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Légalisation de l'avortement en Argentine : Un aperçu des luttes et des enjeux

L'avortement en Argentine a été un sujet de débat intense pendant des décennies, culminant avec sa légalisation en 2020. Cet article explore les événements clés, les figures importantes et les enjeux persistants entourant ce droit.

La lutte pour la légalisation en Argentine

La légalisation de l'avortement en Argentine en 2020 a été le résultat d'une intense bataille sociale et parlementaire. Cet événement a mis en avant la lutte pour les droits des femmes et notamment pour la fin des inégalités par rapport aux hommes. La mobilisation pour l'avortement, qui a abouti à sa légalisation, a été marquée par l'enchevêtrement des luttes féministes, entre la Campagne pour l'avortement légal et Ni Una Menos, s'est accompagné d'une double stratégie sociale et parlementaire.

Conférences et mobilisations

Une conférence sur la mobilisation pour l'avortement en Argentine, initialement prévue pour le 8 mars à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, a été reportée au 21 mars en raison de la mobilisation contre la réforme des retraites. Cette présentation, destinée à un large public, met en lumière la lutte pour les droits des femmes et notamment pour la fin des inégalités par rapport aux hommes.

Témoignages et perspectives

Le film documentaire ((Que sea ley - Femmes d’Argentine)), présenté par le cinéaste argentin Juan Solanas à l’Institut Lumière, offre un aperçu de la lutte pour la légalisation de l'avortement pour toutes les femmes en Argentine.

Figures emblématiques et mouvements clés

Plusieurs figures et mouvements ont joué un rôle crucial dans la lutte pour la légalisation de l'avortement en Argentine.

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Ofelia Fernandez

Ofelia Fernandez, une jeune députée de 20 ans de la ville de Buenos Aires, est une figure emblématique de ce combat pour le droit à l’avortement. En 2018, elle est un des visages du mouvement qui débouche sur un premier projet de loi. En 2019, à seulement 19 ans, elle devient la plus jeune législatrice du pays. Elle maintient la pression sur le congrès pour faire avancer le droit à l'avortement.

Le rôle des mouvements féministes

Les femmes sont importantes dans l’imaginaire politique en Argentine. Aujourd’hui, il y a un mouvement féministe très fort. La grande manifestation de juin a renforcé la solidarité entre les femmes (le 4 juin dernier, des milliers d’entre elles sont descendues dans les rues de Buenos Aires, à l’appel du mouvement féministe Ni Una Menos. Elles ont obtenu une première victoire le 14 juin quand les députés argentins ont voté en première instance la légalisation de l’avortement.

Enjeux et défis persistants

Malgré la légalisation, des défis et des enjeux persistent en matière d'accès à l'avortement.

La constitutionnalisation de l'IVG

La constitutionnalisation de l’IVG est un symbole fort en faveur de l’égalité hommes-femmes, rendant plus difficile la révocation de ce droit. Toutefois, elle ne garantit en rien l’effectivité de ce droit. La loi constitutionnelle du 8 mars 2024 ne comporte qu’un seul article, modifiant l’article 34 de la Constitution et dispose que « La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse« . Ce renvoi à la Loi pour déterminer les conditions d’accès à l’avortement laisse la porte ouverte à d’éventuelles restrictions futures.

Les obstacles à l'accès

Les obstacles à l'accès à l'avortement restent nombreux. En France, par exemple, 130 centres d’IVG ont fermé en 15 ans selon le mouvement français du planning familial. Dans les départements les plus ruraux comme la Corrèze et la Creuse, une femme sur deux doit changer de département pour pouvoir avorter. De plus, la double clause de conscience permet aux médecins de refuser de procéder à l’interruption volontaire bien qu’il soit tenu de fournir le nom d’un praticien qui acceptera de le faire. D’après des témoignages, tous les praticiens ne suivent pas ces règles, annoncent tardivement leur refus ou ne fournissent pas d’alternative, causant du retard dans une prise en charge dont le temps est compté.

Lire aussi: Avortement et liberté des femmes en France

Parallèles avec la France : le MLAC et la loi Veil

L'histoire de la lutte pour l'avortement en Argentine trouve des échos dans celle de la France, notamment avec le Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception (MLAC) et la loi Veil. Annie Chemla, ancienne militante du MLAC, témoigne de cette époque où des milliers de personnes s’engageaient dans une pratique illégale avec pour objectif sa légalisation, mais aussi sa démédicalisation. Le MLAC souhaitait que les femmes reprennent le contrôle sur cette pratique pour permettre sa pérennité.

Le manifeste des 343, paru dans le Nouvel Observateur, le 5 avril 1971, a marqué un tournant dans la lutte pour la légalisation de l'avortement en France. Deux ans plus tard, 331 médecins ont eu le courage de déclarer publiquement avoir aidé des femmes à avorter, affirmant ainsi l’absurdité de la Loi.

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tags: #avortement #argentine #wikipedia

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