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Développement des Sensations Corporelles chez le Nourrisson : Un Voyage Sensoriel Essentiel

Introduction

Le développement des sensations corporelles chez le nourrisson est un processus complexe et fascinant qui commence bien avant la naissance et se poursuit tout au long des premières années de la vie. Ce développement sensoriel est le fondement de l'ensemble du développement de l'enfant, étroitement lié aux dimensions motrice, émotionnelle, relationnelle et intellectuelle. Comprendre comment les nourrissons perçoivent et interagissent avec leur corps et leur environnement est crucial pour favoriser leur croissance et leur bien-être. Cet article explore les étapes clés du développement des sensations corporelles chez le nourrisson, en mettant l'accent sur le rôle des cinq sens traditionnels, ainsi que sur les sens vestibulaire et proprioceptif, et en soulignant l'importance d'un environnement sensoriel adapté.

Les Fondements Sensoriels : Plus que Cinq Sens

Souvent réduite aux cinq sens, la sensorialité est en réalité bien plus vaste. On peut même recenser jusqu’à 32 sens différents. Au-delà des cinq sens traditionnels (toucher, odorat, goût, ouïe et vue), deux sens essentiels jouent un rôle crucial dans le développement corporel du nourrisson :

  • Le sens vestibulaire : Il concerne l’équilibre et la perception de la position de la tête dans l'espace. Les récepteurs de la sensibilité labyrinthique (ou vestibulaire) sont situés dans l’oreille interne et nous donnent des informations sur la position de notre tête par rapport à la verticale.

  • Le sens proprioceptif : Il permet de percevoir la position et les mouvements des différentes parties du corps dans l’espace. Les récepteurs de la proprioception sont situés dans nos muscles, tendons, articulations et nous informent en permanence de la position des différentes parties de notre corps. Pas besoin de se voir, pour savoir dans quelle position nous sommes.

Ces deux sensibilités peu souvent évoquées sont pourtant fondamentales à tout âge, dans notre vie quotidienne et dans le développement de l’enfant.

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La Vie Sensorielle Intra-Utérine : Les Premières Expériences

La vie sensorielle débute dès la vie intra-utérine. En effet, les récepteurs sensoriels commencent à se développer dès le premier trimestre et rentrent en fonction à partir du dernier trimestre de la grossesse : tactile, vestibulaire, auditif, gustatif, olfactif et visuel - même si la vue n’est pas encore mature à la naissance. Dans l’utérus, le bébé perçoit principalement trois types de sensations : les vibrations, les balancements et les contacts. L’ensemble de ces expériences constitue la base de notre mémoire sensorielle. Quelles que soient les expériences ultérieures, y compris en cas de déficience ou de handicap sensoriel, chaque être humain a déjà vécu ces sensations fondamentales.

Le bébé commence par sentir l’odeur de sa mère lors de la grossesse, puis de ses parents et des personnes qui s’occupent de lui une fois né. Le goût du bébé commence à se développer pendant la grossesse avec les différents aliments que peut manger sa maman. En effet, le liquide amniotique ingéré par le bébé va avoir un goût différent selon l’alimentation de sa maman. S’il est allaité, le lait de sa maman aura également un goût différent en fonction des aliments qu’elle mangera. Le bébé commence à entendre in utéro notamment les bruits internes au corps de sa maman comme les battements de son cœur. Mais aussi sa respiration, les bruits de sa digestion ou sa voix via les vibrations qu’elle procure. Un bébé peut reconnaître la voix de sa maman à la naissance car c’est une sonorité qui l’a bercé pendant des mois auparavant. A travers la paroi utérine le bébé peut également entendre les sons graves. Il peut donc de même réagir au son de la voix de son papa.

Les origines de la découverte du corps propre et la formation du schéma corporel pourraient bien débuter de manière plus précoce que ne le suggère les travaux précédents, avant même la naissance, lorsque le fœtus se touchent lui-même. De Vries et al. (1986, 2006), par exemple, ont observé de nombreux mouvements chez des fœtus. Les contacts avec leur corps sont fréquents et en particulier, de nombreux contacts main-visage dès 10 et 13 semaines de gestation. Ces contacts du visage augmentent durant le deuxième trimestre de la grossesse et peuvent atteindre jusqu’à près de 200 contacts en 1 heure (Roodenburg et al., 1991). Les mouvements des bras vers le corps ou vers les murs de l’utérus sont aussi fréquents et varient en ampleur, force, et augmentent au fur et à mesure des semaines de gestation (Andonotopo et al., 2004). Ces différents contacts génèrent des feedbacks tactiles variés, qui ont la grande particularité d’être reliés aux mouvements des bras ou des jambes qui les ont déclenchés (voir Fagard et al., 2018). Ce faisant, les fœtus non seulement découvriraient leur corps et ses parties, mais éventuellement, apprendraient aussi à gérer leurs mouvements et à diriger leurs mains différentiellement vers des parties du corps qui produiraient des résultats plus intéressants, comme le visage ou la bouche en l’occurrence. Un certain nombre d’observations suggère, en effet, que les fœtus sont capables de moduler la vitesse du mouvement de leur bras selon la zone où ils dirigent leur main (Myowa-Yamakoshi et Takeshita, 2006 ; Reissland et al., 2014, 2018) : les fœtus ralentissent leur mouvement lorsque la main s’approche du visage ou de l’œil, par rapport aux mouvements dirigés vers d’autres parties du corps. Zoia et al. (2007) ont également observé que les fœtus ouvrent la bouche en signe d’anticipation avant que la main ne l’atteigne.

Développement Sensoriel Post-Natal : Étape par Étape

De la Naissance à Trois Mois : Le Toucher Prédominant

De la naissance à trois mois, le toucher est le sens le plus développé chez le nourrisson. Il s’exerce à travers la peau, mais aussi par les muqueuses, essentiellement au niveau de la bouche. L’audition est également très performante : la reconnaissance de la voix maternelle joue un rôle essentiel dans la création des premiers liens. Les sens olfactif et gustatif sont eux aussi bien développés, permettant notamment l’identification de l’odeur de la mère. En revanche, la vision reste immature ; l’enfant perçoit surtout les contrastes et manifeste une attirance particulière pour les visages humains plutôt que pour son environnement. Les systèmes proprioceptif et vestibulaire sont sollicités dès la naissance, mais ils sont encore en cours de maturation. Le traitement des différentes informations sensorielles ainsi que la réponse comportementale est encore désorganisée. Il est donc important d’être attentif à l’environnement du nourrisson : limiter le bruit, la lumière et l’agitation autant que possible.

Pendant cette période, il est conseillé de pratiquer le portage fréquent, de porter une attention particulière à la manière de toucher l’enfant, de le laisser en body pour favoriser les sensations corporelles, et de garder à l’esprit qu’il existe un temps de décalage entre ce que l’enfant ressent et sa réaction. En raison de l’immaturité du système nerveux, l’intégration de l’influx nerveux est plus lente et la réponse n’est pas immédiate.

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A la naissance, les nouveau-nés répondent déjà de façon bien spécifique aux stimulations tactiles liées aux premiers réflexes moteurs. Par exemple, une pression de la paume de la main entraîne une fermeture automatique des doigts autour de la source de stimulation (grasping reflex), une stimulation du dos de la main entraîne une réorientation de la main vers la source de stimulation (instinctive grasp reaction, Twitchell, 1965), ou encore, lorsque la joue ou la bouche sont touchées, le bébé tourne sa tête du côté de la stimulation (rooting reflex). Bien que ces réponses réflexes soient spécifiques d’une stimulation tactile bien localisée, il est difficile de conclure qu’elles reflètent déjà une représentation précoce du schéma corporel.

De Trois à Six Mois : Exploration et Coordination Motrice

De trois à six mois, la motricité volontaire est en pleine évolution. Les premiers gestes intentionnels apparaissent, accompagnés d’une grande phase d’exploration, principalement par les mains et la bouche. Le toucher joue un rôle essentiel : il permet à l’enfant de recueillir ses premières informations sur les objets qu’il explore, comme la texture, la forme, la résistance, la densité, ou encore la distinction entre le mou et le dur. La proprioception se nourrit des expériences motrices. En explorant les différentes positions et transitions de manière répétitive et en mobilisant son corps, le bébé affine peu à peu la perception de ses appuis et de ses limites corporelles, contribuant ainsi à la construction de son schéma corporel. L’audition est un sens fondamental qui guide l’orientation du regard : comme l’enfant est souvent installé au sol, il a tendance à tourner la tête vers les sons qu’il perçoit. Il prend ainsi des repères auditifs qui favorisent l’interaction avec l’adulte. La vision, quant à elle, continue d’évoluer et n’atteint sa maturité qu’aux alentours de 6 ans ; c’est le sens qui se développe le plus lentement. L’enfant commence néanmoins à coordonner le regard et la main, et à mieux percevoir les objets.

Il est important de limiter les stimulations et de ne pas multiplier les objets, de varier les textures et les matières pour enrichir les expériences sensorielles, tout en veillant à ce que les objets soient faciles à saisir et pas trop lourds. Il est préférable de ne pas changer trop souvent le matériel proposé : le bébé a besoin de répétitions pour intégrer et assimiler. Il convient également de ne pas entraver l’enfant dans ses positions, mais de le laisser explorer librement par lui-même.

De Six à Neuf Mois : Diversification et Précision

De six à neuf mois, le bébé diversifie progressivement ses explorations, car son sens du toucher devient de plus en plus précis. Il affine notamment sa perception de la température et des propriétés physiques des objets. Cette finesse croissante s’explique par la maturation des circuits nerveux. Le système vestibulaire et la proprioception sont fortement sollicités à mesure que la motricité volontaire se développe : les déplacements, les déséquilibres et les changements de position se multiplient. On observe alors l’apparition de coordinations entre les différents mouvements. Par ailleurs, le goût et l’odorat prennent une place importante avec l’introduction de la diversification alimentaire.

Il est crucial d'offrir à l’enfant des expériences motrices variées afin qu’il puisse explorer différentes possibilités. Il ne s’agit pas uniquement de proposer des supports mous : l’enfant doit aussi pouvoir expérimenter ses appuis, se repousser et ajuster ses mouvements. Il faut être attentif à ses réactions face aux nouvelles expériences, en particulier lors de la diversification alimentaire, et de veiller à éviter la surstimulation. Le bébé a besoin d’un environnement à la fois sélectif et répétitif, soutenu par une présence adulte disponible, sécurisante et contenante.

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De Neuf à Douze Mois : Organisation et Compréhension

De neuf à douze mois, l’enfant commence à organiser ses perceptions au niveau cérébral et à comprendre progressivement les relations de cause à effet. Le toucher s’affine, notamment au niveau des mains et des pieds. La perception du sol joue un rôle essentiel dans l’évolution des différents niveaux moteurs. La proprioception permet un meilleur ajustement et une plus grande précision des mouvements, tandis que la vision associée au tonus constitue un moteur essentiel de la motricité : elle donne envie à l’enfant de se déplacer. Vers 12 mois, la vision atteint environ 4/10e : l’enfant a encore une perception globale de son environnement, ne distingue pas toutes les couleurs, mais la vision reste un levier fondamental de la motivation au mouvement.

Il est important d'offrir des expériences motrices diversifiées (quatre pattes, montées, pentes) et observer les stratégies corporelles que l’enfant met en place pour changer de position et s’assurer que l’aménagement de l’espace soutient l’exploration, en étant pensé à partir de l’observation des enfants. Une vigilance particulière est nécessaire pour éviter toute surestimation des compétences. L’accompagnement sensoriel et moteur repose avant tout sur la disponibilité de l’adulte et sur une variété d’expériences que l’enfant peut réaliser seul, dans un cadre sécurisant pour le professionnel.

De Douze à Dix-Huit Mois : L'Acquisition de la Marche et l'Élargissement de l'Exploration

Avec l’acquisition de la marche, le périmètre d’exploration s’élargit considérablement. Le système vestibulaire et la proprioception sont fortement sollicités, tant par les déplacements que par les chutes, qui font partie intégrante du développement (car elles permettent un ajustement du tonus et des stratégies posturales). La proprioception permet à l’enfant d’affiner la perception de son corps en mouvement et dans l’espace. Le goût et l’odorat continuent de se développer : cette période peut voir apparaître des préférences, des refus ou des phobies alimentaires. Les premiers choix sensoriels émergent, l’enfant devenant capable d’aller vers certaines expériences et d’en éviter d’autres. La diversité des expériences motrices reste essentielle.

Une attention particulière doit être portée aux conditions sensorielles des repas : un environnement trop lumineux ou trop bruyant peut entraver l’expérience. Il est important d'introduire de la nouveauté avec mesure, en trouvant un équilibre entre répétition et découverte

De Dix-Huit à Vingt-Quatre Mois : Développement du Traitement Sensoriel

Cette période est marquée par le développement du traitement sensoriel. Le cerveau apprend à organiser, trier et moduler les informations sensorielles de manière plus fine. Des hypersensibilités peuvent apparaître, notamment face aux bruits, aux textures, aux mouvements ou aux odeurs, en lien avec ce processus en cours. Il est essentiel d’être attentif aux signes de surcharge sensorielle, certains enfants pouvant manifester de l’agitation en fin de journée liée à un trop-plein de stimulations. La stabilité des repères humains et matériels doit rester une priorité.

Il est important de proposer des expériences motrices régulières : le moteur doit occuper une place centrale dans les sections, car il constitue une priorité dans la hiérarchie des propositions ludiques (voir le travail d’Anne-Marie Fontaine et Alain Legendre).

De Deux à Trois Ans : Affinement du Schéma Corporel et Intégration Sensorielle

Le schéma corporel s’affine grâce au développement de la proprioception et du système vestibulaire. Le sensoriel nourrit l’acquisition du langage, la construction de la pensée, le jeu et la manière dont l’enfant explore son environnement à travers ses propriétés physiques.

Il est important de proposer des expériences sensorielles variées, en s’appuyant notamment sur des ressources comme les ouvrages de Catherine Meyer-Heine et d'observer comment l’enfant mobilise son corps afin d’instaurer un rythme équilibré entre moments d’activité et temps d’apaisement. En collectivité, il existe un risque de surstimulation, alors que l’enfant a besoin de temps d’exploration libre et de moments de calme pour intégrer ses découvertes. L’enjeu réside dans un équilibre subtil entre exploration et apaisement, avec une attention constante portée à la régulation sensorielle. Le rôle de l’adulte est d’observer, de comprendre et d’ajuster l’environnement sensoriel en fonction des besoins des enfants.

Le Schéma Corporel : Une Construction Progressive

La notion de schéma corporel est ancienne (Head et Holmes, 1911 ; Schilder, 1923). Il s’agit de la représentation de l’organisation spatiale du corps : ses propriétés (longueur des membres, arrangement hiérarchique, etc.), sa configuration (position des segments les uns par rapport aux autres) et sa surface (topognosie). Le schéma corporel se rapporte au corps comme instrument d’action sur le monde. Les notions de position, d’organisation spatiale ou de cadre de référence sont intrinsèquement rattachées à celle de schéma corporel (Paillard, 1982, 2005). Le schéma corporel autorise les mouvements intentionnels en intégrant et actualisant des informations sensorielles pour situer l’action. À un niveau plus fin, plusieurs conceptions théoriques du schéma corporel coexistent à l’heure actuelle. Par exemple, pour Haggard et Wolpert (2005), le schéma corporel est supramodal, c’est-à-dire qu’il intègre les informations en provenance de toutes les modalités sensorielles (proprioceptives, tactiles, visuelles…) et ne peut donc pas être spécifique d’une d’entre elle. En revanche, pour Gallagher (2005) qui défend une approche incarnée du schéma corporel, celui-ci est spécifique de chaque modalité sensorielle.

La connaissance de son corps se construit très progressivement, et se remanie tout au long de sa vie. Mais elle commence dès le plus jeune âge. La proprioception est un élément essentiel pour une bonne connaissance de soi et capacité d’adaptation à l’environnement, donc importants à soutenir, nourrir et développer par les professionnels qui accueillent de jeunes enfants.

Toutes les sensations corporelles que l’enfant vit et mémorise lui permettent de se connaitre et de construire une conscience de son corps, de plus en plus fine et riche. Ainsi la proprioception permet à l’enfant d’apprendre son corps de l’intérieur et en profondeur. Grâce à elle, il peut avoir des perceptions justes de ses postures, de ses déséquilibres, il peut faire les ajustements nécessaires aux obstacles de l’environnement. Le toucher et les sensations sur sa peau participent également à une connaissance fondamentale des limites de son corps. En parallèle, l’enfant apprend à reconnaitre le nom des parties de son corps, puis à les nommer lui-même et les reconnaitre sur autrui. Il s’agit alors d’une connaissance plus « mentale ». Il est bien sûr difficile de savoir précisément quelle conscience de son corps l’enfant a réellement. On sait qu’il reconnait son image dans le miroir vers 18 mois. C’est à cet âge qu’il touche son nez lorsqu’il voit une tâche dessus dans le miroir. On sait qu’il peut dessiner un bonhomme têtard après ses 3 ans, alors même qu’il connait et peut déjà nommer de nombreuses parties de son corps. On sait aussi que la façon dont l’enfant plus grand dessine un bonhomme est un indicateur d’une certaine représentation de son corps, d’un vécu psychoaffectif et émotionnel. Par exemple l’enfant peut dessiner de très grandes oreilles, ou oublier la bouche, ou encore se dessiner tout petit dans un coin de la page. L’image et l’investissement qu’il a de lui-même (notion d’image du corps) est différente de la seule connaissance qu’il en a (notion de schéma corporel).

Mettre Debout et Marcher : Une Étape Cruciale

Se mettre debout et marcher est une étape cruciale dans le développement de l'enfant. À partir de l’étape précédente, l’enfant va chercher de nouveaux appuis en hauteur pour gagner davantage en verticalité. Au départ, il pourra s’appuyer sur une jambe : position du «chevalier servant». C’est toutes les connaissances qu’il aura acquises précédemment qui lui permettront ou non de se mettre debout facilement. En effet, un développement naturel permet une mobilité du bassin, le développement de la force nécessaire dans les jambes et la capacité à prendre appui sur ses pieds. L’enfant peut également faire le choix de passer par la position accroupie pour se redresser en appui sur ses jambes. C’est quand l’enfant se sent prêt, suffisamment en équilibre qu’il se lance dans ses premiers pas. Encore une fois, l’environnement à ce moment-là dans son développement joue un rôle crucial. Un environnement propice à la découverte en toute sécurité, où l’adulte valorise les expériences de l’enfant, où l’adulte rassure par les mots sera un environnement propice aux expériences de l’enfant et augmentera sa confiance en lui. A contrario, un environnement dans lequel l’enfant est bridé par un adulte apeuré par une éventuelle chute, ou accompagné dans sa marche par un adulte qui lui tient le bras rendra l’acquisition de la marche plus difficile tant psychiquement que physiquement : l’inquiétude, les appréhensions ressenties viennent s’inscrire dans la mémoire corporelle et émotionnelle, l’impossibilité de développer des appuis par soi-même puisque tenu par le bras ou la main, ne pas pouvoir utiliser ses bras pour trouver et maintenir son équilibre par soi-même sont autant de facteurs qui viennent influencer le schéma de marche.

Le développement psychomoteur de l’enfant ne doit pas se résumer à l’enchaînement des étapes d’apprentissage qui mènent à l’acquisition de la marche. En effet, il faut comprendre que ce sont davantage les conditions propices au bon développement naturel de l’enfant qui priment sur le fait de savoir tenir assis ou debout à tel ou tel âge. La période que nous venons de décortiquer correspond aux deux premières années de vie de l’enfant. Période pendant laquelle l’enfant aura appris à combiner certains mouvements du répertoire humain : enroulement, équilibration, rotation du bassin, extensions, flexions… Un bon développement naturel de l’enfant prend du temps et ne doit pas répondre aux injonctions de la société.

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