Introduction
L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une méthode d'avortement qui permet d'interrompre une grossesse par la prise de médicaments. En France, elle est possible jusqu'à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée (SA). Cet article détaille le déroulement de l'IVG médicamenteuse, en particulier dans le contexte d'une grossesse de 62 jours (environ 8 semaines et 6 jours), et fournit des informations essentielles pour les femmes concernées.
Cadre Légal et Acteurs de Santé
L’IVG médicamenteuse est pratiquée par un médecin ou une sage-femme, que ce soit en cabinet de ville, dans un centre de santé ou un centre de planification familiale ayant signé une convention avec un établissement de santé. Depuis 2018, des professionnels de santé sont formés à la pratique des IVG médicamenteuses en ville, comme c'est le cas auprès du CHU de Montpellier « Arnaud de Villeneuve », où la pratique est possible jusqu'à 9 semaines d'aménorrhée.
Déroulement de l'IVG Médicamenteuse
Consultation Préalable et Examens Nécessaires
La première étape consiste en une consultation avec un professionnel de santé (médecin ou sage-femme). Ce professionnel est habilité à vous accompagner tout au long du processus. Lors de cette consultation, le professionnel de santé prescrira les examens nécessaires avant la réalisation de l'IVG, notamment une prise de sang et une échographie.
Explication du Processus
Le professionnel de santé expliquera en détail le déroulement de l'IVG médicamenteuse, les effets des deux médicaments utilisés, les motifs de consultation aux urgences et l'efficacité de la méthode. Il est essentiel de poser toutes vos questions lors de cet entretien.
Les Médicaments Utilisés
La méthode de l’IVG médicamenteuse consiste à provoquer une fausse couche en prenant deux médicaments différents :
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- Mifépristone (MYFEGINE): Ce médicament interrompt le développement de la grossesse.
- Misoprostol (GYMISO): Ce médicament provoque l’expulsion de la grossesse. La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires en raison d'un risque de douleurs abdomino-pelviennes plus fréquentes.
Gestion de la Douleur
Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Le rapport à la douleur est variable selon les femmes et pour une même femme selon les situations. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti inflammatoires non stéroïdiens couplet avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le ou la médecin ou sage-femme qui suit l’IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol.
Effets Secondaires Possibles
Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.
Déroulement Pratique
Le professionnel de santé délivre les médicaments, prescrit les antalgiques nécessaires et la contraception choisie par la patiente.
Saignements et Expulsion
Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30 minutes et 3 jours après la prise du premier médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone (prévoir des protections menstruelles dès ce moment). La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer.
Les saignements qui s’ensuivent, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements.
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S’il n’y a pas de saignement à 24h, il faut contacter le médecin ou la sage-femme pour avoir une appréciation de la situation. Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.
Consultations de Contrôle
Des examens de contrôle sont indispensables pour vérifier le succès de la méthode. Ces examens comprennent :
- Prise de sang de contrôle: Elle est effectuée 10 et 12 jours après la prise du médicament.
- Échographie de contrôle: Elle peut être nécessaire dans certains cas.
Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.
Retour des Règles
Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l’IVG, selon la méthode contraceptive mise en place.
Complications Possibles
Des complications peuvent parfois survenir jusqu’à un mois après l’IVG si la consultation de contrôle n’a pas été réalisée dans de bonnes conditions ou pas faite du tout. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38° qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur.
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Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.
Le risque principal d’une IVG médicamenteuse est le risque d’hémorragie.
Contre-indications
La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Elle peut être repérée aux signes cliniques ainsi qu’avec la surveillance du dosage des BHCG. Cependant, en l’absence de facteurs de risque et de symptômes, une grossesse de localisation indéterminée ne contre-indique pas la prise des médicaments pour l’IVG. A contrario, les symptômes possibles d’une grossesse intra utérine peuvent être des seins tendus, des douleurs qui ressemblent aux douleurs de règles ou aux syndromes pré-menstruels, des nausées.
Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.
Impact sur la Fertilité et le Bien-être Psychologique
Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues.
Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.
Contraception Post-IVG
Le professionnel de santé prescrira également la contraception que vous aurez choisie. Il existe différentes méthodes contraceptives :
- Pilule contraceptive: À prendre quotidiennement.
- Implant contraceptif: Inséré sous la peau du bras pour une durée de plusieurs années.
- Stérilet (Dispositif Intra-Utérin): Inséré dans l'utérus par un professionnel de santé.
- Injection contraceptive: Les injections sont à répéter tous les 3 mois par injection dans le muscle. C’est une méthode très efficace si les délais d’injection sont respectés (seulement 3% de risque de grossesse sur une année).
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