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Interruption Volontaire de Grossesse après 4 Mois : Procédures, Risques et Alternatives

En France, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est encadrée par la loi, qui fixe un délai maximal pour sa réalisation. Cet article vise à informer sur les procédures d'IVG, les risques associés, et les alternatives possibles, en particulier lorsque le délai légal est dépassé.

Cadre Légal de l'IVG en France

La loi française autorise l'IVG jusqu'à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée (SA). La loi du 2 mars 2022 a étendu ce délai, permettant aux femmes d'avorter jusqu'à 14 semaines de grossesse, contre 12 auparavant. Ce délai correspond au début du quatrième mois de grossesse. Après avoir eu la confirmation de sa grossesse, une femme peut décider ou non d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG).

Les Techniques d'Avortement

En France, deux méthodes principales d'IVG sont pratiquées : l'IVG médicamenteuse et l'IVG instrumentale.

IVG Médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse est possible jusqu'à sept semaines de grossesse, soit neuf semaines d'aménorrhée. Elle repose sur la prise successive de deux médicaments. Dans un premier temps, la patiente prend par voie orale un médicament antiprogestérone, qui permet d’interrompre la grossesse. Environ 24 à 48 heures après ce premier traitement, elle peut prendre une prostaglandine, qui provoque des contractions et l’expulsion de l’embryon.

Étapes de l'IVG Médicamenteuse :

  1. Prise du premier médicament (mifépristone) : Ce médicament bloque l’action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Il favorise également les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. La prise du premier comprimé : bloque l’action de l’hormone (la progestérone) et arrête la grossesse ;favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin ;provoque des saignements plus ou moins importants. Dès cette première étape, vous pouvez avoir des saignements et des douleurs plus ou moins importants, mais la plupart du temps les commencent après la prise du 2e médicament. Les saignements ne sont pas le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de prendre le 2e médicament.
  2. Prise du second médicament (misoprostol) : Elle a lieu dans un délai de 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’IVG. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes), mais qui peuvent être réduites grâce à la prescription d’anti-douleurs. Les saignements souvent assez abondants qui accompagnent l’interruption de la grossesse arrivent parfois très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tard. Bon à savoir : Si votre groupe sanguin est rhésus négatif, vous recevrez une injection de gamma-globulines anti-D au plus tard dans les 72 h suivant le début du saignement pour éviter toute lors d’une prochaine grossesse. La prise du second comprimé : augmente les contractions ;déclenche l’expulsion de l’œuf ;provoque des contractions utérines plus ou moins douloureuses qui ressemblent à celles des règles ou plus intenses. Ces douleurs sont atténuées par un antalgique ;peut occasionner certains effets secondaires : nausées, vomissements, diarrhées ;entraîne des saignements, quelques heures après ou plus tardivement. Ces saignements durent généralement une dizaine de jours, ils s’arrêtent d’eux-mêmes. Ils sont très importants le jour de la prise du comprimé mais diminuent ensuite.
  3. Visite de contrôle : 14 à 21 jours après la première prise de médicament, vous devez réaliser une visite de contrôle afin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’y a pas de complications. Lors de cette visite, votre médecin ou sage-femme : confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin ;vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse ;évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation. Et en cas d’échec de l’IVG médicamenteuse ?En cas d’échec de l’IVG (si la grossesse se poursuit), le médecin, ou la sage-femme, vous oriente vers l’IVG instrumentale.

76 % des IVG réalisées sont des IVG médicamenteuses. Elle consiste à prendre deux comprimés prescrits par votre médecin ou sage-femme. Cette méthode est possible jusqu’à 7 semaines de grossesse.

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Points à retenir :

  • L’IVG médicamenteuse peut être réalisée par votre médecin ou sage-femme.
  • L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME).
  • L'IVG médicamenteuse peut-être réalisée via une téléconsultation.
  • Deux prises de médicaments sont nécessaires pour interrompre la grossesse.
  • Il est possible de réaliser une IVG médicamenteuse jusqu’à 7 semaines de grossesse.
  • Les médicaments provoquant l’IVG entraînent des saignements et des contractions utérines similaires à des règles abondantes.

IVG Instrumentale

L’IVG instrumentale consiste à dilater le col de l’utérus et à évacuer le contenu utérin par aspiration. En amont de l’avortement, une préparation médicamenteuse du col de l’utérus est indiquée, afin de faciliter la dilatation. Cette préparation cervicale requiert la prise orale d’un antiprogestérone ou d’une prostaglandine trois à quatre heures avant l’aspiration, ou sur l’administration d’un ovule par voie vaginale trois heures avant l’aspiration. Pratiqué sous anesthésie locale ou générale, l’avortement chirurgical dure une dizaine de minutes. Toutefois, une surveillance de la patiente est mise en place dans les heures suivant l’intervention. Il est également recommandé qu’une personne l’accompagne à sa sortie de l’établissement de santé. Parfois, un soutien psychologique, avec la consultation d’un professionnel, sera nécessaire.

Les Deux Temps Préalables à l'IVG : Information et Recueil du Consentement

Le temps d'information

Le premier temps préalable à la réalisation de l'IVG a lieu avec votre médecin ou dans un cabinet de ville, en centre de santé, en établissement de santé, dans un (ancien centre de planification et d'éducation familial) et peut être réalisé à distance (téléconsultation). Au cours de ce premier temps, votre médecin ou sage-femme : vous informe sur les deux méthodes d’IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide ; vous propose de réaliser un entretien psychosocial (uniquement obligatoire pour les mineures) ;doit vous orienter vers un autre professionnel de santé s’il ne pratique pas lui-même l’IVG. Dans ce cas, il vous remet une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.

Le recueil du consentement

Lors de ce second temps, vous choisissez la méthode d’IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit. Il s’agit également d’un moment privilégié avec votre médecin ou sage-femme : - pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG si nécessaire ; - pour vous faire prescrire, si tel est votre choix, un des infections sexuellement transmissibles, dont l’ par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’ (à partir de 25 ans). Si vous avez choisi la méthode médicamenteuse, vous pouvez choisir de prendre les médicaments en présence du professionnel de santé ou à domicile. Si vous souhaitez réaliser l’IVG à domicile, le professionnel de santé vous remet les médicaments ainsi qu’un mémo pratique dans lequel vous retrouverez toutes les informations utiles concernant la procédure. Si vous avez fait le choix de la téléconsultation, vous devrez récupérer les médicaments en pharmacie. La prescription sera transmise par le médecin ou la sage-femme à la pharmacie de votre choix après vérification de la disponibilité des médicaments.

Si vous êtes mineure

Une autorisation parentale n’est pas obligatoire pour une IVG. Vous devez être accompagnée par un adulte de votre choix. Vous devez assister à une consultation psychosociale pour procéder à l’IVG.

Bon à savoir : Si le médecin ou la sage-femme, qui vous reçoit refuse de procéder à la consultation IVG, il a le devoir de vous donner les noms de professionnels de santé susceptibles de réaliser une IVG. Il n’existe pas de délai légal entre les deux temps préalables à l'IVG. Si vous le souhaitez, il est possible de réaliser ces deux temps au cours d’une seule et même consultation.

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Risques et Considérations Psychologiques

L’IVG n’est jamais un acte anodin et aucune femme n’y recourt facilement. Elle peut être douloureuse, est toujours mal vécue sur le plan psychologique et ce même des années après. Parfois, un soutien psychologique, avec la consultation d’un professionnel, sera nécessaire.

IVG au-delà de 14 Semaines de Grossesse

Possibilités à l'Étranger

Il est possible de réaliser un avortement à l’étranger si la femme a dépassé les délais légaux autorisés en France. « Mais certains hôpitaux ne pratiquent pas les avortements au-delà d’un certain terme. Si vous ne trouvez aucun hôpital en France pour le réaliser, il est possible d’aller avorter dans une clinique à l’étranger et de demander un remboursement de vos frais à la Sécurité sociale », indique le Planning familial sur sa plateforme en ligne. Toutefois, dans ce cas le délai doit correspondre au délai en vigueur en France, soit 14 SA maximum. Toutefois, partir à l’étranger pour avorter présente un coût. Le Planning familial peut notamment aider les femmes en difficulté à choisir la clinique qui correspond le mieux à leur situation.

En Angleterre, au Pays de Galles et en Écosse, les femmes enceintes peuvent notamment avorter jusqu’à la 24e semaine de grossesse. Aux Pays-Bas, le délai pour avoir recours à une IVG est de 22 semaines.

Soutien et Accompagnement

Afin que l’IVG médicamenteuse se déroule dans les meilleures conditions possibles, n’hésitez pas à vous faire accompagner dans vos démarches par une personne de confiance. Si vous avez décidé de prendre les médicaments à votre domicile, essayez, dans la mesure du possible, de vous octroyer du repos. En cas de douleurs, un arrêt maladie peut vous être prescrit.

Rôle des Professionnels de Santé

Les médecins généralistes et les sages-femmes jouent un rôle crucial dans le suivi des IVG médicamenteuses. vérifier (grâce à l’examen clinique et éventuellement l’échographie et, en cas de doute, le dosage des bêta-HCG plasmatiques) que le fœtus a bien été expulsé et que l’utérus est vide lors de la visite de contrôle obligatoire, qui a lieu 2 à 3 semaines après l’IVG.

Lire aussi: Avortement et liberté des femmes en France

Prévention des IVG

Comment pourrait-on prévenir certaines de ces IVG ? Il faut développer l’information des femmes à qui l’on ne parle pas assez de contraception. La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé si nécessaire d'utiliser une contraception. Vous pouvez en discuter au cours de la procédure avec votre médecin ou sage-femme pour choisir celle qui vous conviendra le mieux.

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