Loading...

Incendie à Hirson : Aurélie et ses enfants rescapés expriment leur colère

L'incendie qui a ravagé leur maison à Hirson a laissé Aurélie Pestrimaux et ses enfants, Ghali, 3 ans, et Lyha, 11 ans, profondément choqués et en colère. « On a failli mourir ! Tout le monde savait que ça pouvait se produire… », déplore Aurélie, encore marquée par l'événement.

Un réveil brutal

La famille néo-thiérachienne, installée à Hirson depuis février, a été réveillée en pleine nuit par des crépitements inquiétants. Aurélie raconte : « Vers 2h 30, on a été réveillés par beaucoup de bruits, des crépitements. Mais étant donné que l’autre locataire [Frédéric Williot] est toujours en train de faire du feu, de cramer ses palettes, dans la cour, le matin, la journée ou le soir, j’ai pensé qu’il était simplement en train d’en rallumer un. Mais le bruit était bizarre. Quand je me suis mise à la fenêtre, j’ai vu des flammes de cinq mètres de hauteur. Je me pose beaucoup de questions sur l’origine du feu. Depuis combien temps est-ce que ça brûlait ? »

Dégâts considérables

Lorsque les pompiers ont maîtrisé l'incendie, Aurélie et ses enfants ont découvert leur logement en cendres. « Le plafond de la salle de bains s’est effondré. C’est à ciel ouvert. Tout l’appartement est noir et sous l’eau des pompiers », déplore-t-elle.

Accusations de négligence

Aurélie pointe du doigt la négligence de Frédéric Williot, l'autre locataire, qui exerce une activité de fabrication et de vente de meubles en bois qu'elle qualifie de « non déclarée ». Elle souligne le stockage important de palettes en bois, source potentielle de danger. « Il fait ce qu’il veut, ça ne me regarde pas. Mais si c’est « son travail, son métier » comme il le dit, il devrait respecter des normes. Il y a des lois, des autorisations à avoir pour stocker des palettes car ça peut prendre feu. Ce n’est pas le cas. Ce sont des anciens bâtiments. Il y avait des tonnes et des tonnes de palettes là-dedans, pas seulement quelques-unes. Ça débordait jusqu’à dehors. Les trois bâtiments étaient remplis. Et il y avait trois poêles à bois dans son atelier. C’est dangereux d’habituer à côté de quelqu’un qui a une activité comme ça. Ça aurait pu être bien plus grave que ça, mes enfants auraient pu mourir », réagit Aurélie Pestrimaux.

Frédéric Williot se défend en expliquant que Pôle emploi est au courant de ses démarches pour créer son entreprise. Il reconnaît la présence de palettes, mais justifie cette situation par des contraintes économiques : « tout le monde a son entreprise soit chez lui ou ailleurs. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Je ne peux pas me permettre d’aller louer un bâtiment. J’ai trouvé ça, j’étais bien content et je suis bien là ». Il précise que le soir de l’incendie « il y avait des palettes dehors et des planches à l’intérieur. Je n’ai jamais métré le total mais il y en avait en hauteur et par terre ».

Lire aussi: Le tabou des fausses couches : Aurélie Saada se confie

Mise en cause de la mairie

Outre la négligence de Frédéric Williot, Aurélie met également en cause la mairie, s'interrogeant sur l'autorisation d'une telle activité à proximité de logements. Elle ajoute que les deux hommes se connaissent depuis plus de 20 ans. « Le maire, Jean-Jacques Thomas était d’ailleurs en colère contre Frédéric Williot. Il lui a crié dessus. Par contre il a été très gentil avec nous et nous a relogé. »

Frédéric Williot confirme cette proximité avec le maire : « connaît le maire depuis vingt ans. Il était un peu de mauvaise humeur [quand il est arrivé sur l’incendie]. Il a voulu imposer tout de suite [sa décision] qu’on soit relogé. Bien sûr que le maire est au courant que j’allais créer mon entreprise. Je lui ai même demandé une aide pour que ça aille plus vite dans mes démarches, il y a un bon six mois. Il a dit qu’il allait y regarder ».

Relogement

Aurélie et ses enfants ont été relogés dans un foyer social, le Bon Accueil à Hirson. Contacté, Jean-Jacques Thomas n’a pas répondu aux questions.

Aurélie Trouvé : Un engagement multiple

L'histoire d'Aurélie Pestrimaux à Hirson trouve un écho particulier dans le parcours d'une autre Aurélie, Aurélie Trouvé, figure engagée dans le mouvement altermondialiste. Bien que leurs situations soient distinctes, leurs expériences mettent en lumière des enjeux sociaux et environnementaux importants.

Parcours et engagement

Aurélie Trouvé, née en 1979 à Saint-Quentin, possède un parcours académique impressionnant : ingénieur agronome ENSA Toulouse 2002, ingénieur d’agronomie ENESAD 2003, ingénieur du GREF, DEA « Analyse et politique économiques », dominante « économie rurale, spatiale et régionale », 2003, doctorat en sciences économiques de l'université de Bourgogne 2007. Elle a occupé des postes d'ingénieur-chercheur au Cemagref de Grenoble et de maître de conférences à AgroSupDijon et AgroParisTech. Ses travaux ont donné lieu à des expertises auprès d'acteurs publics et privés, et elle a été nommée conseillère du Commissaire européen en 2013.

Lire aussi: Exploration de l'œuvre d'Aurélie Saada

Co-présidence d'Attac

Aurélie Trouvé est connue pour son engagement au sein d'Attac, association altermondialiste qu'elle a co-présidée. Elle a pris cette responsabilité dans un contexte difficile, marqué par une crise interne au sein de l'association. Son profil d'ingénieur en agronomie, son expertise sur les questions agricoles, sa jeunesse et son statut de femme ont constitué des atouts, mais aussi des défis. « Cela a été un choix délibéré, tout en connaissant les difficultés que j’allais rencontrer. Les jeunes femmes peuvent être confrontées à certains blocages, voire certaines réflexions. Pour être sincère, dans le monde militant, je vis un sexisme que j’ai rarement vécu ailleurs ».

Prise de conscience et valeurs

La mobilisation contre le G8 d’Evian en 2003 a été un moment clé dans sa prise de conscience altermondialiste. Son engagement est également lié à son histoire familiale et à une sensibilité aux questions sociales acquise dès son enfance. Elle se définit comme athée, mais ouverte aux questions religieuses, et accorde une grande importance à l'articulation entre écologie et social. « Comment articuler l’écologie et le social sans les opposer ? Certains ont des propositions qui vont très loin sur le plan environnemental mais qui ne considèrent absolument pas les impacts sociaux que cela peut avoir ».

Europe et perspectives

Son attachement à l'espace européen est fort, mais elle défend une Europe basée sur les droits fondamentaux plutôt que sur la logique du profit économique. Elle souhaite qu'Attac joue un rôle majeur dans le débat public, en interpellant les candidats et en stimulant les débats citoyens. « Nous avons un rôle à jouer pour interpeller les candidats et stimuler les débats citoyens. Le débat présidentiel porte peu sur les enjeux essentiels. Pas besoin d’être à Attac pour s’en rendre compte ! En particulier sur la question européenne et internationale ».

Reconquérir la jeunesse

Aurélie Trouvé et d'autres jeunes militants d'Attac ont intégré la direction de l'association avec l'objectif de reconquérir une jeunesse souvent qualifiée de « dépolitisée ». Ils cherchent à innover dans les moyens de communication et la manière de vulgariser les idées. « J’ai toujours ressenti cette idée surplombante : de toute façon, les jeunes s’en foutent. Donc on ne s’occupe pas de les politiser. À Attac, de gros efforts ont été nécessaires pour que cette question soit réellement prise en compte », confie-t-elle. Elle perçoit un sentiment de révolte et une prise de conscience chez les jeunes, notamment à travers des événements comme la crise des banlieues et la révolte anti-CPE.

Lire aussi: Aurélie: life in the zoo

tags: #aurelie #trouve #enfants #histoire

Articles populaires:

Share: