La remise en question du droit à l'IVG aux États-Unis a relancé les théories du complot autour de l'avortement, tant aux États-Unis qu'en France. La Cour suprême envisage de revenir sur sa décision de protéger le droit à l'IVG et de laisser les États américains choisir d'interdire ou d'autoriser l'avortement sur leur territoire. Cette perspective a agité la complosphère, car l'avortement est l'une des nombreuses marottes des conspirationnistes.
L'avortement dans le viseur des complotistes
D'une part, des figures de la lutte anti-IVG versent dans le complotisme. Kandiss Taylor, candidate au poste de gouverneur aux États-Unis, parle dans son programme de se battre contre le "Nouvel ordre mondial", vision du monde dans laquelle l'avortement ne serait qu'une forme de sacrifice. En France, Xavier Dor, connu dans le milieu catholique intégriste, a créé un site web conspirationniste.
D'autre part, un nombre croissant de complotistes bien connus en France affichent leur hostilité à l'avortement sous le prisme du complot. Thierry Casasnovas, naturopathe et influenceur, qualifie l'avortement de "symptôme" d'une société de débauche, qui fait suite à une révolution sexuelle orchestrée par la CIA. Le vidéaste Silvano Trotta appelait ses abonnés à "se débarrasser de l'OMS, ce monstre aux mains de Big Pharma qui a un besoin énorme de fœtus".
Simone Veil, victime de conspirationnisme anti-avortement
Lors de son célèbre discours en 1974, Simone Veil défendait la réforme de la loi sur l'avortement devant une Assemblée nationale remplie d'hommes. Elle a essuyé un nombre impressionnant d'attaques, y compris dans le registre complotiste, avec la comparaison de l'IVG à un holocauste évoquée par plusieurs députés. Cet amalgame reprend de la vigueur, par exemple via des influenceurs anti-avortement comme l'Américaine Lila Rose.
Parallèles historiques et propagande soviétique
Bien que l'article de franceinfo ne se concentre pas spécifiquement sur la propagande soviétique, il est pertinent d'examiner le contexte historique de l'avortement en Union soviétique pour comprendre comment les discours et les politiques peuvent être instrumentalisés à des fins idéologiques.
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La légalisation de l'avortement en URSS
L'Union soviétique a été l'un des premiers pays à légaliser l'avortement en 1920. Cette décision était motivée par plusieurs facteurs, notamment la volonté de libérer les femmes des contraintes sociales et économiques liées à la maternité, ainsi que par des considérations démographiques et de santé publique.
La propagande pro-nataliste de Staline
Cependant, dans les années 1930, Staline a inversé cette politique et a interdit l'avortement en 1936. Cette interdiction s'inscrivait dans une politique pro-nataliste visant à augmenter la population soviétique et à renforcer la puissance de l'État. La propagande de l'époque présentait l'avortement comme un acte antisocial et encourageait les femmes à avoir des enfants pour le bien de la nation.
L'avortement comme enjeu idéologique
L'histoire de l'avortement en Union soviétique montre comment cette question peut être instrumentalisée à des fins politiques et idéologiques. La légalisation initiale visait à émanciper les femmes et à moderniser la société, tandis que l'interdiction ultérieure servait des objectifs démographiques et de contrôle social.
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