informés.

Il est important de noter que les opinions sur l'IMG varient considérablement, et qu'il n'y a pas de consensus moral sur cette question.

L'Histoire d'une Femme Face à l'IMG

Le témoignage d'une femme ayant vécu une IMG peut offrir un aperçu poignant des défis émotionnels et pratiques auxquels sont confrontés les parents.

"Je suis nouvelle sur ce forum, bien que je l'avais déjà consulté à plusieurs reprises. Je prends enfin le courage de vous raconter mon histoire parce que j'ai besoin de la partager et qu'elle pourra peut-être aussi être utile à d'autres femmes, car malheureusement, cela n'arrive pas qu'aux autres. Début 2018, maman d'un petit garçon en parfaite santé, nous souhaitons avec mon mari agrandir la famille. Je tombe enceinte rapidement fin janvier. Après 2 mois de nausées et de vomissements comme pour mon fils, le plaisir de voir enfin mon bébé à l'échographie du premier trimestre de grossesse arrive enfin.

Lire aussi: Tout savoir sur l'IMG

L'échographie est longue, la radiologue nous dit qu'elle n'arrive pas à bien voir. Elle me demande donc de me déshabiller pour faire une échographie vaginale. L'examen n'en finit toujours pas. La radiologue finit par nous lâcher de but en blanc qu'elle ne voit pas la mâchoire de notre bébé et que ses secrétaires vont prendre rendez-vous au centre de dépistage du CHU de notre ville. Elle quitte ensuite la salle d'examen en nous laissant seuls, sans avoir le temps de poser la moindre question, moi toujours les fesses à l'air. Une semaine d'attente insupportable s'écoule ensuite avant le rendez-vous au CHU, semaine durant laquelle nous effectuons avec mon mari de nombreuses recherches sur les conséquences pour la vie de notre bébé, sans savoir exactement quelle est sa malformation, mais en sachant que c'est grave.

Le rendez-vous au CHU arrive enfin. Nous réalisons une nouvelle échographie dans une salle au fond d'un sous-sol glacé. Nous apprenons alors dans la lettre qu'a adressée notre radiologue au CHU qu'elle suspecte également une micro-ophtalmie. Elle ne nous l'avait même pas dit. Le médecin du CHU sourit en disant qu'il ne sait pas ce qu'est une micro-ophtalmie au premier trimestre de grossesse. Il ne cherchera donc pas à la confirmer lors de l'examen. L'échographie dure à nouveau plus d'1h30, car bébé bouge et n'est pas dans une bonne position. Je dois finalement à nouveau me déshabiller pour une échographie vaginale. Au bout d'1h30, le verdict tombe enfin : fente labio-palatine bilatérale avec rétrognathisme. Le médecin nous indique clairement que si ce n'est "que" ça, nous n'aurions pas droit à l'IMG et propose de nous revoir 2 semaines plus tard pour suivre l'évolution. Nous sommes encore dans le délai légal pour faire une IVG, il me reste 3 jours. La malformation nous parait grave, nous ne sommes même pas à trois mois de grossesse et nous avons toujours en tête la suspicion de micro-ophtalmie. Nous décidons donc d'interrompre en urgence la grossesse via un circuit IVG.

L'IVG se déroule bien, mais est moralement très dure. Je suis seule, sans soutien médical, sans mon mari pour m'accompagner, car les accompagnants sont interdits, au milieu d'autres femmes ne souhaitant pas garder leur bébé pour d'autres raisons que je ne juge absolument pas. Je dois même entendre des réflexions malvenues à mon sujet, au travers d’un couloir, juste avant de subir l’opération "encore une dans la chambre 7 qui ne veut pas de contraception". Je ressors le ventre vide et le coeur plein de chagrin. Je dois ensuite justifier de ma situation auprès de la Sécurité Sociale et de la CAF qui veulent une preuve que je ne suis plus enceinte et annoncer à tout mon entourage que je n'ai plus de bébé.

Je retombe enceinte quelque temps plus tard lorsque je me sens prête. Le premier mois de grossesse est très difficile à vivre, j'appréhende terriblement la première échographie et je passe à nouveau 2 mois avec des nausées et des vomissements. Avec les deux grossesses, je passe donc plus d'un tiers de l'année à vomir mais qu'importe, c'est pour la bonne cause, même si je profite peu de mon fils. Même si nous n'avons pas apprécié le contact avec notre radiologue, nous souhaitons qu'elle réalise les échographies, car elle connait notre dossier et techniquement au moins elle avait assuré. En général, les fentes ne se voient pas au premier trimestre. Nous nous retrouvons à nouveau dans la même salle d'examen que celle où nous avions appris la malformation lors de la grossesse précédente. C'est moralement très dur, mais je retiens mes larmes. Finalement, tout est normal à la première échographie, nous sommes soulagés et nous pouvons enfin profiter de la suite de la grossesse sereinement.

Nous appréhendons malgré tout un peu l'échographie morphologique du deuxième trimestre, mais tout se passe bien, tout est à nouveau normal. Nous apprenons que c'est une petite fille, nous sommes aux anges. Le fameux choix du roi. Arrive enfin la dernière échographie du troisième trimestre de grossesse, la plus "facile", celle au cours de laquelle on vérifie surtout la croissance et la taille du bébé avant l'accouchement. Nous l'attendons avec impatience, plus que quelques jours avant mon congé maternité et 2 mois avant l'arrivée de notre petite fille. Nous nous retrouvons à nouveau dans cette fameuse salle d'examen. Au début de l'échographie, la radiologue nous indique que l'appareil a des problèmes et que s'il s'éteint, nous serons obligés d'aller dans une autre salle. L'examen débute et j'en profite pleinement pour regarder mon bébé. Mon mari, lui, est plus attentif aux mesures. Il finit par demander à la radiologue si c'est normal d'avoir un fémur et un humérus inférieurs à 1%, alors que le reste est dans la normale entre 50 et 90%. La radiologue répond sèchement "non". L'appareil tombe en panne. Elle nous demande de nous déplacer dans une autre salle, moi avec le ventre à l'air tout mouillé de produit. Nous arrivons dans une nouvelle salle, sans écran pour que je puisse voir mon bébé. La radiologue continue son examen sans rien dire. Nous arrivons à peine à poser une ou deux questions, nous sommes sidérés, bloqués, en état de choc. Elle détecte aussi une asymétrie des ventricules du coeur. A nouveau, elle se contente de nous dire que ses secrétaires vont prendre rendez-vous au CHU et quitte la pièce. Je n'arrive même pas à pleurer. Après presque 1h d'attente, nous obtenons enfin le compte-rendu de l'échographie. Nous découvrons qu'en plus des anomalies détectées, j'ai aussi un hydramnios, ce qui n'est pas non plus normal. 60 à 70% des hydramnios sont associés à une anomalie sur le bébé.

Après une semaine d'attente interminable, nous avons enfin une nouvelle échographie de référence au CHU. Nous retrouvons alors le même sous-sol aux couloirs glacés. Même verdict, les mesures du fémurs et de l'humérus sont même plus sévères, alors que nous sommes une semaine plus tard. Avec mon mari, nous sommes dévastés. Nous pensons alors immédiatement que nous sommes sans doute les porteurs sains d'une maladie génétique étant donné les malformations de la grossesse précédente. Les chances pour que nous ayons deux grossesses d'affilée avec des anomalies, alors que je suis en parfaite santé, qu'il n'y a pas d'anomalie placentaire et que ma grossesse a été parfaitement suivie, nous paraissent improbables. Nous parlons d'IMG à la médecin qui réalise l'échographie, mais elle nous fait comprendre que sans diagnostic, nous n'y aurons pas droit. On nous propose une amniocentèse avec FISH, caryotype, ACPA et analyse biochimique du liquide amniotique. Ces tests sont très bien, mais quasiment inutiles dans le cas d'une anomalie génétique avec un gêne défaillant, ce qui était le plus probable dans notre cas.

Deux jours plus tard, nous réalisons une consultation en amont de l'amniocentèse pour explication et compte-rendu de ce qui a été dit en staff sur notre cas. Nous tombons sur le même médecin que nous avions rencontré lors de la précédente grossesse, le chef de service. La situation se répète et elle est insupportable. Le médecin nous reconnait, il a en plus accès à notre dossier. Alors que je me mets à pleurer, ce médecin nous dit que nous ne sommes pas les plus à plaindre, car le couple avant nous a peu de moyen et habite loin. Nous faisons part de notre extrême inquiétude. Nous évoquons des syndromes que nous connaissons comme la trisomie et le syndrome de Di Georges. Nous leur indiquons que nous trouvons que notre fille a des petites oreilles d'après l'échographie 3D, que ses gros orteils sont écartés des autres, que le rapport fémur/pied n'est pas bon (< 0,85). Nous sommes également attirés par la forme de sa bouche qui est adorable, mais étrange. Mon hormone PAPP-A est à 0,48 MoM au tri-test, ce qui n'est pas top non plus. Mon mari fait également part au médecin d'une étude que nous avons trouvée, menée pendant 6 ans, qui analysait l'association RCIU et Hydramnios. Dans 92% des cas, il y a un grave problème chromosomique/génétique ou morphologique. Le médecin nous répond que nous n'y connaissons rien, que les chances qu'il y ait un problème se compte sur les doigts d'une main, que des cas comme nous, il en voit 4 ou 5 par an et qu'il ne dit surtout pas cela pour nous rassurer. Nous reprenons alors espoir. Les médecins sont si confiants, alors que nous n'avons même pas réalisé l'amniocentèse. Notre fille est peut-être juste petite.

L'amniocentèse se passe bien. Le CHU nous rappelle le lendemain pour nous indiquer que la FISH est négative et que c'est déjà très bien. Nous réalisons quelques jours plus tard l'échographie cardiaque. L'asymétrie des ventricules est à nouveau confirmée. Le cardiologue constate que l'isthme est à 2,3 mm (-2,4 DS) avec un angle de raccordement un peu inhabituel. La taille de l'artère pulmonaire est dans les limites de la normale. Il y a un risque faible de coarctation de l'aorte. Nous attendons ensuite 10 à 12 jours pour savoir si l'ACPA est normale. L'attente est insupportable sans une date à laquelle se fixer, le CHU n'appelle que s'il y a un problème. Alors, je reste cramponnée à mon téléphone toute la journée en espérant qu'on ne m'appelle pas. Je n'ose plus bouger ou jouer avec mon fils, car j'ai peur d'accoucher prématurément à cause de l'hydramnios. C'est un enfer. Finalement plus de 12 jours s'écoulent et pas d'appel. J'essaie d'appeler le secrétariat du centre de dépistage pour avoir malgré tout confirmation, car j'ai besoin d'entendre que c'est normal et je souhaite aussi savoir quand j'aurai les autres résultats. Une secrétaire finit par me rappeler, me confirme que l'ACPA est normale et me dit qu'il faut encore au moins 2 semaines pour le caryotype. Elle m'indique que c'est ma médecin traitant qui recevra les résultats et me les communiquera.

Arrive ensuite la journée en hôpital de jour qui consiste à vérifier ma tension, faire un monitoring et une échographie pour vérifier les mesures principales. Je suis ultra stressée par l'échographie, car j'ai peur que ma fille n'ait pas bien grandi. Ma tension est donc super élevée et la sage-femme s'obstine à vouloir me la prendre jusqu'à ce que je me sois détendue, alors que c'est impossible car je pense toujours à l'échographie. Elle décide finalement de passer à l'étape suivante : le monitoring. Celui-ci est compliqué, car avec l'hydramnios, le capteur perd vite la trace du coeur, et notre bébé a beaucoup de place pour bouger, mais le rythme nous semble bon (140 battements par minute). Pourtant le monitoring s'éternise, cela fait déjà plus d'1h30 que nous sommes là et la sage-femme fait souvent des allers-retours pour contrôler. Finalement une médecin vient nous voir et nous annonce que le monitoring n'est pas bon, car le rythme est micro-oscillant non réactif pendant 40 min. En gros, notre bébé ne bouge pas assez, encore un mauvais signe. Elle nous annonce que je vais être hospitalisée pour la nuit et que si les prochains monitorings ne sont pas bons, on déclenchera mon accouchement le lendemain. C'est à nouveau la douche froide. Je n'en peux plus de cette grossesse. J'étais inquiète pour l'échographie et voilà que nous ne passons même pas l'étape du monitoring. Nous n'avons pas non plus encore eu le résultat du caryotype. Je le demande. La médecin m'annonce qu'il est normal. Si je n'avais pas demandé, je ne l'aurais même pas eu. L'analyse du liquide amniotique est en revanche toujours notée comme en cours. C'est l'enfer et la panique. Rien n'est prêt pour accueillir notre bébé, nous avons tout mis en pause en attendant les résultats. Notre fils est à l'école et je dois aller le chercher le soir.

Nous faisons ensuite l'échographie. Le calvaire continue. C'est une interne qui réalise l'échographie, je n'ai rien contre, mais de toute évidence elle n'a vraiment pas l'habitude et avec l'hydramnios, elle n'arrive à rien. Après un temps infini, la médecin responsable finit par faire elle-même les mesures. Notre fille n'a pas bien grandi, mais les médecins n'ont toujours pas l'air inquiet, la seule chose qui les préoccupe, c'est de me faire accoucher. Nous demandons à nouveau un Scan ou une IRM, mais visiblement ce n'est pas nécessaire dans notre cas. Alors, avec mon mari, on se rassure, car aucun médecin n'a l'air de s'alarmer. S'il notre bébé risquait d'avoir un problème, les médecins nous l'auraient dit et ne nous auraient pas rassurés. Nous décidons donc de préparer l'arrivée de notre bébé qui est peut-être pour le lendemain. Je dors à l'hôpital et refais plusieurs monitorings. Finalement, le lendemain, le monitoring n'est pas parfait, mais assez satisfaisant pour que je puisse rentrer. J'ai ensuite quelques jours plus tard un dernier rendez-vous classique au CHU, prévu avec une sage-femme bien avant la détection des anomalies, à 8 mois de grossesse. C'est la dernière fois que j'ai un contact avec le CHU avant mon accouchement. Je n'ai jamais eu les résultats complets de l'amniocentèse.

Finalement, j'accouche naturellement à terme de ma petite fille à 9 mois de grossesse. Malgré le bonheur que nous ressentons de l'avoir enfin avec nous visiblement saine et sauve, nous remarquons tout de suite avec mon mari des petites anomalies physiques, sa bouche étrange, ses angiomes, ses freins de langue et de gencive, ses petits doigts,… Mais aucun médecin ne nous signale quoi que ce soit. Nous sommes traités à la maternité comme pour notre fils où j'avais également accouché. Nous sommes donc soulagés et heureux, tout semble aller bien. Nous rentrons chez nous et faisons tous les suivis médicaux classiques prévus. Aucun médecin ne nous alerte sur quoi que ce soit. A 1 mois de vie, nous nous rendons compte seuls, par hasard, suite à une question que j'avais posée à la pédiatre remplaçante, que la forme de sa bouche se retrouve dans des tas de syndromes génétiques et n'est absolument pas normale. Nous faisons part de notre inquiétude à cette pédiatre remplaçante et réclamons un rendez-vous avec un généticien au CHU. Nous finissons par avoir un rendez-vous 2 mois plus tard. Entre-temps, la vie devient un enfer. Plus le temps s'écoule, plus nous remarquons des anomalies sur notre petite fille, mais nous devons continuer notre quotidien comme si de rien n'était en nous occupant de notre fils et de notre fille. Nous ne pouvons rien détailler à nos proches, car à chaque fois on…"

Ce témoignage illustre la complexité des émotions ressenties par les parents confrontés à une IMG, ainsi que l'importance d'un accompagnement médical et psychologique adapté.

Grossesse ultérieure

La plupart des femmes ont envie d’être de nouveau enceinte très vite, pour « remplacer » ce bébé. Les équipes médicales le proposent toujours aux parents.

Si une nouvelle grossesse survient après une fausse couche tardive, le cerclage n’est pas systématique, et plutôt réservé aux femmes ayant plusieurs antécédents de fausses couches.

tags: #avortement #deuxième #trimestre #anomalie #fœtale

Articles populaires:

Share: