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Aux Enfants de Mametz : Une Exploration de l'Histoire Locale

La commune de Mametz, telle que nous la connaissons aujourd'hui, est le fruit d'une union réalisée en 1822, sous le règne de Louis XVIII. Cette ordonnance royale a permis le regroupement de trois communes distinctes : Mametz, Marthes et Crecques. Chacun de ces villages possède une histoire riche et singulière, qui mérite d'être explorée.

Genèse et Évolution de Mametz, Marthes et Crecques

Mametz : Entre Légende et Réalité Marécageuse

L'origine de Mametz est enveloppée de mystère, avec une légende attribuant sa fondation à une vierge anachorète nommée Mamezie. Le village s'est initialement développé le long de la rivière La Lys, autour d'un château-fort imposant, propriété de la famille de Croy, malheureusement détruit au XVIIe siècle. Par la suite, l'expansion s'est orientée vers le moulin et l'église, avant de gagner la plaine. L'étymologie du nom "Mametz" suggère un lieu "malsain" (mau mez), en référence aux nombreux marécages qui caractérisaient la région à l'époque.

Marthes : Un Fief Partagé

L'histoire de Marthes, anciennement Marteke (1299), est marquée par un partage de propriété. Initialement possession de l'évêque de Thérouanne, le village est cédé en 1210 à l'Abbaye de Saint-Augustin de Thérouanne, qui à son tour le transmet à la famille de Croy. La famille Vanderstichel de Maubus y possédait un château, dont il ne subsiste aujourd'hui aucune trace.

Crecques : Entre Évêché et Château

Crecques, autrefois Creseque ou Querecque (1160), était un fief partagé entre l'évêque de Thérouanne et le château d'Aire.

L'Odonymie de Mametz : Un Voyage à Travers les Noms de Rues

Les noms des rues et chemins de Mametz sont autant de fenêtres ouvertes sur le passé de la commune.

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La Rue Choquart : Un Hommage à un Propriétaire Local

Ce nom rappelle simplement qu'un certain M. Choquart possédait des biens dans ce secteur.

La Rue du Château : Évocation d'une Forteresse Disparue

Cette rue évoque l'existence d'un château fortifié au Moyen-Âge. Elle était également connue sous le nom de "rue carrée".

La Rue des Carrières : Entre Saint-Vaast et l'Exploitation du Sol

Les élus ont hésité entre "rue Saint-Vaast" et "rue des Carrières". Si Saint-Vaast est le saint patron de la paroisse, et qu'une pompe portant son nom alimentait autrefois les foyers en eau claire, c'est finalement le nom "rue des Carrières" qui a été retenu, car il figure au cadastre et rappelle l'existence de carrières de silex ou de tourbe dans ce secteur marécageux.

La Rue de la Barre : Sur les Traces d'un Ancien Fief

Cette rue tire son nom de l'ancien camp à Le Barre, fief du chevalier De La Barre, attesté dès 1386 et au XVIIIe siècle.

Le Tomboy : Un Vestige Mérovingien

Le nom "Tomboy" est une déformation patoise du mot "tombeau". La rue est citée dans un acte de 1533, témoignant de la présence d'une sépulture mérovingienne fortunée à cet endroit.

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La Plaine de Marina : Un Héritage Gouvernemental

Le professeur Berger a retrouvé dans les archives de Saint-Omer l'explication de ce nom. Ces terrains appartenaient, vers 1665, au Seigneur de Marigna, Gouverneur de la Ville et Lieutenant du Roy.

Le Chemin du Pont de la Sure : Un Nom d'Origine Flamande

Ce nom provient du flamand "SEUYE", qui désigne un ruisseau d'écoulement. Seuye s'est transformé en Sure au fil du temps.

Lieu-dit "L'Arbre à Bosses" : Un Symbole Disparu

Cet arbre tordu, peut-être un arbre de la Liberté, a été supprimé par les services de l'Equipement, ne subsistant plus que dans la mémoire des anciens.

La Rue de la Gare : Mémoire d'une Ligne Ferroviaire Disparue

Ce nom commémore la voie ferrée d'intérêt local d'Aire à Berck, qui a fonctionné de 1880 à 1950.

Le Chemin de Monbus : Un Bois Maudit Devenu Seigneurie

Monbus est une déformation de Maubus (mauvais bois). Maubus est attesté dès 1292. C'était une ancienne seigneurie dont de nombreux seigneurs apparaissent dans les actes du XIIIe au XVIe siècle.

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La Place du Rietz : Un Espace Communal Multifonctionnel

Le Rietz était autrefois une terre en friche, servant à divers usages pour la vie locale.

La Rue des Champs Lambert : Une Propriété Épiscopale

Lambert, évêque de Thérouanne et Abbé du Monastère de Saint-André à Witternesse, possédait des terres dans ce secteur.

Le Chemin des Charbonniers : Un Itinéraire Tourbeux

Ce chemin était emprunté, aux XVIIIe et XIXe siècles, par les attelages qui allaient se ravitailler en tourbe à Blessy.

Le Chemin des Grands Rietz : Un Financement Scolaire

Ce chemin mène au lieu-dit du même nom, où se trouvait un espace considérable de terrains communaux en "rietz" (friches incultivables). Ces terrains furent vendus en 1950 pour financer la construction de l'école de Marthes.

La Rue de la Halte : Souvenir du "Train de Fruges"

Cette rue rappelle que "le train de Fruges" y faisait une halte.

La Rue de Langlet : Une Orthographe Ancienne

Ce nom s'écrit "Lenglet" dans un acte du 20 mai 1780.

Le Château de Mametz : De la Forteresse Médiévale à la Demeure Bourgeoise

Le château de Mametz a connu une histoire mouvementée, passant de forteresse médiévale à demeure bourgeoise.

Les Origines Médiévales

Les premières traces du château remontent aux années 1200, avec mention d'un Jean, seigneur de Mametz, en 1221. Les châtelains successifs ont façonné l'édifice, lui donnant le visage immortalisé par le peintre Adrien de Montigny dans les années 1600, dans les "Albums de Croy". La description qu'en fait le Professeur Roger Berger met en évidence un parc clos de murs, un ensemble d'édifices entourés de larges douves franchies par un pont dormant, des constructions de briques formant trois côtés d'une cour, un châtelet d'entrée avec deux tours, et un corps de logis disposé en quadrilatère autour d'une cour centrale.

La Reconstruction du XIXe Siècle

Entre 1845 et 1850, Monsieur Prosper Chartier de Douai fait édifier un immeuble qui deviendra le château de Mametz sur le site de l'ancien château.

Les Propriétaires Successifs

M. Prosper Chartier, constructeur du château, devient maire en 1860. En 1870, son gendre, M. Mancel-Chartier, hérite de la propriété. En 1906, M. Brongniart en devient propriétaire. En 1923, le château est acquis par M. Albert Pigouche, qui le lègue à sa mort en 1932 à sa gouvernante, Melle Celinie Mametz.

Un Mariage Étonnant et une Vente Rapide

En 1936, Melle Mametz, âgée de 54 ans, épouse Monsieur Marcel Hue, de 26 ans son cadet. Ce mariage, aux motivations financières évidentes, se solde par un divorce en 1938. Monsieur Hue vend immédiatement la propriété à M. César Lorthios, homme de loi à Béthune.

L'Occupation Allemande et les Dégâts de la Guerre

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château est réquisitionné et abrite une antenne de la Gestapo. La paix revenue, l'ampleur des dégâts (dépradations, pillages et vols) est considérable.

La Restauration

Après la guerre, M. et Mme Rocoplan-Delemolle tentent de remettre en état la maison et les terrains, mais la tâche est trop lourde. En 1971, M. Jean-Pierre Leleu devient le nouveau propriétaire et entreprend la restauration du château.

Le Moulin de Mametz : Un Témoin de l'Activité Meunière

Le moulin de Mametz, attesté dès les années 1600, a joué un rôle important dans l'activité économique locale.

Les Origines

La présence d'un moulin à eau sur les planches des albums de Croy témoigne de son existence vers les années 1600. La partie ouest du moulin remonte aux origines, avec un bâtiment en pierres de Blessy et briques.

Les Propriétaires Successifs

Les vieilles matrices cadastrales indiquent que le moulin faisait partie des terres du château. Après la Révolution, le premier propriétaire est le Comte de Merode. La famille Delaliau devient propriétaire en 1850 et édifie le bâtiment en briques le long de la Lys. A la fin du 19e siècle, la famille Pennequin-Franck loue le moulin, avant de l'acquérir en 1926.

La Fermeture et la Renaissance

Après la mort de Lucien Pennequin et de son fils Fernand, le moulin cesse de tourner. Monsieur Lia Lecat rachète la propriété et entreprend des travaux de rénovation.

La Reconversion Touristique

Aujourd'hui, le secteur est voué au tourisme, avec un camping qui remplace les voitures des "caches-manées".

Les Brasseries d'Ecques : Un Savoir-Faire Rural Disparu

La présence de plusieurs brasseries à Ecques témoigne d'un savoir-faire rural aujourd'hui disparu.

La Brasserie Risbourgue-Cattez

Située au 109 rue de Saint-Omer, cette ancienne brasserie, probablement en activité vers 1895, possède un atelier de fabrication datant de 1904. Le site comprend un logement patronal et deux ateliers de fabrication (malterie et brasserie).

La Brasserie-Malterie Canler-Laheyne

Située au 38 et 56, rue de Cauchie, cette brasserie, construite à partir de 1912 et ayant cessé ses activités vers 1950, comprenait de vastes ateliers, un magasin de vins et spiritueux et un logement patronal.

La Brasserie Herman

En activité vers 1881, cette brasserie, située au 40 rue du Brûle, a eu une existence assez brève, puisqu'elle ne fonctionnait déjà plus en 1914.

Le Patrimoine Religieux d'Ecques : Chapelles et Églises

Ecques possède un patrimoine religieux riche, avec plusieurs chapelles et une église.

La Chapelle Notre-Dame des Affligées

Située rue de Cassel, cette chapelle, édifiée en briques avec pignon de façade à redents, date de 1948 et fait suite à un édifice religieux plus ancien. Sa reconstruction a été rendue nécessaire par les bombardements de 1944.

La Chapelle Notre-Dame du Bon Voyage

Située rue de Westecques, cette chapelle a probablement été érigée durant la seconde moitié du XIXe siècle.

L'Architecture Rurale d'Ecques : Maisons et Fermes

Ecques conserve des exemples intéressants d'architecture rurale.

La Maison du Dimeur

Située au 450, rue d’Inghem, cette maison regroupe une grange, un logis et des dépendances. Elle porte le millésime 1706 sur son pignon et son architecture est représentative des techniques de construction antérieures à la révolution industrielle.

La Ferme de Rons

Située au 1601, rue d’Aire, cette ferme est un ensemble de bâtiments contigus sur cour fermée. Elle est édifiée à l’aide de briques rouges antérieures à la révolution industrielle.

Faits Divers et Anecdotes Historiques d'Ecques

Un Crime au XVe Siècle

Le 10 mars 1424, Colin Claye et sa femme, Marie Foye, sont arrêtés à la suite de l’assassinat d’un Flamand. Colin Claye est jugé et exécuté le 13 mars.

La Cloche Marianne

En 1906, le conseil municipal décide de donner le nom de Marianne à la grande cloche de l'église.

Les Maires d'Ecques

Plusieurs maires d'Ecques ont connu une fin prématurée, comme Paul Warlencourt, Adrien Ringart, Liévin Delohen, Henri Caron et Eugène Renard.

La Peste à Ecques en 1666

En 1666, la peste bubonique sévit à Ecques, faisant plusieurs victimes, dont le curé Nicolas Bart.

Les Pompiers d'Ecques

Un corps de sapeurs-pompiers est créé à Ecques en 1907, mais il est dissous après la Seconde Guerre mondiale, faute de moyens.

La Séparation des Églises et de l'État

La question de la séparation des Églises et de l’État a entraîné des tensions à Ecques au début du XXe siècle, notamment entre l’instituteur Brunot et l’abbé Bodescot.

Les Inondations de l'Église d'Ecques

L’église d’Ecques, située à un point bas de la commune, a été victime de nombreuses inondations.

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