La décision d'avoir un enfant est une étape importante dans la vie d'un couple, influencée par des facteurs personnels, économiques et sociaux. De plus en plus de couples choisissent de retarder cette décision, ce qui conduit à une augmentation des grossesses après 40 ans. Cette tendance, bien que de plus en plus courante, soulève des questions importantes concernant les risques et les avantages associés à la maternité tardive.
Un phénomène social en expansion
Dans la société actuelle, la décision de mettre un enfant au monde dépend de nombreux facteurs et est souvent perçue comme un acte de courage, de procrastination ou la nécessité d’une situation financière plus favorable avant de franchir le pas. C’est ce que l’on observe dans les statistiques tant au niveau mondial que dans les données sur la fécondité en Espagne. Le report des projets de maternité est un phénomène social influencé par la volonté de développer des projets de vie et de reporter le moment de la maternité. Les femmes d'aujourd'hui suivent souvent de longues études, privilégient leur carrière et attendent de trouver un partenaire stable avant de fonder une famille. Par conséquent, avoir un enfant à partir de 40 ans est une option de plus en plus courante.
Selon les dernières estimations de l'Insee, la fécondité dite « tardive » (à 40 ans ou plus) n'a jamais été aussi haute depuis 1979. En 2019, en France hors Mayotte, 42 800 bébés sont nés de mères âgées de 40 ans ou plus, représentant 5,7% des naissances de cette année. Cette remontée de la fécondité tardive s'inscrit dans un contexte général de hausse de l’âge moyen à l’accouchement depuis le milieu des années 1970. En 2019, la fécondité tardive est ainsi 3,4 fois plus élevée qu’en 1980.
Fertilité et âge : Une réalité biologique
Il existe un moment biologique pour la maternité qui coïncide de moins en moins avec les décisions de la femme d’aujourd’hui. C’est entre 25 et 30 ans que le corps est le mieux préparé pour la maternité. La fertilité féminine diminue naturellement avec l'âge. Bien qu’il soit possible de tomber enceinte à 40 ans, dans le cas des femmes, la quantité d’ovules et, surtout, leur qualité, diminuent considérablement après 35 ans, raison pour laquelle de nombreuses patientes commencent à chercher de l’aide en ayant recours à des traitements tels que la fécondation in vitro, l’insémination artificielle et d’autres techniques de reproduction assistée. Après 40 ans, cette baisse est drastique jusqu’à l’arrivée de la ménopause.
Au fil du temps, il y a également un vieillissement de l’ovaire et de ses ovocytes, détériorant la qualité des ovules et augmentant les problèmes génétiques. C’est pourquoi on dit aujourd’hui que la fertilité des femmes commence à diminuer à partir de la troisième décennie et s’accentue vers l’âge de 38 ans. Par conséquent, bien qu’il existe des cas de grossesses naturelles chez les femmes après l’âge de 40 ans, ils ne sont pas courants. Selon la Société espagnole de fertilité (SEF), le taux de grossesse naturelle avec ses propres ovules est réduit à 5 % à partir de 40 ans.
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La réserve ovarienne (le nombre d’ovules que vous avez) diminue et leur qualité aussi. Des entités telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considèrent qu’un âge maternel moyen supérieur à 35 ans constitue un facteur de risque. En Espagne, l’Institut national de la statistique (INE) fixe l’âge du premier enfant à 32,2 ans en 2019. Les femmes espagnoles sont ainsi, aux côtés des femmes italiennes, les dernières parmi les européennes à devenir mères.
Risques associés à la grossesse tardive
Bien qu'il soit possible d'avoir un bébé en toute sécurité à 40 ans, il est important de connaître les risques potentiels. Au-delà de 40 ans la grossesse est considérée comme une grossesse à haut risque.
Risques pour la mère
Après 40 ans, les risques pour la femme enceinte s’accroissent effectivement. Les femmes enceintes âgées de plus de 40 ans sont plus à risque de développer des maladies telles que le diabète gestationnel et l’hypertension artérielle gravidique. En l’absence de traitement, ces maladies mettent en péril la vie de la future mère et du fœtus. Elles demandent une prise en charge médicale particulièrement rigoureuse, et nécessitent plus souvent un alitement prolongé, voire une hospitalisation.
Selon le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français, les complications telles que l’hypertension artérielle, le diabète gestationnel, le placenta praevia ou encore l’hémorragie de la délivrance sont plus fréquentes chez les quarantenaires.
L'accouchement chez une femme de 40 ans ou plus "peut se révéler plus délicat, surtout s'il s'agit d'un premier bébé, car la dilatation du col peut s'avérer plus difficile. Le risque d'hémorragie de la délivrance est également un peu peu élevé après 40 ans, surtout lors du premier accouchement. On observe plus souvent des accidents, par exemple des hémorragies après la naissance. Il y a également une probabilité plus élevée de donner naissance par césarienne. Les muscles de l’utérus sont moins élastiques et moins capables de se contracter. C’est pourquoi le gynécologue peut recommander de déclencher ou de provoquer l’accouchement.
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Une étude canadienne de 2006 indique souvent que les femmes enceintes de plus de 35 ans ont un risque accru de souffrir d’une embolie de liquide amniotique - une complication dangereuse pendant ou après la naissance. En revanche, les chercheurs eux-mêmes soulignent le risque lié au déclenchement médical du travail - quel que soit l’âge, 50 % de toutes les naissances présentant ces complications ont été provoquées médicalement.5 La probabilité absolue d’embolie de liquide amniotique est extrêmement faible.
Risques pour le bébé
Plus la mère est âgée, plus les risques pour le fœtus augmentent également. En ce qui concerne l’enfant, les risques d’anomalies chromosomiques augmentent aussi avec l’âge de la mère, ce qui peut entraîner des fausses couches ou des malformations congénitales.
Plus la mère est âgée, plus les anomalies chromosomiques sont fréquentes. Par exemple, le risque de trisomie 21, estimé à une naissance sur 1 000 lorsque la mère a 30 ans, s’élève à une naissance sur 50 chez les mères âgées de 42 ans. La future mère pourra recourir à une amniocentèse afin de déterminer si le fœtus est porteur d’une anomalie chromosomique. Toutefois, l’amniocentèse expose à une fausse couche dans un cas sur 100. On diagnostique une trisomie 21 chez 1 à 4 enfants sur 100 nés de mères de 40 ans ou plus. Malheureusement, plus la probabilité d’anomalies chromosomiques telles que le syndrome de Down augmente, plus le nombre de fausses couches augmente. L’âge ne fait pas une grande différence lorsqu’il s’agit de donner naissance à un enfant. Même si à partir de 40 ans, le risque de naissance prématurée et de naissance du bébé avant 37 semaines de gestation soit plus élevé.
Examens de dépistage prénatal
Pendant cette période, la femme enceinte peut choisir de procéder à des tests de diagnostic prénatal, qui permettent de connaître le risque que court le bébé de subir des altérations chromosomiques ou d’exclure des anomalies congénitales ou malformations.
- Test d’ADN fœtal dans le sang maternel : Pour détecter les anomalies chromosomiques les plus courantes qui peuvent être identifiées grâce à l’échantillon de sang de la mère.
- Amniocentèse : Consiste à prélever du liquide amniotique à l’intérieur du placenta, le sac dans lequel se trouve le fœtus. La ponction est effectuée à l’aide d’une aiguille très fine dans l’abdomen et des cellules sont extraites de l’embryon et seront analysées pour détecter la présence éventuelle d’anomalies chromosomiques ou génétiques et de défauts du tube neuronal. Elle est réalisée entre la 15ème et la 18ème semaine.
- Biopsie choriale ou chorionique : On obtient du tissu du placenta pour l’étude des chromosomes fœtaux, de l’ADN ou des enzymes fœtales. Elle est réalisée par voie abdominale ou transcervicale. Son avantage par rapport à l’amniocentèse est qu’elle peut être effectuée à la 11ème et 12ème semaine.
- Cordocentèse ou prélèvement percutané de sang ombilical : Est la ponction et l’extraction du sang de la veine ombilicale pour détecter des anomalies congénitales et sanguines. Il s’agit d’une méthode peu fréquente qui doit être réalisée par des médecins experts.
Avantages de la maternité tardive
Malgré les risques, la maternité tardive présente également des avantages significatifs.
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Maturité et stabilité
La maturité d’une femme peut, à certains égards, être considérée comme un avantage, car elle est mieux préparée à relever de nouveaux défis. À ce stade, la femme a une plus grande maturité et un plus grand degré de responsabilité. La grossesse est souhaitée, la dépression post-partum est moins fréquente et la mère dispose de nombreuses informations qui ont une répercussion sur ses soins personnels et ceux de sa future famille.
Stabilité financière et professionnelle
En outre, elle bénéficie généralement d’une meilleure situation économique et professionnelle qui lui donne une plus grande stabilité pour éduquer son enfant. Beaucoup se sentent plus stables dans leur carrière et financièrement. Ils se sentent plus préparés émotionnellement et mentalement.
Expérience et sérénité
Chez les femmes qui ont déjà eu des enfants, l'expérience de la maternité tardive est souvent vécue de manière plus détendue, elles sont déjà passées par là et connaissent l'état de grossesse, ainsi elles ont souvent moins d'appréhensions que pour leurs premières grossesses et disent en profiter davantage. Elles s'autorisent plus, elles s'arrêtent souvent plus tôt, sont plus posées.
Solutions pour concevoir après 40 ans
Bien qu’il ne soit pas aussi facile d’y parvenir qu’à un âge plus jeune, il est toujours possible, avec les connaissances et les soins appropriés, d’avoir une grossesse saine après 40 ans.
Techniques de reproduction assistée
Lorsque la conception naturelle devient difficile, les techniques de reproduction assistée (AMP) peuvent être une solution. Les traitements de fécondation in vitro (FIV) et le don d’ovules peuvent améliorer les chances de grossesse.
- Insémination artificielle : Avec cette technique, des spermatozoïdes sélectionnés dans un échantillon, soit de votre partenaire, soit d’un donneur anonyme, seront placés dans votre utérus. Cette technique a tendance à être plus efficace pour les femmes de moins de 40 ans.
- Fécondation in vitro (FIV) : Il s’agit d’une technique de laboratoire qui nous permet de féconder un ovule avec un spermatozoïde en dehors de l’utérus.
- Don d'ovocytes: Lorsque la qualité des ovocytes de la femme est compromise, le don d'ovocytes peut être envisagé.
Congélation des ovocytes
Par conséquent, l’une des options pour préserver la fertilité est la congélation des ovocytes au stade fertile. Grâce à cette technique, la femme prend le contrôle de sa vie reproductive, pouvant décider dans le futur de son moment idéal pour devenir mère. De nos jours, les techniques sophistiquées de cryoconservation des ovocytes offrent une possibilité que choisissent de plus en plus de jeunes femmes qui ne veulent pas renoncer à leur projet de reproduction. Et, lorsque le moment est venu, grâce à un traitement de fécondation in vitro (soit avec le sperme du partenaire, soit avec du sperme provenant d’une banque de donneurs), on utilise les propres ovocytes de la patiente, qui ont conservé la même qualité et les mêmes caractéristiques qu’avant la congélation.
Diagnostic préimplantatoire (DPI)
En fonction de votre réserve ovarienne, de la réponse à la stimulation pharmacologique, de vos marqueurs génétiques et même de votre indice de masse corporelle, différentes marches à suivre sont établies pour optimiser le résultat. de gamètes pour obtenir une grossesse. C’est pourquoi il est conseillé d’effectuer le diagnostic ou test génétique préimplantatoire (DPI, également appelé PGT). Le DPI est effectué sur l’embryon avant que celui-ci ne soit transféré dans l’utérus de la mère. Il consiste en son analyse à partir d’une petite biopsie. Son objectif est de détecter les anomalies génétiques et/ou chromosomiques.
Préparation et suivi de la grossesse
La planification de la grossesse devrait commencer par une consultation avant la conception. Une recommandation qui devient plus nécessaire encore lorsqu’on envisage la maternité à un âge avancé. Un bilan médical complet doit être entrepris en début de grossesse afin d’identifier les possibles facteurs de risque, notamment les troubles cardiaques, les troubles circulatoires et le diabète, en vue de les prendre en charge de façon optimale le cas échéant. Les futures mamans de plus de 40 ans devront faire suivre leur grossesse de manière particulièrement rigoureuse. Par exemple, les échographies peuvent être plus fréquentes.
Conseils pour une grossesse saine
Il est conseillé de suivre une alimentation variée, riche en fruits et légumes et en aliments contenant de l’acide folique comme les légumineuses, les légumes à feuilles vertes, les fruits secs ou les céréales. Il est important de faire de l’exercice, de maintenir un poids adéquat et de garder un esprit alerte. Enfin, vous devez éviter les substances nocives telles que l’alcool, le tabac et les excitants comme le café.
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